La reconnaissance mutuelle du label bio entre l’UE et la Corée

2018 August 29
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Par Marion Noirot
© Photo / Chorocmaeul (www.choroc.com)

© Photo / Chorocmaeul (www.choroc.com)

Depuis janvier 2015, un accord entre l’Union européenne (UE) et la Corée – Processing food mutual agreement recognizing equivalence between Korea and EU- permet la reconnaissance mutuelle de la certification bio des produits agro alimentaires transformés. Si ces produits satisfont les deux critères suivants, ils peuvent être importés en Corée en tant que produits bio sans devoir obtenir une certification complémentaire –et vice-versa :

- obtention d’un label bio dans le pays d’origine (Corée ou pays membre de l’UE)

- 95 % au moins des ingrédients issus de l’agriculture biologique

Auparavant, les produits bio en provenance d’Europe devaient obligatoirement être contrôlés par des experts agréés par le Ministry of Food and Drug Safety, qui réalisaient des inspections dans les pays d’origine des produits.

CA105-label bioLe marché des produits agro-alimentaires bio est en forte croissance en Corée. Il a connu une hausse de 15,8 % en volume et 18,6% en montant entre 2011 et 2016 (1), dont une très grande majorité de produits transformés. Les points de vente spécialisés (Orga Whole Foods, Chorocmaeul) et les rayons bio dans les grands magasins et les supermarchés se multiplient et sont de plus en plus fournis. Il s’agit d’un marché très prometteur pour les entreprises européennes. Comme le souligne Monsieur Jason Chung, Président de BOBO F&G, société d’importation de produits agroalimentaires bio et Président de la Korea Organic Trade Association, « beaucoup de produits transformés (chocolats, biscuits, sauces etc) sont importés car le marché coréen n’est pas suffisamment développé pour produire des volumes très importants de produits bio. Par ailleurs, en Corée, on trouve moins d’ingrédients qu’en Europe. Toutes les grandes marques européennes sont donc déjà très consommées en Corée. »

A noter qu’en 2014, un accord similaire a été conclu entre la Corée et les Etats-Unis. Outre la Corée, l’Union Européenne a quant à elle signé des accords de reconnaissance mutuelle avec le Canada, les Etats-Unis, Israël, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et la Tunisie.

Aujourd’hui, les principaux pays d’importation de produits agroalimentaires bio vers la Corée sont (en montant, année 2016) les Etats-Unis (23%), l’Allemagne (12%) et la Pologne (12%) (2). La France arrive seulement en 19e position avec un peu plus de 1% des importations.

L’accord Corée-UE est arrivé à expiration le 31 janvier 2018 et il a d’ores et déjà été prolongé.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

(1) Ministry of Food and Drug Safety
(2) Id.
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Rencontre avec Sanofi : le processus d’homologation des médicaments en Corée

2018 August 22
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by Corée Affaires
Kay BAE, Country Chair, Sanofi Korea

Kay BAE, Country Chair, Sanofi Korea

En Corée, c’est le Ministry of Food and Drug Safety qui est en charge du processus de validation des médicaments. Pouvez-vous nous décrire cette procédure ?

Afin d’obtenir une autorisation de mise sur le marché d’un médicament, Sanofi doit soumettre un dossier portant sur des critères liés à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité au Ministry of Food and Drug Safety. Par ailleurs, pour obtenir l’autorisation d’introduire de nouveaux médicaments sur le marché coréen, la Corée participe au programme mondial de développement clinique piloté par le siège de Sanofi. Une fois que le développement clinique est achevé et que les documents relatifs à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité mentionnés ci-dessus sont finalisés, nous adressons une demande d’autorisation au Ministry of Food and Drug Safety. L’examen du dossier prend ensuite entre 1 an et 1 an et demi.

Au total, entre le début des discussions sur la participation de la Corée au programme de développement clinique avec le siège de Sanofi et l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché du produit, on peut compter entre 5 et 6 années.

Est-ce qu’il existe un système de reconnaissance ou déquivalence des produits pharmaceutiques entre la France et la Corée ? Autrement dit, un produit homologué sur le marché français doit-il subir l’intégralité du processus d’agrément par le Ministry of Food and Drug Safety ?

Il n’existe pas de système d’équivalence. Actuellement, le Ministry of Food and Drug Safety n’approuve pas automatiquement les produits déjà autorisés à l’étranger.

Pour les produits autorisés en France, tous les documents nécessaires à l’autorisation doivent être soumis et évalués par les services du ministère. C’est d’ailleurs le cas également pour les produits autorisés en Corée, qui doivent suivre une procédure spécifique pour être homologués en France.

Quel processus les médicaments de Sanofi suivent-ils pour être introduits en Corée? Est-ce que Sanofi a mis en place des coopérations avec des entreprises ou des instituts de recherche coréens ?

En général, les produits élaborés à l’étranger peuvent être mis sur marché, après que des recherches cliniques locales aient été menées, que des documents sur le résultat des recherches, ainsi que sur la sécurité, l’efficacité et la stabilité de ces produits aient été évalués et qu’une autorisation de commercialisation ait été déposée auprès du Ministry of Food and Drug Safety. Pour les médicaments délivrés sur ordonnance, l’utilité clinique, la rentabilité, l’impact financier doivent être évalués par le Ministry of Health and Welfare, qui détermine le prix des médicaments couverts par l’assurance-maladie.

Sanofi travaille avec des instituts de recherche coréens pour trouver des substances actives. Certains produits commercialisés en Corée sont développés, produits et commercialisés conjointement avec des sociétés pharmaceutiques locales.

© Ministry of Food and Drug Safety 식품의약품안전처 / www.mfds.go.kr

© Ministry of Food and Drug Safety 식품의약품안전처 / www.mfds.go.kr

Est-ce que Sanofi rencontre des difficultés pour l’homologation de certains produits pharmaceutiques ?

En Corée, le gouvernement mène une politique de contrôle des prix pour pouvoir gérer de manière stable le financement de l’assurance-maladie et approuver les prestations d’assurance des médicaments nécessaires à la santé publique. Par conséquent, il existe un goulet d’étranglement au niveau du stade de l’approbation de nouveaux médicaments par l’assurance maladie. Le prix des nouveaux médicaments approuvés par l’assurance

maladie depuis une dizaine d’années en Corée est très faible comparé au prix moyen des médicaments dans les pays de l’OCDE. Le prix des nouveaux médicaments ne prend pas en compte l’amélioration de l’efficacité clinique et l’innovation par rapport aux produits existants. Sanofi peut donc rencontrer des difficultés pour fournir certains nouveaux médicaments aux patients.

Quelles sont d’après Sanofi les spécificités du marché coréen dans le domaine de la santé ?

La Corée est un pays avec des compétences exceptionnelles dans divers domaines créateurs de valeur dans l’industrie pharmaceutique, tels que la recherche fondamentale, la recherche clinique, la fabrication de produits, etc. Je pense que c’est un pays qui offre de nombreuses opportunités de coopération.

La Corée du Sud est aussi un marché très concurrentiel où s’affrontent de nombreuses sociétés pharmaceutiques locales et multinationales. En raison de diverses politiques gouvernementales mentionnées ci-dessus, l’accès au marché des médicaments couverts par l’assurance-maladie peut se révéler complexe. Cependant le gouvernement

continue à s’intéresser au développement de l’industrie pharmaceutique. Par ailleurs, le marché présente également des spécificités liées au vieillissement rapide de la population. La Corée est donc un marché très intéressant avec des opportunités dynamiques et variées pour l’industrie pharmaceutique.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

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Labellisation du tourisme durable : entre jungle occidentale et steppe orientale

2018 August 10
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by Corée Affaires
Par Catherine Germier-Hamel, Founder & CEO - Senior Consultant, Millennium Destinations

Activité humaine par définition si ce n’est par excellence, le tourisme est également l’une des principales industries d’exportation au monde, en croissance continue depuis 2009. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le nombre d’arrivées internationales de touristes s’élevait à 1,2 milliard en 2016 et devrait atteindre 1,8 milliard d’ici 2030. Principale source de revenus pour de nombreux pays en développement, le tourisme représenterait 9% du PIB mondial et 1 emploi sur 11 selon l’OMT. Si les effets directs, indirects et induits (entraînés) des dépenses touristiques sont désormais relativement bien estimés, les impacts sociaux et environnementaux du tourisme demeurent sujets à caution faute d’une évaluation suffisante.

GSTC Training on Sustainable Tourism à Bangkok, 26-28 mars 2018 © GSTC

GSTC Training on Sustainable Tourism à Bangkok, 26-28 mars 2018 © GSTC

A chaque instant de notre vie, nous nous trouvons face une multitude de choix qui nous amènent à prendre des décisions plus ou moins conscientes, éclairées ou risquées. En ce sens, le concept de durabilité nous incite à mieux maîtriser la portée de nos actes tout en nous orientant vers des modes de consommation et production responsables, respectueux et raisonnés. En validant ou vantant la qualité et la durabilité d’organisations, produits et services ou autres initiatives, les systèmes de certification et labellisation seraient censés nous guider sur les voies tortueuses du développement durable. Ce n’est pas forcément le cas pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie où profusion rime souvent avec confusion, avec près de 150 normes, écolabels, certifications recensés dans le monde entier, principalement dans les pays occidentaux. Ce foisonnement reflète inévitablement la multiplicité et la diversité des territoires et activités touristiques mais diminue d’autant la lisibilité et la légitimité de ces étiquettes éthiques.

Site touristique écologique, Suncheon Bay, Suncheon-si, Jellanam-do, Corée du Sud

Site touristique écologique, Suncheon Bay, Suncheon-si, Jellanam-do, Corée du Sud

Si la certification environnementale a mis du temps à s’imposer en Asie, on constate quelques avancées prometteuses, les valeurs vertes ayant tendance à se propager assez rapidement dans les sociétés asiatiques où dominent le collectivisme et la pression des pairs (peer pressure) et des pouvoirs en place. En Corée, la volonté politique existe et joue souvent un rôle moteur, même si les engagements en matière de durabilité tardent parfois à s’organiser et se concrétiser. L’opinion publique semble de plus en plus sensible aux enjeux écologiques sans pour autant embrasser complètement le nouveau paradigme du développement durable plutôt obscur et contraignant. Les entreprises coréennes commencent à envisager la responsabilité sociétale non plus seulement comme un outil marketing ou une obligation parfois légale mais également comme une stratégie intelligente et profitable.

De nombreux organismes internationaux de certification approchent donc le marché coréen pour tenter d’y implanter leurs propres systèmes avec plus ou moins de bonheur, négligeant parfois une étape nécessaire mais non suffisante de localisation. De son côté, la quatrième puissance asiatique entend développer ses propres nuances de vert en matière de tourisme et d’hôtellerie.

Bien que PyeongChang 2018 ait obtenu la certification internationale ISO 20121 pour la gestion durable d’événements (démarche volontaire), c’est le système de certification coreen G-SEED qui a été choisi pour la plupart des sites de compétition.

La Corée a développé sa propre certification pour les destinations écotouristiques et a également obtenu le label international SlowCity pour une quinzaine de sites. La norme coréenne développée pour la durabilité des zones touristiques urbaines a été officiellement reconnue en octobre 2016 par le Global Sustainable Council (GSTC), ou Conseil mondial du tourisme durable, et mise en application pour la première fois par la ville de Suwon. Principale organisation internationale indépendante pour la reconnaissance de normes, l’homologation de certifications et l’accréditation d’organismes de certification pour le tourisme et l’hôtellerie, le GSTC a nommé en 2016 un représentant en Corée, Mme Mihee KANG, docteur en écotourisme et présidente de PlayForest, plateforme collaborative de voyages écologiques. Des formations GSTC sont prévues cette année en Corée et en Thaïlande.

Green Destinations, système de certification en ligne de destinations durables devrait également être représenté sous peu en Corée et recrute actuellement des destinations candidates pour ses Best of 100 Awards, récompenses qui seront attribuée à 100 destination lors du salon emblématique du tourisme ITB de Berlin en mars 2019.

Bien que des études montrent que la plupart des consommateurs n’effectuent pas leurs réservations en fonction de critères environnementaux, ils s’attendent de plus en plus à une gestion durable de la part des hôtels.

Le secteur de l’hôtellerie coréen semble de son côté assez réfractaire aux écolabels, à l’exception de quelques grandes enseignes internationales ayant adopté la certification américaine LEED, ou encore les systèmes internationaux Green Globe et Earth Check de certification et management environnemental d’entreprises touristiques.

L'hôtel Grand Hyatt Incheon, labellisé LEED © Grand Hyatt Incheon

L’hôtel Grand Hyatt Incheon, labellisé LEED
© Grand Hyatt Incheon

Au bout du compte, et indépendamment de la demande croissante de certifications du côté de l’offre comme de la demande, il devient impératif de ne plus se concentrer uniquement sur des critères quantitatifs pour évaluer la performance des entreprises ou destinations touristiques mais bel et bien sur la qualité et la durabilité de la gestion et des expériences offertes aux consommateurs.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

Catherine Germier-Hamel est la fondatrice et directrice générale de Millennium Destinations (www.millenniumdestinations. com), société de conseils et solutions de marketing, communication, développement commercial et événementiel, essentiellement pour des institutions et entreprises des secteurs du voyage, tourisme, hôtellerie et MICE (Meetings, Incentives, Conventions and Exhibitions), dans le monde entier. Depuis cette année, Millennium Destinations a signé un contrat de licence avec Green Destinations pour la France et les territoires d’outre-mer.

Catherine Germier-Hamel est Présidente du Cercle des Entrepreneurs Francophones en Corée (CEFC).

Pour en savoir plus :

- www.gstcouncil.com

- http://playforest.net/en/

- www.greenglobe.com

- www.earthcheck.org

- www.greendestinations.org/best-of-top100-awards/

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L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée : quel impact sur les normes et les barrières non-tarifaires ?

2018 August 1
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Propos recueillis par Marion Noirot

CA105-ALE-1L’accord de libre-échange (ALE) entre la Corée et l’Union européenne (UE) est appliqué à titre provisoire depuis juillet 2011 et est officiellement entré en vigueur le 13 décembre 2015. Il s’agit du tout premier accord de libre-échange entre l’UE et un pays d’Asie. Après 5 ans d’entrée en vigueur, 99% des droits de douane ont été supprimés.

Bien que d’autres facteurs soient à prendre en compte (croissance globale du commerce international, intérêt pour les produits étrangers), les acteurs concernés reconnaissent les effets bénéfiques de l’ALE sur les échanges commerciaux Corée-UE. Entre 2010 et 2016, les exportations de biens de l’UE vers la Corée ont augmenté de 59%, avec une hausse annuelle moyenne de 8,1%.

La balance commerciale UE-Corée est passée d’un déficit de 11,6 milliards à un excédent de 3,1 milliards en 2016. Les exportations de services depuis la Corée vers l’UE ont augmenté de 35%. Aujourd’hui, l’UE est le 3e marché de destination des exportations de biens coréens et la Corée du Sud est le 9e pays de destination des exportations de biens européens.

Sur la même période, les IDE coréens vers l’UE se sont accrus de 59%, et les IDE européens vers la Corée ont augmenté de 33%.

Corée Affaires a rencontré Nicholas Burge, Chef de la section commerce et économie à la Délégation de l’Union européenne en Corée et Johan Vandromme, Premier Conseiller en charge du commerce et de léconomie.

Estimez-vous que la procédure d’exportation de l’UE vers la Corée est aujourd’hui plus facile grâce à la mise en oeuvre de l’ALE ?

Dans l’ensemble, oui. L’enquête que nous avons réalisée en 2017 a montré que pour la plupart des entreprises, la mise en oeuvre de l’ALE se déroule très bien. Les flux d’échanges et d’investissements ont augmenté. Les entreprises européennes en Corée se portent très bien, en particulier dans le luxe et dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Grace à l’ALE, on peut aujourd’hui voir des voitures européennes dans les rues de Seoul, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. L’UE est le premier investisseur en Corée. Il y a 5 ans, aucune assurance en Corée n’était vendue par des entreprises étrangères, et maintenant certaines entreprises européennes sont des poids lourds sur ce marché.

Nous sommes un partenaire solide, fiable et de long terme pour la Corée. Les importateurs coréens et les distributeurs sont très satisfaits de la mise en oeuvre de l’ALE. Les entreprises en compétition avec les entreprises européennes le sont forcément moins.

D’ailleurs, jusqu’à il y a un an ou deux, les Coréens regardaient l’ALE de manière un peu simplifiée et considéraient que l’accord était surtout très favorable à l’UE. Depuis deux ans, cela devient beaucoup plus équilibré. Grâce à la reprise économique en Europe, les Européens achètent de plus en plus de biens coréens : téléphones Samsung, machines à laver LG etc.Aujourd’hui la balance commerciale est presque à l’équilibre. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les entreprises coréennes ont commencé à délocaliser assez tard.

Aujourd’hui, Samsung exporte 6 fois plus vers l’UE depuis le Vietnam que depuis la Corée. Kia et Hyundai ont investi en Europe de l’Est et ils vendent plus ou moins un millions de véhicules en Europe. Toutes ces exportations ne sont pas comptabilisées dans les flux d’échanges bilatéraux EU-Corée, mais pourtant les revenus reviennent vers la Corée. C’est toujours simpliste de se limiter aux échanges bilatéraux de biens. Il faut également prendre en compte les données sur les services et les investissements.

Bien que le bilan d’ensemble soit positif, certains sujets demeurent problématiques : les exportations de produits agricoles, les procédures douanières, la labellisation et l’homologation.

Sur ces questions, il y a les règles, et la manière dont les règles sont mises en oeuvre. Par exemple, selon l’ALE, il doit y avoir une reconnaissance des exportateurs par chaque pays exportateur, selon ses règles et ses contrôles internes, pour que l’importateur puisse bénéficier de la préférence tarifaire. Dans la pratique, cette règle n’est pas toujours acceptée par les douanes coréennes qui décident de faire leurs propres contrôles, parfois plus approfondis, pour vérifier l’origine des biens. Des entreprises nous ont signalé qu’elles se voyaient refuser la préférence tarifaire car leurs produits, d’origine européenne, étaient conditionnés pour le marché coréen à Singapour ou à Hong-Kong. Certaines entreprises européennes décident donc de renoncer au tarif préférentiel car la procédure est trop complexe.

Voitures Peugeot © www.epeugeot.co.kr

Voitures Peugeot © www.epeugeot.co.kr

Les barrières non tarifaires ont également un important impact sur les flux commerciaux. Est-ce que l’ALE a réduit comme cela était prévu dans les textes les barrières techniques dans les domaines suivants : automobile, électronique et produits pharmaceutiques ?

Oui, en partie. Mais les standards techniques ont toujoursété et restent un domaine épineux dans les échanges internationaux. Par ailleurs, il n’y a rien dans l’ALE qui prévoit que la Corée et l’UE vont aligner leurs standards.

Dans le secteur automobile, nous devons suivre les standards de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU – UNECE en anglais), mais la Corée a mis en place des standards spécifiquement coréens, par exemple sur la garde au sol (1). C’est typiquement une mesure protectionniste. Nous avons beaucoup de travail dans le secteur automobile pour gérer ces normes coréennes.

Fromages

Fromages

La question de l’importation de boeuf européen est toujours en discussion. Les mesures sanitaires et phytosanitaires (MSP) sont toujours très sensibles car elles touchent à la question de la sécurité des consommateurs, mais elles sont également souvent perçues comme une forme de protectionnisme masqué. Est-ce que l’ALE a eu un impact positif sur la réduction des MSP ?

Nous sommes très heureux d’avoir réussi à trouver un accord sur la question des fromages non-pasteurisés. Nous avons organisé un séminaire pour le Ministère en charge de la Sécurité des aliments et des médicaments –Ministry of Food and Drug Safety – pour expliquer les processus de fabrication et comment nous le consommions en toute sécurité depuis des siècles en Europe.

Nous essayons d’obtenir l’autorisation d’exporter du bœuf européen en Corée depuis 10 ans. Le rythme d’avancée du dossier a été anormalement lent. Le questionnaire que les autorités coréennes ont demandé aux Etats membres

de remplir est exceptionnellement complexe. La Corée n’enfreint aucune règle, si ce n’est que 10 ans ne constituent pas un délai raisonnable. Notre Commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström a relayé ce sujet au plus haut niveau politique. Les Pays-Bas et le Danemark ont complété le questionnaire et devraient pouvoir exporter d’ici à la fin de cette année, et la France, qui a finalisé le questionnaire MFDS dans l’entretemps, suivra. Nous sommes confiants pour l’avenir car nous avons étroitement travaillé ces derniers mois avec le Ministère en charge de la Sécurité des aliments et des médicaments.

La Corée est très sensible aux questions de sécurité alimentaire. C’est une préoccupation majeure des consommateurs. Mais il ne faut pas oublier qu’en Europe, nous avons l’un des systèmes les plus sûrs au monde, avec des standards plus stricts que les Etats-Unis, dont le bœuf est importé en Corée.

La question des labels fait également partie de nos priorités. Le Ministère a récemment légiféré sur ce point en définissant 6 catégories de labels qui peuvent figurer sur les produits importés en Corée : HACCP –Hazard Analysis Critical Control Point–, Kosher, Hallal, ISO 22000, GMP –Good Manufacturing Practices– et Vegan. En-dehors de cette liste, tout autre label est interdit : médaille d’or au concours agricole, sans sucre, allégé en sucre, moins de matières grasses etc. C’est très problématique pour de nombreux produits européens. D’après le Ministère, ces labels pourraient générer de la confusion auprès du consommateur coréen. La réalité, c’est que peu d’entreprises coréennes produisent des aliments aussi sains, et que le consommateur coréen pourrait se tourner vers ces produits, même si leur prix est un peu plus élevé.

CA105-ALE-4L’UE a signé des nombreux ALE avec d’autres pays et d’autres régions dans le monde. Quelle est la spécificité de l’ALE avec la Corée ?

L’ALE avec la Corée a été le tout premier accord de nouvelle génération. Il va plus loin que tous les accords signés auparavant en abordant des domaines qui ne sont habituellement pas traités dans les ALE : propriété intellectuelle, commerce et développement durable, droits des travailleurs. Il ne se limite pas aux questions de barrières douanières. Les accords qui ont suivi (Canada, Japon) ont été rédigés sur le modèle de l’ALE avec la Corée. L’idée qui sous-tend cette nouvelle génération d’ALE est qu’il faut respecter certains principes et adhérer aux valeurs de l’UE pour pouvoir faire du commerce avec l’UE. Ces accords nous permettent de promouvoir les valeurs européennes et de rassurer les consommateurs européens.

© Photo / Volodymyr Kyrylyuk_Shutterstock.com

© Photo / Volodymyr Kyrylyuk_Shutterstock.com

Aujourd’hui, quels sont les principaux défis pour l’ALE pour les années à venir ?

L’ALE date de 2011, et avec le temps nous réalisons que certains éléments pourraient être actualisés, clarifiés ou améliorés. L’UE souhaiterait procéder à ces amendements, mais la Corée n’en voit pas l’intérêt pour le moment.

Par contre, la Corée souhaiterait ajouter un chapitre sur la protection des investissements. Aujourd’hui 23 Etats membres ont des accords bilatéraux – Bilateral Investment Treaties BIT –avec la Corée et la Corée veut signer un document unique avec l’UE. Nous sommes actuellement en discussion sur ce point pour proposer un système juridictionnel plus transparent que l’ISDS –Investor State Dispute Settlement– de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial (UNCITRAL), un système propre développé par la Commission, qui s’appelle “Multilateral Investment Court System” (MICS).

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

(1) Distance entre le point le plus bas du véhicule et le sol avec un poids de véhicule en état de marche
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Vallourec, de la Corée à l’Asie du Sud-Est

2018 July 25
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Thomas COMTE © Vallourec

Thomas COMTE © Vallourec

Vallourec est le leader mondial des solutions tubulaires premium destinées principalement aux marchés de l’énergie (pétrole et gaz, énergie électrique). L’entreprise est présente dans 20 pays et compte près de 19 000 collaborateurs. Corée Affaires a rencontré Thomas Comte, Président de la filiale Corée et Japon de Vallourec depuis 2015, pour en savoir plus sur l’approche du groupe à partir de la Corée.

Thomas, pouvez-vous nous présenter les activités de Vallourec en Corée ?

Nous avons une filiale de représentation établie depuis 2010 à Séoul pour couvrir les différentes activités du groupe : pétrole et gaz, électricité, construction et industrie. Le rôle de cette filiale est de développer des projets en lien avec les EPC (Engineering, Procurement & Construction – Ingénierie, Approvisionnement et Construction) coréennes, les distributeurs et les fabricants locaux. Depuis 2011, nous avons développé un partenariat avec l’entreprise coréenne Seonghwa, qui nous permet de compléter notre gamme. Enfin, depuis 2016, notre filiale de Séoul gère aussi la représentation du secteur énergie en Asie du Sud-Est.

© Vallourec

© Vallourec

Comment travaillez-vous avec vos partenaires coréens ?

Avec le groupe Seonghwa, nous avons des accords de fabrication, nous testons ensemble de nouveaux produits que nous intégrons dans des packages complets. L’intérêt de ce partenariat est que nous combinons l’expertise et l’excellence opérationnelle de nos usines en Europe à la connaissance fine du marché, la rapidité d’exécution et la capacité d’adaptation de nos partenaires coréens.

Comme vous le savez, dans un partenariat avec une entreprise coréenne il est très important d’avoir une bonne relation à tous les niveaux de l’organisation. J’ai pu le constater en juillet dernier lors de la visite en Corée du Président du Directoire de Vallourec, Philippe Crouzet. Au cours de sa visite, Monsieur Crouzet est intervenu comme VIP guest speaker à l’Assemblée Générale de la FKCCI sur le thème de la transition énergétique, en présence de la presse coréenne et de plusieurs dirigeants français et coréens.

Aujourd’hui, la Corée regarde de plus en plus vers les pays de l’ASEAN, qui seront un important relai de croissance dans les années à venir. Comment Vallourec et ses partenaires coréens participent à cette dynamique ?

Nous avons constaté que l’Asie du Sud-Est est aujourd’hui la région la plus attractive en termes d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger). C’est une région qui dépend beaucoup des investissements étrangers pour le financement de ses infrastructures. Or, la Corée et le Japon sont des investisseurs très importants dans la région via les conglomérats et les banques publiques d’investissement et d’export. Le Japon et la Corée représentent 20% des IDE en Asie du Sud-Est. La Corée est le premier investisseur au Vietnam et reste dans le top 10 des investisseurs dans de nombreux pays : Indonésie, Thaïlande, Malaisie et Cambodge.

En outre, l’Asie du Sud-Est représente 15% des capacités électriques qui vont être installées dans le monde dans les 10 prochaines années. Les EPC coréens et japonais se positionnent donc sur différents projets locaux en se différenciant avec des produits de plus en plus high tech. Nous travaillons avec des EPC coréennes depuis des décennies, et nous avons de belles réussites sur le marché domestique. Le marché sud-est asiatique est en pleine croissance et les entreprises coréennes sont appréciées et présentes sur ces marchés. A travers notre initiative Sud-Est Asie pilotée depuis la Corée, nous capitalisons cette excellence relationnelle que nous avons à la fois avec les EPC coréennes et les entreprises électriques locales en Asie du Sud-Est.

Séminaire Vallourec à Hanoi – Vietnam © Vallourec

Séminaire Vallourec à Hanoi – Vietnam © Vallourec

Pouvez-vous nous parler plus en détail de quelques projets de Vallourec en Asie du Sud-Est?

L’une de nos références les plus remarquables est au Vietnam avec le groupe Doosan. Nous avons fourni plus de 1000 tonnes d’équipements pour une centrale thermique sur laquelle nous travaillons depuis 2013, Vinh Tan 4. C’est un exemple de coopération réussie entre le fournisseur d’électricité local EVN (Vietnam Electricity), Doosan comme EPC et Vallourec comme fabricant d’équipements pour la centrale.

En Malaisie, nous avons également livré en 2016 près de 5000 tonnes de tubes et conduites de vapeur pour équiper une centrale thermique Ultra Super Critique (projet Jimah avec IHI).

Centrale Vinh Tan 4, Vietnam © Vallourec

Centrale Vinh Tan 4, Vietnam © Vallourec

Vous avez récemment organisé deux grands séminaires techniques à Hanoi et à Jakarta, en novembre 2017. Quels enjeux et défis identifiez-vous à court terme sur les marchés de lénergie de ces deux pays ?

Nous avons organisé dans chacun de ces pays un séminaire dédié au sujet de la performance de nos équipements, rassemblant chacun plus de 135 participants : institutionnels, utilities, EPC, notamment coréens, et d’autres acteurs de la filière.

Nous avons pu constater que le taux d’électrification de certains pays n’est pas encore à 100%. C’est le cas notamment de pays insulaires, comme l’Indonésie qui est à 93%. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit le doublement de la demande entre 2020 et 2040 dans les pays d’Asie du Sud-Est.

Par ailleurs, il est intéressant de voir l’intérêt croissant des pays d’Asie du Sud-Est sur les énergies renouvelables, alors que ce sont des pays qui ont beaucoup de ressources naturelles carbone. On voit de plus en plus de partenaires s’intéresser à la géothermie en Indonésie, l’hydroélectricité au Laos, le solaire en Malaisie et aux Philippines. Bien sûr, on ne peut pas généraliser les cas de chacun de ces pays, la problématique énergétique variant énormément d’un pays à l’autre.

Il faut donc être en mesure de répondre à cette demande en forte croissance, tout en respectant les contraintes sur les rejets de CO2 et la réduction des gaz à effet de serre.

J’ai pu constater que les entreprises coréennes suivent avec beaucoup d’intérêt ce marché hétérogène qui est en plein développement et qui requiert de l’adaptation et une bonne compréhension de l’écosystème local pour savoir quelle technologie va prédominer dans les plans énergétiques de ces différents pays.

Comment voyez-vous lévolution des acteurs coréens compte-tenu de ce nouveau contexte sur les énergies renouvelables ?

Depuis la parution du 8e plan énergétique en mai 2017 et sa validation fin décembre par le gouvernement coréen, on a vu que la Corée a fait un choix d’une politique énergétique bas carbone, suivant ainsi la tendance globale amorcée depuis la COP21. Dans ce contexte, le gouvernement s’est fixé comme objectif de porter le renouvelable jusqu’à 20% du mix énergétique d’ici à 2030, contre 6% aujourd’hui.

Les entreprises réfléchissent à modifier leur modèle économique pour investir dans des technologies moins carbonées. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons décidé avec la FKCCI de lancer un Comité Énergie France-Corée, que j’ai l’honneur de présider, que j’ai présenté au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors d’un déjeuner à Séoul le 10 février, et qui a officiellement été lancé à l’occasion de la New Year Party de la FKCCI le 12 février. Ce comité a pour objectif de fédérer des initiatives dans le domaine de l’énergie, tant sur le secteur des énergies conventionnelles (pour travailler sur l’efficacité énergétique) que sur les solutions renouvelables.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici

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POMA va equiper plusieurs sites touristiques coréens d’ici 2019

2018 July 18
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Leader mondial du transport par câble, l’entreprise iséroise POMA est installée au Business Center de la FKCCI depuis septembre 2017. Déjà très présente en Corée depuis plusieurs décennies sur le marché des remontées mécaniques, POMA a récemment conquis un nouveau marché en plein essor : le transport touristique. Après la livraison de la télécabine touristique de Yeosu en 2014, POMA prépare actuellement la mise en place de télécabines dans plusieurs sites à fort potentiel touristique :

- à Sacheon (avec une télécabine 10 places en partie au-dessus de la mer): ouverture publique prévue au printemps été 2018

- à Mokpo (avec une télécabine 10 places en partie au-dessus de la mer): ouverture publique prévue fin 2018

- à Uljin (avec une télécabine 10 places en bord de mer): ouverture publique prévue début 2019

- à Jebudo (avec une télécabine 10 places au-dessus de la mer): ouverture publique prévue au printemps 2019

- à Eurwangri (avec une télécabine 10 places au-dessus de la mer): ouverture publique prévue courant 2019

- à Hadong (en montagne): ouverture publique prévue courant 2019

CA105-POMA-Yeosu-cablecar

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L’entreprise d’agro-alimentaire coréenne SPC ouvre une usine de croissants en Normandie

2018 July 11
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by Corée Affaires

L’entreprise SPC Group, propriétaire de Paris Baguette, a décidé d’implanter d’ici fin 2019 sa nouvelle usine à Saint-James dans le Sud de la Manche. Le projet pourra permettre de créer une quarantaine d’emplois. Se rapprochant des matières premières telles que le lait et le beurre, l’usine exportera ses croissants vers la Corée du Sud et les Etats-Unis. Saint-James a été sélectionné parmi d’autres sites potentiels en France, notamment grâce à la visite du président de région Hervé Morin à Séoul en octobre dernier.

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Rencontre avec: Luc Lesénécal, Président de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant

2018 July 4
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by Corée Affaires
Luc Lesénécal, Président de l'Association Nationale des Entreprises du Patrimoine vivant

Luc Lesénécal, Président de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine vivant

Le label français Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) a été créé en 2006 pour distinguer des entreprises françaises aux savoir-faire artisanaux et industriels d’excellence.

Le label EPV peut « être attribué à toute entreprise qui détient un patrimoine économique, composé en particulier d’un savoir-faire rare, renommé ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité et circonscrit à un territoire » (loi en faveur des PME du 2 août 2005).

Les entreprises labellisées représentent actuellement plus de 63 429 emplois et un chiffre d’affaires cumulé annuel de plus de 13,8 milliards d’euros. Les EPV couvrent 7 grands univers : équipements professionnels, patrimoine bâti, décoration, arts de la table, gastronomie, culture et loisirs, mode et beauté.

Corée Affaires a rencontré Luc Lesénécal, Président de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant.

Monsieur Lesénécal, le label EPV a fêté ses 10 ans en 2016. Pouvez-vous nous parler de lévolution du label au cours de ces 10 années ?

Nous comptons aujourd’hui 1377 entreprises labellisées sur l’ensemble du territoire français et dans tous les grands secteurs d’activités. Il y a certes une concentration plus importante en Ile-de-France et dans certaines régions comme l’Auvergne, Nouvelle Aquitaine, Rhône-Alpes, mais de façon générale on retrouve des EPV partout en France. Le label rassemble aussi bien des PME que des grandes entreprises.

10 ans, c’est à la fois un bel anniversaire mais c’est encore un peu jeune pour que tout le monde connaisse bien ce label, surtout à l’international. Il ne faut pas oublier que plus de 78% des entreprises labellisées réalisent une partie de leur chiffre d’affaires à l’international. L’export représente même le principal débouché pour 15% des entreprises labellisées. Faire connaitre le label EPV en France, mais également à l’étranger, est donc un enjeu essentiel pour nous.

Le label concerne une grande diversité d’entreprises et de secteurs d’activités. Comment gérez-vous cette grande diversité d’entreprises et de secteurs d’activités ?

Les EPV représentent souvent des objets cultes et emblématiques. On peut citer le vase Lalique, la chaise bistrot Drucker, le poivrier de chez Peugeot, l’arrosoir Guillouard, la dentelle de Calais, la pipe de St Claude, la marinière Saint James, les fourneaux Lacanche, les chaussures Repetto, les pinceaux Leonard, les chaussures Paraboot, la cuisinière La Cornue, la chaise Tolix, le baigneur Petitcollin, les pastels de La Maison du Pastel et bien d’autres encore.

Nous gérons cette diversité de façon simple, car toutes ces entreprises ont des valeurs communes et une même philosophie. Ce sont ces mêmes valeurs que l’on met en avant en France ou à l’export.

Quels sont les principaux avantages du label pour les entreprises membres ?

Les entreprises, pour celles qui le veulent, sont fédérées au sein de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant, que j’ai l’honneur de présider, et qui met en place de nombreuses actions communes. Pour la Normandie par exemple, nous avons réalisé des petits films d’une minute trente qui mettent en avant le savoir-faire plus que la marque. Ce sont des outils de promotion que nous avons utilisés par exemple lors de notre venue en Corée à l’automne 2017. Nous essayons de dupliquer cette initiative dans toutes les autres régions.

Nous facilitons également le rassemblement des EPV à des grands salons comme le salon Made in France. L’identité visuelle commune et la proximité valorisent à la fois les entreprises membres et le label. Autre exemple, les 12 et 13 octobre prochains, nous organiserons les journées des savoir-faire d’excellence. Pendant ces deux jours, les entreprises qui ne se visitent pas le reste de l’année accueilleront exceptionnellement des visiteurs.

Enfin, les entreprises labellisées bénéficient de certains avantages. On peut par exemple citer la prime pour les contrats d’apprentissage, qui vise à encourager la transmission de ces savoir-faire d’exception.

En octobre 2017, vous vous êtes rendu en Corée dans le cadre d’une mission avec la région Normandie. La marque que vous dirigez, Saint James, rencontre un succès important en Corée. Pensez-vous que le label EPV contribue à cette réussite ? Les consommateurs coréens sont-ils sensibles aux notions de patrimoine, d’excellence et d’artisanat mises en avant par le label EPV?

Absolument ! Depuis une dizaine d’années, il y a une nouvelle tendance très fortement marquée chez les nouveaux consommateurs, qu’ils soient coréens, japonais, français, américains ou autre. Ils consomment différemment, ils veulent de la traçabilité, ils veulent savoir comment ou par qui a été fabriqué le produit qu’ils achètent, ils veulent que leur achat ait du sens et s’inscrive dans la durée. Je pense que le label EPV met tout cela en avant. Quand on achète un pull Saint James, on sait qu’il a été produit à Saint James en Normandie, par un personnel qualifie formé pendant 18 mois, et que 22 km de fil de laine ont été nécessaires pour le fabriquer. C’est ce qui est mis en avant par le label et c’est ce que recherchent les consommateurs.

Je pense que dans les années à venir, sur le marché du prêt-à-porter – en dehors du marché du luxe – deux grandes tendances vont dominer : la fast-fashion et le premium. Il faut toujours vendre une différence au consommateur. La fast fashion vent une rapidité dans la logistique, une grande réactivité aux tendances et un moindre coût. Les EPV vendent une valeur différente, des produits de grande qualité issus d’un savoir-faire exceptionnel. La moyenne gamme qui ne sait pas se distinguer disparait progressivement. Les consommateurs premium sont de plus en plus nombreux.

C’est la grande tendance des années à venir et il s’agit bien d’une tendance internationale.

Le 30 novembre dernier, une convention de partenariat a été signée entre CCI International, CCI France International et l’Institut Supérieur des Métiers, qui gère le label EPV au nom de l’Etat, pour renforcer l’accompagnement à l’international des entreprises bénéficiant du label EPV. En octobre dernier, la FKCCI a accompagné une entreprise labellisée EPV, Ateliers Imageries d’Epinal, pour une mission de prospection en Corée. Comment les Chambres de Commerce et d’Industrie internationales peuvent soutenir la stratégie de développement international du label EPV et de ses entreprises membres ?

Au niveau national, nous avons signé ou sommes sur le point de signer des conventions avec 3 partenaires fondamentaux, le réseau des Chambres de commerce et d’industrie à l’international, Business France et Atout France. L’objectif est de permettre un accès prioritaire à ces 3 grandes organisations pour promouvoir les entreprises françaises labellisées EPV. La coopération avec les CCI à l’étranger se déroule extrêmement bien, car les Chambres ont parfaitement conscience du grand intérêt que présentent les EPV au niveau national et international.

Par ailleurs, je pense que les EPV ont deux grandes voies de développement pour les années à venir: l’export et le tourisme du savoir-faire.

Les touristes qui visitent la France souhaitent bien sûr voir la Tour Eiffel, le Mont St Michel etc, mais ils ont aussi de plus en plus envie de découvrir des entreprises qui ont un savoir-faire d’excellence et produisent des objets symboliques connus à l’international. Ce sont ces mêmes touristes qui veulent déjeuner localement des produits locaux : gigot de pré salé, poissons pêchés du jour ou de bons fromages AOP en Normandie. C’est un tourisme qui va évoluer et se développer dans les prochaines années et je pense que c’est un atout pour les EPV.

Ce tourisme peut tout à fait intéresser les Coréens. 11e économie mondiale, la Corée a misé tout son développement économique sur la formation. Les Coréens reçoivent une éducation de très grande qualité et ils s’intéressent à la culture, au savoir-faire, à l’Europe et à la France. Je connais bien l’Asie et il me semble que la Corée est le pays le plus latin d’Asie, et peut-être le pays asiatique avec le plus de proximité avec l’Europe et avec la France.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

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Cosmétiques : la certification sud-coréenne, un précieux sésame à décrocher

2018 June 26
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by Corée Affaires
Par Louis Palligiano

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A l’instar de la « hallyu », la vague culturelle sud-coréenne, les cosmétiques du pays du Matin clair, souvent désignés sous le terme de K-Beauty, comptent désormais parmi les fleurons du « soft power » à la coréenne. Depuis plus d’une dizaine d’années, les séries télévisées et la musique pop, respectivement K-Dramas et K-Pop, représentent pour les produits de beauté sud-coréens une formidable vitrine à l’international. Son innovation industrielle constante, sa forte adaptabilité et l’influence qu’elle exerce sur les dernières tendances font de la Corée du Sud l’un des marchés cosmétiques les plus attractifs au monde. Parallèlement, les entreprises étrangères sont nombreuses à lorgner des consommateurs sud-coréens avides de nouveauté et réputés pour le grand soin qu’ils portent à leur apparence. L’environnement extrêmement évolutif et compétitif ainsi que les certifications locales parfois contraignantes constituent néanmoins pour les exportateurs de sérieux défis.

L’importation de produits cosmétiques en Corée du Sud suit une courbe ascendante avec une croissance annuelle moyenne de 4% sur les cinq dernières années. Les trois principaux pays exportateurs sont les Etats-Unis, la France et le Japon, avec respectivement 31,1%, 24,3% et 12,2%. Joohyun Ha, Directrice de NAOS Korea qui commercialise les marques Bioderma et Institut Esthederm en Corée du Sud, décrit un marché particulièrement porteur : « les consommateurs coréens sont renommés pour leur raffinement et leurs exigences sophistiquées. Beaucoup de marques étrangères considèrent la Corée comme un marché de référence car si un produit est reconnu et plébiscité ici, il est fort probable qu’il réussisse dans les autres pays aussi. » En Corée du Sud, plusieurs lois réglementent la fabrication et l’importation de produits cosmétiques. L’une des particularités pour les fabricants et les importateurs est qu’elles reposent sur trois différentes catégories pouvant être référencées comme cosmétiques en Europe : les cosmétiques généraux, les cosmétiques fonctionnels tels que les crèmes solaires et les produits blanchissants, et enfin les quasi-médicaments comme les produits antiacnéiques. Ces deux dernières classes doivent être évaluées par le ministère sud-coréen de la Sécurité alimentaire et pharmaceutique –Ministry of Food and Drug Safety– avant d’être autorisées dans le pays. Joohyun Ha reconnaît que cette particularité demande un temps d’adaptation : « La loi sur les cosmétiques fonctionnels (les gammes solaires, anti-rides et blanchissantes) est très contraignante pour les marques étrangères car les études cliniques suivant les protocoles européens ne sont pas facilement reconnues par les autorités coréennes et il est fréquent de voir des marques étrangères conduire des études spécifiquement pour le marché coréen afin d’obtenir ce label « cosmétique fonctionnel ». Malheureusement, les certifications coréennes sont généralement uniquement reconnues dans le pays ».

cosmetique_2Si l’image prestigieuse et fiable dont bénéficient les produits « made in France » est un atout indéniable auprès de la clientèle sud-coréenne, la réglementation restrictive et complexe du pays peut constituer un écueil pour les candidats européens à l’exportation. « La principale différence est le système de préapprobation des cosmétiques fonctionnels en Corée. De plus, le système EDI (échange de données informatisé) de préapprobation nécessitant la liste des ingrédients, un certificat de non-ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) ainsi qu’un CFS (certificat de vente libre) avec les copies originales requises par l’Association coréenne de l’industrie pharmaceutique (KPTA) avant l’importation de produits cosmétiques peut poser problème », d’après un professionnel français du secteur qui a souhaité témoigner sous couvert d’anonymat. Il admet cependant que ce degré d’exigence peut aussi se révéler être un avantage : « Dans le cas où le produit est approuvé par l’autorité coréenne comme un cosmétique fonctionnel, cela peut être un outil de promotion dans plusieurs pays, par exemple ceux de l’ASEAN (Association des nations de l’Asie du Sud-Est). » Tous les cosmétiques doivent être préapprouvés par le MFDS avant d’être importés. En fonction de la formule utilisée, le processus d’enregistrement prend de deux à cinq mois.

A ce jour, Séoul a conclu des accords de libre-échange (ALE) avec une quinzaine de nations. En particulier, l’ALE avec l’Union européenne signé en 2011 a permis à un large éventail de firmes de cosmétiques du Vieux Continent de percer ce marché. La France et la Corée du Sud ont le point commun d’être mondialement réputées pour le haut degré d’exigence de leur industrie cosmétique. Kate Jeonghee Byun, Responsable marketing chez Caudalie, une entreprise française de cosmétiques spécialisée dans la vinothérapie, estime qu’il n’y a « aucune différence nette entre les deux pays en matière de qualité, avant d’ajouter, comme il y a beaucoup de sociétés cosmétiques françaises ici en Corée, il n’y a pas d’obstacles particuliers pour l’exportation depuis la France. Néanmoins, le marché des cosmétiques en Corée change très rapidement, et beaucoup d’entreprises locales coréennes lancent des tonnes de nouveaux produits, la concurrence sur le marché des cosmétiques est donc très féroce. »

cosmetique_3Célèbre pour avoir lancé la première BB Crème (BB pour « Blemish Balm Cream » : baume anti-imperfection) sur le marché européen en 2009, Erborian est une marque de cosmétiques inspirée de l’herboristerie de la médecine coréenne. Les produits sont élaborés à Séoul et actuellement distribués dans 26 pays. Katalin Berenyi, sa co-fondatrice, estime que les normes européennes sont actuellement les plus strictes: « Bien évidemment les normes réglementaires représentent une contrainte importante pour exporter en Europe. Les certifications coréennes sont de très bon niveau donc la plupart des produits sont facilement distribués dans d’autres pays, surtout à l’extérieur de l’Europe. Ceci dit il n’y a pas d’équivalence automatique entre les certifications coréennes et celles d’autres pays. Il faut donc bien analyser les contraintes d’importation pays par pays pour ne pas avoir des surprises. » A l’intérieur du marché asiatique, la réglementation devrait néanmoins peu à peu s’harmoniser. Séoul a annoncé le 10 janvier dernier la création d’un conseil avec les pays membres de l’ASEAN d’ici 2019. Son but sera d’uniformiser les standards du secteur cosmétique dans la région et d’aider les entreprises sud-coréennes à mieux pénétrer le marché de l’ASEAN. Une initiative propice à de nouvelles perspectives pour les acteurs de cette industrie.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

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La certification hôtelière en Corée

2018 June 19
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by Corée Affaires
Remerciements à Vincent Lelay, Vice President Operations AccorHotels Ambassador Korea
Hôtel Novotel Ambassador Seoul Yongsan - 5 étoiles © www.hotelrating.or.kr

Hôtel Novotel Ambassador Seoul Yongsan – 5 étoiles © www.hotelrating.or.kr

L’hôtellerie, qui a connu une croissance très importante ces dernières années, en particulier à Seoul, est un secteur très concurrentiel. Alors que la fréquentation touristique a augmenté de 10 % entre 2013 et 2017*, l’offre a connu une hausse de 75% à ces mêmes dates.

Depuis janvier 2015, la Corée utilise la classification par étoiles (une à cinq étoiles) conforme aux standards internationaux. Avant 2015, le système de notation des hôtels était géré par la Korea Hotel Association. En 2015, les normes ont été réévaluées et la Korea Tourism Organization (KTO), désormais en charge du dossier, qui a mis en place un organisme de contrôle indépendant composé d’une centaine d’experts du secteur de l’hôtellerie. Cette réforme procédait d’une volonté de renforcer la transparence et la sévérité dans la procédure d’obtention des étoiles.

Les critères pris en compte portent sur la qualité des chambres et salles de bains, de l’offre de restauration, sur les espaces de rendez-vous et salles de conférences, ainsi que sur le service client et la sécurité.

Pour déterminer la catégorie de l’hôtel, une première visite de présentation est faite par un jury de professionnels non connus par l’hôtel sur des critères de produit, d’offre et de service. Mais la grande nouveauté de la réforme, ce sont les clients mystères qui visitent l’hôtel et évaluent principalement la qualité du service. Chacune de ces étapes est encadrée par des critères très précis.

« Depuis 2015, tous les propriétaires d’hôtels ont unanimement noté une amélioration des critères d’attribution des étoiles », souligne Vincent Lelay, Vice President Operations AccorHotels Ambassador Korea. « Pour la clientèle coréenne en particulier, le nombre d’étoiles est très important, notamment pour les grands événements comme les mariages. Il est donc essentiel de disposer d’un référentiel fiable et transparent ».

Outre les inspections liées à la classification par étoiles, les hôtels sont également régulièrement inspectés par différents services gouvernementaux sur les licences et l’hygiène pour l’ensemble des opérations (chambres, équipements, cuisines etc.).

Des garanties de qualité à la fois pour la clientèle coréenne et internationale.

 

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

 

* Il est à noter que la très forte baisse enregistrée en 2017 
(13,3 millions d’arrivées internationales en 2017, contre 17,2 millions en 2016) 
a fortement impacté l’évolution globale sur 2013-2017. De 2013 à 2016, 
les arrivées internationales ont enregistré une hausse de plus de 40%.
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