De nouvelles perspectives pour la coopération entre la France et Jeju

2019 March 15
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by Corée Affaires

Par Delphine de Castelbajac et Oriane Lemaire

Le 14 Mars 2019, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Jeju, la FKCCI et l’Ambassade de France en Corée ont signé un Protocole d’Entente.

“Les cinq dernières années, l’île a accueilli plus de 11 000 nouveaux habitants en moyenne par an venus profiter de son dynamisme économique et sa douceur de vivre !” s’exclame David-Pierre Jalicon, Président de la FKCCI. Jeju, c’est aussi un pôle touristique accueillant 15 millions de visiteurs par an, la ligne aérienne reliée à Séoul la plus fréquentée au monde et le premier site classé au patrimoine naturel de l’UNESCO de Corée. L’île a vu  son économie se développer rapidement et se hisse à la pointe des efforts coréens en termes de croissance verte. Poussée par son jeune gouverneur Won Hee-ryong, l’île a accueilli le premier démonstrateur à grande échelle de réseau électrique intelligent de 2009 à 2013 et concentre le plus de véhicules électriques et d’installations d’énergies vertes de tout le pays.

Dans ce cadre, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Jeju, la FKCCI et l’Ambassade de France en Corée sont désireuses, sur la base d’une confiance mutuelle, de coopérer activement à attirer les investissements français dans la région de Jeju et à renforcer l’amitié et les échanges dans les domaines économique, culturel et touristique entre la Province de Jeju et les collectivités territoriales françaises.

Pour ce faire, la FKCCI coopérera activement avec la CCI de Jeju pour attirer des entreprises et des investissements français et pour aider les entreprises de la région de Jeju à s’implanter et à exporter en France. La CCI de Jeju fournira à la FKCCI tout le soutien matériel nécessaire dans le cadre de cette promotion.

En retour, l’Ambassade de France en Corée et la FKCCI fourniront à la CCI de Jeju les informations et le soutien administratif précieux à l’organisation de missions officielles en France.

A cette occasion, Monsieur David-Pierre Jalicon, Président de la FKCCI, a livré son affection pour l’ile de Jeju et félicité son essor fulgurant : « J’ai vu l’ile se transformer et devenir un véritable pôle d’attractivité locale. Jeju concentrant le plus grand nombre de musées au kilomètre carré, je suis heureux que la France y participe activement par l’ouverture d’un bureau Bluebell pour accompagner le développement du Duty Free, du musée d’Art Digital de T Money en partenariat avec la Fondation Culture Espace, ainsi que du Musée Peugeot. Je voudrais citer le partenariat de RSM au cœur de la Smart Grid développée sur l’ile pour favoriser l’utilisation des véhicules électriques comme les taxis ou son véhicule compact Twitzy.». Il a communiqué à l’assemblée son enthousiasme pour cet accord entre les deux Chambres et l’Ambassade de France : « Je suis certain que nous pourrons initier de nombreux projets communs et renforcer l’attractivité et le développement de nos territoires respectifs, que ce soit dans le secteur du tourisme, des produits agricoles et de l’innovation.».

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Notre déjeuner spécial Economic Forecasts : une croissance économique en baisse en 2019 mais de belles perspectives d’échanges franco-coréens

2019 March 8
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Par Oriane Lemaire

C’est une institution : chaque année en mars nous laissons la parole à des experts des institutions publiques et des entreprises pour croiser leur vision de la situation macroéconomique coréenne, internationale et des opportunités pour les relations économiques franco-coréennes.

Economic Forecasts Blog Panel Discussion

Session Q&A avec l’auditoire

Cette année, nous avons accueilli plus de 60 personnes, essentiellement des décideurs de haut niveau de la communauté d’affaires franco-coréenne ainsi que des journalistes autour d’un buffet. L’ambiance est studieuse ; les visages concentrés se tournent vers les intervenants. Le chef du Service économique de l’Ambassade de France, Michel Drobniak, a introduit les perspectives économiques de la Corée en 2019. Reflétant la crainte d’une récession au niveau mondial, le bilan n’est pas particulièrement optimiste : « l’économie coréenne a progressé à un rythme plus lent que prévu en 2018 avec 2,7% de croissance contre 3,1% en 2017. Et 2019 ne sera pas plus prometteur : si la Banque de Corée est particulièrement optimiste avec 2,6% prévu en 2019, les agences internationales comme Moody’s le sont beaucoup moins en affichant 2,1% ». M. Suk Taek Oh, économiste en chef de la Société Générale remarquait que c’était la première fois que la Corée passait en dessous des Etats-Unis en termes de taux de croissance du PIB compte tenu des mesures fiscales exceptionnelles de relance prises par Donald Trump.

Pourquoi une telle tendance de baisse au dragon asiatique ?

Selon M. Drobniak, la plupart des grands secteurs porteurs de l’économie coréenne sont mis à mal. L’industrie des semiconducteurs qui représente presque un quart des exportations coréennes est sous pression d’une baisse conjoncturelle des prix des puces électroniques et de la concurrence chinoise. Le secteur de la construction souffre aussi de la baisse des transactions immobilières et de la politique de Moon de transférer des crédits de l’Etat des infrastructures vers ses politiques de sécurité sociale. Ou encore, l’industrie automobile a vu sa production baisser de 2% l’année dernière à cause d’une baisse des ventes au niveaux mondial et coréen.

Economic Forecasts Networking Event

Les fondamentaux économiques restent solides

En revanche les secteurs du tourisme et de la banque s’en sortent bien ; le tourisme connait un rebond grâce au retour des touristes chinois et aux retombées des JO de PyeongChang. Plusieurs facteurs devraient également rassurer les investisseurs en Corée : les fondamentaux de l’économie restent très stables avec une dette souveraine de seulement 40% du PIB, une bonne réserve de devises étrangères qui surpasse 400 Mds USD, une inflation sous contrôle (1,4%) et une note souveraine inchangée des grands cabinets de notation. « Au moyen et long-terme, une coopération avec la Corée du Nord pourrait aussi rapporter de la croissance grâce à l’extension du marché » affirme M. Drobniak. Enfin, la baisse de la croissance est un phénomène normal dans une économie développée qui voit son taux de natalité baisser en-dessous de 1 enfant par ménage, un record. « La Corée reste au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (2,3%) en termes de croissance » rassure M. Drobniak.

Des perspectives optimistes pour les relations économiques franco-coréennes et les opportunités d’investissements étrangers en Corée

Le directeur du Commerce Européen au sein du Ministère coréen du Commerce, de l’Industrie et de l’Energie (MOTIE), Song Ju-Ho a salué le dynamisme des échanges franco-coréens : « la France est un de nos principaux partenaires. Nos deux économies font partie du top 10 mondial et nous avons atteint plus de 9,4 mds USD de commerce bilatéral, en hausse depuis 4 ans consécutifs ! ». « Notre Ministère prévoit de nombreux bancs d’essai dans le cadre de la 4ème révolution industrielle pour les TIC et des mesures pour alléger les fardeaux des investisseurs étrangers » ajoute-t-il.

Côté investissements, ces derniers sont également en hausse : « Naver a investit de manière significative en France dans le domaine de l’intelligence artificielle » affirme M. Song. Le géant internet coréen avait notamment fait sensation avec l’annonce en 2017 du doublement du fonds d’investissement géré par Fleur Pellerin. Depuis, sa branche Naver Labs Europe a fait entre autres l’acquisition du laboratoire de recherche grenoblois Xerox. Côté français, Renault a beaucoup investi dans son usine à Busan pour y commencer la production en masse de son véhicule électrique compact Twizy. Le modèle s’est vendu à plus de 1400 exemplaires en 2018 contre seulement 250 l’année précédente. De belles perspectives à venir !

Economic Forecasts IFEZ Presentation

Présentation de la Zone Franche d’Incheon

Enfin, les investissements devraient bénéficier de la politique dynamique des zones franches. Le commissaire à la Zone Franche d’Incheon (IFEZ), M. Jinyong KIM, a présenté les avantages pour les entreprises étrangères : abattements fiscaux, infrastructures, ou encore incubateurs de start-ups, … Ils sont nombreux dans cette zone qui a vocation à devenir un « hub » des biotechnologies et autres industries high-tech. Avec presque 12 mds USD d’investissements depuis 15 ans dans cette nouvelle ville de Songdo, certains groupes français ont déjà franchi le pas, comme Veolia et plus récemment Décathlon. Affaire à suivre !

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La FKCCI annonce les lauréats des « French Business Awards 2019 »

2019 February 21
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Le secrétaire d’Etat aux affaires digitales Mounir Mahjoubi a remis en personne les trophées aux quatre entreprises membres lauréates : Thales Korea pour le produit/service de l’année, France Gourmet et Adriel.Ai pour les prix de l’entreprenariat et enfin Bolloré Logistics pour leurs actions en Responsabilité Sociale des Entreprises. Bravo aux gagnants qui auront la chance de participer au concours international des CCIFI en compétition avec plus de 40 chambre de commerce française à l’international !

Les trophées des FKCCI Business Awards 2019

Une compétition qui met à l’honneur la « French Touch » faite d’innovation, de savoir-faire et d’apport sociétal à travers le monde.

Révéler les perles cachées de la communauté d’affaires franco-coréenne : tel est le but de la FKCCI pour cette première édition des « French Business Awards 2019 ». Créativité, innovation, performance, entrepreneuriat, engagement écologique et solidaire… Ces mots-clefs partagés par toute la communauté incarnaient les valeurs portées par ces trophées. Au-delà d’une simple reconnaissance des réalisations des entreprises, ces trophées célèbrent la valeur ajoutée aussi bien économique que solidaire et environnementale née des coopérations franco-coréennes. Le jury, composé de PDG d’entreprises franco-coréennes ainsi que de représentants de médias reconnus tels que Le Point ou Arirang, s’est décidé en fonction des actions et stratégies des candidats, leur capacité à s’adapter au contexte local et leur vision future.

La FKCCI a voulu valoriser la créativité et les performances de sa communauté d’affaires à travers 3 catégories :
Produit/Service de l’année, pour les innovateurs
Entrepreneuriat, pour les jeunes structures qui n’ont pas eu peur de s’attaquer au marché coréen avec succès
Responsabilité Sociale des Entreprises, pour les entreprises engagées dans les causes sociétales et environnementales

Thales Corée s’est vu attribuer le prix du Produit/Service de l’année ! Dirigée par M. Patrick Defranoux, cette multinationale établie en Corée depuis plus de 35 ans et spécialisée dans la défense, le transport, la sécurité et l’aérospatiale a su convaincre le jury grâce à ces solutions de paiement sécurisé sur mobile. Dans un pays leader du paiement mobile (33% des transactions totales sont effectuées sur smartphone), la solution de Thalès adaptée aux Samsung Galaxy est en phase avec les problématiques locales de digitalisation et sécurisation des données. La tendance n’est pas prête de s’essoufler : la banque centrale coréenne a annoncé en 2017 une « société sans espèces » d’ici 2020.

Dans la catégorie des entrepreneurs, France Gourmet et Adriel.AI sont les heureux élus ! France Gourmet, établi depuis 2013 au Pays du matin calme a su convaincre par sa résilience dans le marché difficile de l’agroalimentaire coréen, qui plus est le domaine de la charcuterie. Dirigée par Romuald Pieters, cette jeune structure spécialisée dans la confection de produits charcutiers traditionnels a localisé sa production dans un atelier près de Séoul et a lancé depuis 2015 un service de traiteur de qualité. « Le projet France Gourmet est né de la rencontre de trois français expatriés à Séoul – un charcutier, un chef et un agronome – désireux de faire découvrir les saveurs de la gastronomie française à leur pays d’adoption. » décrit le site de l’entreprise. Bravo à eux !

Adriel.AI est le second lauréat parmi les entrepreneurs. Cette start-up innovante représentée par Sophie Eom et Olivier Duchenne est partie à la conquête du marché coréen en 2017. Proposant des solutions de marketing digital basées sur l’IA , elle a séduit par son business model innovant en phase avec les problématiques actuelles des entreprises.

Enfin, Bolloré Logistique Corée a remporté haut-la-main le prix des actions RSE ! Ce leader du transport et de la logistique internationale présent depuis 1988 en Corée a impressionné le jury par le nombre et la diversité de ses actions en faveur de l’environnement et des problématiques sociales de la Corée. Sa contribution à la campagne contre le cancer du sein ou encore en faveur des fermes urbaines à travers ses ruches « Honey Factory » ont montré que la société s’engageait concrètement et efficacement pour des combats qui comptent. Son PDG Thibault Janssens a délivré un discours inspirant en soulignant qu’il n’avait pas peur de s’attaquer aux sujets « tabou » et réaffirmant son engagement en faveur d’actions RSE futures.

e Ambassador of France in Korea, DP Jaiicon président de la FKCCI aux côtés des lauréats

Mounir Mahjoubi, L’Ambassadeur de France en Corée Fabien Penone , DP Jailicon président de la FKCCI aux côtés des lauréats

En route vers le concours international des Chambres de Commerce françaises à l’étranger!

Ces trophées ne sont qu’une première étape vers le concours international des CCIFI qui rassemble des candidats de plus de 40 CCI chaque année dans 8 catégories. L’année dernière, près de 500 participants sont venus saluer les prouesses à l’international de dizaines d’entreprises tricolores. Elles créent, elles agissent, elles exportent et s’implantent à travers le monde, dans des domaines aussi variés que le digital, l’agroalimentaire, l’éducation… la concurrence sera rude cette année, concrétisée par une cérémonie le 24 juin 2019, sous le patronage du Président Emmanuel Macron. Le Président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux sera également le parrain et invité d’honneur de l’événement, qui sera sponsorisé par des institutions et des médias reconnus. L’année dernière l’équipe France Export (CCI de France, Business France, Bpifrance, Conseillers du Commerce Extérieur, MEDEF, CPME, METI (Mouvement des entreprises de taille intermédiaire), Fédérations professionnelles, représentants de clusters) s’est réunie pour soutenir cette célébration des savoir-faire des entreprises.

Une occasion à ne pas manquer pour la visibilité de la communauté d’affaires franco-coréenne : rendez-vous en juin !

Retrouvez toutes les informations sur ces trophées sur notre site FKCCI et le site de CCIFI.

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Un invité exceptionnel pour notre soirée du Nouvel An lunaire coréen « Seollal »

2019 February 21
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Par Delphine De Castelbajac & Oriane Lemaire

« La Corée est un pays fort de ses travailleurs mais aussi de ses visionnaires. La relation entre nos deux pays ne concerne pas seulement le profit mais également des valeurs communes qui forment un avantage compétitif ». C’est le message qu’a porté le Secrétaire d’État chargé du numérique, Monsieur Mounir Mahjoubi à l’occasion de notre soirée du Nouvel An lunaire coréen le 19 Février dernier.

Discours de M. Mahjoubi aux FKCCI Business Awards 2019

Un « self-made man » entrepreneur devenu homme d’Etat

Issu d’une famille ouvrière marocaine, Mounir Mahjoubi est, pour notre société, un exemple de réussite par sa persévérance accompagnée d’un esprit créatif. Malgré un bagage de vie fragile, Mr Mahjoubi a su allier, dès son plus jeune âge, volonté, dynamisme et enthousiasme : des qualités qui ont permis l’essor d’une carrière prometteuse. En effet, à l’âge de 13 ans, il remporte un concours de jeunes inventeurs organisé par Science et Vie Junior. Sa réussite professionnelle se poursuit avec l’obtention d’une maîtrise de droit ainsi que d’un master d’économie et de finance de Sciences Po Paris. Avide d’innovation, il se lancera dans la cofondation de plusieurs start-ups en e-commerce et communication. Parmi ces dernières se distingue « La Ruche qui dit oui ! », une plateforme sociale et collaborative de mise en relation d’agriculteurs et de consommateurs.

Son ambition le pousse à s’engager politiquement au côté de Ségolène Royal puis de François Hollande, en 2012, pour le soutenir dans sa campagne présidentielle au travers de sa communication numérique. Ex-Président du Conseil National du Numérique, il rejoint en 2017 la campagne présidentielle du Président actuel, Emmanuel Macron et se voit nommé Secrétaire d’État chargé du numérique un mois plus tard. Mounir Mahjoubi est aujourd’hui une figure politique engagée qui met à profit ses talents en éloquence et en digital.

Visite exceptionnelle en Corée pour renforcer la coopération dans le numérique et l’IA

Monsieur Mahjoubi s’est rendu au pays du matin calme afin d’échanger avec ses partenaires coréens sur l’agenda international et les enjeux en matière de régulation du numérique. Le Secrétaire d’Etat a signé une déclaration conjointe visant à renforcer la coopération entre les deux pays en matière d’intelligence artificielle et de « gouvernance digitale ».

Le 19 février au matin, il a inauguré le 5ème Forum des Industries Innovantes aux côtés de Monsieur Cheong, vice-ministre du Ministère coréen de l’Industrie et du Commerce. « Ce Forum instaure un cadre au sein duquel sont présentés des projets de recherche entre entreprises françaises et coréennes, financé par des institutions parapubliques, Bpifrance d’un côté et son homologue coréen, le KIAT (Institut coréen pour l’avancement des technologies) » a-t-il déclaré.

Son programme prévoyait également une rencontre avec des entrepreneurs français en mission de la French Tech. Le ministre est venu à la rencontre des nombreuses start-ups innovantes de secteurs très variés dans une ambiance chaleureuse. « Un des grands sujets, c’est la French Tech, c’est-à-dire comment les entrepreneurs français ici peuvent tirer le meilleur de cette communauté et proposer à la Corée ce que la France a de meilleur à offrir. C’est ce que je suis venu soutenir ici, et nous sommes là pour vous » a-t-il déclamé à la communauté d’entrepreneurs. « Une communauté qui marche : c’est une communauté qui se réunit, qui a des projets, qui se projette dans l’avenir […] J’ai la preuve aujourd’hui que c’est votre cas » ajoute-t-il.

Mounir Mahjoubi rencontre des entrepreneurs de la French Tech Seoul

Sa visite en Corée s’est achevée à la soirée de Seollal de la FKCCI, au Shilla Hotel le 19 février. Au cours de cet événement qui mettait à l’honneur les « French Business Awards 2019 », Mounir Mahjoubi a remis en personne les trophées aux quatre entreprises membres lauréates : Thales Korea pour le produit/service de l’année, France Gourmet et Adriel.Ai pour les prix de entrepreneuriat et enfin Bolloré Logistics pour leurs actions en Responsabilité Sociale des Entreprises. Le Secrétaire d’Etat a livré à son auditoire un discours puissant doté d’une pointe d’humour dans lequel il rappelle l’importance de partager des valeurs communes afin de les mettre au service de la performance et de l’innovation. « La Corée est un pays fort de ses travailleurs mais aussi de ses visionnaires. La relation entre nos deux pays ne concerne pas seulement le profit mais également des valeurs communes qui forment un avantage compétitif »

S’adressant à la communauté d’affaires franco-coréenne, il a saisi l’opportunité de transmettre les valeurs entrepreneuriales essentielles pour prospérer : “Etre utile aux humains et à la planète, c’est ce qui fait un grand entrepreneur et des entreprises qui durent dans le temps. Il faut allier performance et humanité! […] Le seul moyen de traverser les siècles c’est l’innovation.”

Des mots inspirants qui donnent du cœur à l’ouvrage à notre belle communauté d’affaires…

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Blockchain: Un gros mot qui a de l’avenir?

2018 October 10
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by Corée Affaires

Par Sylvère SMOLIGA
CEO IT-CONCEPT

illustration blockchain

Du 16 au 19 septembre dernier à Gangnam se tenait la Blockchain Conference 2018[1], un « événement global sur la technologie, pour les investisseurs en cryptomonnaie et les innovateurs ».

En têtes d’affiche : Jimmy Wales, fondateur de Wikipédia, et Michael Hayden, ex-Directeur de la CIA et de la NSA. Quoi de plus révélateur sur l’amplitude du phénomène blockchain que la présence de deux personnalités qui n’ont a priori rien à voir avec la cryptomonnaie ?

Mot-clé en vogue de ces dernières années, la notion de blockchain reste pourtant mal maitrisée par le grand public. Facile de se noyer dans le flot des anglicismes disruptifs à la mode, et de confondre blockchain avec les avancées de l’Intelligence Artificielle, ou de faire l’amalgame avec la cryptomonnaie. Et pourtant, derrière ce mot savant se cache un véritable paradigme technologique d’avenir.

Définition « business »  de la blockchain

La blockchain, c’est un protocole numérique d’échanges d’informations entre différentes entités, qui dispense de centraliser toutes les informations sur un point fixe. Chaque entité, chaque « maillon de la chaine », possède une copie de l’intégralité des échanges entre les différents maillons. Ces maillons ressemblent donc plus à des « registres » (ledger en anglais) qui sont chiffrés (hashing function). L’authenticité d’un échange entre un maillon A et un maillon B est certifiée par l’ensemble des autres maillons, qui « travaillent à l’authentification » (mine) de ces échanges. Lorsqu’au moins 51% des maillons montrent qu’ils possèdent l’exact même copie de la transaction, alors celle-ci est reconnue comme valide.

Cette explication simplifie volontairement le mécanisme[2], mais pour toute personne non-technophile l’essentiel à comprendre est là. C’est sur ce principe que s’est développée la première application concrète de la blockchain en 2009 : la cryptomonnaie, avec le Bitcoin.

Tirons les conclusions de ce qu’apporte de neuf le mécanisme des blockchains.

Premier avantage net de la blockchain : la décentralisation des échanges. Puisque chaque individu possède lui-même le système d’archive et d’authentification des échanges, plus besoin d’une entité qui centralise et traite les informations, en qui les individus doivent porter leur confiance. Chacun est le témoin et le garant de tous les échanges effectués.

Deuxième intérêt : la sécurité du processus. Auparavant il suffisait de s’introduire dans l’entité centrale qui conservait les registres et les informations de transaction pour mettre à mal l’ensemble du système. Avec la blockchain, puisque chaque entité « est » le mécanisme, si l’on essaie d’altérer une transaction il faut s’introduire et corrompre au moins 51% des maillons de la chaine, soit des milliers de portefeuilles dispersés.

Et c’est pour cette raison que la blockchain s’attire les louanges de nombre d’entreprises hors du domaine des cryptomonnaies. Le procédé permet la suppression des intermédiaires (décentralisation) et donc une économie d’échelle, tout en conservant la confiance des individus (sécurité).

Quel avenir pour la blockchain au-delà des cryptomonnaies ?

Premier candidat évident de la blockchain : les institutions financières. Ironie du sort puisque la blockchain était à l’origine vouée à passer outre le système financier, perçu comme un intermédiaire inutile. Les banques ont cependant rapidement réagi. Wall Street est en train d’explorer son propre système de blockchain[3]. Le Crédit Suisse, HSBC, MUFG, ou Barclays ont toutes rejointes l’Unity Settlement Coin (USC) afin d’exploiter les bénéfices de ladite technologie.

Les contrats intelligents (smart contracts) sont aussi directement touchés par cette avancée, quel que soit le secteur d’application[4]. Par exemple, dans le secteur des assurances, certaines politiques de remboursement sont déclenchées de manière automatique : une assurance vol peut être directement activée lorsqu’un vol est annulé. Une fois l’annulation officialisée, le contrat intelligent effectue directement un paiement au bénéficiaire, supprimant l’étape des réclamations.

Les pouvoirs publics sont également susceptibles d’exploiter ce mécanisme pour gérer les services sociaux, pour la mise en place du vote numérique, ou pour la possession de titres.

Autre mine d’or pour la blockchain : le domaine des voitures connectées. Les principe des registres partagés (shared ledger) offre des solutions solides aux difficultés engendrées par la chaîne logistique de cette industrie, en permettant de suivre efficacement un large montant de données, de vérifier l’identité des revendeurs, et de faciliter les transactions conditionnelles.

Sans parler des canaux de communication à travers lesquels les voitures connectées échangent leur données avec d’autres véhicules, ou vers des objets connectés. La blockchain répond pour cela aux besoins de chiffrement, de transport, de distribution et de stockage des données que les voitures génèrent à chaque instant[5].

La blockchain s’insère aussi particulièrement bien dans l’évolution du domaine de la santé : conserver et sécuriser les données médicales des patients, l’historique des opérations, des admissions en hôpital, des précédentes maladies, etc.

En outre, les GAFAM[6] ont largement investi sur le décryptage des données génétiques dans le but d’offrir des diagnostics médicaux automatisés et sans erreur[7]. Dans un futur ou chaque individu sera considéré médicalement comme un gigantesque code, la blockchain jouera un rôle évident.

Enfin, le secteur foisonnant des objets connectés (IoT) est directement concerné par les avancées de la blockchain. Avec une prévision d’investissement de six trillions de dollars dans les cinq prochaines années[8], un nombre grandissant d’entreprises cherche à se démarquer dans ce marché concurrentiel. Faire transiter les données rapidement de manière sécurisée via les technologies de portefeuilles de distribution constitue une nette opportunité pour ces industries.

La méthode blockchain, dans ses applications actuelles, n’est pourtant pas exempt de défauts : extrêmement énergivore[9], techniquement complexe à intégrer, pas assez vulgarisée, sans aucun standard d’industrie, très peu régulée par les États et institutions[10], etc.

En tout cas une chose est sûre : au-delà de son incarnation pratique, c’est le concept de la blockchain qui est promis à un avenir radieux.

La Corée du Sud s’est lancée corps et âmes dans la cryptomonnaie pour devenir aujourd’hui un acteur mondial majeur : environ 30% des échanges mondiaux de cryptomonnaie en 2017[11], avec plus de 3 salariés sur 10 ayant déjà investi dans des cryptomonnaies[12]. Tous les ingrédients sont réunis pour qu’elle se retrouve en tête de proue du mouvement blockchain à venir.

[1] Détails à: https://www.blockseoul.com/

[2] Pour creuser sur le sujet, voir l’article suivant: https://hackernoon.com/wtf-is-the-blockchain-1da89ba19348

[3] https://spectrum.ieee.org/telecom/internet/wall-street-firms-to-move-trillions-to-blockchains-in-2018

[4] https://www.americanbar.org/groups/business_law/publications/blt/2017/09/09_ng.html

[5] https://www.zdnet.com/article/how-blockchain-can-transform-the-manufacturing-industry/

[6] Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft

[7] Voir par exemple: https://www.selfdecode.com/

[8] https://www.businessinsider.com/iot-ecosystem-internet-of-things-forecasts-and-business-opportunities-2016-2

[9] https://digiconomist.net/bitcoin-energy-consumption

[10] https://medium.com/the-crypto-times/7-big-obstacles-to-mass-adoption-of-blockchain-technology-87740cdda9fe

[11] https://venturebeat.com/2018/07/14/why-south-korea-is-crypto-crazy-and-what-that-means-for-the-rest-of-the-world/

[12] D’après une étude menée par le premier site coréen de recherche d’emploi SaramIn (사람인) : http://www.saraminhr.co.kr/open_content/pr/press_release.php?sno=0&group=basic&code=B2&category=&&abmode=view&no=502139&bsort=&bfsort=wdate&listno=3074

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Bluebell Korea et Seoul Green Trust créent une forêt pour réduire la pollution aux micro particules

2018 October 2
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Bluebell Korea et Seoul Green Trust s’engagent à contribuer à la réduction de la pollution aux particules fines à Séoul grâce à la création de la forêt Bluebell dans le parc du fleuve Han à Ichon . Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’un accord entre Bluebell Korea, l’organisme en charge de la gestion du fleuve Han et Seoul Green Trust. L’objectif de cette mission est double : restaurer la nature le long du fleuve Han et résoudre les problèmes de pollution à Séoul.

Dans le cadre du programme « Care Green », Bluebell Korea a adopté une zone de 5 000m² pour planter différentes variétés d’arbres et gérera cette forêt pendant 3 ans jusqu’en 2020. Pour tenir ces engagements, 90 employés de Bluebell Korea et leurs familles ainsi que son Président M. Daniel Mayran se sont réunis à Ichon au début du mois de septembre pour planter des zelkovas, des ormes et des fleurs. En novembre prochain, Bluebell Korea plantera des jacinthes (en anglais Bluebell flower) dont l’entreprise tire son nom pour commémorer la création de la forêt Bluebell. Ce sera le premier jardin de jacinthes près du fleuve Han et il sera un lieu proposant un paysage unique pour les citoyens.

Bluebell Korea n’en est pas à son premier engagement pour l’amélioration de la qualité de vie des Séoulites. En effet, à l’occasion du 120e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la Corée en 2006, l’entreprise a créé le parc Montmartre dans le quartier de Seocho.

« La forêt Bluebell que nous construisons ensemble sera un lieu pour se relaxer et se reposer, où les personnes et la nature peuvent coexister. De plus, Bluebell Korea montrera la voie en créant un environnement propre, sain et durable pour nos enfants et les générations futures. » a déclaré M. Daniel Mayran.

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La reconnaissance mutuelle du label bio entre l’UE et la Corée

2018 August 29
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Par Marion Noirot
© Photo / Chorocmaeul (www.choroc.com)

© Photo / Chorocmaeul (www.choroc.com)

Depuis janvier 2015, un accord entre l’Union européenne (UE) et la Corée – Processing food mutual agreement recognizing equivalence between Korea and EU– permet la reconnaissance mutuelle de la certification bio des produits agro alimentaires transformés. Si ces produits satisfont les deux critères suivants, ils peuvent être importés en Corée en tant que produits bio sans devoir obtenir une certification complémentaire –et vice-versa :

– obtention d’un label bio dans le pays d’origine (Corée ou pays membre de l’UE)

– 95 % au moins des ingrédients issus de l’agriculture biologique

Auparavant, les produits bio en provenance d’Europe devaient obligatoirement être contrôlés par des experts agréés par le Ministry of Food and Drug Safety, qui réalisaient des inspections dans les pays d’origine des produits.

CA105-label bioLe marché des produits agro-alimentaires bio est en forte croissance en Corée. Il a connu une hausse de 15,8 % en volume et 18,6% en montant entre 2011 et 2016 (1), dont une très grande majorité de produits transformés. Les points de vente spécialisés (Orga Whole Foods, Chorocmaeul) et les rayons bio dans les grands magasins et les supermarchés se multiplient et sont de plus en plus fournis. Il s’agit d’un marché très prometteur pour les entreprises européennes. Comme le souligne Monsieur Jason Chung, Président de BOBO F&G, société d’importation de produits agroalimentaires bio et Président de la Korea Organic Trade Association, « beaucoup de produits transformés (chocolats, biscuits, sauces etc) sont importés car le marché coréen n’est pas suffisamment développé pour produire des volumes très importants de produits bio. Par ailleurs, en Corée, on trouve moins d’ingrédients qu’en Europe. Toutes les grandes marques européennes sont donc déjà très consommées en Corée. »

A noter qu’en 2014, un accord similaire a été conclu entre la Corée et les Etats-Unis. Outre la Corée, l’Union Européenne a quant à elle signé des accords de reconnaissance mutuelle avec le Canada, les Etats-Unis, Israël, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Suisse et la Tunisie.

Aujourd’hui, les principaux pays d’importation de produits agroalimentaires bio vers la Corée sont (en montant, année 2016) les Etats-Unis (23%), l’Allemagne (12%) et la Pologne (12%) (2). La France arrive seulement en 19e position avec un peu plus de 1% des importations.

L’accord Corée-UE est arrivé à expiration le 31 janvier 2018 et il a d’ores et déjà été prolongé.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

(1) Ministry of Food and Drug Safety
(2) Id.
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Rencontre avec Sanofi : le processus d’homologation des médicaments en Corée

2018 August 22
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by Corée Affaires
Kay BAE, Country Chair, Sanofi Korea

Kay BAE, Country Chair, Sanofi Korea

En Corée, c’est le Ministry of Food and Drug Safety qui est en charge du processus de validation des médicaments. Pouvez-vous nous décrire cette procédure ?

Afin d’obtenir une autorisation de mise sur le marché d’un médicament, Sanofi doit soumettre un dossier portant sur des critères liés à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité au Ministry of Food and Drug Safety. Par ailleurs, pour obtenir l’autorisation d’introduire de nouveaux médicaments sur le marché coréen, la Corée participe au programme mondial de développement clinique piloté par le siège de Sanofi. Une fois que le développement clinique est achevé et que les documents relatifs à la qualité, à la sécurité et à l’efficacité mentionnés ci-dessus sont finalisés, nous adressons une demande d’autorisation au Ministry of Food and Drug Safety. L’examen du dossier prend ensuite entre 1 an et 1 an et demi.

Au total, entre le début des discussions sur la participation de la Corée au programme de développement clinique avec le siège de Sanofi et l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché du produit, on peut compter entre 5 et 6 années.

Est-ce qu’il existe un système de reconnaissance ou déquivalence des produits pharmaceutiques entre la France et la Corée ? Autrement dit, un produit homologué sur le marché français doit-il subir l’intégralité du processus d’agrément par le Ministry of Food and Drug Safety ?

Il n’existe pas de système d’équivalence. Actuellement, le Ministry of Food and Drug Safety n’approuve pas automatiquement les produits déjà autorisés à l’étranger.

Pour les produits autorisés en France, tous les documents nécessaires à l’autorisation doivent être soumis et évalués par les services du ministère. C’est d’ailleurs le cas également pour les produits autorisés en Corée, qui doivent suivre une procédure spécifique pour être homologués en France.

Quel processus les médicaments de Sanofi suivent-ils pour être introduits en Corée? Est-ce que Sanofi a mis en place des coopérations avec des entreprises ou des instituts de recherche coréens ?

En général, les produits élaborés à l’étranger peuvent être mis sur marché, après que des recherches cliniques locales aient été menées, que des documents sur le résultat des recherches, ainsi que sur la sécurité, l’efficacité et la stabilité de ces produits aient été évalués et qu’une autorisation de commercialisation ait été déposée auprès du Ministry of Food and Drug Safety. Pour les médicaments délivrés sur ordonnance, l’utilité clinique, la rentabilité, l’impact financier doivent être évalués par le Ministry of Health and Welfare, qui détermine le prix des médicaments couverts par l’assurance-maladie.

Sanofi travaille avec des instituts de recherche coréens pour trouver des substances actives. Certains produits commercialisés en Corée sont développés, produits et commercialisés conjointement avec des sociétés pharmaceutiques locales.

© Ministry of Food and Drug Safety 식품의약품안전처 / www.mfds.go.kr

© Ministry of Food and Drug Safety 식품의약품안전처 / www.mfds.go.kr

Est-ce que Sanofi rencontre des difficultés pour l’homologation de certains produits pharmaceutiques ?

En Corée, le gouvernement mène une politique de contrôle des prix pour pouvoir gérer de manière stable le financement de l’assurance-maladie et approuver les prestations d’assurance des médicaments nécessaires à la santé publique. Par conséquent, il existe un goulet d’étranglement au niveau du stade de l’approbation de nouveaux médicaments par l’assurance maladie. Le prix des nouveaux médicaments approuvés par l’assurance maladie depuis une dizaine d’années en Corée est très faible comparé au prix moyen des médicaments dans les pays de l’OCDE. Le prix des nouveaux médicaments ne prend pas en compte l’amélioration de l’efficacité clinique et l’innovation par rapport aux produits existants. Sanofi peut donc rencontrer des difficultés pour fournir certains nouveaux médicaments aux patients.

Quelles sont d’après Sanofi les spécificités du marché coréen dans le domaine de la santé ?

La Corée est un pays avec des compétences exceptionnelles dans divers domaines créateurs de valeur dans l’industrie pharmaceutique, tels que la recherche fondamentale, la recherche clinique, la fabrication de produits, etc. Je pense que c’est un pays qui offre de nombreuses opportunités de coopération.

La Corée du Sud est aussi un marché très concurrentiel où s’affrontent de nombreuses sociétés pharmaceutiques locales et multinationales. En raison de diverses politiques gouvernementales mentionnées ci-dessus, l’accès au marché des médicaments couverts par l’assurance-maladie peut se révéler complexe. Cependant le gouvernement continue à s’intéresser au développement de l’industrie pharmaceutique. Par ailleurs, le marché présente également des spécificités liées au vieillissement rapide de la population. La Corée est donc un marché très intéressant avec des opportunités dynamiques et variées pour l’industrie pharmaceutique.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

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Labellisation du tourisme durable : entre jungle occidentale et steppe orientale

2018 August 10
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by Corée Affaires
Par Catherine Germier-Hamel, Founder & CEO - Senior Consultant, Millennium Destinations

Activité humaine par définition si ce n’est par excellence, le tourisme est également l’une des principales industries d’exportation au monde, en croissance continue depuis 2009. Selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), le nombre d’arrivées internationales de touristes s’élevait à 1,2 milliard en 2016 et devrait atteindre 1,8 milliard d’ici 2030. Principale source de revenus pour de nombreux pays en développement, le tourisme représenterait 9% du PIB mondial et 1 emploi sur 11 selon l’OMT. Si les effets directs, indirects et induits (entraînés) des dépenses touristiques sont désormais relativement bien estimés, les impacts sociaux et environnementaux du tourisme demeurent sujets à caution faute d’une évaluation suffisante.

GSTC Training on Sustainable Tourism à Bangkok, 26-28 mars 2018 © GSTC

GSTC Training on Sustainable Tourism à Bangkok, 26-28 mars 2018 © GSTC

A chaque instant de notre vie, nous nous trouvons face une multitude de choix qui nous amènent à prendre des décisions plus ou moins conscientes, éclairées ou risquées. En ce sens, le concept de durabilité nous incite à mieux maîtriser la portée de nos actes tout en nous orientant vers des modes de consommation et production responsables, respectueux et raisonnés. En validant ou vantant la qualité et la durabilité d’organisations, produits et services ou autres initiatives, les systèmes de certification et labellisation seraient censés nous guider sur les voies tortueuses du développement durable. Ce n’est pas forcément le cas pour les secteurs du tourisme et de l’hôtellerie où profusion rime souvent avec confusion, avec près de 150 normes, écolabels, certifications recensés dans le monde entier, principalement dans les pays occidentaux. Ce foisonnement reflète inévitablement la multiplicité et la diversité des territoires et activités touristiques mais diminue d’autant la lisibilité et la légitimité de ces étiquettes éthiques.

Site touristique écologique, Suncheon Bay, Suncheon-si, Jellanam-do, Corée du Sud

Site touristique écologique, Suncheon Bay, Suncheon-si, Jellanam-do, Corée du Sud

Si la certification environnementale a mis du temps à s’imposer en Asie, on constate quelques avancées prometteuses, les valeurs vertes ayant tendance à se propager assez rapidement dans les sociétés asiatiques où dominent le collectivisme et la pression des pairs (peer pressure) et des pouvoirs en place. En Corée, la volonté politique existe et joue souvent un rôle moteur, même si les engagements en matière de durabilité tardent parfois à s’organiser et se concrétiser. L’opinion publique semble de plus en plus sensible aux enjeux écologiques sans pour autant embrasser complètement le nouveau paradigme du développement durable plutôt obscur et contraignant. Les entreprises coréennes commencent à envisager la responsabilité sociétale non plus seulement comme un outil marketing ou une obligation parfois légale mais également comme une stratégie intelligente et profitable.

De nombreux organismes internationaux de certification approchent donc le marché coréen pour tenter d’y implanter leurs propres systèmes avec plus ou moins de bonheur, négligeant parfois une étape nécessaire mais non suffisante de localisation. De son côté, la quatrième puissance asiatique entend développer ses propres nuances de vert en matière de tourisme et d’hôtellerie.

Bien que PyeongChang 2018 ait obtenu la certification internationale ISO 20121 pour la gestion durable d’événements (démarche volontaire), c’est le système de certification coreen G-SEED qui a été choisi pour la plupart des sites de compétition.

La Corée a développé sa propre certification pour les destinations écotouristiques et a également obtenu le label international SlowCity pour une quinzaine de sites. La norme coréenne développée pour la durabilité des zones touristiques urbaines a été officiellement reconnue en octobre 2016 par le Global Sustainable Council (GSTC), ou Conseil mondial du tourisme durable, et mise en application pour la première fois par la ville de Suwon. Principale organisation internationale indépendante pour la reconnaissance de normes, l’homologation de certifications et l’accréditation d’organismes de certification pour le tourisme et l’hôtellerie, le GSTC a nommé en 2016 un représentant en Corée, Mme Mihee KANG, docteur en écotourisme et présidente de PlayForest, plateforme collaborative de voyages écologiques. Des formations GSTC sont prévues cette année en Corée et en Thaïlande.

Green Destinations, système de certification en ligne de destinations durables devrait également être représenté sous peu en Corée et recrute actuellement des destinations candidates pour ses Best of 100 Awards, récompenses qui seront attribuée à 100 destination lors du salon emblématique du tourisme ITB de Berlin en mars 2019.

Bien que des études montrent que la plupart des consommateurs n’effectuent pas leurs réservations en fonction de critères environnementaux, ils s’attendent de plus en plus à une gestion durable de la part des hôtels.

Le secteur de l’hôtellerie coréen semble de son côté assez réfractaire aux écolabels, à l’exception de quelques grandes enseignes internationales ayant adopté la certification américaine LEED, ou encore les systèmes internationaux Green Globe et Earth Check de certification et management environnemental d’entreprises touristiques.

L'hôtel Grand Hyatt Incheon, labellisé LEED © Grand Hyatt Incheon

L’hôtel Grand Hyatt Incheon, labellisé LEED
© Grand Hyatt Incheon

Au bout du compte, et indépendamment de la demande croissante de certifications du côté de l’offre comme de la demande, il devient impératif de ne plus se concentrer uniquement sur des critères quantitatifs pour évaluer la performance des entreprises ou destinations touristiques mais bel et bien sur la qualité et la durabilité de la gestion et des expériences offertes aux consommateurs.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

Catherine Germier-Hamel est la fondatrice et directrice générale de Millennium Destinations (www.millenniumdestinations. com), société de conseils et solutions de marketing, communication, développement commercial et événementiel, essentiellement pour des institutions et entreprises des secteurs du voyage, tourisme, hôtellerie et MICE (Meetings, Incentives, Conventions and Exhibitions), dans le monde entier. Depuis cette année, Millennium Destinations a signé un contrat de licence avec Green Destinations pour la France et les territoires d’outre-mer.

Catherine Germier-Hamel est Présidente du Cercle des Entrepreneurs Francophones en Corée (CEFC).

Pour en savoir plus :

– www.gstcouncil.com

– http://playforest.net/en/

– www.greenglobe.com

– www.earthcheck.org

– www.greendestinations.org/best-of-top100-awards/

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L’accord de libre-échange entre l’Union européenne et la Corée : quel impact sur les normes et les barrières non-tarifaires ?

2018 August 1
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Propos recueillis par Marion Noirot

CA105-ALE-1L’accord de libre-échange (ALE) entre la Corée et l’Union européenne (UE) est appliqué à titre provisoire depuis juillet 2011 et est officiellement entré en vigueur le 13 décembre 2015. Il s’agit du tout premier accord de libre-échange entre l’UE et un pays d’Asie. Après 5 ans d’entrée en vigueur, 99% des droits de douane ont été supprimés.

Bien que d’autres facteurs soient à prendre en compte (croissance globale du commerce international, intérêt pour les produits étrangers), les acteurs concernés reconnaissent les effets bénéfiques de l’ALE sur les échanges commerciaux Corée-UE. Entre 2010 et 2016, les exportations de biens de l’UE vers la Corée ont augmenté de 59%, avec une hausse annuelle moyenne de 8,1%.

La balance commerciale UE-Corée est passée d’un déficit de 11,6 milliards à un excédent de 3,1 milliards en 2016. Les exportations de services depuis la Corée vers l’UE ont augmenté de 35%. Aujourd’hui, l’UE est le 3e marché de destination des exportations de biens coréens et la Corée du Sud est le 9e pays de destination des exportations de biens européens.

Sur la même période, les IDE coréens vers l’UE se sont accrus de 59%, et les IDE européens vers la Corée ont augmenté de 33%.

Corée Affaires a rencontré Nicholas Burge, Chef de la section commerce et économie à la Délégation de l’Union européenne en Corée et Johan Vandromme, Premier Conseiller en charge du commerce et de léconomie.

Estimez-vous que la procédure d’exportation de l’UE vers la Corée est aujourd’hui plus facile grâce à la mise en oeuvre de l’ALE ?

Dans l’ensemble, oui. L’enquête que nous avons réalisée en 2017 a montré que pour la plupart des entreprises, la mise en oeuvre de l’ALE se déroule très bien. Les flux d’échanges et d’investissements ont augmenté. Les entreprises européennes en Corée se portent très bien, en particulier dans le luxe et dans les secteurs à haute valeur ajoutée. Grace à l’ALE, on peut aujourd’hui voir des voitures européennes dans les rues de Seoul, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années. L’UE est le premier investisseur en Corée. Il y a 5 ans, aucune assurance en Corée n’était vendue par des entreprises étrangères, et maintenant certaines entreprises européennes sont des poids lourds sur ce marché.

Nous sommes un partenaire solide, fiable et de long terme pour la Corée. Les importateurs coréens et les distributeurs sont très satisfaits de la mise en oeuvre de l’ALE. Les entreprises en compétition avec les entreprises européennes le sont forcément moins.

D’ailleurs, jusqu’à il y a un an ou deux, les Coréens regardaient l’ALE de manière un peu simplifiée et considéraient que l’accord était surtout très favorable à l’UE. Depuis deux ans, cela devient beaucoup plus équilibré. Grâce à la reprise économique en Europe, les Européens achètent de plus en plus de biens coréens : téléphones Samsung, machines à laver LG etc.Aujourd’hui la balance commerciale est presque à l’équilibre. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les entreprises coréennes ont commencé à délocaliser assez tard.

Aujourd’hui, Samsung exporte 6 fois plus vers l’UE depuis le Vietnam que depuis la Corée. Kia et Hyundai ont investi en Europe de l’Est et ils vendent plus ou moins un millions de véhicules en Europe. Toutes ces exportations ne sont pas comptabilisées dans les flux d’échanges bilatéraux EU-Corée, mais pourtant les revenus reviennent vers la Corée. C’est toujours simpliste de se limiter aux échanges bilatéraux de biens. Il faut également prendre en compte les données sur les services et les investissements.

Bien que le bilan d’ensemble soit positif, certains sujets demeurent problématiques : les exportations de produits agricoles, les procédures douanières, la labellisation et l’homologation.

Sur ces questions, il y a les règles, et la manière dont les règles sont mises en oeuvre. Par exemple, selon l’ALE, il doit y avoir une reconnaissance des exportateurs par chaque pays exportateur, selon ses règles et ses contrôles internes, pour que l’importateur puisse bénéficier de la préférence tarifaire. Dans la pratique, cette règle n’est pas toujours acceptée par les douanes coréennes qui décident de faire leurs propres contrôles, parfois plus approfondis, pour vérifier l’origine des biens. Des entreprises nous ont signalé qu’elles se voyaient refuser la préférence tarifaire car leurs produits, d’origine européenne, étaient conditionnés pour le marché coréen à Singapour ou à Hong-Kong. Certaines entreprises européennes décident donc de renoncer au tarif préférentiel car la procédure est trop complexe.

Voitures Peugeot © www.epeugeot.co.kr

Voitures Peugeot © www.epeugeot.co.kr

Les barrières non tarifaires ont également un important impact sur les flux commerciaux. Est-ce que l’ALE a réduit comme cela était prévu dans les textes les barrières techniques dans les domaines suivants : automobile, électronique et produits pharmaceutiques ?

Oui, en partie. Mais les standards techniques ont toujoursété et restent un domaine épineux dans les échanges internationaux. Par ailleurs, il n’y a rien dans l’ALE qui prévoit que la Corée et l’UE vont aligner leurs standards.

Dans le secteur automobile, nous devons suivre les standards de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe (CEE-ONU – UNECE en anglais), mais la Corée a mis en place des standards spécifiquement coréens, par exemple sur la garde au sol (1). C’est typiquement une mesure protectionniste. Nous avons beaucoup de travail dans le secteur automobile pour gérer ces normes coréennes.

Fromages

Fromages

La question de l’importation de boeuf européen est toujours en discussion. Les mesures sanitaires et phytosanitaires (MSP) sont toujours très sensibles car elles touchent à la question de la sécurité des consommateurs, mais elles sont également souvent perçues comme une forme de protectionnisme masqué. Est-ce que l’ALE a eu un impact positif sur la réduction des MSP ?

Nous sommes très heureux d’avoir réussi à trouver un accord sur la question des fromages non-pasteurisés. Nous avons organisé un séminaire pour le Ministère en charge de la Sécurité des aliments et des médicaments –Ministry of Food and Drug Safety – pour expliquer les processus de fabrication et comment nous le consommions en toute sécurité depuis des siècles en Europe.

Nous essayons d’obtenir l’autorisation d’exporter du bœuf européen en Corée depuis 10 ans. Le rythme d’avancée du dossier a été anormalement lent. Le questionnaire que les autorités coréennes ont demandé aux Etats membres

de remplir est exceptionnellement complexe. La Corée n’enfreint aucune règle, si ce n’est que 10 ans ne constituent pas un délai raisonnable. Notre Commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström a relayé ce sujet au plus haut niveau politique. Les Pays-Bas et le Danemark ont complété le questionnaire et devraient pouvoir exporter d’ici à la fin de cette année, et la France, qui a finalisé le questionnaire MFDS dans l’entretemps, suivra. Nous sommes confiants pour l’avenir car nous avons étroitement travaillé ces derniers mois avec le Ministère en charge de la Sécurité des aliments et des médicaments.

La Corée est très sensible aux questions de sécurité alimentaire. C’est une préoccupation majeure des consommateurs. Mais il ne faut pas oublier qu’en Europe, nous avons l’un des systèmes les plus sûrs au monde, avec des standards plus stricts que les Etats-Unis, dont le bœuf est importé en Corée.

La question des labels fait également partie de nos priorités. Le Ministère a récemment légiféré sur ce point en définissant 6 catégories de labels qui peuvent figurer sur les produits importés en Corée : HACCP –Hazard Analysis Critical Control Point–, Kosher, Hallal, ISO 22000, GMP –Good Manufacturing Practices– et Vegan. En-dehors de cette liste, tout autre label est interdit : médaille d’or au concours agricole, sans sucre, allégé en sucre, moins de matières grasses etc. C’est très problématique pour de nombreux produits européens. D’après le Ministère, ces labels pourraient générer de la confusion auprès du consommateur coréen. La réalité, c’est que peu d’entreprises coréennes produisent des aliments aussi sains, et que le consommateur coréen pourrait se tourner vers ces produits, même si leur prix est un peu plus élevé.

CA105-ALE-4L’UE a signé des nombreux ALE avec d’autres pays et d’autres régions dans le monde. Quelle est la spécificité de l’ALE avec la Corée ?

L’ALE avec la Corée a été le tout premier accord de nouvelle génération. Il va plus loin que tous les accords signés auparavant en abordant des domaines qui ne sont habituellement pas traités dans les ALE : propriété intellectuelle, commerce et développement durable, droits des travailleurs. Il ne se limite pas aux questions de barrières douanières. Les accords qui ont suivi (Canada, Japon) ont été rédigés sur le modèle de l’ALE avec la Corée. L’idée qui sous-tend cette nouvelle génération d’ALE est qu’il faut respecter certains principes et adhérer aux valeurs de l’UE pour pouvoir faire du commerce avec l’UE. Ces accords nous permettent de promouvoir les valeurs européennes et de rassurer les consommateurs européens.

© Photo / Volodymyr Kyrylyuk_Shutterstock.com

© Photo / Volodymyr Kyrylyuk_Shutterstock.com

Aujourd’hui, quels sont les principaux défis pour l’ALE pour les années à venir ?

L’ALE date de 2011, et avec le temps nous réalisons que certains éléments pourraient être actualisés, clarifiés ou améliorés. L’UE souhaiterait procéder à ces amendements, mais la Corée n’en voit pas l’intérêt pour le moment.

Par contre, la Corée souhaiterait ajouter un chapitre sur la protection des investissements. Aujourd’hui 23 Etats membres ont des accords bilatéraux – Bilateral Investment Treaties BIT –avec la Corée et la Corée veut signer un document unique avec l’UE. Nous sommes actuellement en discussion sur ce point pour proposer un système juridictionnel plus transparent que l’ISDS –Investor State Dispute Settlement– de la Commission des Nations Unies pour le Droit Commercial (UNCITRAL), un système propre développé par la Commission, qui s’appelle “Multilateral Investment Court System” (MICS).

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici.

(1) Distance entre le point le plus bas du véhicule et le sol avec un poids de véhicule en état de marche
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