Management interculturel : harmoniser les pratiques

2017 March 21
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Par Eva John

management interculturel

Comme l’a bien décrit Eric Surdej, l’ancien patron de la filiale française de LG, dans son livre Ils sont fous ces Coréens, le management coréen traditionnel n’a pas grand-chose à voir avec les pratiques dans l’Hexagone. Pour les entreprises françaises installées au Pays du matin calme, l’un des défis consiste à prendre en compte ces différences, à s’adapter aux pratiques locales tout en préservant sa culture d’entreprise française.

Les chefs d’entreprise sont formels : pour faire des affaires en Corée, il est crucial de connaître et de se plier, au moins en partie, au protocole local. Organisée selon une hiérarchie verticale stricte, l’entreprise coréenne repose par exemple sur un système détaillé de titres. Vouloir s’en passer, c’est s’exposer aux réticences de potentiels partenaires locaux. Même au sein des plus petites structures.

 L’importance des titres

« Au bureau, entre nous, nous n’avons pas besoin de titres. Mais pour les clients, c’est essentiel. C’est une question d’image. C’est pourquoi nous les indiquons sur nos cartes de visite », témoigne Sylvère Smoliga, PDG d’IT-Concept. Pour conseiller ses clients, ce dernier n’envoie plus que des ingénieurs français. « On évite ainsi la relation de domination client-prestataire, qui entrave notre rôle de consultant et non de simple exécutant », explique-t-il. « En affaires, nous adoptons tous les codes de formalité et de politesse attendus. C’est la seule façon d’être pris au sérieux ici », confirme Pierre Fraineau, en charge de la communication et du marketing au sein de l’agence Corée Voyage.

Au sein même de l’entreprise, l’instauration de titres peut s’avérer un repère rassurant pour les employés coréens. « Au départ, nous n’en avons pas attribués car nous souhaitions un fonctionnement horizontal. A partir du moment où l’on est revenu sur cette décision, les gens se sont mieux identifiés et mieux positionnés par rapport aux clients. Cette réorganisation a eu une influence directe sur nos résultats et sur notre développement », assure Olivier Mouroux, co-fondateur d’Asiance. En revanche, le patron de l’agence digitale refuse d’appliquer certaines pratiques locales, comme sortir et boire jusque tard le soir avec ses employés et ses partenaires. « En Corée, c’est typiquement le moment où les employés se désinhibent et osent parler à leur patron. Nous, nous essayons d’obtenir ces remontées down-top par d’autres moyens. Ce n’est pas toujours facile », concède-t-il. Notons toutefois que les Coréens employés dans les entreprises étrangères, notamment les start-ups, ont souvent un profil international et sont à même de s’ouvrir à d’autres types de cultures.

management interculturelAutre point crucial : savoir faire preuve de psychologie pour gérer des employés aux sensibilités et aux modes de fonctionnement différents. « J’essaie de prendre le meilleur des deux cultures : l’aspect collaboratif et créatif des Français et la force d’exécution et la rapidité des Coréens », résume Sylvère Smoliga. Chez Corée Voyage, les employés coréens passent par ce que Pierre Fraineau qualifie de « préchauffage culturel » : « Une période de formation au cours de laquelle on vérifie si les personnes sont capables de prendre des initiatives sur de petites tâches. Car les Coréens sont souvent formés à exécuter les ordres venus du dessus, mais beaucoup moins à réagir ».

Une législation pas toujours favorable

Mais pour les plus petites entreprises, c’est un problème d’un autre ordre qui se pose dès le départ : la loi coréenne n’autorise en effet qu’un visa de travail E7 pour cinq employés coréens. « On finit par recruter des personnes non pas pour leurs compétences mais parce qu’elles ont le bon visa. C’est dommage », regrette Karim Khouider, co-fondateur de Direct Optic (voir page 59). « C’est un peu ironique, car la Corée encourage ses entreprises à devenir globales. Mais ce genre de législation entrave clairement cet objectif », commente Nathan Millard, de l’agence de communication G3 Asia. Spécialiste des start-ups, ce dernier a repéré un autre problème courant en matière de management interculturel. « Trop d’entrepreneurs choisissent le premier candidat qui parle bien anglais, sans vraiment se pencher sur ses autres qualifications ». Après avoir réalisé que la législation constituait un frein de taille à l’investissement, le gouvernement coréen a décidé l’an dernier de lever ce quota pour les petites entreprises à investissement étranger dans les deux premières années après leur création.

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FranceinKorea21.com, pour tout savoir de la France économique en Corée !

2017 March 13
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France in Korea 21

Découvrez FranceinKorea21.com, la nouvelle plateforme digitale de la FKCCI afin de présenter et géolocaliser toutes les entreprises françaises en Corée !

« Il est important de montrer notre impact sur l’économie locale, en incluant par exemple le nombre d’emplois créés, et comment nous contribuons au développement local », explique David-Pierre Jalicon, président de la FKCCI. « Nous ne sommes pas seulement un pays de culture, mais aussi un pays avec des entreprises globales, avec des technologies de pointe. » C’est là tout le sens de FranceinKorea21.com.

Visuelle et dans l’ère du temps, cette plateforme introduit avec divers supports la variété des activités économiques françaises en Corée : infographies, teaser vidéos, rétrospective historique, et surtout une carte de géolocalisation recensant toutes les entreprises françaises en Corée ainsi que leurs différentes structures, tels que les centres de R&D et les usines.
Saviez-vous que Dassaut Systèmes, éditeur français de logiciels spécialisés dans la conception 3D, avait dans la région de Daegu un centre de R&D spécialisé dans la création de solutions 3D pour l’industrie lourde, avec une équipe de 30 chercheurs et managers ? Qu’Arkema, acteur français important de la chimie à échelle mondiale, avait une usine à Jinhae ?

Grâce à ce nouvel outil de géolocalisation, qui classe les structures françaises selon divers filtres stratégiques (head center, usine, centre de R&D, magasins, institutions, etc.), la présence des affaires françaises en Corée prend vie concrètement : « Grâce à cette carte, nous avons désormais une vision actualisée de qui nous sommes en Corée. Plus que des informations et des statistiques générales et théoriques, cette nouvelle interface nous permet une approche pratique des activités économiques françaises en Corée. », ajoute David-Pierre Jalicon.

Sans oublier les classiques de la culture française, et pour les amateurs de gastronomie, une liste des restaurants français !

Rendez-vous sur www.franceinkorea21.com pour explorer la plateforme !

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Cérémonie de jumelage de la Gare de Séoul et de Paris Gare de Lyon

2017 March 13
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Le mardi 7 mars, la FKCCI accompagnait la SNCF (Société Nationale des Chemins de fers Français) à la cérémonie de jumelage entre la Gare de Séoul de KORAIL (Korean Railroad Corporation) et la Gare de Lyon de la SNCF.

Le directeur de la Gare de Séoul Han Byung-Keun et la directrice de la Gare de Lyon Valérie Bonnard se sont tous deux réjouit de ce partenariat qui permettra notamment des échanges de bonnes pratiques et d’expertise.

Cet événement était organisé en parallèle du salon du fournisseur de l’industrie ferroviaire qui s’est tenu les 8 et 9 mars à Daejeon, ville du siège de KORAIL, auxquelles participaient plusieurs entreprises françaises, dont la SNCF, Géodis, Systra et 7 fournisseurs français. Le salon a été ouvert par M. Diego DIAZ, Président de SNCF International, et M. KIM Jeong Soo, Directeur des Projets internationaux et de la gestion des actifs immobiliers de KORAIL.

Les deux entreprises souhaitent approfondir leur relation de confiance de plus de 30 ans, via des échanges de matériel roulant Alstom comme par exemple les locomotives Nez Cassé des années 1980, et le TGV des années 1990, et en insistant sur une coopération dans l’innovation, les IoT, et le digital. Le Président de Fer de France, M. Alain Bullot, était également présent à ce salon, qui permettait aux fournisseurs de KORAIL et de la SNCF de se rencontrer et d’échanger pour approfondir leurs relations de fournitures de matériels sur des projets de la SNCF et de KORAIL, tant sur leurs marchés nationaux respectifs que ceux de l’exportation.

Dans ce cadre, la FKCCI propose des services d’accompagnement avec une présentation de la Corée et de son secteur ferroviaire, une participation à l’organisation de l’évènement, ainsi que des services de mise en relation B2B entre les fournisseurs français et coréens. Les services d’appui aux entreprises proposent entre autres des services de missions de prospection, l’accompagnement de délégations d’entreprises ou d’administrations, et cela sous un format de Learning Expedition.

Vous aussi, appréhendez la Corée et son marché grâce à un programme de visite sur mesure et des rencontres de haut-niveau !

Cliquez ici pour en savoir plus sur les Learning Expedition

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La Grande Interview : Florence Aubenas, grand reporter au Monde

2017 March 2
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Propos recueillis par Laetitia Vallée

Florence Aubenas

Q. Vous êtes à Séoul pour présenter votre livre, Le Quai de Ouistreham, au WoW Book Festival. Pourquoi la Corée ?
R. Vu de France, c’est un des pays émergents parmi les plus fascinants, par sa grande réussite mais aussi par l’opacité qui demeure par rapport à sa culture, à la façon d’y vivre. C’était irrésistible, je voulais voir, que ce soit dans un cadre personnel ou professionnel, comme aujourd’hui. Dans la plupart des statistiques basiques sur le monde du travail, la Corée est à l’opposé de la France, en termes d’heures de travail ou de travail précaire par exemple ; cela m’intéressait de voir l’autre bout du spectre. En France, la figure du travailleur pauvre n’existait pas avant les années 2000, tandis qu’en Corée, cela a toujours existé. Je m’interroge sur la relation à cette précarité, dont le constat peut être très différent entre un pays où cela n’existait pas et un où les conquêtes sociales restent à faire.

Q. La Corée est aujourd’hui confrontée à une forte précarisation de la jeunesse et des seniors. Quel constat pour la France ?
R. En France aussi, les jeunes sont les plus touchés par le travail précaire. Dans les années 80-90, il devait y avoir 15% de jeunes précaires, aujourd’hui, c’est près de 50%. L’entrée dans la vie stable pour les jeunes se fait de plus en plus tard. Salaires bas, précarité des contrats de travail, fort taux de chômage… Dans ces conditions, l’accès au logement leur est difficile, voire même l’installation : par exemple, ils ne peuvent pas acheter un frigo en grand magasin parce qu’il faut une fiche de paye, etc. C’est très dangereux : on crée une génération à qui on ferme la porte. Il est nécessaire de changer les conditions d’accès d’entrée dans la vie pour permettre aux jeunes de s’installer : faciliter l’entrée dans l’entreprise, dans le logement, etc. et se demander comment revenir à un autre type de législation.

Q. Aujourd’hui, bien que différemment en France et Corée, on constate un fort clivage générationnel, avec la génération « milléniale » incomprise.
R. Aujourd’hui, les emplois précaires que l’on propose aux jeunes ne sont plus nécessairement des tremplins vers un emploi stable, comme cela pouvait l’être pour les générations précédentes, qui étaient alors prêtes à certains sacrifices. Les jeunes générations développent donc un nouveau rapport à l’entreprise et au travail. Si ce dernier constituait pour leurs parents une fierté, voire une identité très forte (l’identité du mineur par exemple, ou des ouvriers), ce n’est désormais plus le cas des milléniaux, qui s’engagent différemment au sein de l’entreprise et valorisent leurs temps et projets personnels. Ils ont souvent des activités parallèles : associations, hobbies, etc. qui sont de nouveaux facteurs créateurs d’identité. C’est un écart générationnel beaucoup plus fort que ceux passés. Avant, on se disait que c’était pareil, mais en mieux : il y avait de nombreuses avancées sociales, en particulier pour les femmes (droit de travailler, d’avoir un compte en banque, etc.). Maintenant c’est tout simplement différent, que ce soit pour le meilleur ou pour le pire.

Q. Dans une interview sur France Inter, vous dites « En France, les gens n’ont plus de pierre où poser le pied », c’est aussi le cas en Corée : l’éducation n’est plus la garantie d’un emploi mais en reste la condition sine qua non, faible système social sur lequel se reposer, plus de carrière sécurisée au sein d’une entreprise,… Que peut-on dire à la jeunesse pour s’adapter à ces pierres mouvantes ?
R. Je leur dirai de ne pas attendre Godot. Avant, nous acceptions certains sacrifices et la précarité pour accéder à la stabilité, au graal. Aujourd’hui, il n’y a plus de vrai travail. Dans le cadre du Quai de Ouistreham, je m’étais fixée pour objectif d’arrêter dès que je décroche un CDI. Ce que j’ai obtenu, au bout de 6 mois, c’est un CDI pour deux heures sur cinq jours. Avec ce contrat, le travailleur n’est plus éligible pour certaines aides sociales. C’est ça, le graal, aujourd’hui. On bricole avec des restes d’un régime ancien. Je conseillerais donc aux jeunes de mettre leurs priorités à eux, de fonctionner sans tenir compte de l’ordre qui existe ou n’existe plus : c’est à eux de donner le cap. Cela peut être une envie, une destination, la famille, etc. Les premiers de cette génération vont finir par arriver aux manettes et créeront leurs propres règles.

Q. Parlez-nous de votre démarche pour le Quai de Ouistreham, de ce qui a motivé une immersion complète plutôt qu’une enquête traditionnelle, un récit presque romanesque plutôt qu’une analyse ?
R. Je ne suis pas une spécialiste de l’économie mais en tant que journaliste, je ne peux pas éviter d’en parler ; il fallait trouver ma manière de le faire. J’ai décidé de me faufiler au sein d’une des classes sociales en difficulté, en me fixant pour objectif de ne mettre dans mon livre aucune donnée disponible, aucune analyse ; seulement l’observation du quotidien des classes précaires. Il n’y a pas plus étranger à soi, d’une certaine façon, que son propre pays. J’ai choisi Caen, une ville où je ne connaissais personne. Je me suis créé une histoire : femme de 45 ans, qui a vécu avec un homme toute sa vie en tant que femme au foyer, et qui, suite à sa séparation, cherche du travail, sans aucune expérience. Le but : travailler dans ces conditions jusqu’à ce que je décroche un CDI.

Q. Quels sont les grands stéréotypes véhiculés sur la précarité et le chômage en France que votre expérience a remis en question ?
R. Je pensais qu’en postulant aux pires offres d’emploi, je n’aurais pas de problème pour trouver du travail. Pourtant, on m’a très vite fait comprendre dans les agences d’intérim que même ces postes étaient trop hauts pour moi…
L’une des réalités les plus fortes à laquelle j’ai dû me confronter, c’est la position des femmes en France. Bien que je connaisse les statistiques, il me semblait que ce n’était plus un problème en France, au contraire même. Pourtant, au plus bas de l’échelle, j’ai réalisé à quel point il y a une condition autre de la femme et cela peut être très discriminant d’être une femme de plus de 50 ans. Je travaillais avec des jeunes filles qui cumulent les petits boulots pour pouvoir joindre les deux bouts, et malgré cela, leur entourage, leur compagnon, voire la société, leur renvoient l’image de « n’avoir pas vraiment de travail », ce qu’elles reprennent parfois à leur compte. On leur dénie leur statut de travailleuses, de par leur précarité.

Q. Alors que le journalisme et les médias suscitent de plus en plus de méfiance et critiques, comment peuvent-ils évoluer pour mieux s’adapter aux besoins de la société et dépasser leurs travers ?
R. Il y a effectivement une certaine défiance vis-à-vis des médias et des mondes médiatique et politique, qui sont déconnectés de la population. Lorsque je suis allée voir mes anciennes collègues avant la publication du Quai de Ouistreham et que je leur ai révélé mon identité, elles ne voulaient pas me croire. Elles ne comprenaient pas pourquoi une journaliste s’intéresserait à « des gens comme elles ». C’est une réalité difficile à accepter, en tant que journaliste, et si la presse ne fait pas cet effort de revenir vers les gens, il y aura toujours cette défiance. Pour assurer plus de transparence, les journaux devraient exprimer très clairement leur éthique et garantir leur charte de fonctionnement, en expliquant leur manière de travailler : « ici, nous ne reproduisons pas une information tirée d’agence de presse », « ici, les voyages ne sont pas payés par les entreprises », etc.
Par ailleurs, il y a un appétit pour une information qui est autre. Il est vrai que les médias créent un effet de loupe sur certains événements phare, avec les journaux du monde entier qui abordent tous les mêmes thèmes. Mais certains sont inévitables : il n’est pas possible d’ignorer les élections américaines, par exemple. Pour y parer, le Monde essaye de proposer d’autres manières de s’informer, comme avec l’application La Matinale, sur laquelle nous partageons des informations de manière assez aléatoire. C’est un succès fou.
Le problème aussi, c’est que pendant longtemps, la presse était le seul moyen de s’informer ; aujourd’hui, payer pour s’informer n’est pas une démarche évidente pour tous. Ceux qui souhaitent s’informer doivent aussi accepter d’y mettre le prix.

Pour suivre toute l’actualité franco-coréenne et les publications de Corée Affaires, rendez-vous sur le site de la FKCCI.

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Confucius au bureau : forces et faiblesses d’une culture traditionnelle du management en mutation

2017 February 28
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Par Frédéric Ojardias

La culture d’entreprise traditionnelle, verticale, hiérarchisée et codifiée à l’extrême, a contribué au développement spectaculaire de la Corée du Sud. Mais ce modèle présente aussi des faiblesses.

« Yangchikii » est un « webtoon » humoristique qui fait fureur dans les bureaux du Pays du Matin Clair. Des vignettes simples, publiées sur Instagram (1), qui racontent les affres du quotidien en entreprise, la hiérarchie asphyxiante et l’obligation d’opiner – avec le sourire – à toutes les inepties proférées par ses supérieurs.

Yangichii

Le confucianisme continue d’imprégner profondément la culture d’entreprise sud-coréenne. Respect de la séniorité, hiérarchie, esprit de groupe et recherche de l’harmonie sont les maîtres-mots. Concrètement, cela se traduit par des promotions basées sur l’âge, une obsession pointilleuse pour les titres – qui permettent à chacun de connaître sa position et le niveau de langage à utiliser – et une structure verticale et « top-down » : les subordonnés ne contredisent pas leurs supérieurs et les informations ne remontent pas.

« Pour un étranger, c’est un peu déroutant : c’est à l’opposé de ce qu’on apprend dans les business schools en Europe ! », sourit Philippe Tirault, directeur général du cabinet en recrutement DHR à Séoul. « Mais c’est un système d’une grande efficacité parce qu’il permet de prendre des décisions rapides. La tête décide et tout le monde exécute. Un projet qui prendrait deux ans en France peut être lancé en 15 jours en Corée. Cette capacité d’adaptation dans un environnement très mouvant est une force. »

Le succès de ce modèle de management s’incarne dans la réussite éclatante des conglomérats coréens, devenus des leaders mondiaux en quelques décennies. Mais même ces « chaebols » commencent à se heurter aux limites d’une culture d’entreprise qui permet de rattraper au pas de course un retard technologique… mais qui ne favorise guère créativité, initiative et innovation.

Des limitations particulièrement problématiques dans le secteur des nouvelles technologies, comme le souligne Bosun Kim, CEO et co-fondatrice de l’agence digitale Asiance : « nous avons donc créé une structure d’entreprise plus horizontale, plus ouverte, pour que nos employés puissent facilement parler au CEO et proposer des idées. Mais ce n’est pas si facile : il s’agit de changer des habitudes profondément ancrées. » Asiance a aussi essayé de se passer des titres, avant de faire machine arrière : « cela n’a pas bien marché, parce qu’une entreprise a aussi besoin de communiquer avec l’extérieur. Elle n’est pas une bulle… »

Même constat chez L’Oréal Corée, 1 400 employés. « Nous essayons d’avoir une structure la plus plate possible », explique Yann Le Bourdon, son président directeur exécutif.

« Nous organisons des réunions impliquant plusieurs niveaux hiérarchiques et des tables rondes avec de jeunes collaborateurs qui sont encouragés à parler. » Fin 2016, L’Oréal a décidé, pour faciliter la communication interne, d’encourager ses employés à se parler en accolant le simple suffixe « nim » derrière leur nom, au lieu des titres habituels. Le nombre de titres sera limité à 5, et ceux-ci doivent servir exclusivement aux échanges avec les personnes extérieures à l’entreprise.

De son côté, le gouvernement sud-coréen lui-même fait pression pour que les entreprises rémunèrent leurs salariés en fonction de leur performance et non plus de leur séniorité. Une véritable révolution qui provoque des réactions épidermiques… et des grèves massives. Fin septembre, 18 000 employés du secteur bancaire ont par exemple manifesté leur colère dans le stade de la Coupe du Monde à Séoul.

« Nous avons promu avec succès des jeunes à des responsabilités importantes », se félicite Yann Le Bourdon. « Cela peut créer des résistances et nécessite souvent un patient travail d’explication. Mais nous nous devons de développer les carrières des personnes à fort potentiel pour faire avancer nos affaires. »

Au milieu de ces efforts pour transformer la culture d’entreprise traditionnelle, le premier conglomérat du pays donne l’exemple : Samsung a annoncé son intention de faire passer le nombre de titres de 7 à 4 (à partir de mars) et d’utiliser le suffixe « nim » dans les échanges en interne. Ce qui obligera chacun à utiliser le même niveau de langage et estompera la relation dominant/dominé. L’objectif est « d’améliorer notre compétitivité et de créer une culture de travail horizontale et créative », déclare un représentant de l’entreprise au Korea Herald (2).

Ces tentatives ne sont pas nouvelles : « le groupe CJ a déjà essayé il y a 15 ans », rappelle Philippe Tirault. « Cela n’avait pas été très probant, car ce sont des transformations lourdes. Mais la génération qui arrive maintenant aux niveaux hiérarchiques élevés – comme « bujang » ou « isa » – est mure, elle est ouverte pour adopter ces nouvelles pratiques. »

Un changement d’attitude que Bosun Kim note aussi chez les plus jeunes : « en 10 ans, les profils des jeunes diplômés ont beaucoup changé. En entretien, ils posent beaucoup de questions sur la qualité de leur travail, l’équilibre vie privée / vie professionnelle, et l’écoute de leur patron. C’est nouveau. »
Si les habitudes sont difficiles à changer, « la Corée est un pays où on peut innover », conclut Yann Le Bourdon. « Et une fois que les changements sont acceptés, cela marche très bien. »

Pour suivre toute l’actualité franco-coréenne et les publications de Corée Affaires, rendez-vous sur le site de la FKCCI.

(1) https://www.instagram.com/yangchikii/
(2) http://www.koreaherald.com/view.php?ud=20160627000850

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Rencontre avec Fleur Pellerin, fondatrice de Korelya

2017 February 24
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by Corée Affaires

En octobre dernier, alors qu’elle était de passage en Corée à l’occasion notamment du World Women Economic Forum, Fleur Pellerin a accepté de répondre aux questions de Corée Affaires pour présenter son fond d’investissement, Korelya.

Fleur Pellerin Corée AffairesQ. Vous êtes venue pour le World Women Economic Forum, quel message souhaitiez-vous délivrer dans ce cadre ?
R. J’ai répondu positivement à l’invitation du World Women Economic Forum car je pense qu’il est fondamental d’avoir des enceintes comme celle-ci et ce partout dans le monde, afin d’encourager les femmes à entreprendre. Je leur dis : « ne soyez pas votre propre ennemie en rabaissant vos ambitions ».

Q. Vous avez créé votre propre société, Korelya, un fond d’investissement dans le numérique, en partenariat avec Naver. Pouvez-vous nous présenter exactement votre projet ? En quoi consistent exactement les fonds investis par Naver ?
R. Je partage avec mes partenaires une même vision concernant l’avenir du secteur de la technologie, la souveraineté numérique des Etats, le rééquilibrage du web mondial, la juste part d’impôts dont une entreprise doit s’acquitter là où elle génère des profits… Pour mettre en œuvre ces orientations et faire émerger plus de « licornes » en Europe, j’ai créé Korelya Capital et levé 100 millions d’euros auprès de Naver et de sa filiale japonaise Line qui ont contribué à parts égales. Avec mes associés, nous investirons dans des start-ups françaises et européennes des secteurs de l’intelligence artificielle, du Big Data, du Machine Learning, du Deep Learning, du Mapping, des E-services…

Q. Avez-vous l’intention d’ouvrir à d’autres investisseurs que Naver ou finalement, ne représenterez-vous que lui ?
R. Oui, dans un premier temps. K-Fund 1, le premier fonds opéré par Korelya Capital, sera uniquement abondé par Naver et sa filiale Line. Je remercie mes deux partenaires de la confiance qu’ils me font.
A l’avenir, il n’est pas impossible que d’autres entreprises puissent investir dans d’autres fonds qui seront opérés par Korelya Capital.

Q. Avez-vous pu percevoir un réel intérêt des investisseurs coréens vers la France ? Quels secteurs en particuliers sont visés ?
R. Oui car la France évolue et donc le regard porté sur elle aussi. Je veux faire passer le message aux entreprises coréennes que notre pays est redevenu attractif, notamment pour les start-ups. Nous avons des atouts comme la créativité, une main d’oeuvre compétente et bien formée, un environnement des affaires qui a évolué pour prendre en compte la révolution digitale.

Q. Quels sont les défis selon vous pour les investisseurs coréens sur lesquels vous devez les appuyer particulièrement ? Et inversement ?
R. Avec Korelya Conseil, une autre structure distincte du fonds d’investissement, je souhaite en effet accompagner les entreprises coréennes dans leur développement en Europe et tout particulièrement en France. Les stocks d’investissements coréens sont faibles (moins d’1 milliard d’euro) au regard des possibilités. Inversement, je pense pouvoir aider les entreprises françaises à mieux envisager leur installation en Corée. Tel un pont, je veux relier nos deux cultures certes différentes mais qui disposent de points communs. J’entends d’ailleurs souvent dire que la Corée est le pays le plus latin des pays asiatiques.

Q. Ce projet vers la Corée a particulièrement surpris car vous ne manifestiez pas d’intérêt spécifique pour votre pays d’origine. Qu’est-ce qui a motivé votre projet ?
R. Je crois qu’il ne faut pas chercher de contradictions là où il n’y en a pas. Je suis née en Corée mais j’ai grandi dans une famille française et je suis le produit du système méritocratique de mon pays. Ce partenariat avec Naver et Line est avant tout le fruit d’une rencontre. Mais je suis heureuse de retrouver un lien avec la Corée, un pays que j’ai appris à connaître et qui me fascine. Bientôt je parlerai coréen avec une pointe d’accent français.

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La loi anti-corruption et ses effets sur l’organisation des entreprises : comparatif France-Corée

2017 February 23
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Par Philippe Li, Foreign Attorney, et Françoise Lewalle, Foreign Attorney, Kim & Chang

Introduction

loi anti-corruption en Corée du Sud La Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption d’agents publics étrangers dans les conventions commerciales internationales signée en décembre 1997 et entrée en vigueur en 1999 a engagé les 41 pays signataires, dont la France et la Corée, à créer ou modifier leur structure juridique existante pour lutter efficacement contre la corruption. L’OCDE a poursuivi son travail pour maintenir la pression sur les Etats afin d’assurer une lutte effective de la corruption sous toutes ces formes.

Depuis l’adoption de cette Convention, on assiste partout dans le monde à une montée en puissance massive de lois et réglementations visant à lutter contre la corruption. Certains textes (UK Bribery Act, FCPA) prévoient même une application extra-territoriale, ce qui contribue à renforcer la dimension universelle du phénomène.

Cet article traite synthétiquement du contenu de la nouvelle loi coréenne anti-corruption (Anti-Graft Act) et du décret présidentiel qui l’accompagne, entrés en vigueur le 28 septembre dernier et brosse les conséquences de la loi en termes de compliance pour les entreprises. Il dresse également un bref comparatif avec le projet de loi « Sapin II pour la transparence de la vie économique » actuellement discuté devant l’Assemblée Nationale française. Il faut d’ailleurs noter que la France et la Corée sont respectivement classées 23e et 37e sur 168 pays selon l’Indice de Perception de Corruption 2015 utilisé par l’OCDE. (1)

Teneur de la nouvelle loi anti-corruption coréenne (Anti-Graft Law ou loi Kim Young-ran)

La nouvelle loi n’est pas, loin s’en faut, le seul instrument législatif mis en place pour lutter contre la corruption en Corée
Cependant, elle innove sur 5 nouveaux axes. La loi fait l’objet de nombreux débats depuis son adoption. Beaucoup critiquent la sévérité de certaines dispositions, les jugeant disproportionnées et inadaptées à la vie des affaires.

1° Elargissement significatif de la qualification d’« officier public »
La loi définit avec précision qui est visé par la loi. Au-delà des représentants et des employés des institutions publiques nationales, régionales, des entreprises publiques, elle vise aussi les professeurs d’établissements scolaires privés et publics, les journalistes de tous les médias publics comme privés ainsi que toute personne qui exerce des fonctions dans des organes créés par des institutions publiques.

2° Responsabilité pénale ou administrative de l’officier public et du donateur
La loi détermine que sont passibles de sanctions pénales l’officier public et le donateur si l’avantage perçu est supérieur à 1 million de won (800 euro) ou si l’ensemble des avantages dépassent 3 millions de won (2 400 euro) sur une année fiscale. La responsabilité des auteurs ne dépend pas de la preuve d’un lien quelconque entre l’avantage et la fonction de l’officier. Les sanctions sont l’emprisonnement jusqu’à 3 ans ou l’amende d’un montant maximum de 30 millions de won (24 000 euro).
Pour des avantages d’une valeur inférieure à 1 million de won (800 euro), la sanction est administrative et est conditionnée à l’existence d’un lien entre l’avantage et la fonction de l’agent. L’amende varie de 2 à 5 fois le montant de l’avantage en cause.

3° Responsabilité de l’officier public lorsqu’il omet de faire rapport des avantages perçus par son épouse/époux
Cette responsabilité ne peut être mise en cause que s’il existe un lien entre cet avantage et la fonction de l’officier public. Les sanctions sont identiques à celles du point précédent.

4° Interdiction de tout acte de sollicitation envers un officier public sans égard à son enrichissement effectif
Une demande est considérée comme une sollicitation illégale si elle implique l’accomplissement d’un acte considéré comme inapproprié pour un officier public. Une telle sollicitation est sanctionnée pénalement en ce qui concerne l’officier public (jusqu’à 2 ans d’emprisonnement ou d’une amende de 20 millions de won (16 000 euro) maximum). Les personnes qui ont sollicité l’agent public par un intermédiaire ainsi que le tiers lui-même sont passibles d’une amende administrative respectivement de 10 et 20 millions de won (celui qui sollicite un agent public directement n’est pas visé par la loi, mais tombe sous le couvert d’autres dispositions existantes). La loi a détaillé la liste des demandes considérées comme impropres (telles qu’outrepasser son pouvoir, sortir des procédures habituelles, entraver une instruction judiciaire…).

5° Responsabilité pénale de la personne morale en cas d’acte de corruption ou de tentative de corruption par un de ses employés à l’égard d’un officier public

Le décret de mise en application de la loi a prévu des exceptions à l’interdiction de recevoir tout avantage faite aux officiers publics et leurs époux/épouses.

Les exceptions les plus délicates à mettre en œuvre sont celles relatives aux repas, cadeaux et dons d’usage en argent. En effet, le décret permet d’offrir un repas ou un cadeau à un officier public dans les limites respectives de 30 000 won (25 euro) et 50 000 won (40 euro) et s’il s’agit d’un cadeau ou d’un don qu’il est d’usage de faire lors d’un mariage ou de funérailles, la limite a été fixée à 100 000 won (80 euro). Ce¬pendant ces exceptions ne sont pas applicables, et on revient donc au principe de l’interdiction pure et simple, lorsque l’officier public est en train d’exercer ses fonctions dans un dossier relatif à la personne (ou sa société) qui offre le repas ou le cadeau. Par exemple, un officier public qui traite d’une demande de licence pour une société ne peut se voir offrir aucun repas, cadeau ou don en argent pour son mariage, de la part de cette société ou l’un de ses employés durant cette période.

Des développements jurisprudentiels et les interprétations administratives de la Commission Anti-Corruption (Anti-corruption and Civil Rights Commission ou ACRC) ne manqueront d’intervenir dans les prochains mois et permettront de mieux préciser les pourtours de la loi.

La loi ne prévoit aucune disposition expresse qui obligerait les entreprises à s’organiser pour prévenir ou constater d’éventuels faits de corruption d’officiers publics par leurs employés et cadres.

Il ressort cependant de la jurisprudence dégagée dans d’autres domaines, qu’afin d’éviter la mise en cause de sa responsabilité pénale ou administrative, la personne morale a tout intérêt à prendre les initiatives suivantes :
• créer des règles de compliance claires et précises
• assurer une procédure de reporting interne et de suivi en cas de violation des règles pour assurer l’application effective de la loi (en ce compris l’application de sanctions et la révision des règles pour éviter la réitération de problèmes similaires)
• assurer une formation continue des employés chargés de veiller à l’application des règles internes et sensibiliser les employés à l’éthique de l’entreprise et au respect de la loi

Comparaison avec le projet de loi française anti-corruption déposée à l’assemblée nationale le 30 mars 2016 (Loi Sapin II pour la transparence de la vie économique) (2)
Le projet de loi Sapin II a notamment pour but de répondre aux critiques de l’OCDE et de l’Union Européenne (3) quant à l’absence de sanctions effectives des faits de corruption commis par des entreprises françaises à l’étranger.

En substance, le projet de loi prévoit la création d’un nouvel organe, l’Agence française anti-corruption, placé auprès des ministres de la justice et du budget, remplaçant le Service Central de la Prévention de la Corruption (SCPC) (4). L’Agence française anti-corruption se voit attribuer un pouvoir renforcé et a pour mission notamment d’aider les autorités compétentes à détecter les faits de corruption et de trafic d’influence et à sanctionner les entreprises qui ne prennent pas les mesures nécessaires pour prévenir ces faits ou à tout le moins les détecter.

Le projet de loi prévoit encore la protection des lanceurs d’alerte notamment en interdisant de les licencier ou de les sanctionner d’une quelconque manière. Une procédure relative à la manière dont les alertes sont lancées et recueillies y figure également.

La loi met encore à charge des entreprises l’obligation de créer une structure interne de compliance pour prévenir ou détecter la commission en France ou à l’étranger des faits de corruption ou de trafic d’influence. Cette obligation ne pèse que sur les entreprises publiques et privées de plus de 500 travailleurs ayant un chiffre d’affaires de 100 millions d’euro minimum.

Cette structure doit notamment comporter :
• un code de conduite définissant les comportements à proscrire
• un dispositif de lancement d’alerte interne ainsi qu’un régime disciplinaire pour sanctionner les violations du code de conduite
• une cartographie des risques d’exposition aux sollicitations externes de corruption auxquelles l’entreprise est soumise
• une procédure d’évaluation de la situation des clients et fournisseurs
• un contrôle comptable interne et externe
• la formation des cadres et membres du personnel exposés au risque de corruption
• un système interne de vérification et de contrôle de l’efficacité des procédures mises en œuvre

En cas de condamnation pénale de l’entreprise pour cas de corruption, une sanction pénale additionnelle peut être prononcée à son encontre pour absence ou inadéquation de la structure de reporting et/ou des règles de compliance internes.

(1) Publié par Transparency International en 2015
(2) Au moment de la rédaction du présent article, la loi est en discussion devant le Sénat après son adoption par l’Assemblée nationale en nouvelle lecture
(3) Rapport de la Commission Européenne du 3 février 2014
(4) Créé par la loi n° 93-122 du 29 janvier 1993 relative à la prévention de la corruption et à la transparence de la vie économique et des procédures publiques

Pour suivre toute l’actualité franco-coréenne et les publications de Corée Affaires, rendez-vous sur le site de la FKCCI.

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Le réseau aKtives

2017 February 21
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by Corée Affaires

La FKCCI au reseau aKtivesLa FKCCI était à la troisième réunion de l’association aKtives pour présenter son analyse des secteurs porteurs en Corée du Sud.
L’association aKtives, créée à l’automne 2016 par Mme Marion Prêcheur, compte déjà une trentaine de membres. Elle vise à fédérer les femmes francophones qui recherchent une activité professionnelle en Corée, souhaitent développer leur réseau ou entendent préparer leur reconversion professionnelle en prévision de leur retour en France.
L’association avait réuni ses membres le 27 novembre 2016 pour évoquer les questions de visa de travail en Corée et le 20 janvier 2017 pour échanger sur l’emploi en Corée.

N’hésitez pas à rejoindre le groupe linkedin si vous êtes intéressées : https://www.linkedin.com/groups/13502441

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Situation économique de la Corée en 2016

2017 February 16
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Par le service économique de l’ambassade française en Corée

Corée Affaires situation économique de la Corée en 2016

1. Des exportations en ralentissement prolongé pèsent sur la croissance

L’économie coréenne a connu un rythme de croissance modeste au cours des 9 premiers mois de l’année 2016. La croissance du 3e trimestre s’élève à 0,6% sur base trimestrielle, en léger ralentissement après une hausse de 0,8% au 2e trimestre. Faute de reprise des exportations, la croissance annuelle de 2016 sera vraisemblablement en ligne avec celle de l’année précédente (2,6%). Les prévisions de croissance annuelle ont été revues plusieurs fois à la baisse depuis le début de l’année : elles sont maintenant de 2,8% selon le Ministère des Finances, 2,7% selon la Banque de Corée et 2,6% pour le Korea Development Institute.
Le rebond encourageant des investissements d’infrastructures (+ 2,8%) et de la consommation privée (+ 1%) au 2e trimestre n’est pas parvenu à se prolonger lors du 3e trimestre. Seul l’investissement dans la construction a représenté une source de croissance stable, avec une progression trimestrielle moyenne de 4,6% durant les 9 premiers mois de l’année. La production manufacturière stagne quant à elle au même niveau qu’en 2015, notamment à cause d’une faible demande internationale.

Les exportations, moteur traditionnel de l’économie coréenne, restent en effet orientées à la baisse, malgré un rebond en novembre (+ 2,7%) : elles diminuent de 7% de janvier à novembre. La balance commerciale reste largement excédentaire, ce qui s’explique par le fait que les importations ont reculé davantage que les exportations (baisse de 8,3% sur la même période). L’excédent commercial atteint un niveau record de 82,8 Md USD de janvier à novembre, un niveau sensiblement identique à l’année précédente.
Ce ralentissement des exportations s’inscrit dans un contexte morose au niveau mondial. Les exportations coréennes vers la Chine (25% des exportations coréennes totales) diminuent notamment de 14% lors du premier se¬mestre, la baisse la plus prononcée depuis 5 ans. Le faible niveau des prix du pétrole a aussi érodé la demande des pays producteurs pour les produits coréens, et a diminué la valeur des exportations coréennes à base de pétrole (pétrochimie).

Les revers qu’ont récemment subis certaines grandes entreprises coréennes pèsent également sur les exportations : le rappel puis l’arrêt de la production du Galaxy Note de Samsung en septembre a entamé les profits de l’entreprise (- 30% au 3e trimestre) ; la série de grèves qui a eu lieu à Hyundai Motor a ralenti la production et a forcé la compagnie à annoncer qu’elle n’atteindrait pas son objectif de ventes de l’année ; enfin, la première entreprise de transport maritime du pays, Hanjin Shipping, est en redressement judiciaire depuis septembre.

2. La Corée demeure très stable financièrement mais peine à réformer son économie

notation souveraine de la CoréeLa Corée reste financièrement très stable et les risques macro-économiques sont faibles. S&P a relevé la notation souveraine de la Corée en août (de AA- à AA, le même niveau que la France) et estime que les perspectives du pays sont stables. La dette nationale ne représentait que 38% du PIB à la fin de l’année 2015. Le niveau d’endettement des ménages reste important (83,4% du PIB en 2015) mais ne présente pas de « risque systémique » selon le FMI, et le taux de défaut reste négligeable (0,3% en septembre). Les trois agences de notation principales ont par ailleurs toutes affirmé que la crise politique et la destitution de la présidente Park ne devraient pas avoir d’effet majeur sur l’économie ni affecter la notation souveraine de la Corée.

Le KOSPI a été fortement affecté par la chute des bourses à l’échelle mondiale au début de l’année puis par le Brexit et le scandale Choi Soon-sil. Ces reculs n’ont toutefois été que temporaires et l’indice a récupéré son niveau habituel (2037 points le 14 décembre). Le won connaissait quant à lui une tendance à la hausse contre le dollar depuis le début de l’année (+ 7,9% contre le dollar lors des 9 premiers mois de l’année), à laquelle l’élection de Donald Trump a mis fin (- 3% contre le dollar lors du mois qui a suivi l’élection présidentielle américaine). L’inflation devrait atteindre 1,1% en 2016, soit un niveau inférieur à la cible de la Banque de Corée (2%), mais le risque de déflation semble mineur. Le FMI est optimiste sur la question, attribuant la faible inflation essentiellement au prix du pétrole.

La mise en place de réformes structurelles d’ampleur est définitivement compromise par la crise politique qui a éclaté le 24 octobre et a conduit à la destitution de la présidente Park le 9 décembre.
La réforme du marché du travail en particulier, recommandée à la fois par le FMI et l’OCDE ne pourra être mise en place avant les prochaines élections présidentielles. Destinée à améliorer la productivité, à réduire l’écart entre les travailleurs réguliers et non-réguliers et à encourager l’emploi des jeunes et des femmes, c’est un sujet politiquement et socialement très sensible.
Les restructurations nécessaires dans le secteur de la construction navale ont provoqué des grèves lors de la première moitié de l’année. Le secteur, qui représente 6,5% du PIB et 200 000 emplois, fait face à un effondrement des commandes depuis 2014. Le gouvernement a accéléré la restructuration du secteur en 2016. Elle pourrait, selon les autorités, coûter 60 000 emplois au total – 20 000 emplois ont déjà été supprimés lors de la première moitié de l’année. Le FMI souligne toutefois que ces restructurations, si elles sont menées à bien, devraient avoir un effet positif sur la croissance à moyen terme. Au-delà de la construction navale, les secteurs du transport maritime et de l’acier, qui sont en surcapacité, pourraient aussi avoir à faire face à des restructurations similaires.

3. Une politique budgétaire et monétaire volontariste pour compenser les facteurs baissiers et soutenir la consommation intérieure

Corée Affaires situation économique de la Corée en 2016La bonne tenue de la consommation intérieure est essentielle dans un contexte de recul des exportations. Le gouvernement a prolongé jusqu’en juin 2016 les allègements fiscaux sur l’achat d’automobiles mis en place en 2015 et instauré un jour de congé supplémentaire en mai : ces mesures expliquent le rebond de la consommation (+ 1%) du 2e trimestre. Le niveau élevé d’endettement des ménages et les effets des restructurations pèsent néanmoins sur cette dynamique. L’entrée en vigueur de la loi Kim Young-ran contre la corruption en septembre est également susceptible de freiner la demande intérieure.
Le gouvernement coréen a annoncé à la fin du mois de juin un nouveau plan de relance d’un montant de 17 Md USD, puis de 8,5 Md USD supplémentaires en octobre. Centré sur le financement de mesures en faveur de l’emploi, il a notamment pour but d’atténuer les conséquences négatives des restructurations sur la demande intérieure. C’est le 3e plan de relance décidé par la Présidente Park.
La Banque de Corée a continué à assouplir sa politique monétaire avec une nouvelle baisse du taux d’intérêt directeur en juin pour atteindre 1,25%, son plus bas niveau historique. Les effets de telles baisses sur la croissance sont cependant ambigus, car ils contribuent aussi à augmenter le niveau d’endettement des ménages coréens. Le faible taux directeur a toutefois contribué au boom dans la construction.

Rendez-vous sur le site de la FKCCI pour en savoir plus sur l’économie coréenne et ses perspectives de croissance.

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La Cure Gourmande à Séoul !

2017 February 13
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Par Oriane Lemaire

biscuiterie la Cure Gourmande en Corée du Sud« De toutes les passions, la seule vraiment respectable me paraît être la gourmandise. » Quels mots plus justes que ceux de Guy de Maupassant pour décrire la philosophie de la Cure Gourmande ? Depuis 1989, le biscuitier sucrecuitier originaire du Languedoc rencontre un grand succès en proposant un univers où se mêlent plaisir, émotion et nostalgie. Avec ses 58 magasins dont le nombre ne cesse de croître, la marque se développe désormais à l’international et vise l’Asie : après Barcelone, Doha et New York… Place à Séoul ! 

Au cœur de la métropole coréenne, le premier espace de vente de La Cure Gourmande en Asie a ouvert ses portes au grand magasin Lotte de Sogong-dong début avril 2015, puis au grand magasin Hyundai de Pangyo. Mai 2015, le biscuitier s’implantait également à Singapour, siège de la marque en Asie-Pacifique, et fait preuve d’ambition : « notre objectif est d’ouvrir deux magasins par an en Corée dans les 5 prochaines années », explique Stéphane Lo, directeur général de la Cure Gourmande Korea. Dès la première journée d’ouverture, la marque a enregistré les meilleures ventes de la section alimentaire du grand magasin Lotte. Pourquoi un tel succès ? « Avec la multiplication des cafés, la consommation de gâteaux, biscuits et sucreries commence à rentrer dans les mœurs des Coréens. Les jeunes aiment la nouveauté et vont de plus en plus à l’étranger : en 2015, 15 millions de Coréens ont quitté le territoire. Ils étaient 8 millions il y a 10 ans », décrit Stéphane Lo. Si traditionnellement, le secteur des produits sucrés est dominé par le tteok (gâteau à base de farine de riz) et caractérisé par une consommation saisonnière (Chuseok, Seollal, Peppero Day, Saint-Valentin) liée à la culture du cadeau, la tendance évolue vers une consommation plus routinière de produits de plus en plus mondialisés.

biscuiterie la Cure GourmandeEn 2014, les importations dans le secteur enregistraient un bond à deux chiffres, comme le chocolat (+15,7%), les pâtisseries, pains et biscuits (+19,1%) et les sucreries (+31,3%)[1]. « Il faut toutefois être patient : les cadeaux constituent 90% des ventes et les 10% restants sont des achats plaisir, alors qu’en France la proportion est de 50/50. C’est pour cela que nous enseignons dans nos boutiques la culture de consommation française, d’où la bonne rémunération de nos Sunshines ».

Les Sunshines, c’est ainsi que sont appelés les vendeurs de La Cure Gourmande, invitant le client à goûter, sentir, toucher, tout en le renseignant sur la tradition française de la biscuiterie et l’histoire des produits. « Prenez le calisson par exemple, complètement méconnu ici. On raconte que ce sont les rois et reines qui le dégustaient dès le XVe siècle ; l’association du produit avec la royauté et l’histoire suscite beaucoup d’engouement », s’enthousiasme Stéphane Lo.

L’objectif ? Le client doit repartir curiosité satisfaite, le sourire aux lèvres. Par quels moyens ? Un merchandising qualitatif et le service, épines dorsales de la stratégie de la marque. Dans un espace ouvert et opulent aux couleurs chaudes, les biscuits sont en libre-service et la séparation vendeurs/clients n’a plus lieu d’être. C’est ce qu’on appelle l’« experience shopping », concept dont se réclament les co-fondateurs du biscuitier, Christian Berlan et Edouard Hennebert. « Nous n’avons pas de concurrents car nous sommes pionniers de cette tendance marketing dans notre secteur, nous inspirant des parfums et cosmétiques. Nous vendons un ancrage émotionnel ce qui est difficile à traduire en coréen. » Susciter la nostalgie et évoquer l’expérience des marchés d’antan : un procédé qui n’est pas sans rapprocher les sensibilités françaises et coréennes (avec le Shijang, le marché coréen) selon Stéphane Lo.

Le biscuitier surfe aussi sur la tendance de la montée en gamme du secteur agroalimentaire. « C’est le bon moment pour ouvrir : après le boom des industries de la mode et des cosmétiques suite à l’élection de Kim Young-Sam en 1992 et l’ouverture des circuits de distribution, c’est au tour du secteur agroalimentaire de s’internationaliser et d’entrer dans le haut-de-gamme », analyse Stéphane Lo. Dans ce segment en pleine expansion, les Français, forts de leur argument qualité et tradition, se positionnent bien malgré le renforcement des barrières non-tarifaires, effet revers de l’ALE UE-Corée : ils sont par exemple le 4e fournisseur de chocolat à usage professionnel avec 10% de part de marché[2].

[1] Source : Business France d’après les douanes coréennes, 2015
[2] Business France 2015

 

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