Interview de Hee-Beom Lee, Président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de PyeongChang 2018

2018 February 6
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by Corée Affaires

A l’occasion de son Gala 2017 sur le thème des jeux d’hiver, la FKCCI a pu poser quelques questions au président du comité d’organisation des Jeux de PyeongChang.

 

Quelles leeprincipales innovations ont été mises en place pour les Jeux de PyeongChang par rapport aux précédents Jeux d’hiver?
Notre grande innovation est la disposition des sites de compétition. Ils seront tous situés à moins de 30 minutes du stade olympique. C’est unique dans l’histoire des Jeux d’hiver.Par ailleurs, je reçois beaucoup de compliments sur la qualité des transports destinés aux athlètes et au public.Nous allons contrôler systématiquement la circulation et permettre aux véhicules de circuler et d’arriver à l’heure, en faisant en sorte que l’utilisation des routes spécifiques aux Jeux olympiques soit réservée aux épreuves.

 

La tendance actuelle semble encourager le développement des loisirs en repensant la répartition entre le travail et le temps libre. Pensez-vous que cela va faire évoluer la place des sports et du tourisme d’hiver dans la société coréenne ?
Depuis peu, la Corée a mis en place des politiques gouvernementales favorables à une plus grande souplesse dans l’organisation du travail et à la promotion des loisirs. La jeune génération coréenne souhaite profiter de ce nouveau temps libre. Grâce à ces Jeux olympiques, les sports d’hiver seront désormais encore plus accessibles avec de nouvelles infrastructures et de nouveaux équipements. Les jeux vont renouveler l’image du tourisme et des sports d’hiver.

 

Avez-vous rencontré des obstacles en Corée ou à l’international dans la mise en place du projet PyeongChang 2018 ?
Le scandale politique qui marqua l’année dernière et le problème nucléaire nord-coréen n’ont pas été bénéfiques à l’image des Jeux olympiques. En ce qui concerne le risque nord-coréen, le Comité d’organisation travaille en coopération étroite avec le gouvernement et les institutions concernées. Nous sommes très attentifs à la situation actuelle. Nous allons garantir la plus grande sécurité pendant les jeux avec des dispositifs de sécurité adaptés.Les préoccupations concernant les relations inter-coréennes ont toujours existé et les tensions politiques entre les deux Corées ne datent pas d’hier. Nous avons obtenu l’organisation des Jeux olympiques de Séoul en 1988 dans ces conditions.Nous avons aussi organisé plusieurs compétitions internationales telles que la Coupe du monde de football en 2002, et ce avec succès et en toute sécurité.

 

Qu’est-ce que les Jeux olympiques vont apporter à la Corée du Sud à court et long terme ?
Les Jeux olympiques vont attirer l’attention du monde entier sur la Corée du Sud et sur PyeongChang. Nous voulons montrer que la Corée du Sud s’est élevée au rang de nation moderne et innovatrice. Ce sera très positif pour l’économie et pour les marques coréennes.

 

En mars dernier vous avez signé une convention sur l’usage et la promotion du français et de la francophonie aux Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang. Avez-vous personnellement un intérêt particulier pour la culture française ?
Ma plus jeune fille a étudié la musique au Conservatoire National de France pendant trois ans. J’ai personnellement beaucoup d’intérêt pour la culture française envers laquelle je suis toujours reconnaissant.

 

Quels seraient pour vous trois mots symboles de jeux réussis ?
L’arc-en-ciel (pour l’harmonie), la paix, et l’union.

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Offre spéciale pour Seollal

2018 January 24
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by Corée Affaires

Seollal, la fête traditionnelle la plus importante avec Chuseok en Corée, approche à grands pas. A cette occasion, la FKCCI a préparé un coffret spécial comprenant la 5ème édition du guide des restaurants et un délicieux vin pétillant Duc de Bar Blanc de Blanc. Un cadeau parfait pour Seollal !

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새해 복 많이 받으세요 ! Bonne année à tous !

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Agir en mode Delivery

2018 January 10
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Retrouvez le Corée Affaires en intégralité sur Issue

L’ouvrage « Agir en mode Delivery », co-signé par Philippe Li, David Autissier et Jean-Michel Moutot a été publié en 2015 par les éditions Eyrolles (en français) et en 2017 par les éditions Youngin Media (en coréen). Philippe Li est président d’honneur de la FKCCI et avocat chez Kim & Chang.

Propos recueillis par Marion Noirot

 

Pouvez-vous nous parler de la genèse de cet ouvrage ?

A l’occasion du « World Knowledge Forum » qui s’est tenu à Séoul en 2012, Monsieur Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale, avait fait un discours d’ouverture enthousiasmant sur le concept de « Delivery » dans son action au sein de l’institution qu’il dirige. Dans le public se trouvaient plusieurs personnalités françaises, et nous avions été frappés de constater que le concept de « Delivery » tel qu’il a été popularisé en anglais n’avait pas été aussi approfondi dans la langue française. Dans la langue coréenne non plus d’ailleurs. Cela m’a donné l’idée de réfléchir sur ce concept.
Puis en 2013, j’ai donné une conférence à la Maison de la Chine à Paris sur un thème un peu provocateur : « Pourquoi les pays asiatiques réussissent-ils mieux que nous ? ». David Autissier et Jean-Michel Moutot, qui écrivent beaucoup sur le management et le changement dans l’entreprise, assistaient la conférence et m’ont proposé que nous écrivions un livre ensemble.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’action en mode Delivery ?
C’est faire ressentir la notion d’efficacité et d’efficience en montrant que les résultats ne reposent pas sur une formule mathématique imparable mais sur le travail, l’engagement et l’expérimentation. Tout en se donnant une perspective concrète de résultat, car aujourd’hui nous sommes obligés d’aboutir dans tout ce que nous entreprenons.

La première partie du livre décrit le monde d’aujourd’hui, complexe, interconnecté et en perpétuel mouvement. Comment avez-vous réussi à synthétiser cette complexité qui touche à la fois l’économie, la politique et les sociétés ?
L’idée de l’ouvrage était aussi de montrer en quoi la réalité évolue. Nous avons voulu insister sur deux éléments qui nous entourent et ne sont pas forcément visibles. Le premier est la mutation accélérée et massive du monde et la perception d’une réalité transformée avec les nouvelles technologies. Le second est la propagation de l’énergie collective. La Corée est un laboratoire formidable pour appréhender ces deux aspects.

Le livre est conçu comme un manuel pratique. Est-il plus particulièrement destiné à l’action individuelle ou plutôt l’action collective ?
C’est un tout indissociable car on vit et on agit toujours dans une communauté matérielle et virtuelle. C’est une réflexion personnelle à la base qui doit être reliée à l’action d’une entreprise, d’un groupe, à une perspective d’ensemble.

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Comment avec vos deux co-auteurs avez-vous puisé dans votre expérience de carrière en Asie et plus largement dans un contexte interculturel pour proposer ce mode d’action et de réflexion ?
Nous avons essayé d’avoir un partage de visions et d’expériences. L’Asie est un élément de réflexion, mais pas le seul. D’ailleurs ce qui fonctionne en Asie ne va pas fonctionner partout ailleurs dans le monde. Nous avons voulu donner du relief à des choses sur lesquelles on passe rapidement, et qui sont des ressources et des richesses. C’est la distanciation que nous pouvons avoir grâce à une perspective interculturelle qui permet cette mise en relief.

Vous qui connaissez aussi bien la France que la Corée, pensez-vous que sur certains points la Corée et la France peuvent mutuellement s’inspirer pour gagner en efficacité ?
En France, on intellectualise beaucoup les choses. Cela peut parfois aboutir parfois à un excès de théorisation et une absence de prise de décision. Ce que nous souhaitons prôner, c’est le fait d’aller vers l’action même si notre construction n’est pas parfaite. L’expérimentation, la recherche et l’engagement requièrent cette capacité d’adaptation en fonction des situations. Parfois les objectifs eux-mêmes évoluent au cours de la mise en oeuvre d’une action.
La Corée est très performante dans les situations de périls, il y a une prise de conscience aiguë de la crise et une forte capacité à se surpasser en passant à la vitesse supérieure. C’est le cas par exemple quand des entreprises coréennes ont un objectif stratégique et se mobilisent pour lancer un nouveau produit. Je ne dis pas qu’il n’y a pas un élan en France mais on le ressent moins, ce qui incite moins à l’engagement et à se surpasser.
A l’inverse, en France il y a plus de créativité et de spontanéité dans les entreprises. Les objectifs sont posés plus clairement et cela permet une bonne compréhension du projet. Le management est plus participatif en France qu’en Corée. Dans les entreprises coréennes il y a d’un côté cette énergie collective qui fait avancer les choses, et en même temps des lourdeurs et des carcans assez incroyables dans des grands groupes si modernes et ouverts à international.
Aucun modèle ne surpasse un autre, car les défauts d’un système sont aussi ses atouts. Il faut toujours appréhender les choses par rapport à un certain contexte. L’un peut inspirer l’autre mais cela ne va pas au-delà d’une certaine contemplation intellectuelle. Il est intéressant de voir comment une personne ou un groupe qui prend conscience de ce modèle dans une entité donnée peut le transposer dans un autre contexte et transcender sa propre fibre.
Ce n’est pas un hasard si les lieux les plus compétitifs au monde -Singapour et Hong-Kong par exemple- sont ceux qui sont au carrefour et au confluent de différentes civilisations et expériences. Une somme de connaissances, de visions et d’actions y sont apportées par des personnes et des institutions dans un certain contexte et intégrées dans un autre, ce qui aboutit à une fluidité dans l’action et à des résultats tout à fait exceptionnels.

Relire ici un article du Corée Affaires sur le management interculturel.

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L’évolution récente des inégalités de revenu en Corée du Sud

2017 December 13
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 Par Léo Barincou, Service économique de l’Ambassade de France en Corée

 

Le développement économique de la Corée s’est accompagné à partir des années 1960 d’une forte réduction des inégalités de revenu, qui comptaient parmi les plus faibles du monde. Cette dynamique s’est toutefois inversée au milieu des années 1990 et les inégalités de revenu ont depuis enregistré une tendance graduelle à la hausse. Dans ce contexte, le nouveau président Moon Jae-in a fait de la lutte contre les inégalités de revenu l’un de ses principaux objectifs, estimant dans un discours de juin 2017 que celles-ci constituaient « une menace pour la démocratie ».

 

  1. Les inégalités de revenu se sont accrues lors des dernières années

 

Le taux de pauvreté relative1 a plus que doublé entre 1990 et 2016, passant de 7,1% en 1991 à 14,7% en 2016. Le coefficient de Gini, un indicateur d’inégalités de revenu compris entre 0 et 1, suit une dynamique similaire et augmente fortement également, passant de 0,256 en 1990 à 0,304 en 2016 (+ 19%)2. Selon la Weath and Income Database, la part du revenu des 10 % des ménages les plus riches dans le revenu total a crû de façon marquée sur la même période, de 29% en 1995 à 45% en 2013 – soit le niveau le plus élevé parmi les pays d’Asie3.

Au cours de l’année 2016, les inégalités de revenu ont enregistré un creusement particulièrement marqué, avec un recul du revenu des ménages les moins aisés : les ménages appartenant au 1er quintile de revenu (les 20% des revenus Le développement économique de la Corée s’est accompagné à partir des années 1960 d’une forte réduction des inégalités de revenu, qui comptaient parmi les plus faibles du monde. Cette dynamique s’est toutefois inversée au milieu des années 1990 et les inégalités de revenu ont depuis enregistré une tendance graduelle à la hausse. Dans ce contexte, le nouveau président Moon Jae-in a fait de la lutte contre les inégalités de revenu l’un de ses principaux objectifs, estimant dans un discours de juin 2017 que celles-ci constituaient « une menace pour la démocratie ».les plus bas) ont vu leur revenu nominal baisser de 5,6% en 2016, soit la première baisse depuis 2005. À l’inverse, les ménages appartenant au 5e quintile de revenu (les 20% des revenus les plus hauts) ont vu leur revenu progresser de 2,1% en 2016. Ces évolutions ont abouti à un resserrement de la classe moyenne (de 67,4% en 2015 à 65,6% en 2016) et peuvent expliquer la perception grandissante que le développement économique ne bénéficie plus à une majorité de la population et que la mobilité sociale est de plus en plus limitée : en 2016, 51% des Coréens estimaient que leurs enfants ne bénéficieraient pas d’une meilleure situation socio-économique que la leur, contre 29% en 2006.

Les inégalités de revenu disponible en Corée se situent toutefois dans la moyenne des pays de l’OCDE : la Corée est le 17e pays le plus inégalitaire de l’Organisation (sur 35 membres). La Corée se démarque surtout par le faible impact des transferts fiscaux (impôts, aides sociales, retraites) sur la répartition des revenus par rapport aux autres pays développés : les transferts fiscaux ne réduisent les inégalités que de 13,1% en Corée, comparé à 26,3% aux États-Unis, 38,5% au Royaume-Uni et 42,7% en France. Le faible montant des dépenses publiques sociales (10,1% du PIB en 2016 par rapport à 21% en moyenne pour l’OCDE) et le faible niveau d’imposition et de contributions sociales (33% du PIB contre 42% pour l’OCDE) limitent de façon inhérente l’impact des transferts fiscaux sur les niveaux d’inégalités. Le rôle de redistribution des politiques publiques coréennes s’est toutefois affirmé au cours des 10 dernières années, avec un écart croissant entre inégalités de revenu brut et inégalités de revenu disponible.

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  1. Les inégalités de revenu en Corée reflètent des problèmes structurels et affectent de façon plus forte certains segments de la population

Les inégalités de revenu en Corée s’expliquent en premier lieu par le caractère dual du marché du travail. Les travailleurs non-réguliers représentent 32,8% de l’ensemble des travailleurs en 2016 (une proportion nettement supérieure à la moyenne de 11,4% de l’OCDE) et ont un salaire mensuel inférieur de 46,5% à celui des travailleurs réguliers. Le FMI comme l’OCDE considèrent que la structure spécifique du marché du travail coréen est génératrice

d’inégalités de revenu majeures. Le phénomène du travail non-régulier affecte de façon plus forte certains segments de la population : 40% des femmes disposent d’un emploi non régulier, alors que seuls 26% des hommes sont concernés ; c’est près de 70% des travailleurs de plus de 60 ans qui occupent un emploi non-régulier. Les emplois non-réguliers sont concentrés dans les petites entreprises (47,5% d’entre eux travaillent dans des entreprises de moins de 5 salariés), rendant d’autant plus difficile l’accession au statut d’employé régulier : seuls 11% des travailleurs non-réguliers obtiennent ainsi un emploi régulier après un an, comparé à environ 50% pour les pays d’Europe. La dualité du marché du travail coréen se superpose donc à des déséquilibres tels que l’écart de salaire entre hommes et femmes (36,7%, le plus haut taux de l’OCDE) et la meilleure rémunération des employés des grandes entreprises (2,5 fois supérieure à celles des PME en moyenne) pour exacerber les différences de revenu. L’augmentation des inégalités de revenu s’explique également par le fort taux de pauvreté parmi les personnes âgées : 47,7% des personnes âgées de plus de 65 ans étaient en situation de pauvreté relative en 2016 – comparé à 9% pour les 18-65 ans. L’âge moyen des ménages appartenant au quintile de revenu le plus bas est 61 ans en 2016, reflétant la concentration des personnes âgées au sein de la population à bas revenu. La prévalence de la pauvreté parmi les personnes âgées est surtout le fait du faible taux de couverture du système de retraite national comparé aux autres pays développés : seules 32,1% des personnes âgées percevaient une retraite du National Pension Scheme (NPS) en 2015. Le vieillissement rapide de la population coréenne devrait faire progresser à la hausse pourrait cependant être atténuée par le taux de couverture du NPS qui augmente progressivement à mesure que le système de retraite arrive à maturité, et fait reculer, mais lentement, le taux de pauvreté des personnes âgées (passant de 51,3% en 2009 à 47,7 % en 2016).

  1. L’augmentation du revenu des ménages les moins aisés est un aspect central de la politique économique du nouveau Président

Au-delà des préoccupations de justice sociale, le souhait du président Moon Jae-in de baser la croissance économique sur la demande intérieure passe en priorité par une augmentation du revenu des ménages les moins aisés. La propension à consommer de ces derniers est en effet de loin la plus élevée : les ménages du quintile de revenu le plus bas utilisent 105,6% de leur revenu disponible pour leurs dépenses de consommation en 2016, contre 59,9% pour les ménages du quintile de revenu le plus élevé.

Dans cette optique, la priorité du président est d’atténuer la dualité du marché du travail coréen, en limitant le recours aux travailleurs non-réguliers. Le secteur public, censé montrer l’exemple, est le premier concerné, avec notamment le projet de transformer 30 000 emplois publics précaires en contrats réguliers au cours des 5 prochaines années. Des incitations fiscales devraient être mises en place afin d’encourager le secteur privé à adopter une démarche similaire. Le président souhaite également fortement augmenter le salaire minimum, en le passant de 5,7 USD/heure à 8,8 USD/heure d’ici 2020. Moon Jae-in prévoit parallèlement de renforcer le rôle de redistribution de l’État, notamment en accordant des aides financières aux populations les plus vulnérables : il s’est ainsi engagé à verser 265 USD/mois aux jeunes demandeurs d’emploi (18-34 ans) et aux personnes âgées faisant partie des 70% des ménages les moins riches. Le nouveau président prévoit de financer ces aides par des reformes de la fiscalité des entreprises et des ménages à haut revenu.

Retrouvez le numéro 104 du Corée affaires en ligne

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La génération Y, entre prudence et soif d’émancipation

2017 November 20
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Par Louis Palligiano , correspondant pour Libération

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Peur de l’échec, hyper-concurrence, environnement autoritaire et extrêmement hiérarchisé : face à des pressions économiques et sociales souvent jugées insupportables, les jeunes sud-Coréens expérimentent de nouvelles solutions pour s’émanciper. La génération Sampo (three giving-up generation), celle qui a tiré un trait sur trois choses – vivre une relation amoureuse, se marier, avoir des enfants – souhaite s’affranchir du carcan moral et sociétal de leurs parents. Parmi les principales raisons invoquées pour expliquer cet abandon, il y a l’impossibilité d’épargner, la difficulté à trouver un emploi, les faibles revenus ou encore le prix des logements. Parfois abusivement décrite comme apathique, cette génération est pourtant celle qui a en grande partie initié la chute de la présidente Park Geun-hye. L’été dernier, plusieurs mois avant que le grand public ne soupçonne l’existence de Choi Soon-sil, la confidente occulte de l’ex-chef de l’Etat, le mouvement de protestation estudiantin issu de la prestigieuse université féminine Ewha a révélé les prémices du « Choi Gate ». Pour ces manifestants, nés après la fin du règne dictatorial de Chun Doo-hwan en 1987 et élevés avec YouTube et Facebook, cette mobilisation a marqué l’avènement d’une nouvelle culture démocratique. Venus des quatre coins du pays, des centaines de milliers d’étudiants participaient chaque samedi pendant des mois aux grandes manifestations pacifiques pour demander la destitution de Park Geun-hye sur fond de scandale de corruption politico-financier. Sur les réseaux sociaux, des vagues de messages de remerciements se sont ensuite multipliées à l’intention de cette jeunesse qui a permis à la Corée du Sud de vivre un tournant historique.

Pour de nombreux sud-Coréens nés entre 1980 et l’an 2000, appelés génération Y ou Millennials en anglais, l’entrée sur le marché du travail représente un défi qui cristallise toutes les inquiétudes. Chaque année, environ 500 000 jeunes – dont plus de 60 % sont diplômés – se lancent dans la recherche de leur premier emploi, mais seulement 200 000 postes permanents sont disponibles, selon les données gouvernementales. Le ralentissement économique a conduit les grands conglomérats du pays du Matin clair à réduire drastiquement le nombre d’embauches. Face à ce constat, les étudiants d’université sont nombreux à retarder l’obtention de leur diplôme, à empiler les cours privés pour devenir toujours plus compétitifs, ou à occuper des emplois précaires en attendant de meilleures offres. Si dans un pays parfois appelé « la République Samsung », intégrer un chaebol demeure synonyme de réussite professionnelle et sociale, les men­talités sont doucement en train d’évoluer. Kim Mi-young, 24 ans, détentrice d’un sérieux bagage universitaire, est décoratrice dans une petite société de production de contenus sur Internet : « c’est un leurre de penser que nous sommes obligés d’entrer chez Samsung ou Hyundai pour être acceptés et reconnus. Mon travail me passionne et même si je fais beaucoup d’heures supplémentaires, j’apprends beaucoup. J’ai la chance d’assumer plus de responsabilités que dans un grand groupe ».

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En rupture avec leurs aînés, les membres de la génération Y sud-coréenne n’hésitent plus aujourd’hui à se tourner vers l’étranger pour entreprendre. Passionné de mode, c’est en Australie que Park Yeon-min a décidé de poser ses valises pour trouver une alternative au costume de « Samsung Man » apparemment trop étroit pour lui. « Le modèlesud-coréen ne me convenait pas et j’avais l’impression de ne pas pouvoir rentrer dans le moule » concède-t-il. Le jeune homme de 25 ans cumule les petits boulots pour financer son cursus universitaire et ne cache pas ses ambitions « je poursuis actuellement des études de stylisme. J’aimerais ensuite ouvrir ma propre boutique et lancer ma ligne de vêtements. Ici, l’atmosphère est décontractée et il y a plus d’ouverture d’esprit. Je ne sais pas si j’aurais osé être vraiment moi-même à Séoul ». Cette quête du bonheur, loin de chez eux, semble s’imposer pour beaucoup de ses jeunes compatriotes. D’après une enquête publiée en début d’année par la Fondation Varkey, une organisation à but non-lucratif basée en Angleterre, les sud-Coréens de 15 à 21 ans compteraient parmi les plus malheureux au monde dans cette tranche d’âge. Lorsqu’on leur demande si leur pays natal est « bon ou mauvais pour y vivre », ils sont les seuls à l’évaluer négativement parmi les 20 nationalités étudiées. Il en ressort un sentiment de frustration chronique, engendré par des conditions socio-économiques défavorables, particulièrement important chez les adolescents sud-Coréens.

Sur le plan financier, l’environnement économique globalement anxiogène a contraint les jeunes sud-Coréens à un pessimisme prudent par rapport à leurs aînés. Pour rappel, ils ont mené leurs études pendant la crise asiatique de 1997 et sont entrés sur le marché du travail après la crise financière mondiale de 2008. Une étude récemment menée par l’institut Hana auprès de 1 500 jeunes à travers le pays, révèle que ces derniers privilégient les investissements peu risqués comme les placements en banque. Près de 60 % des répondants possèdent un compte bancaire qui donne à leur détenteur la priorité pour obtenir un logement à des taux d’intérêts stables. Plus de la moitié des Millennials commence à mettre de côté pour leurs vieux jours avant 30 ans, alors que leurs parents et grands-parents ont attendu d’atteindre environ 40 ans. « Parmi les trois dernières générations, la génération Sampo est la plus conservatrice dans la gestion d’actifs » selon un chercheur du Hana Institute of Finance. On entend souvent dire que la jeunesse sud-coréenne est capricieuse, qu’elle a la vie facile et que ses centres d’intérêts sont superficiels. Cependant, aux antipodes de cette caricature, celle de la génération Y se révèle au contraire particulièrement précautionneuse et réfléchie dans son mode de consommation, en raison du cycle économique morose qu’elle traverse et devra probablement affronter tout au long de sa vie.

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28ème édition du Gala de la FKCCI: From Chamonix to PyeongChang, the Legend of Winter Sports

2017 November 17
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Le 9 décembre 2017 aura lieu la 28e édition du Gala annuel de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne (FKCCI) au Grand Hyatt de Séoul. La FKCCI a préparé une nuit exceptionnelle sur le thème :

 

« From Chamonix to PyeongChang, the Legend of Winter Sports ».

 

Organisé chaque année depuis 1989, le Gala de la FKCCI est l’évènement le plus prestigieux et le plus attendu de la Chambre, rassemblant plus de 800 invités issus de la communauté d’affaires franco-coréenne autour d’une soirée célébrant la culture française et l’amitié franco-coréenne.

Cette 28ème édition vous fera vivre la légende des sports d’hiver de Chamonix à Pyeongchang dans une atmosphère inoubliable rappelant les sensations fortes des sports d’hiver et les splendides paysages de montagnes enneigées.

C’est dans cette ambiance d’exception que nos invités pourront déguster un délicieux repas accompagné de champagne et de vin français issus de meilleures caves. La pianiste et chanteuse-auteure-compositrice Alma, représentante de la France à l’Eurovision 2017, viendra interpréter les chansons de son dernier album. Le designer Heill Yang présentera lors d’un défilé sa collection de prêt-à-porter au style unique inspiré de la mode française et de l’art et de la poésie coréenne. Enfin, notre tirage au sort désignera les heureux gagnants d’un billet Air France aller-retour Paris-Séoul en classe affaires accompagné d’un séjour en demi-pension pour deux personnes au Terminal Neige Refuge du Montenvers ainsi que de nombreux autres cadeaux offerts par nos généreux sponsors.

Découvrez le programme sur le site du Gala
Réservez vos places ici 

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Rencontre avec…Philippe Yvin, Président du directoire de la Société du Grand Paris

2017 November 3
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Portrait de Philippe Yvin pour le Mook et Challenge

Philippe Yvin a passé quelques jours en Corée en juin dernier dans le cadre d’une mission de promotion du Grand Paris. Corée Affaires a profité de sa venue à Séoul pour l’interviewer sur « la 3e grande révolution urbaine de Paris ».

Quel est l’objet de votre visite en Corée ?

Je fais partie d’une délégation qui travaille sur le Grand Paris, avec notamment l’Agence Paris Ile de France Capitale Economique qui pilotait cette mission, des représentants du quartier d’affaires de la Défense, des investisseurs comme laFrançaise et Gecina, et le cabinet E&Y.

Nous rencontrons des investisseurs coréens potentiels pour le Grand Paris.

Pouvez-vous rapidement présenter le projet du Grand Paris pour nos lecteurs ?

Aujourd’hui, Paris, Londres, New-York et Tokyo sont en compétition pour attirer les investissements étrangers. Le projet du Grand Paris est un ensemble d’actions qui fait intervenir l’Etat, les autorités locales et le secteur privé pour renforcer la compétitivité internationale de Paris parmi les grandes métropoles internationales.

Le projet phare du Grand Paris est la réalisation d’un nouveau réseau de transport, le Grand Paris Express. Il s’agit du doublement du réseau de lignes de métro d’ici à 2030, de 200 à 400 km, grâce à 4 lignes nouvelles qui permettront de relier les banlieues et les pôles de développement économique de la région, et de mieux desservir les aéroports (Roissy, Orly et le Bourget) pour améliorer l’accessibilité internationale de Paris. Au total, ce sont 68 nouvelles gares qui seront construites et seront au cœur de la nouvelle urbanisation de la métropole.

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Est-ce qu’une structure au sein du Grand Paris est dédiée aux investisseurs étrangers ? Quel est le profil des investisseurs actuels dans le Grand Paris ?

L’agence Paris Ile de France Capitale Economique, qui depuis de nombreuses années promeut le Grand Paris dans le monde entier, est la porte d’entrée pour les investisseurs étrangers. Elle réalise des mises en contact pour les projets de développement immobilier (bureaux, logements et commerces) qui pourraient attirer des investisseurs internationaux.

Aujourd’hui, le paysage des investissements internationaux est très varié, car l’économie francilienne est elle-même extrêmement diversifiée. On y trouve aussi bien l’industrie que la R&D, les services aux entreprises, l’énergie etc. Les investissements étrangers viennent des Etats-Unis, des pays européens, des pays du Golfe et également d’Asie.

Quelles composantes du Grand Paris intéressent les investisseurs coréens ?

L’immobilier de bureaux et les centres commerciaux restent l’attraction principale pour les investisseurs coréens. Les prises de participation dans la R&D et les industries de pointe constituent également une piste prometteuse.

Il s’agit de votre première visite en Corée. Quels points communs et quelles différences établissez-vous entre Seoul et Paris ?

Seoul et Paris souffrent des mêmes maux dont souffrent toutes les grandes métropoles modernes, notamment des problèmes de pollution et de congestion. La mauvaise qualité de l’air est un phénomène très préoccupant car il impacte la santé des habitants et a des répercussions économiques et sociales. Le sujet des transports et de la circulation est un sujet commun. Evidemment, le changement ne peut être que progressif. Seoul comme Paris possèdent un excellent réseau de transports publics. Il est essentiel que les pouvoirs publics continuent à investir pour réduire les temps de transport et développer des transports en commun propres. A Paris par exemple, tous les bus seront électriques d’ici à 2025. Au moment où nous cherchons tous des solutions pour diminuer l’empreinte carbone et amorcer la transition énergétique, le développement des transports en commun est une vraie solution qui répond aux enjeux des conclusions de la conférence de Paris sur le climat. Il faut également encourager le développement d’un urbanisme moins consommateur d’énergie et des bâtiments de meilleure qualité environnementale.

Aujourd’hui, quels sont les pôles de croissance les plus importants dans la zone du Grand Paris ?

Il y en a plusieurs, et le nouveau métro va les relier entre eux pour accroître leur efficacité économique. Le quartier central des affaires de Paris et le quartier d’affaires de La Défense restent les quartiers les plus attractifs pour les sièges sociaux de grandes entreprises. En parallèle, d’autres pôles tertiaires se développent, comme St Denis Pleyel, un quartier en plein changement qui accueillera la plus grande gare du nouveau réseau, à côté du stade de France.

Certains pôles sont plus spécialisés. Je pense au plateau de Saclay qui sera le premier hub de recherche en Europe, avec une concentration de chercheurs vraiment excep­tionnelle. Au Sud de Paris, la Vallée de la Bièvre accueille entreprises et institutions de recherche dans le domaine médical et biomédical. Et bien sûr, les hubs logistiques autour des aéroports de Roissy et Orly.

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Chaque année, plus de 300 000 touristes coréens visitent la France, et une très grande majorité fait un séjour à Paris. Qu’est-ce que le Grand

Paris va changer pour ces milliers de touristes ?

L’accessibilité aux aéroports sera grandement améliorée avec des lignes de métro automatiques à Roissy et à Orly, et le « Charles De Gaulle Express » qui reliera directement l’aéroport de Roissy à la gare de l’Est. Nous allons également accroitre l’offre hôtelière, proposer de nouvelles scènes culturelles et sportives comme l’U Arena à la Défense et la Cité musicale de l’ile Seguin, qui vient d’être inaugurée.

Par ailleurs, Paris est aujourd’hui la première place mon­diale pour l’organisation de congrès et de salons. Nous réalisons des investissements pour conserver cette place de leader, je pense notamment à la récente rénovation du parc d’expositions de la porte de Versailles.

La Corée est très pionnière sur le digital. Quelle est la composante numérique du Grand Paris ?

C’est une évolution récente et remarquable, Paris devient une des premières villes au monde pour l’innovation et les startups. Il y a une politique très volontariste pour offrir des lieux innovants pour les startups. Le plus grand incubateur d’Europe, station F, va ouvrir près de la gare d’Austerlitz. Grâce à cet écosystème de l’innovation, Paris produit des grandes réussites. On peut citer l’excellence des jeunes créateurs dans les jeux vidéo, ou encore les applications sur les transports.

Un dernier mot pour la communauté d’affaires franco-coréenne ?

Nous serons très heureux d’accueillir des investisseurs coréens pour participer à ce qui sera la 3e révolution urbaine de Paris, celle du développement durable et de la ville intelligente. Le Président Macron souhaite faire de Paris une place pro business et pro entreprises, de belles perspectives sont à venir pour les investisseurs étrangers.

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2017 October 26
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La France est un partenaire de long terme et le 5e investisseur étranger en Corée du Sud. La nouvelle vidéo de la FKCCI retrace l’histoire de la présence économique française en Corée des années 60 à nos jours et présente sa nouvelle plateforme de géolocalisation franceinkorea21.com. La carte répertorie plus de 600 entreprises, institutions, restaurants… et autres acteurs de l’économie française en Corée.

 

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Les cyberattaques dans les entreprises.

2017 October 12
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Par Sylvère Smoliga, CEO et fondateur d’IT-CONCEPT

Le 12 juin 2017 dernier, l’entreprise coréenne d’hébergement de site web Nayana a reconnu avoir payé une rançon d’un million de dollars pour libérer ses serveurs informatiques d’un « ransomware » (logiciel criminel). Pas d’autre choix que de négocier avec les hackers, sans même avoir la certitude de pouvoir récupérer les données cryptées. Les attaques de ce type de logiciel, comme celles du tristement populaire WannaCry, se sont propagées depuis 2010 avec l’avènement du Bitcoin (monnaie électronique, qui facilite l’anonymat lors du paiement des rançons). Telefonica, FedEx, ou le National Health Service britannique en ont tous été victimes récemment.

Ces attaques ne sont pas ciblées : le virus est emballé dans un email aux allures corporate, puis envoyé à des millions d’adresses emails. Dans la masse, quelques utilisateurs se font hameçonner. Il faut être conscient de la menace, et de ce qu’elle représente pour une entreprise. Si dans un moment d’inattention, un employé ouvre un de ces emails, c’est potentiellement toute l’activité d’une structure qui s’écroule.

Comment se prémunir contre les attaques de ces cybercriminels ?

La première chose à faire est relativement simple : avoir une discussion sérieuse avec le service IT de l’entreprise. Les solutions sont connues, et rarement mises en place dans les PME. Encore moins dans les branches à l’étranger. Les questions à se poser sont notamment :
Les employés de mon entreprise sont-ils bien informés sur les risques ? Seraient-ils susceptibles d’ouvrir une pièce-jointe d’un contact inconnu? D’ailleurs, leur ordinateur a-t-il un accès administrateur sur tout le réseau ou les droits d’accès ont-ils été clairement réglés ?
Mon entreprise a-t-elle une politique de BYOD (Bring Your Own Device) bien définie ?
Les systèmes d’exploitation sont-ils régulièrement mis à jour ? La dernière attaque de WannaCry exploitant une faille de Windows, Microsoft a rapidement proposé un patch pour la résorber.
Existe-t-il une stratégie de sauvegarde et de restauration des données ? Si les données sont sauvegardées et stockées hors-ligne, il est possible de mettre en place rapidement un Plan de Reprise d’Activité (PRA) et de
court-circuiter le ransomware.

Et ces questions ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Des composantes plus techniques sont également en jeu, comme segmenter le réseau, ou patcher les anti-virus et le pare-feu… Un travail de fond, qui doit être effectué avec le service IT.

La cybercriminalité évolue sous différentes formes tous les jours : attaque par déni de service (DDOS), vol d’informations, usurpation d’identité, etc. Cette activité est devenue très lucrative et on estime qu’elle génère aujourd’hui un chiffre supérieur à la criminalité conventionnelle. Elle va devenir notre quotidien dans un monde de plus en plus dépendant du numérique, notamment via les smartphones et objets connectés (voitures, drones, dispositifs médicaux, montres, équipements de la maison, etc.). La sécurité des systèmes d’information va devenir un enjeu essentiel pour les différents acteurs du numérique et les entreprises.

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Le droit du travail en Corée

2017 June 22
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Remerciements a Kim & Chang pour leur relecture et compléments

Contrairement aux idées reçues, le droit du travail coréen est plutôt protecteur des droits des employés. La crise asiatique de 97 a cependant entrainé de nombreux changements dans le droit du travail, dans le but d’y apporter plus de flexibilité pour les entreprises. Le droit du travail coréen est essentiellement défini dans le Labor Standard Act (LSA).* Revenons sur quelques caractéristiques du droit du travail :

1. Les contrats de travail

Traditionnellement, les contrats en Corée sont en CDI et les employés restent au sein de l’entreprise jusqu’à leur retraite, entre 50 et 60 ans. Les contrats en CDD ne peuvent pas excéder deux ans ; au-delà de cette limite, l’employé doit être traité comme un permanent.
Il est nécessaire de faire figurer par écrit les éléments essentiels du contrat (qui peut être dans une autre langue que le coréen): le salaire, le temps de travail, les congés payés annuels, le nombre de congés maladie, les conditions de travail générales, le lieu de travail et une description du poste.
Même sans engagement écrit, les parties peuvent affirmer l’existence d’un accord verbal, valide devant la loi s’il peut être prouvé.

2. Le temps de travail

Les heures de travail standard sont de 8 heures par jour, ou 40 heures par semaine, pour toutes les entreprises qui ont au moins cinq employés. Un employé ayant un accord avec son employeur peut travailler jusqu’à 12 heures supplémentaires par semaine.
Le travail de nuit comprend les heures entre 22h et 6h. L’employeur doit payer 50% du salaire en plus pour les heures supplémentaires et encore 50% pour les heures supplémentaires effectuées durant les congés, les weekends ou les nocturnes (soit 100% de majoration du salaire).

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3. Les congés payés

Les jours de congés obligatoires sont : les congés hebdomadaires (généralement le dimanche) et les congés annuels. Un employé a droit à 15 jours de congés payés à partir de la deuxième année de service ; s’il a plus de trois ans de service au sein d’une entreprise, il a droit à un jour supplémentaire tous les deux ans, jusqu’à un maximum de 25 jours.
Il y a ensuite de nombreux jours fériés par an, que les entreprises ne sont pas obligées de payer. Dans la pratique, il est cependant courant de le faire.
Les congés maternité sont fixés à 90 jours, dont au moins 60 doivent être payés par l’employeur ; l’assurance soins de santé de l’employée paie les 30 restant.
En ce qui concerne les congés maladie, pour des problèmes de santé non liés à l’emploi, il n’est pas obligatoire de payer le congé. Dans la pratique, les entreprises accordent cependant un certain nombre de jours par an. Les absences dues à des maladies ou blessures liées au travail doivent en revanche être couvertes par l’entreprise dans le cadre de l’assurance accidents du travail et maladies professionnelles financée par l’employeur.

4. La rémunération

Marqué par de fortes inégalités salariales entre les sexes et les secteurs, ainsi que selon la taille de l’entreprise, le salaire mensuel moyen était à 1 083 382 de won tous secteurs confondus en 1998. De nos jours, le salaire moyen s’élève à 2 202 332 de won par mois et le salaire horaire minimum en 2017 est de 6.470 won (environ 5,20 euro).
Alors que le système de rémunération coréen était traditionnellement basé sur l’ancienneté, il s’oriente désormais vers un système au mérite et à la performance pour augmenter la productivité des travailleurs. C’est cependant une évolution difficile à accepter pour les salariés, et les syndicats y opposent encore une forte résistance. A titre d’exemple, sept banques ont récemment annoncé vouloir passer à un système de paiement sur la performance annuelle, soulevant le tollé d’un syndicat parapluie rassemblant plus de 100 000 employés dans le secteur bancaire. La modification du mode de rémunération est en cours de négociation.

Cliquez ici pour en savoir plus sur le travail en Corée

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