Bastille Day 2016 : une fête tricolore sur le fleuve Han !

2016 June 24
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by Corée Affaires

La Fête Nationale française 2016 s’invite… sur le fleuve Han !

Bastille Day 2016

A l’occasion des 130 ans de relations diplomatiques franco-coréennes et de l’anniversaire des 30 ans de la Chambre, le Bastille Day 2016 vous réservera de nombreuses surprises ! Cette soirée tricolore se déroulera le 14 juillet dans un cadre exceptionnel à Floating Island, aux abords du pont Banpo. Dégustez vins, champagnes et plats français tout en profitant d’une vue imprenable sur le fleuve et les lumières nocturnes de Séoul.

Un concert de « Oh ! Je Voudrais » (오주브드레), ensemble coréen passionné de France, vous plongera dans l’univers de la chanson française et le DJ Didier Yoo animera la fin de soirée aux sons électro.
Cette année encore, la traditionnelle tombola vous donnera une chance de gagner des lots prestigieux.

Préparez-vous aussi pour d’autres surprises, comme un jeu-concours photo ! Plus de détails à venir bientôt, alors rendez-vous sur notre page facebook !

Floating Islands ©Laetitia Vallee

Floating Islands ©Laetitia Vallee

Date : jeudi 14 juillet de 19h à minuit
Lieu : Floating Island, Convention 2F, 683 Olympic-daero, Seocho-gu, Seoul, (서울시 서초구 올림픽대로 683 세빛섬)
Tarif : 45 000 KRW jusqu’au 30 juin, puis 55 000 KRW par personne incluant champagne, buffet français avec fromages et vins, et un ticket de tombola.

Réservez votre place dès à présent en envoyant par e-mail, votre nom, prénom et coordonnées (e-mail et téléphone) à event@fkcci.com

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Histoire France-Corée : les relations diplomatiques à la fin de la dynastie Yi [1887-1910]

2016 June 21
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by Corée Affaires

Par Dr. Lee Chang Hoon

Avant-Propos

Cette séquence de l’histoire coréenne correspond aux règnes des derniers souverains de la dynastie Yi, Ko-Jong (1864-1907) et son fils Sun-Jong (1907-1910). Roi puis empereur à partir de 1897, Ko-Jong dut accepter d’abdiquer en faveur de son fils en juillet 1907 ; moins de deux ans après avoir dû accepter de placer la Corée sous protectorat japonais. Le règne de Sun-Jong s’acheva finalement lorsque le Japon imposa à la Corée le traité d’annexion du 29 aout 1910.

histoire france coree 1La France et la Corée dans le grand jeu diplomatique des années 1880 à la colonisation japonaise

À la suite de son ouverture forcée dans les années 1880, la Corée se retrouva malgré elle au centre des ambitions rivales des empires chinois, russe et japonais. Ce fut une période critique de son histoire moderne pendant laquelle se joua son existence en tant qu’État souverain, et son identité culturelle. L’exemple coréen illustre parfaitement le destin, sinon le drame, des petites nations situées aux carrefours stratégiques des grandes puissances mondiales.

Durant cette période, la position de la France fut de laisser délibérément les premiers rôles aux trois rivaux de la région et aux puissances anglo-saxonnes, et de se cantonner à une position d’observateur attentif, surtout à l’égard des actions de ses missionnaires. Par sa présence locale, elle préservait son rang de puissance mondiale, mais sans en rechercher l’exploitation méthodique comme en Afrique ou en Asie du Sud-Est. Car en effet, la Corée était trop lointaine et si secondaire au regard de ses intérêts en Indochine et en Chine.

Aussi, la France ne s’impliqua pas lorsque Japonais et Chinois se firent la guerre en 1894-1895, pour savoir laquelle de ces deux puissances renforceraient son emprise sur la péninsule coréenne. La Chine y perdit officiellement sa suzeraineté sur la Corée (traité de Shimonoseki reconnaissant l’indépendance de la Corée avril 1895), suprématie qu’elle exerçait depuis des siècles et les Russes surent s’appuyer sur la faction pro-russe du gouvernement coréen pour prendre aussitôt la place laissée vacante par Beijing.

Par ailleurs, la France avait nouée en 1892 une alliance avec la Russie, et le respect de ce pacte lui imposait donc de s’aligner sur les positions russes en Corée. Ainsi lorsqu’en octobre 1895, la Reine Min fut assassinée par les Japonais, le Roi de Corée trouva refuge à la légation de Russie (qu’il quitta seulement en 1897). Peu après son retour au palais (avril-mai 1987), il chercha auprès de la France un éventuel relais à une défaillance prévisible de la protection russe. La France répondit par une esquive rhétorique, conforme à la fois à son non-engagement et à son alliance avec la Russie.

histoire france coree 3Suivant la même ligne politique, Paris fut un promoteur de la neutralisation de la Corée, estimant soutenir la solution capable d’assurer pacifiquement l’indépendance de Séoul et d’accroître ses chances de s’y développer. Jusqu’à la veille même de la guerre russo-japonaise (1904-1905), la France maintint son effort et ce fut avec l’appui franco-russe que l’Empereur de Corée fit parvenir aux gouvernements avec lesquels il avait signé des traités, une Déclaration de neutralité. Malheureusement, cette démarche sombra en même temps que la flotte japonaise coulait aux larges des côtes coréennes sa rivale russe. Le résultat fut que Séoul se retrouva seul face à l’impérialisme japonais et passa sous le protectorat de Tokyo en 1905, antichambre de la colonisation. Cinq ans plus tard, le 29 août 1910, la Corée fut annexée par le Japon et devint sa colonie jusqu’à l’effondrement de l’Empire japonais en 1945.

Si sur le terrain politique, la France s’aligna donc sur la position russe, néanmoins, elle ne s’interdit pas durant cette période d’acquérir en Corée certains avantages concrets, relevant du domaine économique, technique et culturel.

La coopération technique et les relations économiques franco-coréennes

Si la position diplomatique de Paris déçut les espérances de Séoul qui souhatait s’appuyer sur la France pour affirmer son indépendance face aux impérialismes chinois, russe et japonais, le non-engagement français favorisa le recours aux services des Français qui échappaient au soupçon d’être les agents d’une politique colonialiste. Toutefois, le recrutement des conseillers français à la cour de Corée le fut le plus souvent avec le consentement discret de la Russie.

La coopération française se développa essentiellement entre 1895 et 1905. À son zénith (1902-1904), elle est de loin la première de tous les États occidentaux avec 7 conseillers face aux 14 Français, 15 même si on leur ajoute un danois mais protégé par les Français face aux 7 autres conseillers étrangers.

La France compte ainsi en Corée un conseiller pour l’organisation du service postal (M. Clémencet qui prépara l’entrée de la Corée à l’Union Postale Universelle), cinq ingénieurs des mines et deux techniciens pour l’exploitation des charbonnages de Pyongyang et l’organisation d’une école pratique d’exploitation minière (ouverte en septembre 1900 sous la direction de M. Trémoulet), un administrateur et deux ingénieurs des chemins de fer pour la ligne du Nord-Ouest, un céramiste (M. Remion) de la manufacture de Sèvres de porcelaine, à quoi il faut ajouter trois Français pour l’administration des Douanes, un autre à la Direction des fermes impériales, et enfin deux officiers intervenant pour moderniser l’armement de l’armée impériale.

Sur le plan commercial et pour reprendre les mots du consul M. Collin de Plancy en 1886, la France ne croyait pas à un rapide essor économique de la Corée, en raison de « la pauvreté de cette contrée ». D’ailleurs, aucune compagnie française de navigation ne desservait régulièrement la péninsule, préférant se focaliser sur l’Indochine, la Chine du Sud et le Japon.

histoire france coree 2

Portrait de Victor Collin de Plancy [en pied, en tenue de diplomate] 1903 (Médiathèque de l’Agglomération Troyenne album CP Collin 670) (R.Iwata Seoul Korea)

Finalement, la seule grande affaire où s’impliqua une entreprise française durant cette période fut lorsqu’en juin 1896, la société Fives-Lille qui, alors qu’elle participait déjà à la construction d’une voie ferrée entre le Tonkin et la Chine du Sud, obtint la concession de la ligne Séoul-Pyongyang-Uiju (frontière chinoise) avec l’appui du gouvernement russe. Mais à la suite de ce succès, Fives-Lille n’envoya sur place aucun ingénieur et tenta en vain de trouver des financements auprès des Japonais. Elle trouva en fin de compte un arrangement en novembre 1898 avec l’État coréen. Ce dernier devait assurer la construction de la ligne alors que les Français devaient intervenir en tant qu’ingénieurs-conseils et fournisseurs du matériel roulant. En août 1899, la compagnie justifia auprès de M. Delcassé son inactivité antérieure et l’abandon de son rôle de concessionnaire par le fait qu’elle n’avait cherché à obtenir cette ligne que « sur le désir » du Quai d’Orsay qui souhaitait barrer la route aux Japonais et satisfaire ainsi le gouvernement russe.

Quoi qu’il en soit, le chantier fut inauguré le 8 mai 1902 et le ministre du Japon, M. Hayashi, doyen du Corps diplomatique, eut la délicatesse de féliciter les Français « d’être les ingénieurs du premier chemin de fer coréen », ce qui était au sens strict inexact, puisque la ligne Séoul-Chemulpo (ancienne appellation d’Incheon), inaugurée en novembre 1900, était une concession et une construction américaine, exploitée sous garantie foncière japonaise. Le 17 mai 1903, le premier contrat d’achat de matériel roulant (4 locomotives et tenders, 66 wagons de divers types) fut signé entre Fives-Lille et le Trésor coréen.

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Construction de la cathédrale de Myeong-dong [1892-1898]

En corrélation avec ce problème ferroviaire et avec la recherche de concessions minières, se noua également entre 1900 et 1902 une négociation financière entre le Syndicat franco-belge du Yunnan et le gouvernement coréen. En contrepartie d’une avance de 12, 5 millions de francs, destinée à une frappe de monnaies d’or et d’argent, devaient être concédées deux mines relevant du domaine privé de la Maison impériale. Néanmoins, face à la vive émotion suscitée à Tokyo par ce marché, il dut être abandonné.

Le bilan de l’initiative privée française en Corée se révéla donc modeste, mais elle fut finalement à l’image de la ligne politique coréenne de Paris : observer et ne pas s’engager. Il n’en demeure pas moins qu’au travers de l’action des missionnaires, l’empreinte de la France sur la Corée de cette époque reste indéniable (À SUIVRE).

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Gastronomie française – La Saveur en plein cœur de Seorae Village

2016 June 14
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by Corée Affaires

La saveur seoul restaurant francaisEn plein milieu du quartier français Seorae Village, La Saveur vous accueille dans un cadre chaleureux, où, dès l’entrée, flottent milles fragrances alléchantes que ne saurait détromper la carte, tout aussi séduisante. Le Chef Jin Kyung Su, diplômé majeur du Cordon Bleu à Paris, tient ce petit bout de France depuis maintenant 13 ans, et sait ravir ses visiteurs de saveurs et recettes françaises authentiques, pimentées d’une touche personnelle qui en fait toute l’originalité. Corée Affaires est allé à sa rencontre.

Q. Pourquoi la gastronomie française ?

R. J’ai d’abord fait mes études aux Etats-Unis dans le management hôtelier, couplant gestion et cuisine. Il y avait dans l’hôtel ou je travaillais un chef français, qui était aussi mon professeur. Sa manière de concevoir et de vivre la cuisine m’impressionnait, il se différenciait vraiment des chefs américains. Le long couteau qu’il maniait avec une dextérité fascinante semblait être le prolongement de son bras et faire partie intégrante de son corps. La cuisine était son art. C’est lui qui m’a d’abord inspiré et orienté vers la gastronomie française, qui me correspond très bien dans sa rigueur et sa profondeur : c’est une cuisine qui demande de la réflexion, de la concentration. Chaque plat est une étape essentielle du repas et mérite toute votre attention, votre soin détaillé.

Q. Quel est le concept de La Saveur ?

R. Je propose de la gastronomie française néo-classique et authentique, celle que les Français aiment et mangent aujourd’hui. Je vais en France régulièrement et me concentre plus particulièrement sur la région bordelaise et midi-pyrénéenne, dont j’apprécie la richesse et la variété. Encore aujourd’hui, je suis toujours dans l’étude et la création : chaque mois, je crée un nouveau menu, jouant notamment avec le rythme des saisons et leurs ingrédients. Il ne s’agit pas de faire de la cuisine trop sophistiquée, luxueuse, mais vraie et contemporaine. Si la cuisine est entièrement française, j’utilise aussi des ingrédients et des techniques coréennes. Je suis plus proche de l’esthétique coréenne, avec ses grands espaces vides, une décoration minimale et des couleurs réduites, ce qui me permet une plus grande sobriété et authenticité.

Q. Quelles sont vos spécialités ?

R. Le foie gras, que je fais en terrine avec une sauce à la figue ou sauté, aux pommes, par exemple, ou encore les escargots avec du croissant. L’agneau de lait et la soupe à l’oignon à ma façon rencontrent aussi beaucoup de succès. Mais comme je vous le disais, la carte est à redécouvrir chaque mois !
Vous avez aussi récemment ouvert un bar à vin, Le Point, lui aussi à Seorae Village.
Le concept est complètement différent, c’est un bistrot décontracté. Le but est vraiment d’apporter un cadre plus informel. Je propose des menus issus de différentes cultures culinaires, française, coréenne, italienne, etc. tant qu’elles se marient bien avec le vin. Cela dit, la cuisine sud-ouest m’inspire beaucoup et je voudrais l’introduire de plus en plus à travers Le Point.

Q. Comment a évolué la cuisine française en Corée ces dix dernières années ?

R. Si mes débuts avec La Saveur n’ont pas toujours été faciles, face à une clientèle pour qui la cuisine occidentale se résumait aux Etats Unis et à l’Italie, le marché a depuis considérablement grandi et continue à s’étendre. Les Coréens commencent à comprendre la cuisine française, malgré tous les stéréotypes qu’elle véhicule encore : trop chère, trop sophistiquée, compliquée, formelle, etc. Afin de décomplexer cette image, j’essaye de créer un cadre plus détendu, d’où la terrasse à l’entrée de La Saveur par exemple. C’est aussi l’ambition que j’ai avec le bistrot : une ambiance et une cuisine décontractée, mais qualitative, vraie, inspirée de la gastronomie du sud-ouest français. Je veux montrer la diversité de la cuisine française, qui ne se limite pas à la haute gastronomie.

Q. Vous faites partie des Chefs français les plus connus et médiatisés en Corée. Que retirez-vous de cette exposition ?

R. En ce moment, je participe à deux émissions « Wednesday Dining » et « Olive Show ». Dans la première, nous visitons des restaurants montants et leur faisons un retour sur notre expérience chez eux. Dans la deuxième, c’est une sorte de compétition entre quelques Chefs invités, de différentes formations et cultures (japonaise, italienne, française, etc.), qui proposent et créent un menu selon un thème donné à chaque émission. Les plats sont réalisés devant les téléspectateurs qui peuvent ainsi reprendre la recette. Je pense que ces émissions de divertissement sont un excellent moyen de toucher et sensibiliser un plus grand public. Grâce à leur dimension pédagogique et ludique, elles permettent d’expliquer aux Coréens de nouvelles cultures et pratiques culinaires. Cela bénéficie à toute la gastronomie française et à son image en général ; j’invite vraiment tous les Chefs à y participer !

Adresse :
90-10 Banpo 4(sa)-dong, Seocho-gu, Seoul
02-591-6713

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Assemblée Générale 2016

2016 June 9
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by Corée Affaires

Suite à l’Assemblée Générale qui s’est tenue hier mercredi 8 juin, la FKCCI est heureuse de vous présenter son nouveau comité directeur 2016 !

David-Pierre JALICON D.P.J. & PARTNERS ARCHITECTURE
Thomas COMTE VALLOUREC
Philippe LI KIM & CHANG
Daniel MAYRAN
BLUEBELL KOREA LTD
Olivier MOUROUX ASIANCE
Jean-Pierre RAYNAUD LUXURY BUSINESS INSTITUTE

Ida DAUSSY LE MONDE REAL ESTATE
Patrick DEFRANOUX THALES
Joohyun HA BIODERMA KOREA
Jenny KIM KIM & CHANG
Jou-Young KIM JCDECAUX KOREA
Yann LE BOURDON L’OREAL KOREA
Philippe NOIROT BNP PARIBAS
Jean-Pierre TRINELLE CREDIT AGRICOLE C.I.B.
Philippe SHIN SHIN & KIM

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Le comité directeur de la FKCCI en présence de l’ambassadeur de France en Corée M. Penone

 

Vous pouvez aussi retrouver le Facebook Live de l’intervention de Sébastien Falletti, journaliste pour Le Point et Le Figaro, auteur de “Corée du Sud : le gout du miracle”, qui a suivi l’Assemblée Générale sur notre page Facebook ici (passez les premières minutes pour être à l’endroit ;))!

Vous pouvez aussi consulter les photos de l’événement sur notre compte Flickr.

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La FKCCI, la KCCI et la CCI régionale Paris Ile-de-France renforcent leurs liens!

2016 June 3
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MOU FKCCI KCCI CCI Paris Ile-de-France

De gauche à droite : les présidents David-Pierre Jalicon (FKCCI), Jean-Paul Vermes (CCI Paris Ile-de-France) et Park Yong-maan (KCCI) à la cérémonie de signature à Paris le 2 juin

La visite de la présidente Park Geun-hye en France du 1er au 4 juin fut l’opportunité pour la Chambre de Commerce coréenne, la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-coréenne et la Chambre de Commerce régionale Paris Ile-de-France de signer un accord de coopération tripartite.

Signé le 2 juin par les présidents Park Yong-maan (KCCI), David-Pierre Jalicon (FKCCI) et Jean-Paul Vermes (CCI Paris Ile-de-France), ce protocole d’entente renforcera les liens entre nos institutions. Elles s’engageront dans divers projets croisés de promotion des échanges et des investissements, en favorisant notamment le partage d’informations sur nos marchés respectifs et la mise en place de forums d’affaires.

Avec l’Année France-Corée, la multiplication des visites au plus haut niveau et une coopération renforcée entre nos institutions, les deux pays n’ont jamais été aussi proches !

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Salon international du livre de Séoul – du 15 au 19 juin 2016

2016 May 26
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salon du livre 2016 affiche

A l’occasion de l’Année France-Corée qui célèbre le 130e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays, le Salon international du livre de Séoul, qui se tient au COEX du 15 au 19 juin, consacre à la France un « Focus culturel ».

Quatre auteurs français représentatifs de la création littéraire contemporaine se rendent en Corée à cette occasion : Antoine Laurain (Le Chapeau de Mitterrand, La Femme au carnet rouge) ; Sébastien Falletti (Corée du Nord. 9 ans pour fuir l’enfer, Le Goût du miracle) ; Antoine Schaefers (Le Grand cours de cuisine Ferrandi) et un auteur pour la littérature jeunesse en cours d’invitation.

Le public coréen pourra rencontrer ces auteurs lors de conférences et découvrir l’actualité éditoriale française en se rendant sur le pavillon français où auront lieu séances de signature, lectures de contes pour enfants et autres activités.

Ce sera aussi l’occasion pour une douzaine d’éditeurs français, réunie par le Bureau international de l’édition française, de rencontrer les maisons d’édition coréennes et d’échanger avec elles lors de tables-rondes.

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Start-ups et développement durable : un essor embryonnaire mais prometteur

2016 May 24
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Par Frédéric Ojardias

En dépit des ambitions fortes affichées par le gouvernement, les start-ups coréennes dédiées au développement durable restent peu nombreuses. Mais celles qui parviennent à éclore se montrent très créatives et le potentiel de partenariat avec les entreprises françaises est vaste.

Un panneau solaire aussi fin qu’une feuille de papier, qui peut se glisser entre les pages d’un cahier et permet de recharger un smartphone en deux heures et demi : c’est le produit révolutionnaire que propose la start-up Yolk. La PME basée à Yongsan a levé depuis juillet plus d’un million de dollars sur la plateforme de financement participatif Kickstarter, la campagne de crowd funding la plus fructueuse jamais réussie par une entreprise coréenne.

Yolk solar paper startup start-up

Yolk – Solar Paper © yolkstation.com

Le secret de ce succès ? « L’innovation », répond sans hésiter Sung-eun Chang, 32 ans, PDG et fondatrice de Yolk. Cette diplômée de l’Ecole de l’Institut d’Art de Chicago précise : « notre design et notre technologie photovoltaïque sont très avancés par rapport aux autres chargeurs solaires du marché. Alors que nos concurrents visent surtout les marchés émergents ou les campeurs, nous ciblons les consommateurs des pays développés. »

L’exemple de Yolk est d’autant plus remarquable qu’en Corée du Sud, peu de start-ups dans le secteur du développement durable ont émergé. Les grandes ambitions de « croissance verte » affichées par le gouvernement de Lee Myung-bak (2008-2013) se sont peu matérialisées au niveau des PME. Le soutien très fort du gouvernement actuel pour « l’économie créative » et la multiplication des incubateurs de start-ups peinent encore à compenser la grande frilosité des investisseurs traditionnels et une attitude très attentiste vis-à-vis des problématiques environnementales.

Ecube labs poubelle intelligente

Ecube Labs – Clean CUBE (poubelles intelligentes) © ecubelabs.com

« Le développement durable et les renouvelables sont un marché émergent en Corée du Sud », analyse Nathan Millard, PDG et fondateur de G3Partners.Asia, PME basée à Séoul qui offre des services de communication aux start-ups. « Comparé à l’Europe, vue comme un leader mondial du secteur, la Corée doit encore se saisir pleinement de ces opportunités ». Nathan Millard cite cependant quelques exemples de réussites coréennes, comme Baum (technologie de test ultra-rapide de la consommation des microprocesseurs, ce qui permet de développer des appareils moins gourmands en énergie) ou encore Ecube Labs (des « poubelles intelligentes » connectées et capables de compacter leurs déchets grâce à l’énergie solaire).

Autre problème rencontré par les PME coréennes : la domination écrasante des conglomérats, qui asphyxient l’innovation en attirant et recrutant les ingénieurs les plus créatifs. « Les conglomérats s’emparent des nouvelles technologies développées à l’origine par les start-ups et la réglementation actuelle peine à les en empêcher », regrette Jeon Yong-jun, PDG de EasyM Energy, PME (9 employés) de consulting spécialisée dans les questions énergétiques et environnementales.

Si le milieu des start-ups coréennes dédiées au développement durable reste embryonnaire, son potentiel de croissance est immense. « La Corée du Sud a un environnement plutôt favorable pour les startups grâce au soutien du gouvernement. Notre PME en a beaucoup bénéficié », se félicite Pi Do-yeon, PDG de PiQuant, qui développe des objets connectés d’analyse individuelle des ingrédients des aliments. En janvier 2015, le pays comptait 30 000 startups (contre 2 000 en 1999), dont 20% environ dans le secteur des TIC.

Socar autopartage

Socar, un service d’autopartage © www.socar.kr/press

« Le boom actuel des startups en Corée stimule aussi le secteur du développement durable. Mais les services ou les produits qui visent les marchés inexplorés sont en général limités par les réglementations ou les lois en place », souligne Hong Ji-young, responsable communications de SoCar, un service « d’autopartage ». Son entreprise possède 3100 véhicules, qui peuvent être loués pour de très courts trajets (durée minimale : 10 minutes) ; le client repère la voiture la plus proche grâce à une application smartphone. Un concept déjà développé en Europe, où il est devenu une alternative à la propriété d’un véhicule. SoCar compte 80 employés et veut exporter son modèle dans les marchés sud-asiatiques.

Dans ce milieu du développement durable encore balbutiant en Corée du Sud, quelle opportunités pour les entreprises françaises ? « Le potentiel est énorme », affirme Catherine Germier Hamel, PDG de Millenium Destination, entreprise basée à Séoul de consulting en communication spécialisée dans le développement du tourisme durable. « La France devrait se positionner comme pays de référence. Nous avons une expertise sur laquelle nos entreprises devraient s’appuyer davantage. Les Coréens sont sensibilisés aux questions de développement durable, il y a beaucoup de volonté politique. Ce qui manque encore, c’est la méthodologie. »
« Les start-ups coréennes sont en général ouvertes aux partenariats avec des entreprises étrangères, même si elles le font assez peu » renchérit Nathan Millard de G3Partners.Asia. « Je pense qu’il est plus facile de faire des affaires avec les Coréens qu’avec les Japonais, qui sont plus insulaires et parlent moins bien anglais. Quant à la Chine, il y a encore des problèmes majeurs de protection de la propriété intellectuelle. »

Chang Seung-eun, PDG et fondatrice de Yolk

Chang Seung-eun, PDG et fondatrice de Yolk

L’essor du secteur du développement durable « viendra peut-être des jeunes Coréens qui ont grandi et qui ont étudié à l’étranger, et qui reviennent en Corée avec des nouveaux concepts. Cela partira du bas », estime Olivier Mouroux, PDG et fondateur d’Asiance, agence digitale basée à Séoul. Un renouveau générationnel incarné par Sung-eun Chang, la jeune et ambitieuse fondatrice de Yolk. Ses premières feuilles-panneaux solaires, fabriquées en Corée du Sud, sont attendues sur le marché début 2016.

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Veolia Korea et l’environnement en Corée : le marché de l’eau

2016 May 18
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by Corée Affaires
Veolia Korea Marcel Gaborel CEO et directeur general

Marcel Gaborel CEO & directeur général de Veolia Korea

Veolia, riche de plus de 160 ans de savoir-faire et présent en Corée depuis 1999 (anciennement Veolia Water Korea), est leader mondial dans le secteur de l’environnement et s’engage pour le développement durable. Marcel Gaborel, CEO & directeur général de Veolia Korea, répond aux questions de Corée Affaires sur les problématiques environnementales et le marché de l’eau en Corée.

Q. Pouvez-vous nous décrire le marché de l’eau en Corée ?

R. La Corée a de nombreux points forts dans le secteur de la gestion de l’eau. Il y a un nombre important de grands conglomérats équipés de technologies de traitement de l’eau avancées, en particulier dans le dessalement de l’eau de mer, la filtration à membrane ; ils bénéficient aussi d’une expérience reconnue dans la construction d’installations de traitement des eaux. Des entreprises comme Veolia, au succès international, viennent de pays présentant un marché ouvert où elles peuvent développer des compétences compétitives, de l’expérience et des références. En ce sens, le marché coréen de l’eau pourrait gagner en s’ouvrant davantage et en offrant plus d’opportunités à ces entreprises.

Q. Quelles sont les démarches durables mises en place dans la gestion de l’eau ?

R. Le recyclage de l’eau est la solution pour répondre aux problèmes de pénurie d’eau, un défi majeur pour le monde entier. La plupart des pays ont des ressources en eau adéquates, mais ils manquent du savoir-faire ou de la résolution pour les gérer. Traiter les eaux usées de la ville pour les réutiliser pour l’industrie ou l’agriculture offre de nombreux avantages à la fois environnementaux et financiers. Réutiliser l’eau coûte environ un tiers moins que le dessalement et réduit la pollution. Investir dans l’irrigation goutte-à-goutte, la réparation des fuites, etc. permet d’énormes économies, sachant que jusqu’à 70% de l’eau utilisée par les fermiers n’atteint pas leurs champs à cause des fuites dans les canaux d’irrigation ou de l’infiltration de l’eau dans les rivières ou les nappes souterraines.

Q. Comment sont reçues et acceptées ces mesures par la Corée ?

R. Pour améliorer l’efficacité des systèmes de traitement des eaux, la Corée a commencé à imposer des réglementations strictes pour contrôler l’utilisation de l’eau et assurer le non gaspillage. Les politiques pour promouvoir la réduction et la réutilisation de l’eau usée gaspillée et pour améliorer l’autosuffisance des installations de traitement des eaux usées sont en place, autorisant des entreprises comme Veolia, qui utilisent les technologies pour améliorer l’efficacité, à participer à l’amélioration des conditions générales du marché de l’eau en Corée. Les conditions économiques peuvent sans aucun doute fournir des opportunités aux acteurs locaux d’être plus durables. En crise économique, les entreprises locales doivent s’efforcer de réduire les coûts, d’optimiser leur efficacité opérationnelle et de minimiser l’impact environnemental par la préservation et une utilisation réduite des ressources naturelles.  A travers le nouveau paradigme du marché de l’eau et le développement de technologies de haute performance, l’industrie de l’eau peut donner des solutions aux industries pour faire face aux nouveaux enjeux tout en étant plus compétitives et saines.

marche de l'eau et environnement Coree Q. Quels projets de Veolia dans ce secteur en Corée ?

R. Depuis son entrée dans le marché coréen en 1999, Veolia a acquis de plus en plus d’expérience dans l’industrie grâce aux services de qualité que l’entreprise fournit à des clients de renom. En Corée, Veolia est impliqué dans 15 projets concernant l’eau, les déchets et l’énergie. Le groupe offre des services de traitement des eaux municipales, aussi bien que des solutions innovantes à des clients industriels telles que le traitement des eaux usées et leur approvisionnement ainsi que la provision d’eaux de refroidissement. Outre les eaux industrielles, nos services environnementaux s’étendent aux secteurs de l’énergie et des déchets. Nous approvisionnons les industriels en vapeur d’eau, opérons un centre de tri des plastiques et produisons des RSF (combustibles issus des déchets) à partir du recyclage de matières premières.

Q. En tant que géant de l’environnement français, comment vous êtes-vous préparé à la COP21 qui a eu lieu à Paris en décembre ?

R. 2015 fut une année cruciale pour la gouvernance internationale du climat car la COP21 s’est tenue à Paris en décembre. Dans l’ère de l’après-Kyoto, la Conférence des Partis va permettre la mise en place d’un accord international pour 2020 et après.  En tant que partenaire fondateur des solutions de la COP21 et leader mondial de la gestion optimisée des ressources, Veolia contribue quotidiennement à l’élaboration, au développement et à la mise en place de solutions durables pour combattre le changement climatique. Par exemple, nous imaginons et déployons pour nos clients des solutions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, qui consistent en la capture et la restitution de l’énergie issue du traitement des eaux usées. Nous trouvons également des moyens de réduire la consommation d’énergie lors du processus de traitement. En outre, nous innovons pour l’économie circulaire et l’adaptation au changement climatique. Veolia apporte des solutions globales, basées sur notre expertise intégrée dans les activités liées à l’énergie, l’eau et les déchets, auprès des villes comme des industries. Celles-ci comprennent le recyclage et la récupération de l’eau (production de « matière première secondaire »), permettant la baisse des émissions liées à l’extraction des matières premières en particulier.

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Ville et construction durable en Corée : des efforts et des opportunités

2016 May 12
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Par Eva John

Après une prise de conscience relativement tardive, la Corée tente de rattraper son retard en matière de ville durable.

Depuis une nouvelle loi entrée en vigueur en septembre 2013, la performance énergétique est désormais un volet important des permis de construire en Corée du Sud. Ce nouvel intérêt pour la construction durable s’est manifesté de manière d’autant plus rapide et évidente que le pays a été confronté ces dernières années à des pénuries d’énergie quand plusieurs de ses centrales nucléaires ont fermé au lendemain de l’accident de Fukushima.

Ville durable Coree Veolia Water ITTC, Green Building Certified DPJ & Partners, Architects

Veolia Water ITTC, Green Building Certified DPJ & Partners, Architects

De nouveaux cahiers des charges ont donc été définis pour calculer la performance énergétique sur différents critères (architecture, matériaux, système de chauffage et de climatisation etc…). Au niveau national, c’est la norme KGBC (Korea Green Building Council), délivrée par le ministère de l’Aménagement du Territoire et des Transports, qui domine depuis 2002. A l’échelle locale, les villes ont elles aussi mis en place des critères « verts », dont le plus contraignant est le EPI, « Energy Performance Index », qui évalue la déperdition thermique des bâtiments.

Autant de nouvelles contraintes pas toujours faciles à respecter, notamment à cause d’un manque de matériaux certifiés. “La Corée part de loin. Comme souvent, elle a légiféré de manière brutale, signe d’une volonté de rattraper le retard”, explique l’architecte David-Pierre Jalicon (DPJ& Partners), à qui l’on doit notamment le centre de recherche Veolia à Songdo, un modèle en matière de performance énergétique. Sortie de terre ces dernières années, cette ville nouvelle a été pensée comme un nouveau type de métropole verte, mettant à profit les nouvelles technologies pour gérer de manière durable les déchets ou la circulation.

LEED certification green building“Le problème, c’est que le marché n’a pas du tout été préparé. Et il y a un manque de consultants et d’experts sur ces questions”, estime M. Jalicon. Une analyse que partage Louis Haag, en charge des certifications LEED au Bureau Veritas de Séoul : “En deux ans et demi, j’ai rencontré relativement peu de personnes faisant la même chose que moi. La plupart des professionnels sont spécialisés dans des domaines technologiques très spécifiques mais peu sont formés sur l’ensemble du processus de construction durable.” Avec 281 projets enregistrés et 5,3 millions de mètres carrés certifiés, la Corée est le 6ème pays pour la certification LEED (en termes de surface certifiée). En tant qu’Assistant à Maîtrise d’Ouvrage (AMO) à la certification LEED, Bureau Veritas est impliqué très en amont des projets. “L’objectif est d’avoir la démarche de certification environnementale lancée le plus tôt possible, idéalement au stade conceptuel, afin d’anticiper les solutions architecturales et énergétiques les plus simples et les plus efficaces”. Et ça marche : le bâtiment “Naver Green Factory”, en Corée, a obtenu le score le plus élevé au monde dans sa catégorie de certification “LEED pour bâtiments existants : exploitation & entretien”. Une distinction d’autant plus notable que 70% des projets LEED sont enregistrés aux Etats-Unis.

“Ces certifications permettent d’abord d’éviter le “Greenwashing” et l’appellation de bâtiments “durables” sans aucun critère de mesure ni vérification. Elles sont ensuite l’occasion de valoriser les produits destinés à la construction durable. La Corée, pays très avancé sur les nouvelles technologies, développe et fabrique localement des produits de pointe et matériaux innovants dans le domaine de la construction durable, mais qui ne sont pas toujours exploités à leur juste valeur. Ces certifications sont donc l’occasion de les mettre en avant”, analyse Louis Haag.

korea sustainable city  Naver green factory

Naver Green Factory © www.navercorp.com/ko/pr/officeTour.nhn

Conscients que la ville durable est un marché prometteur, les grands groupes coréens n’ont pas attendu pour investir. Samsung SDI a ainsi développé un système de stockage de l’énergie solaire pour l’instant commercialisé en Australie, Grande-Bretagne et Allemagne. La marque promet aux particuliers des économies d’énergie ainsi qu’une facture allégée.

Pour les entrepreneurs étrangers aussi, le secteur est riche en opportunités. Un seul exemple : Saint-Gobain et Hanglas, qui développent ensemble des verres écologiques innovants. L’un d’eux, le verre Sage, est « un vitrage dynamique qui se teinte électroniquement pour permettre aux occupants des bâtiments de choisir le meilleur niveau de lumière naturelle pour leur confort, tout au long de l’année », explique le site de Saint-Gobain. Un « partenariat gagnant-gagnant », estime l’entreprise sud-coréenne.

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Procédure pénale et lois anti-corruption en Corée : ce que les sociétés et leurs dirigeants doivent retenir

2016 May 4
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Par Philippe Shin (Senior Foreign Attorney), Choi Seong-Jin (Partner) et Hong Tak-Kyun (Partner), Shin & Kim

Philippe Shin, Senior Foreign Attorney at Shin & Kim

Philippe Shin, Senior Foreign Attorney at Shin & Kim

La procédure pénale coréenne présente plusieurs particularités. Premièrement, le procureur a seule autorité pour décider de l’inculpation d’un individu. Deuxièmement, la majorité des dossiers de criminalité d’affaires (criminalité en col blanc) sont du ressort direct des services du procureur. Troisièmement, il n’y a pas de système de jury. Un jury n’est constitué que pour certains crimes, à la demande de l’accusé. Quatrièmement, il n’existe pas en principe de responsabilité pénale des personnes morales, sauf pour certains crimes où une société peut être tenue responsable du fait de ses salariés. Cependant, dans ce dernier cas, elle peut échapper à toute sanction si elle prouve qu’elle a consacré des efforts significatifs de formation et de supervision au respect de la loi par ses salariés et à la prévention des crimes. Ainsi, les dirigeants des sociétés devront faire attention aux dispositions légales concernant cette responsabilité secondaire (du fait d’autrui) et ses conséquences.

En fonction du crime, différentes autorités administratives sont en charge du déclenchement et de la conduite de l’enquête. Ainsi, l’autorité de la concurrence (Korea Fair Trade Commission, KFTC) initie les enquêtes en matière de violation des dispositions pénales du droit de la concurrence, telles que les ententes illicites sur les prix ou les pratiques déloyales. Si la KFTC estime que les faits constituent une violation du droit pénal, elle soumettra le dossier aux services du procureur. A partir de cet instant, le procureur commencera son enquête. De même, le gendarme des marchés financiers (Financial Supervisory Service, FSS) agit en matière de violation pénale du droit boursier ou du droit bancaire, les services du ministère du travail (Regional Employment and Labor Administration) en matière de violation du droit du travail, et les autorités douanières (Korean Customs Service) en matière de violation de la réglementation douanière.

Une enquête pénale peut avoir deux sources : soit le dépôt d’une plainte pénale par la partie lésée, soit les autorités agissant sur la base de leurs propres soupçons. Les services du procureur et de la police en général diligentent leur enquête sur la base de leurs propres informations.

La première étape consiste en l’audition de la victime ou d’un témoin volontaire. Il est ensuite procédé à la collecte des éléments de preuve. Les témoins sont en général convoqués par téléphone ou par courrier. Aucun texte ne prévoit explicitement le droit de se faire assister d’un avocat lors de l’audition du témoin.

Choi Seong-jin, partner at Shin& Kim

Choi Seong-jin, partner at Shin& Kim

L’étape suivante est l’enquête sur place et la saisie de documents. L’obtention des preuves sur support numérique a pris de l’importance car beaucoup de preuves sont désormais conservées sur support numérique. De fait, il existe de nombreux cas où l’admissibilité des preuves a été mise en cause en raison d’irrégularités commises lors de leur collecte. Ensuite vient la phase d’interrogation du suspect. Ici aussi, le suspect peut être convoqué par téléphone ou par courrier. Après, si besoin est, le procureur peut solliciter du juge l’émission d’un mandat de détention à l’encontre du suspect, aussi bien avant que pendant le procès.

Finalement, le procureur transmet l’acte d’inculpation au tribunal. Le cadre de la réglementation coréenne en matière de lutte contre la corruption est fondamentalement similaire à celui des autres pays. Nombre de personnes sont « réputées détentrices de l’autorité publique » aux fins de l’application des lois anti-corruption, même si elles n’ont pas le statut de fonctionnaire. La corruption entre personnes de droit privé (par exemple, rabais ou ristournes) est prohibée si un avantage est accordé en échange d’une faveur indue. Il existe également des réglementations spécifiques à certains secteurs. Par exemple, la loi sur les services médicaux réglemente les rabais dans l’industrie pharmaceutique.

Ces réglementations présument que « l’avantage économique » illégalement accordé à un fonctionnaire ou à une personne de droit privé l’a été en contrepartie d’une faveur, ou du moins eu égard aux fonctions ou au poste du bénéficiaire de l’avantage. Ainsi, par exemple, un cadeau d’anniversaire que vous offrez à un ami qui par hasard se trouve avoir le statut de fonctionnaire ne sera pas constitutif de corruption. Cependant, la nouvelle loi surnommée « Kim Young Ran » (dont le nom formel est « loi relative à l’interdiction des sollicitations indues et de la prise d’intérêts ») vise à prévenir de tels échanges de valeurs. Selon cette loi, votre cadeau d’anniversaire à votre ami (au-delà d’un montant d’un million de won, ou trois millions en cumul annuel) pourra constituer un crime. Il existe cependant une exception, dans la mesure où ce genre de cadeau est conforme aux normes de la société ou est autorisé en vertu d’autres règlements.

Hong Tak-Kyun, Partner at Shin & Kim

Hong Tak-Kyun, Partner at Shin & Kim

La loi « Kim Young Ran » interdit également la sollicitation indue d’un fonctionnaire. On parle de « sollicitation indue » lorsqu’il est demandé à un fonctionnaire de faire quelque chose en violation de la loi ou qui n’est pas de son ressort. La loi mentionne quinze exemples de sollicitation indue et sept exemples d’exception à la prohibition. Malheureusement, le sens du terme « indu » reste flou.

En conclusion, deux suggestions à l’attention des sociétés françaises en Corée. Premièrement, il faut suivre de près les tendances de la politique gouvernementale. Ainsi, cette année, les enquêtes sur la corruption dans l’industrie de la défense sont nombreuses. Deuxièmement, les sociétés devraient maintenir une veille des lois et règlements s’appliquant à leurs secteurs d’activités, car le législateur coréen veut limiter le pouvoir des chaebols en produisant fréquemment des lois leur imposant de nouvelles obligations. Les manuels de « compliance » devraient être mis à jour régulièrement afin de vérifier si tel cadeau ou telle soirée d’affaires respecte les limites de la loi « Kim Young Ran ».

* Cet article vous est proposé dans le cadre d’un publireportage rédigé par Shin & Kim.

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