Comment communiquer en Corée du Sud ?

2014 December 22
Comments Off
by Corée Affaires

Capture caPar Laetitia VALLEE

La principale difficulté des produits français vient souvent d’un manque de compréhension des exportateurs français, réputés pour être des collaborateurs difficiles. En effet, communiquer en Corée du Sud implique bien souvent souplesse et redéfinition complète de sa stratégie, tant dans le message que dans les canaux utilisés. Comme l’explique M. Olivier MOUROUX, co-fondateur d’Asiance, « certaines sociétés font le choix de garder l’ensemble de leurs « guidelines » afin de rester en homogénéité parfaite au niveau global, au risque d’être incompris des coréens, alors que d’autres tentent de s’adapter complétement aux spécificités locales du pays. Le « star marketing », par exemple, fonctionne très bien en Corée : s’appuyer sur la notoriété de personnalités dans le monde de la Kpop ou des séries télévisées pour délivrer un message et promouvoir sa marque peut être d’une redoutable efficacité, mais cela implique de transformer sa stratégie pour trouver le bon messager. » L’anecdote du rouge à lèvre Yves-Saint-Laurent, dont les ventes ont explosé suite à sa prétendue parution dans le drama « My Love from the Stars » (l’actrice usait en fait Amore Pacific), en est un exemple parfait.

Le succès d’une telle stratégie découle d’une dimension incontournable de la Corée du Sud : le collectivisme, source de phénomènes de masse, d’effets de mode soudain qui peuvent s’observer jusque dans la rue, où des files de plusieurs dizaines de mètres s’allongent devant les restaurants en vue, souvent recommandés par un « power blogger ». « C’est le côté irrationnel du collectif : on veut faire l’expérience du voisin, pour ne pas être exclu. » constate M. Benjamin JOINAU. Dans ce contexte, et dans un pays aussi connecté et porté sur le numérique que la Corée, on imagine aisément l’influence des blogs et des réseaux sociaux. Ces supports sont cependant aussi puissants qu’ils sont risqués : « Sur le compte Facebook du Saint-Ex, j’avais communiqué sur une nouvelle formule de menu que nous proposions, dont nous étions satisfaits du rapport qualité-prix étant donné les coûts des ingrédients en Corée pour réaliser un repas français. La réaction de certains “fans” qui s’indignaient du prix trop élevé pour une quantité qu’ils pourraient soi-disant trouver moins cher dans un restaurant coréen, m’a surpris. A l’évidence, nous n’avions pas les mêmes référentiels : face à un consommateur sensible au prix et à l’abondance, ce n’était pas l’angle à aborder », se souvient M. Benjamin JOINAU.

A l’image de France Gourmet et sa « confiture de cochon » pour expliquer les rillettes, il faut « créer des référentiels communs afin d’intégrer les produits français dans les habitudes coréennes », explique Mme. Sukyoung CHUNG (Sopexa Korea). A l’entrée du fromage sur le marché, Sopexa Korea, dans sa dimension d’agence publique dédiée à l’agroalimentaire, a ainsi sollicité des chefs cuisiniers pour créer des recettes coréennes avec du fromage, comme des mandou (raviolis) fourrés au fromage. Qui plus est, « il faut faire très attention à aller au-delà d’une simple traduction et adapter son langage » insiste M. Olivier MOUROUX. Au restaurant par exemple, la présentation poétique des plats dans le menu français suscite le désir du consommateur français quand elle laissera le coréen perplexe. Les réseaux sociaux sont particulièrement sensibles, une traduction littérale du français sera incomprise, parfois mal vue des coréens (comme l’usage de l’impératif, courant en français) : si le français sera direct, le coréen créera un contexte avant d’annoncer son message. De même, la phonétique des mots peut être une barrière à prendre en compte dans sa communication ; si risotto est facile à prononcer en coréen, tartiflette l’est beaucoup moins… Une dimension que les importateurs coréens ne négligent pas, qu’importe la qualité du produit.

« Pour que la compréhension devienne désir, il faut agir sur l’expérience. » explique M. Jang Hyuk LEE, professeur de marketing à l’université de Korea University, « on peut décomposer les bénéfices d’un produit perçus par les consommateurs en trois catégories : le fonctionnel, le symbolique et l’expérientiel » Le produit alimentaire n’étant pas aussi visible que le vêtement par exemple, il ne repose pas sur le symbolique mais sur l’expérientiel, qui va susciter l’envie d’acheter, de renouveler le plaisir éprouvé. « Cette stratégie est d’autant plus efficace si elle s’opère chez le jeune individu et l’enfant, qui développeront ensuite des habitudes de consommation. » préconise M. LEE. Ainsi France Gourmet participe-t-il à des foires et marchés dans les écoles ou organisés par les associations de femmes, qui ont un rôle prescripteur, en mettant en place des dégustations, indispensables à la création d’expérience. Celle-ci peut se réaliser tant directement qu’indirectement, par les leaders d’image ou les programmes télévisés tel que les « Grands-pères plutôt que les fleurs », une émission qui a fait décoller le tourisme coréen en Alsace (où les protagonistes se sont rendus).

Dans un pays en constante évolution, si le défi est de taille, il est loin d’être impossible, on l’aura vu au succès des pâtisseries, à l’origine absentes de la culture culinaire coréenne, et de marques telles que Paris Baguette… La gastronomie française a tout à gagner, à condition de savoir s’adapter et se recréer.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Gala Interview – Le vin en Corée

2014 December 17
Comments Off
by Corée Affaires

A l’occasion du Gala 2014 sur l’Art du Vin, l’équipe de la FKCCI a rencontré le sommelier Soo Min CHO.

gala pg1Que représente le vin en Corée ? Comment est-il consommé ?

Dans les années 90, le vin était principalement consommé par les classes sociales élevées, distribué dans les hôtels haut-de-gamme. Au début des années 2000, avec le développement de la restauration et des « wine bar », la consommation du vin se vulgarise peu à peu, et on peut maintenant trouver du vin dans la distribution directe, des « Department Stores » aux grandes surfaces. Depuis 5 ou 6 ans, la variété de vins importés s’étend, notamment grâce à l’apparition d’associations et clubs de dégustation. L’image du vin, d’abord vu comme complexe et difficile à consommer, s’est beaucoup ouverte et les Coréens sont bien plus à l’aise avec la consommation de vin aujourd’hui : sa représentation dans les émissions et séries télévisées a largement contribué à sa popularité, et les réseaux sociaux ont joué un rôle de bouche à oreille très viral.

Comment est considéré le vin français ? 

La diversité du vin français, mousseux, rouge ou blanc, est très appréciée : chaque vin reflète la région dont il est issu. La réputation des vins français n’est plus à faire, mais il est tout de même nécessaire de bien promouvoir les nouveaux venus sur le marché coréen : tout appréciée qu’elle soit, cette diversité peut aussi perdre le consommateur ; de nombreux vins demeurent peu connus des Coréens. Par exemple, si des régions comme Bordeaux sont très populaires, le vin jaune du Jura ou les vins de la Loire ou d’Alsace sont méconnus.

Quelle est l’histoire du vin coréen ?

Le raisin est d’abord arrivé de Chine à l’époque Goryeo (du Xe au IXe siècle). Sa culture a vraiment commencé au début du XXe siècle : en 1906, suite à la création d’un bureau gouvernemental pour l’horticulture, des cépages américains sont importés et cultivés à Ddukseom. Le marché se développe notamment sous l’impulsion de l’entreprise Haetae, avec son vin « Noble Wine ». La stratégie de communication à l’époque l’associait aux classiques bordelais ! En 1977 apparaît le vin Majuang.

Votre avis sur le vin coréen ?

La Corée fait beaucoup d’efforts pour améliorer son propre vin, notamment grâce aux investissements du gouvernement. Le pays fait appel à des spécialistes, comme Denis DUBOURDIEU, le directeur général de l’Institut des sciences de la vigne et du vin de Bordeaux (ISVV), qui est venu en Corée pour visiter les vignobles et conseiller les exploitants. L’université de Kunkuk a ouvert en 2006 un département d’oenologie, ce qui va favoriser la formation d’experts coréens et devrait amener de nombreux progrès.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Gala Interview – INSOONI

2014 December 16
Comments Off
by Corée Affaires

A l’occasion du Gala 2014, l’équipe de la FKCCI a rencontré Insooni, invitée d’honneur de la soirée.

Insooni, née le 5 avril 1957, a commencé sa carrière en 1978 au sein du groupe Hee Sisters. Elle a depuis enregistré plus de 19 albums et est reconnue comme la diva du RnB coréen. Ses fans sont toujours aussi fidèles, après 36 ans de carrière. Elle est l’une des rares chanteuses à avoir donné concert au Carnegie hall à New York et a gagné de nombreux prix, comme celui de la chanteuse la plus populaire au Daegu International Musical Festival en 2012.

Vous avez commencé votrecarrière avec le groupe Hee Sisters et vous êtes maintenant une des chanteuses favorites des Coréens, en témoigne votre surnom de « Grande soeur nationale ». Qu’avez-vous appris au cours de votre carrière ?

Si au début de ma carrière, je me contentais surtout d’exécuter ce que l’on me demandait en répétition, j’ai peu à peu appris à chanter pour transmettre mes expériences, ce que j’ai vécu, ressenti et compris. Je ne chante pas pour moi, ou seule, je chante pour mes spectateurs. C’est ce rapport au spectateur, cette osmose que l’on ressent sur scène, qui m’a appris à chanter avec le coeur et non la tête ; c’est primordial pour un chanteur.

Qu’est-ce qui fait votre fierté de chanteuse ?

Chaque concert est spécial. Quelle que soit la taille de la salle, la réponse des spectateurs est magique : dans une grande salle, l’énergie du public est très puissante et je me laisse porter avec eux ; dans une petite salle, je peux créer une relation spéciale avec les spectateurs. C’est dans ces moments que ma fierté de chanteuse est la plus grande. Chaque concert est l’occasion de transmettre un message de passion, d’amour de la famille, d’espoir : mon rôle de chanteuse est de transmettre de l’émotion aux spectateurs.

Quels artistes vous ont particulièrement influencée ? Y aurait-il un Français parmi eux ?

Shirley BASSEY, qui a interprété de nombreux thèmes des bandes originales de James Bond, m’a beaucoup influencée par ses prestations : ses expressions, sa gestuelle ou son charisme sont très expressifs et transmettent un message fort aux spectateurs. Ecouter ses chansons, c’est comme regarder un film. J’ai un grand respect pour Edith PIAF. Cette femme a sublimé sa vie, aux épreuves particulièrement difficiles. L’hymne à l’amour me touche beaucoup.

Quels sont vos projets pour l’année 2015 ?

Je vais m’attacher à développer davantage l’école de Haemil, que j’ai créée en 2013 et dont je suis actuellement membre du conseil d’administration. Située à Hongcheon, cette école primaire a pour ambition de fournir aux jeunes un enseignement alternatif et un environnement adapté, qui les aident à s’épanouir, à être curieux et à grandir en harmonie avec la communauté locale. Je vais aussi sortir une nouvelle chanson tout prochainement, en début d’année prochaine.

Un dernier mot ?

Tout le monde a un rêve, que ce soit quelqu’un qui ait déjà réussi ou qui se batte toujours pour y arriver : vivez toujours avec ces rêves en tête, allez toujours plus loin !

FacebookTwitterLinkedInEmail

Gala Interview – Yann Le BOURDON Président de L’Oréal

2014 December 15
Comments Off
by Corée Affaires

YAN LEUne force de L’Oréal est de savoir créer des produits extrêmement bien adaptés à un circuit de distribution donné. Qu’est-ce qui caractérise le  marché coréen en termes de distribution ?

La distribution en Corée est très diversifiée, avec des points de vente très haut-de-gamme en grands magasins d’un côté et une grande variété pour les produits plus accessibles de l’autre côté : les « brand shop » (magasins distribuant leur marque directement), les hypermarchés, les « drugstores ». Le « Home shopping » et bien sûr internet sont des canaux très populaires aussi. L’Oréal Korea est positionné sur la plupart de ces canaux ainsi que les cliniques et les salons professionnels, avec des gammes de produits adaptés pour chaque circuit au travers de 4 divisions et 16 marques distribuées.

Cette année a été portée sur l’économie créative et l’innovation ; comment innover dans le secteur des cosmétiques, surtout en Corée, réputée pour son marché « fast cosmetics » ?

Le marché cosmétique coréen est extrêmement rapide ; les consommateurs sont très ouverts à la nouveauté. L’innovation et le développement de produits est donc un pilier de L’Oréal, qui investit fortement dans la R&D et s’appuie sur 4000 chercheurs. L’Oréal dépose plus de 600 brevets par an et propose des produits toujours plus efficaces, comme le sérum Advanced Génifique, un activateur de jeunesse très novateur, ou encore Yves Saint-Laurent Rouge Pur Couture Vernis à Lèvre (que vous retrouverez dans les lots offerts par L’Oréal aux convives du Gala), soit le premier rouge à lèvre à combiner la texture et le brillant d’un gloss avec la couleur, la longue tenue et le confort d’un bâton !로레알

Pourquoi parle-t-on de la Corée comme d’un marché test ?

Le marché coréen est très intéressant de par la sophistication des consommateurs, dont les rituels de beauté sont passés de 6 produits quotidiens en 2009 à 6.5 en 2013… La mission du groupe L’Oréal est la « beauté pour tous », mais dans le respect des différences de peau, des contextes climatiques, etc. Le groupe a donc mis en place une stratégie d’universalisation, par opposition à la globalisation qui consiste à introduire un produit dans le monde entier sous la même forme. Nous nous attachons en effet à développer des concepts que nous pouvons ensuite adapter et différencier selon les régions. L’Asie est un marché en très forte croissance pour les cosmétiques, et cela nous intéresse beaucoup d’observer les besoins et réactions des consommateurs coréens pour développer ensuite les produits les plus adaptés à l’Asie. La beauté coréenne correspond en effet à un modèle « aspirationnel » qui garantit un certain succès sur le reste de la région.

C’est votre deuxième expérience en Corée, après avoir été General Manager de L’Oréal Luxe de 2005 à 2008 ; quelles évolutions du marché avez-vous pu constater depuis votre retour et votre prise de poste en tant que président de L’Oréal Korea ?

Outre le développement des « brand shop », c’est surtout l’émergence des « drugstores », comme Olive & Young ou Watsons, dont je constate l’importance. Le consommateur coréen semble vouloir apprécier une plus grande diversité de choix, dans un environnement qui lui donne un accès libre et clair à de nombreux produits et marques. Ce circuit attire principalement les jeunes de 20 à 35 ans, ces derniers sont devenus très connaisseurs et utilisent une large palette de produits et marques selon leurs besoins. J’observe aussi une forte croissance du maquillage.

A l’occasion du Gala, la FKCCI travaille avec l’association Le Fruit d’Amour en reversant une partie des bénéfices. Quelles sont les actions Responsabilité Sociale d’Entreprise de L’Oréal ?

L’Oréal Korea a toujours joué un rôle actif en tant qu’entreprise citoyenne. Nous organisons le prix « Korea L’Oréal – UNESCO for Women in Life Science »: nous avons déjà eu 50 lauréates en Corée ! Plus récemment, nous avons créé le programme « Science Open Lab » pour encourager les lycéennes intéressées par les sciences à visiter un laboratoire universitaire et participer activement à un cours de haut niveau. Ce dans le but de rétablir un équilibre dans la communauté scientifique, encore très masculine. Nous avons aussi un programme « Working Mom, the Second Beautiful Choice », qui vise à aider les mères en rupture d’emploi à se réinsérer sur le marché du travail. Enfin, L’Oréal Korea participe au projet « Group Home », un foyer dans lequel sont accueillis des enfants en situation de détresse. Nous les soutenons notamment au travers d’un Citizen Day, auquel tous nos employés sont appelés à participer. Suite à toutes ces activités, L’Oréal a notamment reçu le « 2013 CSR Award », décerné par la KOTRA en 2013.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Les décors du Gala – D.P.J. & Partners Architecture

2014 December 12
Comments Off
by Corée Affaires

gala deco3

Pour la FKCCI, les décors du Gala annuel sont essentiels à la réussite de la soirée. A travers eux, nous cherchons à créer des souvenirs uniques et faire voyager les invités dans un univers qui les dépayse de leur quotidien séoulite. Cette année, l’Art du Vin vous amènera aux quatre coins de la France, entre vignobles et caves à vin… Ce thème de l’Art du Vin a cette force qu’il fédère Français comme Coréens : si l’intérêt des Français pour ce breuvage aux subtiles saveurs est historique, celui des Coréens est plus récent mais pas moins vif, en est témoin le doublement de la consommation de vin en 10 ans ! Ce rapport au vin au Pays du matin calme est fortement lié à la France, premier fournisseur de la Corée en valeur. Le monde du vin français peut pourtant paraître complexe, et ce gala est l’occasion d’en clarifier certains mystères… 

Le thème permet en effet à la FKCCI d’introduire les régions viticoles de France : Bourgogne, Bordeaux, Côtes du Rhône,… Nous souhaitons élargir la connaissance de la France auprès des Coréens au travers de cet évènement grandiose et des décors, au cœur de cette intention pédagogique. Cette route du vin révèle la richesse et la diversité du vin français et l’importance de son rapport au sol : le vin, c’est avant tout des terroirs et des artisans. Cette dimension est unique à la France, et la carte à grande échelle affichée dans la salle vous permettra de vous repérer dans les régions viticoles et terroirs… Cette carte vous servira aussi de plan pour vous placer dans la salle : celle-ci est en effet divisée en 4 régions viticoles : Bordeaux, Bourgogne, Champagne, Côtes du Rhône. Sur les pans de mur, des fenêtres ouvertes sur des images de France vous font suivre la création du vin : les vignobles et la beauté de leurs paysages, puis les chais, où le vin est vieilli en tonneau, avant sa mise en bouteille. Promenez-vous et ouvrez bien vos yeux : le Gala, c’est aussi l’Art du Détail ! Et maintenant, comme dirait notre ami Alphonse DAUDET : « quand le vin est tiré, il faut le boire ! »

gala deco2

FacebookTwitterLinkedInEmail

Diamond Sponsor du Gala 2014 – Daniel MAYRAN, Président de SLBI

2014 December 11
Comments Off
tags: , ,
by Corée Affaires

 slbiA l’occasion du Gala 2014, L’Art du Vin, dont SLBI était le Diamond Sponsor, l’équipe de la FKCCI est allée à la rencontre de Daniel MAYRAN, Président de SLBI.

Seoul Luxury Business Institute(SLBI) vient de fêter ses 5 ans ; qu’est-ce qui a motivé ce projet de créer un institut de luxe et quel bilan pouvez-vous tirer de ce premier « quinquennat » ?

SLBI est le premier établissement d’éducation dédié aux formations des métiers du luxe en Asie. L’aventure est née suite au constat d’un manque de personnel local formé au luxe, du fait de l’absence de formation spécialisée en Corée. Il y a certes 25 écoles traitant du luxe, mais elles se concentrent toutes sur la création et le design, sans aborder toutes les techniques de vente du luxe. Après cinq années d’activité, nous avons accueilli plus de 8 000 élèves. SLBI propose aujourd’hui une dizaine de formations théoriques, du consulting, des solutions de mystery shopping et de personnalisation de qualité de service. Afin de fournir un enseignement reposant sur le savoir-faire français, SLBI a mis en place un partenariat pédagogique avec l’école de commerce INSEEC, réputée pour son département dédié aux métiers du luxe. L’école est constituée de quatre instituts : « Marketing et communication », « Qualité de service », « Management » et « Design et Création ».

Quelle philosophie du luxe transmettez-vous à vos élèves ?

Pour répondre à cette question, il faut commencer par définir ce qu’est un produit de luxe. Le luxe, c’est avant tout un artisan de talent qui va créer un objet et lui donner une dimension exceptionnelle. Il est logique d’adapter des codes pour promouvoir cet objet et donner au client le sentiment de son caractère exceptionnel. La valeur de l’objet
peut en effet être cassée par l’environnement et le service qui accompagnent le produit. Tout doit être mis en place pour le valoriser et susciter le désir, notamment en assurant une personnalisation maximale du service et du produit pourvus. L’école est donc là pour transmettre aux professionnels cette sensibilité au luxe et l’ensemble des codes spécifiques qui vont guider le client vers l’achat et satisfaire son désir d’excellence.

Quelles valeurs ajoutées le luxe français peut-il apporter au luxe coréen ?

Le luxe fait partie intégrante de la vie en France, où il représente une histoire et une culture enrichie au fil du temps, alors qu’en Corée, c’est un phénomène qui date des années 90 et qui marque davantage un statut social. Les Coréens n’ont donc pas toute cette culture qui entoure et forme le luxe en France. Pour SLBI, il s’agit de transmettre ce patrimoine et l’origine du luxe, développé autour d’un produit artisanal, et de recréer ainsi la culture et l’aura qui l’entoure.

Comment innover en tant qu’Institut du luxe ?

SLBI s’attache à fournir une formation qualitative et innovante, en favorisant une plus grande interactivité par l’utilisation des nouveaux médias. Nous allons ainsi proposer un nouveau programme d’e-learning, créé par Luxury Attitude et son agence de production, partenaire de Canal+. Cette formation e-learning se déroule sous forme de feuilleton qui aborde les différents aspects de la qualité de service au fil d’une intrigue présentée sur 12 épisodes. Au cours de leur apprentissage, les élèves ont accès à une bibliothèque d’informations et de quizz. SLBI cherche aussi à se différencier en insistant sur l’interactivité et en invitant les étudiants à être eux-mêmes acteurs de leur formation, par l’analyse de cas réels lors de séances de mystery shopping par exemple.

Quels projets d’avenir et ambition pour le 10e anniversaire de SLBI ?

Nous avons récemment ouvert un institut à Shanghai, qui commence avec déjà 1 000 élèves inscrits : cela révèle un réel besoin des acteurs du luxe en Chine, qui cherchent à fidéliser et monter en gamme la qualité de service. Cet institut se nomme Luxury Business Institute China, dans la perspective d’ouvrir ensuite de nouveaux instituts dans d’autres villes chinoises ; SLBI deviendra prochainement LBI Korea. Autant d’étapes pour devenir le leader des formations au luxe !

Le thème de ce soir est L’Art du Vin, fortement ancré dans le monde du luxe. Que représente l’Art du Vin français en Corée, selon vous ?

C’est la convivialité, la gastronomie, les vignobles français, réputés dans le monde entier. L’Art du Vin traduit toutes ces valeurs et le savoir-faire français, qui vise en permanence à mettre en avant des produits exceptionnels.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Le Gala 2014, une soirée inoubliable !

2014 December 10
Comments Off
by Corée Affaires

Gala2014_PPTCette année encore, le Gala de la FKCCI a tenu toutes ses promesses : un décor magique, des invités de marque et un spectacle éblouissant, dans une ambiance conviviale et enivrante. Nous étions plus de 800 à assister à ce grand rendez-vous annuel, qui se plaçait sous le signe d’un thème bien connu, rassemblant Français et Coréens : l’Art du Vin.

Cette soirée exceptionnelle a été l’occasion de présenter le monde riche et complexe du vin français, sous de multiples aspects : dégustations, cuisine, décors et publications… Les convives ont pu découvrir ou redécouvrir lors des dégustations de nombreux crus de Bourgogne, Bordeaux, Côtes du Rhône ou encore de Champagne.

HDRtist HDR - http://www.ohanaware.com/hdrtist/Les somptueux décors de DPJ & Partners Architecture ont créé une atmosphère unique et ont permis aux invités de diner entre vignobles et chais, tandis que le menu, spécialement préparé par Stefan MOERTH, Chef au Grand Hyatt, retraçait une route des vins culinaire, en présentant ce que nos régions font de mieux… avec du vin !

 

Temps fort de la soirée, le concert d’Insooni restera gravé dans les mémoires : la chanteuse a charmé la salle entière sous des airs de Carmen, Habanera.HDRtist HDR - http://www.ohanaware.com/hdrtist/

Grâce au succès de la tombola, qui a fait de nombreux heureux grâce aux lots prestigieux de nos sponsors, le Chairman de la FKCCI a remis un chèque de 10 millions de KRW à l’organisation Community Chest of Korea, Fruit of  Love, pour son action engagée auprès des communautés locales en difficulté.

Vous n’avez pas retiré vos lots le soir du Gala ?

Retrouvez les numéros gagnants de la grande tombola ici, et venez récupérer vos prix munis de votre ticket avant le 31 décembre 2014 dans les bureaux de la FKCCI.

HDRtist HDR - http://www.ohanaware.com/hdrtist/

Cette année encore, la FKCCI remercie tous ses partenaires, qui auront permis de faire de ce Gala une soirée inoubliable. Un grand merci au Sponsor Diamond du Gala 2014, Seoul Luxury Business Institute (SLBI).

Retrouvez les meilleurs moments de la soirée sur le compte flickr de la FKCCI, ici.

 

 


FacebookTwitterLinkedInEmail

Etude de cas-France Gourmet : la production locale

2014 December 9
Comments Off
by Corée Affaires

Propos recueillis par Laetitia VALLEE

France Gourmet, entreprise créée par trois passionnés de cuisine française, a choisi quant à elle de produire localement, stratégie originale qui, si elle leur permet d’éviter les complications de l’importation, rencontre ses propres avantages et obstacles. M. Romuald PIETERS, l’un des fondateurs, explique l’aventure France Gourmet à Corée Affaires.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur France Gourmet ?

M. Jean-Paul BAUREZFrance Gourmet est spécialisée dans la production artisanale de charcuterie tra­ditionnelle française, comme les saucisses, le jambon, le saucisson ou le pâté. Nous proposons aussi un excellent fromage, une tomme produite par un producteur local. Le projet est né de ma rencontre avec Roland PIGNOL, charcutier dont le savoir-faire se transmet depuis plusieurs générations, et Jean-Paul BAUREZ, chef-cuisinier et fin connaisseur de vin, tandis que je m’intéres­sais à la production artisanale de fromage. En termes de connaissances et d’expé­riences, nous avions beaucoup à apporter et avons décidé de créer la société en 2012.

Y a-t-il eu des difficultés à l’heure de créer l’entreprise ? Y a-t-il des exi­gences particulières pour être produc­teur ?

La difficulté vient surtout de l’écart entre la littérature de la loi, qui manque de pré­cision, et les cas pratiques, au moment des contrôles sanitaires et des audits qui sont beaucoup plus précis. Il est impératif de bien se renseigner. Qui plus est, la charcu­terie étant quasiment nouvelle en Corée, les procédures ont été très compliquées pour nous, il n’y a pas ou peu d’exemples exis­tants et l’administration coréenne ne savait pas où classer nos produits. Nous avons dû faire des tests de conservation supplé­mentaires et mener des procédures assez lourdes, d’un à deux mois. Dans l’ensemble, il va être de plus en plus difficile d’être pro­ducteur artisan ou petit industriel : beaucoup de progrès concernant l’hygiène restent à faire en Corée et le gouvernement prévoit le passage aux normes HACCP, qui vont impli­quer de gros investissements, aux dépens des petits producteurs.

Avez-vous recours à l’importation ou tout est-il local ? Avec l’ouverture du marché coréen à la charcuterie, pensez-vous compléter votre gamme et impor­ter des produits du terroir français ?

M. Roland PIGNOL et M. Romuald PIETERSNous misons sur la qualité et cherchons à nous placer sur le haut-de-gamme, nous désirons donc utiliser uniquement de la viande fraîche coréenne et des matières premières naturelles. Ce mariage de savoir-faire français et de production locale est d’ailleurs très apprécié des coréens. Quant à compléter notre gamme par des pro­duits d’importation, nous sommes pour le moment dans une logique de stabilisation, mais c’est un projet tout à fait envisageable. Cela dit, nous avons créé France Gourmet par véritable goût de la création et de la production artisanale.

Quelle est votre clientèle ? Quels sont vos canaux de distribution ?

Nous avons deux niveaux de clientèle : d’une part, la vente aux consommateurs directs qui touche principalement la communauté d’expatriés en Corée et d’autre part, nous développons la distribution en restauration et hôtellerie, qui nous permet d’avoir une base de vente régulière. Nous vendons principalement par internet (commande par mail) et cherchons à nous développer dans les épiceries fines.

En termes de marketing, comment communiquez-vous au marché coréen, pour qui ce sont des produits relative­ment nouveaux, voire inconnus ?

Effectivement, la charcuterie relève bien souvent de l’inconnu pour le consommateur coréen. Lors des foires de rue et festivals auxquels nous participons, nous sommes presque à donner des cours de découpage de saucisson ! Il faut trouver les référen­tiels communs ; par exemple, pour les ril­lettes, nous leur parlons de « confiture de cochon » ! Une comparaison qui surprend mais qui plaît aux coréens et leur explique comment le manger, sur du pain, comme de la confiture. Outre des recettes particulières pour la restauration, avec des saucisses au kimchi ou au sésame par exemple, nous n’adaptons pas le goût au palais coréen, c’est un produit entièrement français, que les coréens, amateurs de viande, apprécient beaucoup ainsi.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Etude de cas – Euro H&J : l’importation

2014 December 1
Comments Off
by Corée Affaires

EuroH&JPropos recueillis par Laetitia VALLEE

Euro H&J a choisi la stratégie de l’importation pour vendre des produits français en Corée. Seul importateur français, cela lui permet une relation privilégiée avec les fournisseurs français et lui donne un point de vue particulier sur la Corée. M. Hubert PARÉ, fondateur et CEO d’Euro H&J, répond aux questions de Corée Affaires.

Pouvez-vous nous expliquer Euro H&J en quelques mots ?

Euro H&J est une société spécialisée dans l’importation, la distribution et la promotion de produits cosmétiques et de produits alimentaires en Corée. J’ai créé l’entreprise il y a près de huit ans, en constatant l’évolution de la distribution et la disponibilité croissante de produits étrangers. Concernant l’alimentaire, notre gamme de produits se situe dans le gourmet haut-de-gamme, avec les chocolats du Domaine de Béquignol, Michel Cluizel, les caramels bretons de la Maison d’Armorine Béquignol et prochainement les confitures d’Andresy.

Quelles sont les impératifs pour devenir importateur ?

Obtenir la licence d’importateur, particulière pour les produits alimentaires, demande un peu plus de temps que la phase de création de la société, qui pour ma part a été créée
en quelques semaines. La procédure n’a pas été particulièrement compliquée dans mon cas, alors que les questions de visa sont parfois problématiques pour les entrepreneurs
; l’administration coréenne peut manquer de clarté et avoir des exigences difficiles à satisfaire. Il est ensuite nécessaire de travailler avec les bons partenaires, en particulier un courtier en douane, spécialisé dans les procédures d’importation, et avoir les bons contacts dans les canaux de distribution visés.

Quels sont les avantages à passer par un importateur tel que vous, plutôt que directement avec les distributeurs ?

Un importateur-distributeur tel qu’Euro H&J permet de viser plusieurs canaux de distribution et de réorienter sa stratégie selon les réactions du marché. En revanche, exporter directement à un distributeur tel que Lotte vous limite, si je puis dire, à ses magasins, réduisant ainsi les possibilités d’adaptation en cas d’échec sur ce canal-là.

Votre connaissance des canaux de distribution fait votre succès. Comment choisissez-vous vos canaux ?

L’expérience nous a permis d’acquérir une base de clients que nous privilégions. Outre les restaurateurs et hôtels, nos produits hauts-de-gamme s’adressent surtout aux clients des grands magasins tels que Hyundai, Galleria ou Shinsegae, les supermarchés premium comme Star Super (Shinsegae) ou encore les deli shop dans les grands hôtels. La vente en ligne constitue un canal incontournable en Corée du Sud et concentre une part importante de nos ventes, à condition de savoir s’y prendre.euroH&J 2

Comment adaptez-vous la communication des marques françaises au marché coréen ? Quelles sont les différentes opérations de promotion auxquelles vous avez recours ?

Nous ne menons pas à proprement parler de stratégie marketing ; les actions de promotion en magasins sont suffisantes, étant donné que nos produits ne sont pas inconnus des coréens, comme peut l’être la charcuterie. Nous pouvons proposer, bien souvent pour des hôtels, un packaging développé spécialement pour leur enseigne. Cette option de repackaging permet d’offrir un service personnalisé apprécié des clients et de faire bénéficier les produits du prestige de la marque en question. En ce qui concerne les opérations de promotion mises en place, s’il y a une chose à bien comprendre en Corée, c’est la nécessité de la dégustation, très demandée par les consommateurs ! Si votre produit est de qualité et à un bon prix, le taux de conversion en achat est souvent très bon.

Quelles difficultés particulières rencontrez-vous en tant qu’importateur ?

Tout d’abord, il faut bien comprendre les logiques de distribution et tous les processus de gestion qu’il y a derrière. Connaître ses réseaux de distribution, leurs clientèles, et savoir gérer toute la chaine d’approvisionnement a été un apprentissage très complexe au début. Il faut pouvoir obtenir la livraison par les fournisseurs dans les délais très serrés impartis par les clients. Il y a un certain manque de planification qu’il faut apprendre à anticiper en Corée, et il faut souvent calmer les clients trop pressés. Par ailleurs, tout le travail en amont de l’importation demande beaucoup de méticulosité, notamment vérifier la correspondance de la liste des ingrédients aux règlementations coréennes très strictes. Malgré un certain assouplissement ces dernières années, les prélèvements de produits à la douane pour réaliser les tests peuvent être pesants, ils impliquent une perte sèche sur les marchandises et des coûts de stockage du fait de l’immobilisation des produits. Qui plus est, les tests ne tiennent pas compte du volume d’import, ce qui pénalise toujours les petits importateurs.

FacebookTwitterLinkedInEmail

L’importateur, intermédiaire incontournable entre l’exportateur et la distribution

2014 November 24
Comments Off
by Corée Affaires

이룸 푸드M. Do-Seong CHO, CEO d’Erum Food System, importateur partenaire du French Gourmet Festival, répond aux questions de Corée Affaires pour nous expliquer son rôle et le fonctionnement de l’importation.

Quel est le rôle d’un importateur tel qu’Erum Food System?

Le rôle des importateurs est en pleine évolution et devient plus complexe : si auparavant il ne s’agissait que d’importer les produits et les vendre aux clients, les détaillants, de plus en plus de tâches nous sont imparties, tels que le marketing et la promotion. Il est très important que les exportateurs français communique avec leur importateur sur toute sa stratégie : je vérifie toujours quelles sont leurs stratégies marketing ou de distribution avant de décider de passer commande. Je m’assure par exemple qu’ils soient prêts à faire des opérations de dégustation, attendues par les distributeurs mais aux frais de l’exportateur. C’est une vraie démarche marketing, dont le coût est à anticiper. Le marché coréen a des particularités auxquelles les entreprises françaises doivent pouvoir s’adapter.

Beaucoup d’exportateurs se plaignent des procédures et du manque de clarté des informations et de la réglementation coréenne. Pouvez-vous nous expliquer les étapes à suivre ?

Les entreprises européennes ont tendance à être très peu au courant des réglementations, l’importateur doit donc leur expliquer les documents à fournir et les démarches à suivre. Nous devons d’abord vérifier que le produit correspond à la législation coréenne, en vérifiant la liste des ingrédients et leur proportion, les processus de fabrication et soumettre des échantillons. Le courtier en douane s’assure que tout est dans les normes. Une fois validé, les exportateurs n’ayant pas de numéro d’exportateur doivent l’obtenir auprès du gouvernement français, afin de bénéficier du dédouanement négocié par l’ALE. Fournir la liste des ingrédients est souvent problématique pour de nombreuses entreprises, qui sont réticentes à dévoiler leurs recettes. Il nous faut aussi vérifier les étiquettes, dont les mentions obligatoires sont très strictes en Corée. Il y a en effet des termes, tels que « bio », « naturel », « sans conservateurs », qui nécessitent des tests supplémentaires et coûteux. C’est pourquoi l’offre étrangère sur ce marché est assez limitée. Des changements pour faciliter l’importation de ces produits sont toutefois prévus d’ici la fin de l’année. Une fois arrivés en Corée, les produits sont mis en quarantaine et soumis aux tests du Ministry of Food and Drug Safety (MFDS) durant 7 à 10 jours. Les échantillons test et les délais imposés peuvent être un coût pour les importations en petite quantité. Qui plus est, certains produits, comme par exemple les confitures et les sauces, sont sujets à des tests plus coûteux qui peuvent pénaliser leur importation et peser sur le prix final. La dernière étape avant la vente est bien entendu la douane, où s’effectue le paiement des taxes. Une fois la première exportation réalisée, les procédures sont beaucoup plus simples : les tests ne sont pas systématiques.

 Pour plus d’informations sur les taxes : http://english.customs.go.kr

Pour plus d’informations sur les procédures, contactez la FKCCI ou la CCI de votre région.

FacebookTwitterLinkedInEmail