Le triomphe de «Parasite» aux Oscars: un succès du modèle coréen?

2020 February 17
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Par Philippe Li, président honoraire de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne.

«Parasite», en récoltant quatre Oscars à Hollywood est entré au panthéon du cinéma, au même titre qu’«Autant en emporte le vent», «Ben Hur», «Titanic» ou «La liste de Schindler» et restera dans l’histoire comme le premier film en langue non-anglaise ainsi récompensé. «Parasite» raconte l’histoire d’une famille au chômage qui s’infiltre dans un foyer de riches pour tenter de les spolier, ce qui donne lieu à une satire sociale et humoristique qui se transforme en un vrai thriller, avec une intrigue pleine de mystères et de rebondissements.

L’attitude du réalisateur Bong Joon Ho pendant la cérémonie, empreinte d’une grande modestie, a beaucoup frappé les esprits sur les terres de Donald Trump. Elle était propre au cinéaste mais également révélatrice d’un mode de comportement que l’on retrouve souvent en Corée.

L’histoire, la structure sociétale et certains fondamentaux sociologiques et spirituels (confucianisme, taoïsme, bouddhisme et christianisme) encore très prégnants en Corée incitent les populations à ne pas vouloir toujours se mettre en avant, mais à jouer collectif. En ce sens, l’hommage de Bong à Tarantino et Scorsese pendant la cérémonie et la standing ovation qu’il a déclenchée en l’honneur de ce dernier, n’étaient pas seulement des effets de scène. En Corée, on est éduqué et formé pour travailler et partager avec les autres. Le partage et la vision collective permettent d’aller plus loin et c’est comme cela que la Corée s’est reconstruite durant les six dernières décennies.

Le triomphe de Bong, c’est donc également celui de la Corée (qu’il a d’ailleurs saluée au premier chef dans son allocution), un pays sorti des cendres après l’occupation japonaise et la guerre de Corée, désormais douzième puissance économique mondiale, et qui arrive à pleine maturité dans de nombreux domaines. Les succès économiques de la Corée sont maintenant bien connus, mais la grande nouveauté, c’est qu’elle s’affirme aujourd’hui comme un pays à l’avant-garde des tendances dans les domaines artistique et culturel, avec le cinéma en première ligne, mais aussi les «dramas» (séries TV), la «K-Pop» (musique), le design et la «K-Beauty» (mode et cosmétiques).

South Korean film director Bong Joon Ho poses with his engraved awards as he attends the 92nd Oscars Governors Ball at the Hollywood & Highland Center in Hollywood, California on February 9, 2020. (Photo by VALERIE MACON / AFP)

Pour ce faire, la Corée exploite pleinement la palette infinie des nouveaux médias et vecteurs numériques à destination d’un public réceptif, car juvénile et ouvert à la diversité. Cela permet d’expliquer la fulgurance et l’ampleur de la «Korean Wave».

La Corée renouvelle les genres, en n’hésitant pas à s’inspirer d’influences étrangères (Bong avait ainsi rendu hommage, à Cannes, à Clouzeau et Melville), mais en s’appuyant sur une identité propre et originale encore largement méconnue, ce qui a d’ailleurs certainement contribué à ce qu’à travers le monde, beaucoup de spectateurs soient intrigués par l’histoire et les thèmes développés dans «Parasite».

Il faut aussi souligner que si les Oscars ont avant tout consacré le talent de Bong Joon Ho, son émergence repose sur la puissance d’une industrie cinématographique coréenne devenue florissante grâce à l’engagement de grands conglomérats, ainsi qu’à une politique de quotas mise en place depuis 1967, qui a permis de protéger la production locale. Ces différents facteurs, associés à la démocratisation du pays en 1987, ont permis l’éclosion d’une génération de cinéastes reconnus internationalement (Park Chan Wook, Lee Changdong, Kim Jee Woon, etc.), mais également d’acteurs et de scénaristes d’exception. On vit véritablement aujourd’hui l’âge d’or du cinéma coréen et c’est aussi cet écosystème qui a été distingué à Hollywood.

Bien sûr, la Corée n’est pas une terre idyllique. Bong dresse dans «Parasite» un tableau très critique d’un système où la nécessaire reconstruction a laissé place à une «hyper-société» où tout se fait en accéléré, dans laquelle la recherche de la réussite compte plus que tout, conduisant à un rythme de vie stressant et effréné et à un écart entre les classes aisées et populaires qui s’est accentué ces dernières années.

THE OSCARS® – The 92nd Oscars® broadcasts live on Sunday, Feb. 9,2020 at the Dolby Theatre® at Hollywood & Highland Center® in Hollywood and will be televised live on The ABC Television Network at 8:00 p.m. EST/5:00 p.m. PST.
(ABC/ ERIC MCCANDLESS)
KWAK SIN AE, BONG JOON HO, CAST AND CREW OF PARASITE

On observe un taux de suicide important chez les jeunes, aussi bien des lycéens que des vedettes qui craquent face à la pression et à l’exigence des résultats. L’éthique des affaires est également un sujet préoccupant et on voit ponctuellement des affaires retentissantes de corruption atteignant des grandes entreprises ou des personnalités politiques. Différentes lois anti-corruption ou réformatrices du temps de travail ont été récemment adoptées en vue d’apporter des solutions.

À l’instar de Bong qui ne doit maintenant pas s’arrêter à ce succès, mais chercher à s’affirmer dans la durée en tant que cinéaste d’exception, les grands défis pour la Corée du Sud, outre le rapprochement avec la Corée du Nord, seront de définir un nouveau modèle visant à concilier prospérité et bien-être, et de maintenir la compétitivité économique en se projetant encore davantage dans le déploiement international et l’innovation.

 

Quelles politiques en Corée du Sud pour bâtir les futures villes connectées ?

2020 February 5
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by Corée Affaires

Par Frédéric Ojardias, correspondant de RFI et Mediapart

Depuis plus d’une décennie, des mesures diverses ont été mises en place, au niveau national comme municipal, pour construire les « smart cities » de demain. L’évolution la plus marquante : le secteur privé, vu comme un acteur incontournable, est au cœur de ces nouvelles politiques urbaines.

La Corée est si fière de ses politiques liées aux « smart cities » qu’elle cherche à les exporter : le 30 octobre, 350 représentants de 30 pays asiatiques étaient réunis à Séoul pour débattre et partager leur savoir-faire sur la question, dans le cadre d’un forum organisé par le Ministère de la législation gouvernementale. Lors des débats, un seul mot clé : dérégulation.

« Nous avons entamé une dérégulation pour supprimer toutes les règles inutiles qui  entravent la création de smart cities, parce qu’il est difficile d’intégrer les innovations rapides et les technologies de pointe dans le cadre des lois existantes », déclarait en ouverture le vice-ministre, Park Sun-ho, qui assurait que son gouvernement travaille à l’introduction d’un « bac à sable réglementaire » (regulatory sandbox) en la matière.

Cela fait plus de 10 ans que la Corée du Sud multiplie les politiques de développement de smart cities. En 2008 entrait en vigueur la « Loi sur la construction des « Ubiquitous Cities » – le mot était alors à la mode –  qui visait à faciliter la convergence entre les secteurs de la construction et de la communication. Sous l’égide du Ministère du territoire, des infrastructures et du transport (MOLIT), 38 villes pilotes étaient désignées et des projets étaient lancés dans le domaine de la sécurité et des transports.

Ces premiers efforts s’appuyaient surtout sur le secteur public. En 2017, cette loi est remplacée par une « Loi sur la promotion des Smart Cities », qui fait cette fois du secteur privé un acteur central. L’accent est mis sur l’aspect « logiciel » des villes connectées et sur la participation accrue des citoyens, à travers des plates-formes de partage et des forums baptisés « Living Labs ». Les secteurs visés sont élargis et incluent l’énergie, la gestion de l’eau, la santé, l’environnement.

En 2018, un amendement met en place un socle législatif permettant la création de villes pilotes à Busan et Sejong. Des « zones de promotion pour la croissance innovantes », destinées aux startups, sont décrétées. La loi est adaptée pour les expérimentations en matière de drones et de véhicules autonomes. En 2019, un nouvel amendement permet de soutenir de nouveaux secteurs comme les énergies renouvelables et les véhicules partagés (type SOCAR).

Cette « loi smart city » prévoit, entre autres, des provisions pour la protection de la vie privée et des mesures de soutien à l’industrie via des prêts et des subventions. Elle vise à intégrer les TIC dans les constructions urbaines et à faciliter le partage des données (rendues anonymes), afin de faciliter l’émergence d’applications et de services venus du secteur privé.

Au niveau local, les autorités se montrent aussi très actives. La smart city de Songdo/Yeongjong/Cheongna cherche ainsi à attirer davantage de startups et de PMEs, « pour qu’elles puissent tester directement de nouveaux services », explique à Corée Affaires Kim Jong-won, représentant de la division Smart City de la Incheon Free Economic Zone (IFEZ). Kim Jong-won reconnaît les « limitations » du précédent modèle, basé essentiellement sur le secteur public. « Nous avons prévu de construire à Songdo un incubateur de startups. Nous voulons un espace où les startups passionnées et des fonds de capital-risque puissent se rassembler, à l’image du modèle de la Station F en France. »

« Nous avons aussi prévu de partager de nombreuses données (vidéos, capteurs divers) récoltées dans la ville », ajoute Kim Jong-won, qui veut offrir des « opportunités de coopération » aux entreprises françaises innovantes. Songdo entend enfin améliorer la participation des habitants via des « sondages et des réunions publiques » et via l’ouverture de canaux de communication sur les réseaux sociaux.

La capitale, Séoul, cherche elle aussi à mieux impliquer ses citoyens dans la mise en place d’initiatives urbaines connectées et a instauré divers canaux dans ce but, comme les comités baptisés « Smart citizen community projects ». Elle reçoit en moyenne 240 suggestions par jour. Le maire, Park Won-soon, se présente en fervent défenseur de ces technologies : dans son bureau, un mur entier est occupé par un immense écran tactile qui lui donne en temps réel, d’un clic, l’état du trafic dans la ville, ou encore les images des caméras publiques de surveillance.

D’ici 2022, 50 000 capteurs seront ainsi installés à travers la ville pour collecter des données (trafic, pollution, bruit, etc.) qui seront ensuite partagées avec le secteur privé afin de « créer de nouveaux modèles de business », explique Ko Kyeonghee, directeur de la division smart city de la municipalité. Elle précise que 183 applications utilisant ces données ont déjà vu le jour. Exemples : la mise en place d’un service de bus de nuit aux itinéraires optimisés grâce au « big data », le partage de places individuelles de parking, ou un système de prédiction de la demande en taxis par l’intelligence artificielle. « Séoul est en train d’ouvrir toutes ses infrastructures publiques, telles qu’hôpitaux, routes et stations de métro pour en faire des plateformes d’essai afin que le secteur privé puisse tester ses technologies et ses services innovants ».

Dans le district de Guro a aussi été construit un « smart city center » destiné à soutenir les PME et les startups via des aides financières, des services de consulting et des équipements de construction de prototypes. « N’importe quelle entreprise qui fait des affaires à Séoul, ou qui y a un bureau, peut bénéficier de ce soutien », précise Ko Kyunghee (1). « Les PMEs innovantes françaises peuvent participer aux projets smart city de Séoul. Les entreprises étrangères peuvent aussi bénéficier de fonds de soutien », ajoute-t-elle. Un « smart city funds » d’une valeur de 250 milliards de wons doit ainsi être créé d’ici 2022.

L’évolution de la place des femmes dans le management en Corée

2020 January 23
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Par Philippe Tirault, directeur général de DHR International Korea Limited  

 Philippe Tirault, avec plus de 25 ans d’expérience dans le secteur du recrutement de cadres, est directeur associé pour la Corée au sein de DHR International. Il a commencé sa carrière dans ce domaine en fondant sa propre entreprise de recrutement en 1987, qui s’est développée dans 7 pays du continent asiatique.  

Il n’y a pas si longtemps, très peu de femmes atteignaient le niveau de cadre dans les entreprises, mais la situation évolue peu à peu. En Corée, le taux de participation des femmes à la population active a augmenté de 46% en 1980 à 58 % en 2016, ce qui reste le plus faible taux parmi l’OCDE.

Traditionnellement, les femmes coréennes restaient au foyer après leur mariage pour s’occuper des enfants. Ainsi, jusqu’à la fin des années 80, une femme qui se mariait quittait quasi automatiquement son travail. Le PDG d’une banque franco-coréenne en a fait l’expérience. Il assiste au mariage de son assistante et comprend qu’elle part en voyage de noce. S’inquiétant après 2 semaines de ne pas la voir revenir, il commence à poser des questions et découvre, à sa grande surprise, que dans la joint-venture, les femmes ne sont pas autorisées à travailler après leur mariage. Après bien des discussions, il finit par faire revenir son assistante sous un contrat avec la banque française et non plus pour la joint-venture.

La situation commence à évoluer dans les années 90 où il devient admissible mais toujours mal vu pour les femmes de travailler après le démarrage d’une vie de famille. L’augmentation du niveau de vie mais aussi du coût de la vie rendait un deuxième salaire plus attractif que les stigmates attachés à une mère de famille qui travaille. Malgré leur plus grand nombre à entrer dans le monde du travail, les femmes subissaient toujours des discriminations pour gravir les échelons et atteindre des postes de management. Il m’a fallu attendre 1992 pour pouvoir recruter la 1ère femme manager (« Bujang »), au poste de Responsable des Produits chez Johnson&Johnson en l’occurrence, malgré les résistances exercées par les ressources humaines et les cadres coréens, tous masculins.

La crise asiatique de 97 a été dans de nombreux domaines un catalyseur pour enclencher de véritables changements dont les femmes ont pu bénéficier. Elles commencent à accéder aux postes de cadre. Si les avancées sont modestes dans les entreprises coréennes, les sociétés étrangères n’hésitent plus à confier des responsabilités importantes aux femmes. Beaucoup d’entre elles contrôlent la finance, le marketing, ou encore le département légal. Les rôles dans la direction générale et dans les ventes restent néanmoins masculins.

Le phénomène s’accélère dans la décennie suivante où la promotion de femmes à de nouveaux rôles de management devient beaucoup plus courante. Si le phénomène touche bien sûr les sociétés étrangères, certains chaebols offrent désormais plus de postes aux femmes. L’entreprise Kia nomme la première femme au niveau de la direction en tant que CMO (directrice générale du marketing) en 2010 ; elle est ensuite promue au rang de vice-présidente senior en 2012 !

A partir de 2010, les rôles de PDG confiés aux femmes se multiplient. Danone, P&G, Home Plus, Bureau Veritas, USG Boral (anciennement Lafarge Plasterboard) – pour ne citer que quelques sociétés – choisissent tous des femmes pour gérer leurs activités en Corée. C’est particulièrement vrai dans les secteurs médicaux et pharmaceutiques où 34% des postes de PDG dans les sociétés étrangères en Corée sont occupés par la gente féminine. Un exemple intéressant est le cas d’USG Boral, créé à la suite d’acquisitions au lendemain de la crise asiatique. Lors de leur décision d’ouvrir le poste de direction générale, une femme s’est présentée parmi les candidats. Malgré un premier à priori négatif de la société peu habituée à l’idée d’une femme-dirigeante dans le domaine très masculin des matériaux de construction, cette candidate a finalement été sélectionnée. 4 ans plus tard, le chiffre d’affaires avait quasiment quintuplé et l’EBITDA avait gagné 12 points… Inutile de préciser que cette personne a été promue au siège et occupe désormais un poste important au sein du comité exécutif du groupe.

Malgré des évolutions certaines, les salaires des femmes sont toujours souvent inferieurs a ceux des hommes à compétence et expérience égales. L’écart des salaires en Corée est le plus important parmi les pays de l’OCDE ; les femmes y gagnent en moyenne 63% du salaire des hommes. Mais ce décalage disparait au niveau cadre et cadre dirigeant où les femmes sont rémunérées à la hauteur de leurs homologues masculins.

Pourtant, peu nombreuses sont celles qui y parviennent, et beaucoup renoncent à avoir un enfant (le pays enregistre le plus faible taux de natalité au monde avec 0,98 enfant par femme) . Selon une étude de l’OCDE en 2017, seulement 10,5% des managers sont des femmes, le plus faible taux parmi les pays de l’OCDE qui enregistre une moyenne de 31,2%. La proportion est encore plus faible au niveau des conseils d’administration où seuls 4% des directeurs sont des femmes ! Dans ce domaine, les sociétés d’assurance semblent être en avance : deux sociétés françaises de l’assurance comptent une femme au sein de leur conseil d’administration en Corée.

Bien sûr il reste encore un long chemin à parcourir. Mais les changements règlementaires actuels et les évolutions de la structure sociale contemporaine pourraient permettre enfin plus d’égalité entre hommes et femmes en termes d’opportunités professionnelles.

Retour sur le Gala exceptionnel de la FKCCI sur le thème « Extended Monaco »

2020 January 9
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Le Gala de la FKCCI est l’événement annuel le plus emblématique, éblouissant et prestigieux de la communauté d’affaires franco-coréenne, réunissant environ 800 participants chaque année et célébrant l’amitié franco-coréenne.

Cette année, les convives se sont réunis le 7 décembre 2019 autour du thème « Extended Monaco » au Grand Hyatt Séoul, niché dans un cadre exceptionnel au pied de la colline Namsan. Les personnalités de la communauté d’affaires franco-coréennes, S.E. Philippe Lefort, Ambassadeur de France en Corée, et M. David-Pierre Jalicon, Président de la FKCCI, ainsi que M. Frédéric Genta, Délégué aux Affaires Numériques et membre du Gouvernement monégasque, ont inauguré la soirée.

Pour cette 30e édition, les participants ont pu vivre une expérience immersive dans le monde de Monaco. A travers des décors et un menu prestigieux réalisés sur-mesure, cette invitation au voyage les a plongés sous le soleil de la côte méditerranéenne dans la Cité-Etat au double-visage entre Histoire et Innovation. Monaco, pays et ville à la fois, dont la réputation est basée sur la notion de prestige et d’excellence, a offert un nouveau visage : celui de la ville de demain, sans toutefois renier son passé. Pour Serge Telle, Ministre d’Etat de Monaco, dans son message adressé aux convives, « Extended Monaco est pour nous l’occasion de créer un nouveau cycle de prospérité et de repenser complètement l’expérience monégasque dans un monde numérique.

« Ce soir, nous célébrons un monde connecté, intelligent, globalisé générateur d’amitié transnationale » a aussi déclaré David-Pierre Jalicon, président de la FKCCI. « Si la France et Monaco sont deux Etats distincts, les deux pays partagent une longue histoire et sont proches à travers plusieurs traités d’amitié et de coopération administrative », a-t-il ajouté.

Au cours de la soirée, les invités ont pu également profiter d’animations de qualité avec le concert de la jeune chanteuse française EMJI et un défilé du créateur de mode franco-coréen HEILL. EMJI a réjoui l’auditoire à travers sa voix acidulée et sa musique pop gonflée d’énergie. De son côté, HEILL a proposé une collection chic et méditerranéenne.

Enfin, les participants sont repartis avec de nombreux cadeaux des généreux sponsors du Gala 2019. Le premier prix comprenait 2 billets d’avion aller-retour en classe business avec Airfrance de Séoul à Nice, avec un transfert en hélicoptère de Nice à Monaco, et deux nuits dans le prestigieux hôtel Fairmont Monte Carlo !

Forger la ville de demain : un modèle coréen ?

2020 January 3
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Le « smart » est à la mode. La ville intelligente est plurielle. Elle revêt autant de formes qu’il existe de contextes urbains, utilisant des infrastructures et des services numériques toujours plus puissants. Mais quid de la Smart City à la coréenne dans un contexte où la transition digitale n’est plus une option mais une nécessité face à la compétition internationale ? Dans ce dossier spécial du Corée Affaires, nous faisons le point sur les enjeux liés à ce nouveau mode de développement urbain.

Nous sommes dans les années 90. L’expression « ville intelligente » émerge pour la première fois, popularisée par les multinationales privées, à l‘origine IBM, puis les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Pour les grandes entreprises, telles que Cisco, Siemens, Nokia, Veolia, Dassault, General Electric, Philips etc., la technologie et les nouveaux services sont les clés de la smart city. Les acteurs publics et les citoyens se saisissent aussi de ce concept populaire. Parfois surutilisée à des fins marketing, parfois vague aussi, l’expression « Smart City » fait face à un problème de sémantique persistant entre une approche collaborative et une approche technocentrée. Une définition proche de la réalité englobe sans doute ces deux dimensions, la première « bottom-up » et la seconde « top-down ».

« Nous avons effectué une étude parmi les habitants de Sejong en leur posant la question : comment définiriez-vous la ville intelligente ? Nous étions inquiets, mais de façon surprenante, les participants ont répondu avec aise sur des solutions concrètes de l’amélioration de leur confort de vie », nous confie Mme Sohyun Park, présidente du Centre d’Architecture et de Recherche Urbaine (AURI). « C’était le départ, ensuite les services innovants combinés aux nouveaux business models se sont développés autour de cette recherche de qualité de vie », ajoute-t-elle.

Selon Julien Damon, professeur à Sciences Po, dans un rapport de l’Institut de l’Entreprise, la ville intelligente doit répondre à plusieurs objectifs : rendre les métropoles moins chères, plus efficaces et plus attractives. Qu’en est-il de la Corée ?

Pour la présidente de l’AURI, la ville intelligente coréenne est une longue histoire : « avant la Smart City, nous avons eu l’expérience de la ville ubiquitaire. [Elle] est présente depuis longtemps mais bénéficie aujourd’hui d’un momentum avec le gouvernement actuel qui a fixé deux priorités concernant le développement urbain : la régénération urbaine et la Smart City ». Début des années 2000, la Péninsule fait partie des précurseurs avec le méga-projet de Songdo aux côtés de métropoles telles qu’Amsterdam, Dubaï, Yokohama ou encore Lyon. Songdo est aujourd’hui l’un des cas les plus cités sur la scène internationale. Situées au bord de la mer jaune dans la zone économique franche d’Incheon, les tours champignonnent depuis 2004 dans cette ville nouvelle pour un investissement total de 39 milliards de dollars versés par trois acteurs privés : le développeur américain Gale International, Morgan Stanley et CISCO. Un exemple caractéristique d’urbanisation soudaine selon une approche « top-down » dans cette ancienne zone rurale. Ce modèle de développement a rendu difficile la capacité à attirer de nombreux habitants dans cette ville nouvelle, qui la trouvent trop vide ou trop froide : elle compte aujourd’hui 100 000 habitants contre 300 000 originalement prévus, entraînant la chute des prix de l’immobilier.

 

Les grandes dates de la Smart City de Songdo/Yeongjong/Cheongna

 

Son quartier d’affaires peine aussi à attirer les investisseurs étrangers malgré un régime fiscal avantageux et autres incitations. A la place des tours de bureaux, ce sont les quartiers résidentiels qui ont vu le jour.
Pourtant, Songdo et les deux zones alentour promettent aux citoyens d’accéder partout et à tout moment à divers services de la ville. Interconnexion des infrastructures, domotique dans les bâtiments, capteurs dans les rues pour détecter les incidents : les technologies mises en place doivent répondre du même mot d’ordre « créer le milieu de vie optimal ». A Sejong aussi, la ville développe un quartier piéton à énergie positive et
a mis en place un réseau souterrain automatisé de gestion des déchets. « Notre département sur les Smart Grids se concentre sur l’architecture verte mêlée avec l’approche des villes intelligentes. Nous voyons déjà des résultats en termes de réduction des factures d’électricité et des émissions carbone » nous affirme Sohyun Park.
Poussée par un fort volontarisme politique et/ou des intérêts de groupes privés, ces utopies high-tech inspirent les pays émergents. « Il y a deux ans, nous avons fourni des services de consulting au gouvernement vietnamien pour qu’ils se saisissent de notre approche et concept de la Smart city » nous confie M. Ryan Lee, Directeur du Centre de Gestion intégrée de la Smart City d’IFEZ, lors du Comité Innovation de la FKCCI. En effet, la plateforme cherche à s’exporter dans les pays sud-est asiatiques ainsi qu’au Moyen-Orient. En Inde, elle propose un système de surveillance des données environnementales par drone tandis qu’elle prévoit de partager ses savoir-faire avec les projets de développement des infrastructures en Arabie saoudite.

 

Les principaux composants de la Smart City de Songdo/Yeongjong/Cheongna

 

Pour Ryan Lee, la Smart City coréenne a basculé d’un modèle conventionnel de développement urbain – plan à long-terme, concentration sur les infrastructures physiques et les espaces résidentiels – à un modèle non-conventionnel, c’est-à-dire une planification étape par étape, une maximisation de l’efficacité des investissements et des services basés sur le Cloud avec une volonté d’attirer les solutions des entreprises privées.

« Quelles sont les prochaines étapes ? Nous disposons déjà des infrastructures et des données publiques, issues des caméras CCTV ou des transports, mais avons besoin désormais de communiquer avec les entreprises qui détiennent les données privées […] et les capacités d’analyses nécessaires, telles que les entreprises internationales des services
Cloud » affirme Ryan Lee.
Dans un contexte de compétition mondiale croissante entre les métropoles, la course au développement intelligent est devenue un enjeu vital en attirant les investissements et améliorant la qualité de vie. La globalisation de l’activité économique a produit de nouveaux types de structures, la « ville globale » selon la chercheuse Saskia Sassen, qui assoie la position de l’unité infra-nationale comme siège de puissance.

Interview de Yang HEILL, créateur de prêt-à-porter haut de gamme – Défilé au Gala 2019

2019 December 26
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by Corée Affaires

Pour cette 30ème édition du Gala de la FKCCI, nous vous avons présenté un défilé exclusif du créateur de mode Yang HEILL. Il a fondé sa marque de prêt-à-porter haut de gamme qui séduit les hommes et les femmes à la recherche de qualité, de créativité, de confort et de goût à la mode. Son concept? Offrir un style unique inspiré par la couture française, l’art coréen et la poésie.


Parlez-nous de la genèse de votre vocation et de votre marque.

Après 30 ans passés en France, j’ai décidé de revenir en Corée afin de lanc er la marque HEILL en 2012. Je voulais revenir aux sources et réinterpréter la mode coréenne à ma façon. Mes expériences en France m’ont permis de me rendre compte de la préciosité de l’art coréen et le potentiel de mon pays d’origine.
J’ai toujours voulu créer une marque qui représente les deux pays (Corée/France) qui m’ont permis d’apprendre et de m’épanouir dans le monde de la mode.
C’est ainsi que depuis plusieurs saisons, je travaille le Minhwa coréen (art folklorique) sur mes collections en développant des imprimés et en présentant ces collections en France.

Vous faites constamment le voyage entre Paris et Séoul. Qu’est ce que ces deux mondes de la mode ont à apprendre l’un de l’autre ?

Paris est une ville historique avec un côté chic et libre. Tandis que Séoul représente pour moi le dynamisme de l’Asie et la modernité tout en préservant l’Histoire.
Je pense que le monde de la mode parisienne pourrait apprendre de la rapidité de l’esprit coréen et le monde de la mode coréen pourrait apprendre du côté libre et de la diversité de l’environnement de la mode parisienne.

Vous avez décidé pendant cette édition spéciale du Gala de présenter une collection d’esprit méditerranéen? Que cela vous inspire-t-il?

La première fois que je suis allé dans le Sud de la France et à Monte-Carlo, ce fut un choc culturel pour moi. L’esprit luxe et le côté paisible qui se mélangent sous un soleil magnifique fut l’un des meilleurs souvenirs de ma vie.
Ainsi, je suis tombé amoureux de l’esprit méditerranéen et j’ai toujours fait appel à mes souvenirs de mes étés dans le Sud pour dessiner mes collections Printemps-Été.
C’est donc un honneur pour moi de pouvoir partager ma collection au Gala et pouvoir vous inviter dans ce qui est pour moi l’esprit méditerranéen.

Si vous aviez un conseil de mode à donner, que diriez-vous?

Ne pas suivre les tendances mais créer sa propre identité est ce qui fait de la mode un art et le meilleur moyen d’exprimer sa personnalité et ses valeurs.

Interview d’EMJI, star de notre Gala 2019 EXTENDED MONACO

2019 December 20
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by Corée Affaires

Le 7 Décembre 2019 Emji a illuminé notre grand Gala de fin d’année. Artiste française indépendante baignée dans la musique depuis sa tendre enfance, c’est en 2015 qu’Emji remporte la Nouvelle Star, célèbre émission télévisée repérant les jeunes talents qui marque le début d’une belle carrière. Elle nous offre une musique pop urbaine gonflée de l’énergie de sa voix acidulée. En septembre 2019, elle sort son deuxième album « Je Tu Elles », où elle évoque notamment des histoires de femmes à travers leurs différents combats : femmes libérées, femmes fatales, femmes trompées, des figures mythologiques aux individus contemporains.

Vous avez une longue histoire avec la musique depuis votre enfance. Racontez-nous votre rapport à la musique et le déclic qui vous a amenée à quitter votre métier de modéliste ?

C’est à la base une passion que j’avais étant enfant et j’y ai rajouté de la curiosité puis beaucoup de travail ! Le déclic était évident. J’ai rencontré un collectif d’artistes parisiens (Rouge Rouge N3) qui m’a tirée dans ses filets et je n’ai pas eu envie d’en sortir ! Je me suis donc mise à jouer avec des amis puis dans le métro…

D’où vient votre nom de scène Emji ?

Mes initiales sont M G. prononcé à l’anglaise et réécrites à la Française !

Votre premier album présente une forte diversité dans l’instrumentation, Comment décririez-vous votre style de musique ?

A chaque album son registre ! Le premier était lyrico pop. Le second est plus pop avec des influences urbaines.

Quelles sont vos influences musicales ?

Elles sont très variées ! j’ai écouté beaucoup de variété française comme Michel Berger, Balavoine, Mylène Farmer puis du jazz avec Billie Holiday, Ella Fitzgerald et je suis passée au trip hop avec Bjork, Portishead, Massive Attack…

Vous décrivez vos albums comme très féminins. En quoi les femmes sont-elles une figure d’inspiration pour vous ?

Ces femmes sont des figures d’inspiration de par leur vécu, leur combat, leur force de conviction et de persuasion au fil de leur vie. Elles parviennent à s’imposer et ne reculent jamais devant un mur. Il y a toujours un moyen d’arriver à ses fins malgré les bâtons qu’on leur met dans les roues.

Quelles sont vos autres sources d’inspiration ?

Les rencontres, les personnes qui me touchent et qui me passionnent. J’aime apprendre à connaître les gens, j’aime découvrir leur façon de vivre, de penser, d’aimer… Il y a tellement d’histoires en nous qu’il n’y a qu’à se pencher sur un berceau pour en imaginer 1000.

 

Est-ce votre premier voyage en Corée ? Quelle image avez-vous de sa culture musicale ?

Oui toute première en Corée ! C’est un autre monde pour moi et musicalement aussi ! Je pense qu’il y a beaucoup à apprendre de cette culture. Notre oreille a des repères différents de la leur et je pense que les occidentaux ont beaucoup à découvrir de cette culture.

 

Vous avez récemment signé avec Universal, quelles sont vos attentes et vos prochains projets ?

J’attends de vivre de nouvelles expériences, multiplier des rencontres artistiques et découvrir de nouvelles facettes de ce métier (le cinéma?) . J’aime écrire des chansons mais j’adore aussi me lancer dans la collaboration. Les choses n’arrivent jamais par hasard donc je laisse le temps aux rencontres !

Interview d’Emmanuel Alavoine, Président de LBI Corée

2019 December 12
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LBI est un groupe de conseils et de formations professionnelles de pointe, établi en 2009 en Corée, puis à Hong Kong et en Chine en 2013 et 2014. Les bureaux et le centre pédagogique à Paris permettent également d’être en contact direct avec les grands groupes du Luxe et les sources pédagogiques et de conseils les plus pertinentes. Pour plus d’informations, rendez-vous sur https://www.lbi-korea.co.kr/

Emmanuel Alavoine - LBI Korea - Interview Corée Affaires

Parlez-nous de vos projets cette année.

2019 a marqué une étape majeure pour LBI Corée, dans l’extension de ses compétences de formation professionnelle, et dans l’affinement de ses solutions de conseils et d’accompagnement.

Le E-Learning a rempli ses premiers objectifs, avec plus de 1000 collaborateurs et collaboratrices formés, parmi les marques les plus prestigieuses, et dont les employeurs ont adopté nos solutions « Luxury Attitude », adaptées aux différents métiers.

Nous avons poursuivi la conception de programmes de formations sur mesure pour les plus grandes marques du Luxe (Parfums Beauté, Mode, Accessoires, Bagagerie, Chaussures, etc…).

Nous avons également développé des solutions de formation, toujours sur-mesure, pour des grands groupes coréens, et avons participé, aux côtés des plus grands noms de l’hôtellerie internationale, à leur engagement dans l’élévation de la qualité de service et de l’accueil clients.

Racontez-nous vos liens entre la France et la Corée.

Nous sommes capables d’être immergés dans les deux cultures à la fois avec notre équipe coréenne et notre proximité avec les marques du luxe français (mais aussi italien et allemand notamment) : nous sommes une passerelle, ce que j’appelle des conseillers-interprètes. Nous sommes totalement bilingues dans la prise en compte des objectifs stratégiques des marques qui sollicitent nos services, et la formation en classes, en pur E-learning, ou la combinaison des deux.

Grâce à l’ensemble de nos actions, nos liens et références avec notre marché et sa culture sont devenus encore plus profonds.

Cette année, le Gala de la FKCCI met Monaco à l’honneur. Que représente la Cité-Etat pour vous ?

Je pense que c’est un lieu unique où il y a une démonstration au quotidien à la fois de l’art de vivre et du savoir-faire, les deux principaux axes de l’industrie du Luxe. C’est là où on vit le Luxe et le consomme au plus haut niveau.

En partenariat avec la FKCCI, mettre à l’honneur la Principauté de Monaco est une opportunité pleine de sens pour nous. Même si elle se trouve à plus de 9 000 km de notre pays, la Principauté de Monaco permet aux étudiants d’étudier le Luxe tout en l’expérimentant au quotidien. Son emplacement géographique, à la frontière de la France et de l’Italie, les deux pays leaders dans la création du Luxe, son environnement linguistique international, son centre d’affaires et son cadre légal et financier unique, ont favorisé l’émergence des secteurs d’activités les plus représentatifs de nos clientèles chez LBI Corée : Immobilier haut-de-gamme, hôtellerie, grâce au succès multi-centenaire de la Monte Carlo Société des Bains de mer, les casinos, le yachting, … La Formule Un et le Grand Prix contribuent également à faire converger vers la Principauté, les médias internationaux et les investissements technologiques de la course automobile.

La Principauté est enfin en pointe dans le déploiement d’actions concrètes liées à la démarche de développement durable qui est au cœur des stratégies des grands groupes du Luxe. Les actions internationales pour les océans, la faune et la flore de Monaco atteignent désormais une reconnaissance mondiale.

Le 5 décembre, vous avez organisé un séminaire « Study in Monaco », parlez-nous de votre partenariat académique avec la Principauté.

Cela fait 2 ans que LBI a établi un partenariat exclusif et privilégié avec l’Université Internationale de Monaco. L’IUM est un des établissements de formation supérieure les plus reconnus dans la Principauté, membre du groupe INSEEC.U. L’INSEEC.U est un groupe leader d’enseignement supérieur français avec des campus présents sur plusieurs continents. L’IUM dispense ses enseignements en anglais, avec un corps professoral et professionnel de niveau international. Ils ont créé en 2006 l’un des tous premiers masters du management du Luxe au monde, dont LBI est partenaire. En Corée, c’est encore plus nouveau avec l’Université d’Ewha qui a créé l’équivalent en 2018.

LBI contribue activement à la construction des liens entre l’IUM et la Péninsule, et ses établissements universitaires les plus prestigieux, tels que l’Université d’Ewha, via les échanges internationaux d’étudiants, la construction des carrières des diplômés, ou l’élaboration à Séoul de programmes courts et opérationnels sur le Luxe, appelés « Asian Track » adossé au master.

Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à Paris

2019 December 9
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Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à ParisBonne nouvelle pour les Français férus de culture coréenne ! Le 20 novembre 2019, le Centre culturel coréen de Paris, en France, a célébré son agrandissement et sa relocalisation rue de la Boétie à proximité de l’avenue des Champs Elysées, dans le 8ème arrondissement de Paris.

À cette occasion, près de 500 invités ont visité la nouvelle exposition « Tekkal, couleurs de Corée », qui met en lumière le sens et l’utilisation des couleurs dans la vie et la culture coréenne. L’exposition présente des objets traditionnels et contemporains de la vie quotidienne coréenne à travers 3 sections : « Monochrome », « Jeu de couleurs » et « Polychrome ». Dans une seconde partie, sont exposés les costumes traditionnels coréens Hanbok réputés pour leurs couleurs éclatantes et leurs magnifiques broderies. Il s’agit de la première édition de l’exposition réalisée en collaboration avec le Musée National du Folklore de Corée.

En plus des expositions régulières, le nouveau centre est prêt à répondre à l’engouement croissant des Français pour la culture coréenne. Le bâtiment de 7 étages entièrement rénové est équipé d’un atelier Hansik – la nourriture traditionnelle coréenne -, une salle de concert, une bibliothèque, des salles de conférence et d’étude pour l’apprentissage du coréen.

Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à Paris

Durant la soirée d’ouverture, les invités ont également eu la chance d’assister au concert du pianiste Sunwoo Yekwon, lauréat du Concours international de piano Van-Cliburn 2017. Au programme : Chopin, Debussy, Ravel et la pièce coréenne « Le Mont Geumgang me manque » arrangé par Sol Il-Hoon. Une belle soirée complétée par la dégustation de la cuisine coréenne du chef Oh Se-Deuk au sein du nouvel atelier Hansik. Suite à l’inauguration, le centre proposera en plus de « Tekkal » une vingtaine d’évènements culturels jusqu’en février 2020 tels que le magnifique spectacle « Scent of Ink » du célèbre chorégraphe Choi Hyeon, le concert « K-music party », l’exposition Webtoon, l’atelier d’initiation à la cuisine coréenne et une conférence sur les technologies de l’information.

Une belle programmation qui va donner un second souffle aux arts et la culture coréenne dans la Ville Lumière !

Retrouvez tous ces événements sur : http://www.coree-culture.org/

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée : point de vue d’expert

2019 November 1
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Corée Affaires part à la rencontre de Thomas Comte, Directeur de projet en transition énergétique à Vallourec, ancien Président de la branche Japon et Corée de Vallourec & ancien Président du Comité énergie France-Corée.

Thomas Comte - Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Vallourec - Comité énergie France Corée

Thomas Comte, Directeur de projet en transition énergétique à Vallourec

  • Vous avez été président du Comité énergie France-Corée animé par la Chambre de Commerce France-Corée et impulsé sa fondation en 2018 ; pouvez-vous nous le présenter ?

TC : Avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-coréenne, nous avons lancé le 12 février 2018 le Comité énergie France-Corée. Le Comité est composé d’un noyau dur de 6 sociétés françaises du secteur énergétique établies en Corée.

En 2019, au regard de l’intérêt de ses membres pour échanger sur la veille, l’environnement des affaires ainsi que les différentes solutions technologiques, nous avons décidé de l’élargir aux acteurs coréens, comme le Ministère de l’industrie, du commerce et de l’énergie, les universités et les grands groupes industriels tels que les équipementiers. Cette ouverture est en ligne avec notre objectif de stimuler la coopération entre nos deux pays tout en favorisant l’innovation pour une économie moins carbonée. A l’été 2019, nous comptions ainsi une vingtaine de membres, PME et grandes entreprises sur toute la chaîne de valeur de l’amont à l’aval des secteurs énergétiques.

  • Pouvez-vous nous partager votre point de vue sur les évolutions des marchés de l’énergie en Corée ?

TC: Le marché évolue fortement au regard des engagements pris par la Corée dans le cadre des COP21 et COP22. La Corée est à la croisée des chemins : depuis l’élection du président Moon Jae-In, son administration a adopté une approche volontariste avec la mise en place du « plan 3020 », c’est-à-dire 20% du mix de production électrique à partir des renouvelables dès 2030. Cette politique a un impact important car certains projets thermiques et nucléaires ont été arrêté. De nouveaux programmes sur les renouvelables ont été mis en place visant à former des clusters nationaux autour d’universités et d’industriels, comme le projet éolien off-shore à grande échelle dans le sud-ouest. Le secteur de l’hydrogène commence à se structurer, les écoquartiers se développent et la mobilité verte émerge, notamment à Jeju.

Les conséquences sont importantes sur le tissu industriel coréen, notamment les équipementiers qui doivent s’adapter rapidement à ce nouvel environnement. Les consommateurs font aussi des efforts sur ce sujet, car ils subissent des augmentations significative et régulière des prix de l’électricité.

  • Pensez-vous que les mentalités changent concernant le respect de l’environnement ?

TC: Tout à fait, la prise de conscience est assez récente et soudaine, notamment au regard de la pollution de l’air. Quand les pics dépassent 100 sur l’échelle IQA (Indice de Qualité de l’Air) plusieurs jours par semaine, comme cela a été le cas de nombreux mois en 2019, il s’agit d’un signal d’alarme pour la santé des personnes fragiles en particulier. En parallèle, la communication des acteurs publics sur le sujet est très forte et contribue à l’effort de prise de conscience.

Ainsi, sur certains sujets les coréens ont un bon niveau d’éco-conscience : on le voit au niveau du tri des déchets par exemple, mais tous n appréhendent pas encore complètement les transformations que cela implique sur le tissu industriel, ni sur les évolutions sur les formations et les emplois à venir.

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Vallourec - Comité énergie France Corée

  • Quels constats faites-vous sur les nouveaux marchés de la transition énergétique : le carbone, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ?

TC: En matière du prix du carbone, la Corée, à l’instar de l’Union Européenne, a fait le choix en 2015 d’instaurer un marché de quota d’émissions. 600 entreprises y prennent part et peuvent y acheter et vendre des quotas d’émissions. Dans les prochaines années, notamment la phase 3 (2021-2023), il est fort probable que le gouvernement élargisse le marché à de nouveaux acteurs tels que les banques publiques pour accélérer les transactions et rendre le système plus incitatif.

Du côté des Energies Renouvelables, la croissance de ce marché repose sur deux axes : le solaire photovoltaïque et l’éolien, en particulier l’éolien en mer. Le plan « RE3020 » est ambitieux : il prévoit 30GW de capacité photovoltaïque et plus de 16 GW de capacité éolienne à installer en à peine plus d’une décennie. C’est très ambitieux compte tenu des capacités actuelles. Les premiers projets d’éoliennes en mer produisent d’ores et déjà de l’électricité au large de l’île de Jeju, avec la ferme de Tamra.

On constate aussi que l’approche coréenne est plutôt axée sur l’offre, et non sur la demande. Ainsi, l’efficacité énergétique est à ces débuts. Néanmoins dans le 8e plan de planification de l’énergie, le gouvernement a revu à la baisse le pic de demande d’électricité à l’horizon 2030, marquant une baisse de 11% comparativement au 7e plan national.

  • Comment les entreprises coréennes se positionnent-elles par rapport à ces changements ?

TC: Nous sommes à l’aube de la 4e Révolution Industrielle : l’ère du digital et de l’intégration des services. Le tissu industriel coréen qui a contribué au succès de la Corée depuis les années 70 est en train de se transformer structurellement, et nous observons un phénomène d’intégration dans certains secteurs.

Par exemple, les grands groupes pétrochimiques coréens investissent dans la production de panneaux solaires ou de batteries électriques pour véhicules. Sur ces deux secteurs, les coréens sont d’ores et déjà des acteurs mondiaux incontournables et continuent d’investir massivement.

Le fait d’avoir intégré les électriciens et équipementiers coréens dans le Comité énergie France-Corée permet de partager leur perception de cette révolution, de découvrir comment elles opèrent, de partager les meilleures pratiques et surtout de repérer les opportunités de coopération sur toute la chaîne de valeur.

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Comité énergie France Corée

  • Quels conseils donneriez-vous pour les entreprises étrangères qui souhaitent s’aventurer sur le marché local de l’énergie ?

Une des premières difficultés est la configuration du pays : il est de taille réduite, avec un relief montagneux, très construit et densément peuplé, ce qui complique l’installation de nouveaux équipements. D’autre part, la réglementation est complexe au niveau fiscal et douanier : il faut se faire accompagner par des experts.

Il est également primordial d’être sur place pour comprendre l’évolution rapide de l’économie et se nourrir des expériences d’autres entreprises étrangères, et de ne pas considérer la Corée comme l’une des étapes d’une tournée en Asie. La Corée est un pays où il faut investir sur la durée, connaître les acteurs et construire des relations sur des années pour se forger une analyse fine des spécificités du pays au-delà des aspects linguistiques et culturels. A ce titre, la Chambre de Commerce franco-coréenne, ainsi que Business France sont autant d’atouts précieux pour aider les entreprises françaises en Corée à s’installer ou les groupes coréens à investir en France. Enfin, je mentionnerai aussi la belle opportunité que représente pour la Corée d’accueillir le siège mondial du Fonds Vert pour le Climat près d’Incheon, qui est une importante structure de l’ONU dédiée à collecter les fonds de la COP pour développer des projets « verts » dans les pays émergents. Nous avons eu la chance de les intégrer dans certains travaux du comité récemment et de rencontrer leurs dirigeants.

Malgré les barrières évoquées, la Corée dispose d’atouts majeurs dans l’innovation et sa capacité d’action rapide. Je suis toujours impressionné par la capacité de mobilisation pour une cause, c’est-à-dire l’alignement des moyens du gouvernement, du secteur privé et des associations professionnelles pour une cause nationale, comme l’économie verte et l’innovation. Je viens de quitter la Corée pour revenir en France et je souhaite beaucoup de succès à mon ancien pays d’accueil, notamment sur sa transition énergétique qui est devenu un enjeu majeur.