Great Mountains Music Festival, un programme coloré

2015 July 3
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by Corée Affaires

[대관령국제음악제]지면광고_클럽발코니(260x332)_Initié par le professeur Hyo Kang de la Juilliard School en 2004 et maintenant dirigé par sa sœur, la violoncelliste Chung Myung wha et la violoniste Chung Kyung-wha, le festival rassemble des artistes acclamés du monde entier, des
professeurs, des élèves talentueux et des amateurs de musique classique chaque été à Pyeongchang. Cette année, le festival met en lumière une nouvelle dimension de la musique classique française avec un programme exceptionnellement riche :

Juillet 2015

THÉÂTRE-

Joris Lacoste, Suite n°2

Les 4 et 5 juillet, Asian Arts Theater, Gwangju

-MUSIQUE-

Concert de l’Orchestre Philharmonique de Séoul avec le chef d’orchestre Alexandre Bloch

Le 17 juillet à 20h, Seoul Arts center, Concert Hall

 

-MUSIQUE-

Great Mountain International Music Festival & School : French Chic

Avec Alexandre Baty, trompettiste ; Thierry Escaich, compositeur ; Adrien Perruchon, timbalier et chef d’orchestre

Du 23 juillet au 2 août, Alpensia Concert Hall, Pyeongchang

 

-MUSIQUE-

7 weeks

Le 25 juillet, Club Realize, Busan

Le 26 juillet, Thunderhorse Tavern, Séoul

 

-ARTS VISUELS-

Exposition Bonjour! France Contemporary Art Exhibition

Du 28 juillet au 11 octobre, Seongnam Arts Center, Cube Art Gallery

 

Aout 2015

-THÉÂTRE-

Arthur Nauzyciel, Splendid’s de Jean Genet

Du 21 au 23 août, Myeongdong Theater

 

Pour plus d’informations : www.gmmfs.com/program_eng/engIndex.asp

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Numéro un sur les cosmétiques masculins

2015 June 30
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Par Eva JOHN

La Corée est le pays où les hommes dépensent le plus en soins pour le visage, d’après l’Institut coréen pour le développement de l’industrie de la santé (KHIDI). Ils auraient acheté pour plus de 500 millions d’euros en produits de beauté en 2013, soit un cinquième de la production internationale, rapporte le cabinet d’étude Euromonitor. Le chiffre est en léger recul du fait du ralentissement économique général, mais le secteur reste néanmoins en pleine croissance.

[AMOREPACIFIC] innisfree Forest for Men Perfect All-in-One Skin 2

Innisfree

Lotions hydratantes, crèmes de soin, mais aussi fonds de teint, BB et CC creams, et même du mascara : « l’offre s’est beaucoup diversifiée récemment», constate un responsable chez Amore Pacific. Le groupe s’adresse aux hommes depuis le haut de gamme jusqu’au grand public via ses différentes marques – Sulwhasoo, Hera, LaNeige, Mamode ou encore Innisfree. Entre 2007 et 2012, les produits « homme » du groupe ont enregistré une croissance moyenne de 11 % sur les six dernières années. Depuis cinq ans, le concurrent LG Bonin enregistre une croissance annuelle de 12%. Les produits pour hommes ne représentent certes qu’entre 5 et 8% du marché des cosmétiques coréens. « Mais ce sont eux qui enregistrent la croissance la plus forte. Et ce pourcentage ne va cesser d’augmenter », prédit Ji-hye YANG, analyste chez KB Investment & Securities. « Avant, les produits pour hommes étaient surtout des dérivés des gammes féminines. Mais à mesure que l’intérêt pour la beauté augmente, de plus en plus de produits sont spécialement conçus pour les hommes ». Ainsi le groupe Amore Pacific a-t-il lancé deux gammes exclusivement pour les soins de la peau des hommes : Odyssey et MIREPA. Le groupe français L’Oréal de son côté propose toute une gamme de soin (hydratants, anti-rides, contours des yeux, etc) pour les hommes sous sa marque Biotherm Homme.

Autre évolution : les cosmétiques, qui auparavant se vendaient avant tout en ligne, trouvent désormais leur place dans les rayons des pharmacies et des grands magasins. Le « cushion », fond de teint éponge dans un boitier rond et qui s’applique par pression avec une éponge, est l’un des derniers produits de beauté en vogue au pays du matin calme. Sa version pour hommes s’est vendue à plus de 30 millions d’exemplaires entre 2008 et juillet 2014, rapporte Amore Pacific. Quant au produit phare de la marque IOPE, le « Man bio essence », il a rapporté plus de 7,5 millions d’euros en moins de six mois, après sa sortie en février 2014.

Biotherm Homme

Biotherm Homme

Le cœur de cible ? Entre 18 et 50 ans, répondent la plupart des marques. Pour beaucoup de jeunes diplômés, la beauté est devenue une arme professionnelle comme une autre. Chaque année, Korean Air organise d’ailleurs des cours de maquillage pour son personnel masculin. En outre, certains produits ont spécialement été pensés pour les jeunes effectuant leur service militaire obligatoire : crèmes protégeant contre le soleil et le froid, crèmes de camouflage, soins pour les pieds, etc. En plus de sa gamme de produits cosmétiques, qui occupent un coin chez Olive Young, (lotions nettoyantes et hydratantes, crèmes de rasage, brumisateurs, des crèmes solaires, des baumes à lèvres), le groupe CJ a même lancé sa chaîne XTM, avec des programmes spécialement dédiés « aux hommes qui aiment prendre soin d’eux ». Avec pour slogan « Dépasser l’ordinaire et renaître », XTM vise avant tout les hommes entre 25 et 30 ans, actifs, qui aiment les activités de plein air.

Sans aucun doute, les visages de poupons des stars de la k-pop ont contribué à creuser cet appétit des hommes sud-coréens pour les produits de beauté. Chanteurs et acteurs jouent d’ailleurs volontiers les égéries des produits pour hommes… comme pour femmes. Et comme pour la vague de pop coréenne, cet engouement a rapidement dépassé les frontières de la Corée pour se répandre à toute l’Asie.

LaNeige, Mamonde, et Innisfree homme sont déjà présents en Asie, et spécialement en Chine. Quant à IOPE, elle prévoit d’entrer sur le marché chinois en 2015. En France, Amore Pacific s’en tient toutefois pour l’instant à ses parfums Lolita Lempicka et Annick Goutal. Il faut dire qu’en Europe, les soins et surtout sur le maquillage au masculin font encore l’objet de réticences. Preuve en est la récente enquête du cabinet d’étude Canadean, menée auprès de 2000 consommateurs en Grande-Bretagne. D’après ses conclusions, près de 93 % des consommateurs, hommes et femmes, penseraient que les hommes ne devraient pas porter de maquillage. Et seul un maquillage ponctuel et visant à cacher des imperfections serait toléré.

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Découvrez le nouveau site web de la FKCCI !

2015 June 22
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by Corée Affaires

GrandFondSite-2000x2810px-2015.06.05-v1_emailng v5La FKCCI est heureuse de vous présenter son nouveau site internet !

Cette nouvelle plateforme vous propose plus d’information, de nouveaux services et un nouveau design à l’ergonomie plus intuitive, permettant l’usage de nombreux médias !

 

  • Une plateforme bilingue, web responsive à l’ergonomie plus intuitive, permettant l’usage de nombreux médias et connectée aux réseaux sociaux
  • Un design et un outil cohérent avec le réseau des CCIFI, les Chambre de commerce et d’industrie françaises à l’étranger
  • Plus d’informations sur les services de la FKCCI, sur le marché coréen et sur l’emploi en France et Corée.
  • Point presse quotidien sur les marchés coréens et français
  • Revue de presse régulière sur les actualités des Membres de la FKCCI
  • Plus de services pour les Membres : un annuaire en ligne détaillé et gérable par les Membres, un Espace Membre mettant à disposition de nombreux documents et informations.
  • Des espaces publicitaires plus visibles et flexibles pour les annonceurs. Vous pouvez trouver plus d’information sur les opportunités de communication au travers des réseaux de la FKCCI dans Communiquez avec la FKCCI.

Afin d’être toujours au plus près des besoins de ses Membres, l’équipe Communication de la FKCCI est à l’écoute de tout retour de votre part sur ses nouveaux outils ! N’hésitez pas à nous contacter à communication@fkcci.com

 

Visitez notre nouvelle plateforme et profitez de ses divers contenus !

www.fkcci.com

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Bien choisir ses canaux de distribution

2015 June 16
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Par Laetitia VALLEE

10« Les distributeurs coréens ne traitent presque jamais avec des exportateurs étrangers et préfèrent travailler avec des agents » explique Stella YOON, directrice du service Appui aux entreprises de la FKCCI. Il est donc très important pour les entreprises françaises de choisir avec soin leur partenaire coréen, car celui-ci prendra en charge toutes les étapes de commercialisation sur le marché coréen, du choix des canaux à la communication.

L’agent gère aussi les formalités d’importation et l’enregistrement des produits auprès du Ministry of Food and Drug Safety (MFDS), qui classifie les produits en deux catégories : fonctionnel (crème solaire, blanchissante, anti-rides…) et général. La Korean Pharmaceutical Trade Association (KPTA) est aussi habilitée à revoir et autoriser l’importation de certains produits cosmétiques. Les régulations peuvent être très strictes, notamment concernant les produits bio (dont la mention n’est pas autorisée) ou dermo-cosmétiques, qui ne peuvent pas indiquer leurs propriétés médicales. De nombreuses mesures contraignantes peuvent ainsi constituer des obstacles à l’importation de certains cosmétiques.

Bien choisir ses canaux de distribution est primordial, car ceux-ci peuvent être des facteurs de succès autant que d’échec. Ces derniers ont beaucoup évolué au cours des dix dernières années, avec la forte polarisation du marché et la croissance des cosmétiques de masse. Le secteur a ainsi vu l’émergence de nouveaux canaux, qui se sont développés aux dépens des plus traditionnels. Internet, les franchises comme Missha et THEFACESHOP, le duty free, le téléshopping et les parapharmacies sont appelés à croître davantage, par rapport aux grands magasins, qui perdent progressivement des parts de marché sur les cosmétiques, ou au porte à porte. La vente dans les hypermarchés demeure minoritaire.

Les nouveaux canaux de Distribution


Internet et mobile

8Avec l’un des taux d’accès à Internet haut débit les plus élevés au monde, la Corée connaît une très forte croissance des ventes en ligne et sur mobile ou encore sur les réseaux sociaux marchands, comme Tmon ou WMP. En plus des grands distributeurs comme CJ O shopping, toutes les enseignes ont leur plate-forme de vente en ligne. L’Occitane, présent en Corée depuis 9 ans, connaît un véritable succès sur la vente en ligne.

Les parapharmacies

Les parapharmacies rencontrent un succès fulgurant en Corée. Ces magasins surfent sur la vague bien-être et vendent principalement des produits cosmétiques, des compléments alimentaires et des médicaments. « A la différence des franchises qui ne proposent qu’une seule marque, ces magasins ont l’avantage de donner le choix aux consommateurs, qui aiment essayer différentes marques » explique Yann LE BOURDON, président et directeur exécutif de L’Oréal Korea. Les produits dermo-cosmétiques, entre beauté et dermatologie, sont particulièrement populaires auprès de ces enseignes.
Les trois principaux acteurs sont Olive Young, Watson’s et W Store.

Le téléachat

Le téléachat fait aussi partie des réseaux les plus populaires, en particulier pour les lancements de marque et les marques étrangères. En effet, média de masse en même temps que distributeur, le téléachat permet de réaliser des opérations de communication massive et écouler ses stocks rapidement. Ce canal est cependant à double tranchant : le téléachat n’attend pas, si le produit ne marche pas dès le début, il est très vite abandonné. Qui plus est, il peut donner une image de marque bas de gamme ou bradée, puisqu’il repose sur des opérations promotionnelles agressives, avertissent de nombreux professionnels du secteur.

Le duty free

Le marché sud-coréen hors taxe connaît une forte croissance depuis une dizaine d’année et représentait 16% de la vente de cosmétiques en 2013. Cette croissance résulte surtout de l’augmentation du nombre de Coréens voyageant à l’étranger et du nombre grandissant de touristes, en particulier chinois et japonais. Il y a deux types de magasins hors taxe en Corée : les magasins dans les zones internationales (aéroports) et les boutiques en ville. Les consommateurs sont principalement intéressés par les produits haut-de-gamme, qu’ils peuvent trouver à meilleur prix. L’on y retrouve ainsi les grandes marques comme Chanel, Dior, Lancôme ou L’Occitane, mais aussi des marques plus modestes, jouissant d’une certaine reconnaissance en Asie, comme Hera ou Missha.

Les franchises

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Note: Based on 1H12 / Source: Amore Pacific, Woori I&S Research Center

Les franchises, qui commercialisent leur propre marque en se fournissant auprès de producteurs, ont connu une grande croissance ces dix dernières années, notamment THEFACESHOP, véritable « success story ». Fondé en 1962 comme distributeur, THEFACESHOP ouvre sa première boutique en 2003, avec des produits bon marché. En ayant monté en gamme tout en restant compétitive, l’enseigne a maintenant plus de 2300 boutiques dans plus de 29 pays.

Les canaux de distribution traditionnels

Les grands magasins

Les grands magasins continuent à être l’un des principaux canaux de distribution, mais ils connaissent un ralentissement continu ces dernières années, en faveur d’internet et des parapharmacies. Ce canal demeure très intéressant pour les marques françaises, qui représentent à elles seules 50 % du marché des produits de luxe distribués en grand magasin. De plus, leur récent recul les pousse à renouveler leur offre et à s’intéresser à d’autres types de cosmétiques comme la dermo-cosmétique.

Le porte à porte

Amore Pacific gagnerait 70% de ses ventes à travers 34 000 vendeurs porte à porte. Principal réseau de distribution dans les années 1980, le porte à porte perd de son importance, à moins d’avoir les moyens et les équipes d’ambassadeurs nécessaires comme le géant coréen.

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Production cosmétique : deux géants dans l’ombre

2015 June 9
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by Corée Affaires

Par Eva JOHN

Derrière une partie des produits vendus par les grandes marques de cosmétiques coréennes se cachent des OEM (Original Equipment Manufacturer) et ODM (Original Design Manufacturer)¹ qui assurent la production. Peu connu du grand public, ce système de B2B fructueux est pourtant crucial pour comprendre la vivacité du marché.

1.________Les ventes de cosmétiques sur le marché des OEM et ODM sont estimées à 750 millions d’euros, soit environ 10 % du marché des cosmétiques. Un secteur dominé par deux géants coréens, Kolmar et Cosmax, qui représentent à eux seuls près de la moitié des parts de marché. Le premier compte pas moins de 500 clients, parmi lesquels des marques coréennes (LG, Amore Pacific et Nature Republic) et étrangères (Unilever, L’Oréal, AMWAY ou encore L’OCCITANE). Kolmar assure même que 50 % des produits sur le marché coréen des cosmétiques sont les siens. En 2013, cette entreprise a enregistré un bénéfice de 278 millions d’euros dans les cosmétiques et 188 millions d’euros dans le domaine pharmaceutique et des compléments alimentaires, avec une croissance de 13% entre 2012 et 2013. De son côté, Cosmax a réalisé entre janvier et septembre 2014 un chiffre d’affaires de 208 millions d’euros grâce à ses ventes en Corée, en Chine et en Indonésie. Elle fournit environ 150 marques, dont 120 coréennes et 30 étrangères. Parmi ses principaux clients : LG Household & Health Care Ltd. (THEFACESHOP), Amore Pacific (Innisfree, Etude), Johnson & Johnson ou encore L’Oréal.

« Les marques n’aiment pas beaucoup en parler, mais une sur trois y aurait recours. Ce fonctionnement permet aux distributeurs de gagner en efficacité en se concentrant uniquement sur le marketing. Cela a aussi réduit le nombre de barrières à l’entrée du marché », explique Ji-hye YANG, experte chez KB Investment & Securities. « Amore Pacific sous-traite seulement un nombre très limité de produits. La plupart de nos produits sont fabriqués par nos propres filiales, ce qui nous permet une gestion plus efficace et une maintenance de qualité », tempère un responsable du célèbre groupe. « Nous avons notre propre usine à Cheongju. Nous ne faisons fabriquer que certains de nos produits par des entreprises OEM, comme les produits colorants », concède-t-on chez LG Bonin. « Nous opérons dans l’ombre. Nous essayons de rester en retrait, pour ne pas entraver les activités de nos clients », confie Jihae KIM de chez Kolmar.

4. ___ ___ ___ __ ___C’est il y a une dizaine d’années que le système a connu son essor. « Dans les années 90, quand nous avons démarré, la plupart des entreprises développaient et fabriquaient leurs propres produits. Le marché des cosmétiques a commencé à changer il y a dix ans. Vers 2003, des marques de milieu de gamme telles que Missha et THEFACESHOP, qui n’ont ni laboratoires ni usines et ne s’occupent que des ventes, ont pris la tête du marché. C’est à ce moment-là que l’activité des entreprises comme la nôtre s’est intensifiée », raconte Tae-kyu IM, responsable chez Cosmax.

D’après Cosmax et Kolmar, les investissements dans la recherche et le développement sont un facteur de succès décisif. Dans les deux entreprises, environ 30% des employés sont des chercheurs. Elles consacrent respectivement 3 et 5% de leurs bénéfices aux investissements dans la R&D et les nouvelles technologies. « Il est par ailleurs crucial de pouvoir être flexible et réactif », ajoute Taekyu IM. « Le marché coréen change très rapidement. Quand un nouveau produit sort, il ne reste généralement pas plus d’un an sur le marché. Il est donc primordial que nous puissions livrer nos clients dès qu’ils en ont besoin. Cette année, Cosmax a fabriqué 160 millions de produits en Corée ».

6. ____ ___ __De plus en plus d’entreprises OEM et ODM lorgnent désormais vers l’étranger, notamment la Chine, marché prometteur où leurs usines répondent à la demande locale. Cosmax est présent en Chine (Shanghai et Guangzhou), en Indonésie (car la plus grande usine de L’Oréal est à Jakarta) et aux Etats-Unis. Quant à Kolmar, elle a lancé en 2007 une filiale à Pékin. En deux ans à peine, le nombre de clients sur place avait déjà atteint la centaine et en 2013, cette branche a enregistré une croissance de 132% par rapport à l’année précédente. Pour répondre à la demande chinoise, l’entreprise prévoit de quadrupler ses capacités de production.

De nouveaux acteurs tentent malgré tout une percée sur ce marché très concentré. C’est le cas de Yeon Tai KIM, de chez Cosmecal, une PME néo-calédonienne spécialisée dans les produits à base d’huile de Niaouli, une plante connue pour ses vertus énergisantes mais encore complètement absente des produits coréens. « C’est très difficile pour une petite entreprise comme la mienne d’entrer sur le marché coréen avec des produits inconnus du grand public. C’est pourquoi j’envisage de m’associer à une marque coréenne ».


1. L’ODM et l’OEM fabriquent les produits qui seront vendus sous le nom d’une autre entreprise. L’ODM fabrique l’équipement selon un cahier des charges client alors que l’OEM le fabrique selon ses propres spécifications, le client étant uniquement responsable de la distribution.

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Le culte de la beauté

2015 June 2
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Par Laetitia VALLEE

c1Les rituels de beauté quotidiens des Coréennes sont parmi les plus complexes et sophistiqués au monde, avec 26 étapes quotidiennes : lavage, gommage, huile hydratante, fondation, CC Cream, BB Cream, fard à paupière, gloss,… « Les usages et les critères de beauté sont spécifiques à la Corée, et il est important de ne pas pénétrer le marché coréen comme l’on entre sur le marché européen » avertit Stella YOON, directrice du service Appui aux entreprises de la FKCCI.

Qu’est-ce que la beauté coréenne ? La réponse est bien souvent liée aux chiffres affolants de la chirurgie esthétique (1 Coréen sur 77 y aurait recours) et aux images véhiculées par la K-pop et ses idoles, qui séduisent l’Asie entière. Ils incarnent des critères bien précis : peau blanche et claire, de grands yeux à double paupière, un bas du visage fin et en cœur, une silhouette très mince à la poitrine généreuse,… Pourtant, attention aux idées reçues, avise James TURNBULL, écrivain et intervenant spécialiste du féminisme, de la sexualité et de la culture populaire en Corée : « Il y a un grand écart entre la beauté pour les stars et celle des femmes coréennes, qui ne veulent pas nécessairement leur ressembler : la poitrine, par exemple, demeure taboue, et, contrairement à l’image véhiculée par les idoles pop, le taux d’opération d’augmentation de la poitrine est très faible. »

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© Illustration: Hera (Amore Pacific)

Hera, marque du groupe Amore Pacific, tente de définir la femme coréenne en étudiant les résidentes de la capitale, et lance un nouveau concept à l’image de la Parisienne, symbole de la Française connu dans le monde entier : la « Séoulista ». Armée de hauts talons, d’une minijupe et d’un gloss rosé (quand selon l’enseigne, la Parisienne porte un jean slim, des ballerines et du rouge à lèvre rouge), la Séoulista est « vibrante, brillante, inspirante et exigeante vis-à-vis d’elle-même ». Au vu de la fascination croissante qu’elles exercent sur l’Asie, les Séoulista seront-elles les prochaines prescriptrices de tendance, au même titre que la Parisienne ou la New-Yorkaise ? Toujours selon l’enquête menée par Hera, qui recherche aussi sur le « branding » international de la Coréenne, 17,5 % des interrogés étrangers connaissent les femmes coréennes principalement pour leur beauté et le soin de leur apparence…

Au cœur de la définition de la beauté : le naturel, objectif même de tous ces rituels de beauté, et la perfection de la peau. Ainsi, les soins pour la peau représentent le principal moteur de croissance et couvrent 50% du marché (+58% de 2005 à 2013). Ils comprennent principalement les soins du visage comme les crèmes solaires, anti-âge et blanchissantes. Parmi les produits populaires viennent ensuite les produits de maquillage, les préparations capillaires, l’hygiène pour femme, les parfums et les produits hygiène et toilette. « Très exigeants sur l’efficacité, en quête du produit qui leur accordera cette perfection, les consommateurs coréens aiment découvrir de nouveaux concepts ; ils aiment les produits ludiques et n’hésitent pas à utiliser de nombreuses marques dans leurs rituels quotidiens. » explique Hojung LEE. Une idée que la marque Hera confirme : la trousse à maquillage de la Séoulista est bien plus fournie que celle de la Parisienne…

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© Illustration: Hera (Amore Pacific)

Pourquoi ce culte de la beauté ? Celle-ci apparaît autant comme une exigence sociale que personnelle. « Il y a un besoin, voire une injonction à la perfection qui s’applique à l’ensemble de la vie des Coréens, et qui peut être très pesante pour les femmes et favoriser le recours croissant à la chirurgie esthétique, par exemple » analyse Mina SOHN, journaliste coréenne. « Ce sens de la perfection est un vrai moteur pour les Coréens et les rend très diligents et travailleurs : pour leurs études, leur travail, leur famille, ils veulent être les meilleurs » ajoute Hojung LEE, co-fondatrice de la marque Erborian. La perfection physique devient alors un enjeu, voire un outil social, comme le constate Mike BREEN dans son essai Les Coréens : « cela ne gêne généralement pas les Coréens de commenter et juger sur l’apparence, y compris pour le recrutement par exemple, qui peut être basé sur ce genre de critères superficiels. C’est pourquoi les gens sont très, très conscients de leur apparence ». « Le ralentissement économique et le chômage des jeunes ne fait qu’accentuer cette compétition et l’importance sociale de la beauté. » complète James TURNBULL. Ce qui pourrait expliquer la croissance paradoxale de l’industrie de la beauté.

Une chose est sûre : avec l’entrée croissante des femmes sur le marché du travail et leur curiosité pour les outils de la beauté, le marché coréen se présente comme un laboratoire d’idées et n’a pas fini d’ouvrir ses portes à tout entrepreneur inspiré, à condition, insiste James TURNBULL, « de ne pas foncer sur des stéréotypes et comprendre le marché avec le point de vue de Coréens. »

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L’industrie des cosmétiques. Pourquoi la Corée ?

2015 May 26
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Par Laetitia VALLEE

3 « Même si je gagne moins d’argent, je continue à acheter des produits de beauté ! » En 2014, l’éditeur The Book, spécialisé dans la beauté, organisait son séminaire annuel Single’s Beauty sur ce thème, suite à une enquête menée auprès de consommateurs coréens. Effectivement, le marché cosmétique coréen est l’un des rares à ne pas avoir connu la crise. Avec un chiffre d’affaires de 6,6 milliards d’euros en 2013, soit une croissance de 4,8 %, la Corée est le troisième marché d’Asie et au douzième rang mondial. Ce dynamisme se reflète aussi dans les importations, qui ont connu une croissance annuelle moyenne de 10% depuis 2005, malgré un léger recul depuis 2012.

La France se place parmi les principaux pays exportateurs vers la Corée et possède 20% de parts de marché sur les produits importés. L’Hexagone bénéficie en effet d’une excellente image auprès des Coréens : « La longue histoire de la France dans les cosmétiques et sa réputation inspirent confiance aux consommateurs » explique Yoon Bum DO, animateur de téléachat et importateur. Ainsi, le français vend bien : LaNeige, Mise-en-scène, Espoir, Lac Vert… marques populaires au pays du matin calme et pourtant… coréennes ! Les marques françaises sont particulièrement populaires sur le haut-de-gamme, un segment qu’il est parfois difficile de pénétrer comme en témoigne le retrait récent de la marque luxe d’Amore Pacific.

Un marché concurrentiel porté par une course à l’innovation

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© Photo_Korea Tourism Organization 사진제공_한국관광공사

« Le secteur des cosmétiques coréen est très concurrentiel, animé par d’importants acteurs locaux et de grands groupes internationaux » indique Stella YOON, directrice du service Appui aux entreprises de la FKCCI. Les trois géants coréens, Amore Pacific, LG Household & Healthcare et Able C&C couvrent plus de 50% du marché. Parmi les principaux groupes étrangers, qui représentent 25 % de l’industrie, se trouvent L’Oréal, Procter&Gamble et Beiersdof. De nombreuses petites PME, locales ou non, viennent ensuite compléter le marché, engageant une compétition féroce et une véritable course à l’innovation, ou du moins à la nouveauté.

Tant et si bien que l’on parle de « fast cosmetics »: « En Corée, le marché va très vite » explique Yann LE BOURDON, président et directeur exécutif de L’Oréal Korea, « les marques se différencient par la nouveauté (design, packaging, ingrédients, mode d’application…) avec des produits à très courte vie, ou par l’innovation fondamentale plus pérenne, sur laquelle se concentre L’Oréal. » La R&D est donc un pilier de grands groupes comme L’Oréal, qui repose sur plus de 4000 chercheurs afin de sortir des produits phare. Les plus petits acteurs, qui n’ont pas les moyens de tels investissements, s’appuient sur des fournisseurs producteurs et sur l’originalité et le marketing.

Lotion anti-âge au venin de serpent, masque à la bave d’escargot et au placenta ou crème de nuit au collagène de porc… Les Coréens n’ont pas fini de nous surprendre, tant par la créativité des enseignes que par l’ouverture des clients. « En plus d’être des consommateurs sophistiqués et exigeants, les Coréens sont très volontaires pour essayer de nouveaux produits, et la Corée se place ainsi comme un marché test pour l’Asie » remarque Yann LE BOURDON.

Des consommateurs de plus en plus exigeants et financièrement prudents : la consommation « smart »

1Exigeant, le consommateur l’est d’autant plus que son budget est restreint : si la crise n’a pas compromis la croissance, elle a réorganisé le secteur et accru les attentes des consommateurs. Le marché s’est ainsi sensiblement polarisé, entre les marques de luxe premium d’une part qui continuent à vendre à une clientèle fidèle peu affectée par le ralentissement économique, et d’autre part, le développement de cosmétiques de masse, à prix compétitif. Financièrement plus prudent mais toujours aussi demandeur, le consommateur pratique une consommation intelligente, « smart » : il attend un produit efficace à prix raisonnable. Le rapport efficacité / prix devient donc le principal critère d’achat. Les marques de dermo-cosmétique françaises, comme Bioderma ou Pierre Fabre, bénéficient largement de cette nouvelle tendance en proposant à prix raisonnable des produits à l’efficacité médicalement prouvée. En revanche, le luxe mid-premium connait récemment un ralentissement de croissance ; les consommateurs favorisent des prix plus abordables pour une efficacité considérée comme similaire.

2Des marchés de niche jusqu’à présent négligés sont ainsi appelés à se développer, comme les produits bio et naturels, à l’exemple de Karawan Authentic, PME française de cosmétique bio et de commerce équitable que la FKCCI accompagne dans son développement en Corée. Karawan est d’abord venue sur le marché coréen avec son savon noir vendu sur des chaînes de téléachat, dont le succès l’a convaincu de s’étendre sur d’autres canaux avec toute sa gamme de produit.

Corée Affaires a étudié pour vous les multiples facettes -la production, la distribution- et les tendances à suivre : les cosmétiques pour homme, la dermo-cosmétique ou encore l’exportation des cosmétiques coréens.

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La Grande Interview – Mina SOHN: Rédactrice en chef du Huffington Post Korea

2015 May 19
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by Corée Affaires
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Mina SOHN: Rédactrice en chef du Huffington Post Korea

Célèbre présentatrice télé et écrivaine coréenne, rédactrice en chef du Huffington Post Korea, Mina SOHN a voyagé dans le monde entier et résidé dans de nombreux pays, dont la France et l’Espagne. Elle partage aujourd’hui avec Corée Affaires son expérience, sa conception de la vie et son esprit d’entreprise.

Q. Pourquoi avez-vous décidé de quitter une carrière brillante pour voyager et reprendre des études ? Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?
R. Après des études en langues, j’ai intégré la chaîne de télévision KBS qui m’a vite propulsé au-devant de la scène médiatique en tant que présentatrice. J’animais notamment l’émission « The Golden Bell Challenge », nominé aux EMMYS Awards aux Etats-Unis dans la catégorie « Meilleure émission pour adolescen
ts ». Cette émission a battu des records avec 40% d’audimat ! Je participais à de plus en plus de programmes télévisés, présentais le journal de 21h et travaillais sept jours sur sept. C’était un rythme très intense, et tout aussi passionnant que cela soit, je commençais à me perdre moi-même, ma vie personnelle et ma liberté. En 2004, après huit ans de carrière, j’ai décidé de tout arrêter pour partir en Espagne et reprendre des études en journalisme. C’était bien évidemment une décision très difficile à prendre, j’avais ce que beaucoup considère une vie « réussie ». Pourtant, je me demandais ce qu’est le bonheur et une vie réussie, justement : se résument-t-ils au succès professionnel ? Toute ma vie était dans ma carrière, j’étais devenue mon travail ; cette prise de conscience me décida. Ce séjour a été une véritable libération et la taille du défi ne me rendit que plus confiante, fière et heureuse de l’avoir relevé. Je suis ensuite rentrée en Corée, et alors que la plupart de mes collègues et de mon entourage avait prédit la fin de ma carrière, ce fut justement mon expérience à l’étranger qui intéressa les Coréens et je me retrouvai à nouveau sur les plateaux télévisés !

Q. Qu’avez-vous appris de votre séjour en Espagne et de cette aventure ? Quel message souhaitez-vous passer aux Coréens et à nos lecteurs ?
R. J’ai réappris à m’écouter, à suivre mon cœur plus que les diktats de la société et à être libre dans mes choix. C’est ce message de liberté que j’essaie de transmettre aux Coréens dans le livre que j’ai écrit par la suite sur mon expérience en Espagne ; je les encourage à être libres dans la définition d’eux-mêmes et de leur vie, et de ne pas se laisser mener par la société, l’effet de groupe et la peur (d’échouer, d’être différent, rejeté, trop âgé,…) Avec un record de plus de 400 000 exemplaires vendus, ce livre a été un véritable succès et témoigne du désir de liberté des Coréens. Mon message : créez votre propre bonheur, il n’est jamais trop tard pour vivre sa vie et s’accomplir !

Q.Vous avez par la suite résidé en France, sur laquelle et depuis laquelle vous avez écrit. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre expérience française ?
R. La France s’est présentée comme un nouveau défi à relever. Je ne parlais pas un mot de la langue et ne connaissais de la culture que les images clichées, comme Paris la romantique, le vin et la baguette ! Je dois avouer que j’ai d’abord détesté Paris : une impression de trop parfait, d’inaccessible, de très touristique, j’avais du mal à me fondre dans la ville et les plaisirs de sa vie quotidienne. Pourtant, au fil du temps et des rencontres, j’ai appris à connaître Paris, à aimer ses imperfections qui font tout son charme. J’y suis finalement restée trois ans ! La France est pour moi un lieu spécial, celui de la création. Paris est une ville pleine d’inspiration, où j’ai écrit mon premier roman, Qui a peint les mimosas, mon premier travail d’écriture créative.

Q. De retour en Corée depuis quelques années, vous êtes maintenant une véritable entrepreneuse, outre écrivaine et rédactrice en chef du Huffington Post Korea ; quels sont vos projets ?
R. Forte d’une expérience unique, je souhaite m’investir dans la société coréenne, transmettre un message de liberté et d’ouverture sur le monde. J’ai fondé SOHNMINA&CO.1 avec laquelle je développe de nombreux projets, comme le programme de séminaires SSAC (SOHNMINA&CO.’s Social Alliance Community). Ce projet à deux objectifs : – conseiller le public sur l’art du voyage, comment tirer profit de ses voyages et appliquer ses leçons à sa vie quotidienne ; – créer une communauté où chacun peut échanger en dépassant toutes ces barrières que la société coréenne peut imposer : la différence d’âge, de classe, de position sociale, etc. Nous allons d’ailleurs très prochainement ouvrir un café dans nos locaux à Noksapyeong.2 Je réalise aussi des productions média et des podcasts ; nous travaillons avec différents partenaires, comme Atout France assez récemment, et sommes toujours ouverts aux propositions !

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Q. La beauté revêt une importance sociale primordiale en Corée, pourquoi ? Pourquoi un tel succès de la beauté coréenne en Asie, selon vous ? Quelles opportunités voyez-vous pour les entrepreneurs français ?
R. Il y a en Corée un besoin, voire une injonction à la perfection qui peut être très pesante pour les femmes et expliquer le recours croissant à la chirurgie esthétique, par exemple. Cette notion de perfection ne s’applique pas seulement à la beauté mais à l’ensemble de la vie des Coréens. Si cela représente une force de notre pays, c’est aussi un véritable poids et source d’insatisfaction. Outre la perfection, les Coréens sont aussi marqués par le besoin de faire partie du groupe, dont peut découler une certaine standardisation des normes de beauté.
Toutefois, ce sens de la perfection assure aussi le succès de la beauté et des cosmétiques coréens. Des ingrédients et plantes uniques à la Corée comme le ginseng et l’épine-vinette sont une véritable richesse naturelle dont bénéficient les producteurs locaux. L’alimentation coréenne participe aussi à la santé de la peau et la beauté du teint. Le naturel coréen regorge d’opportunités pour les professionnels français !

Q. Quels sont les défis majeurs pour les femmes coréennes dans les 10 prochaines années, selon vous ?
R. La situation des femmes coréennes a beaucoup évolué ces dernières années : lorsque je faisais mes études à Korea University, nous étions à peu près 10% de femmes, contre plus de 40% aujourd’hui ! Nous sommes plus éduquées et avons plus de pouvoir économique ; ce sont les bases pour plus de progrès, dont politiques et structurels, avec un système social plus favorable. Mais avant toute chose, je pense qu’il faut une « révolution mentale », que les femmes soient plus actives dans leurs choix, qu’elles décident et vivent pour elles-mêmes et non pour leurs parents, leur mari puis leurs enfants !

Q. 2015-2016 marqueront les années France-Corée ; que peuvent nos deux pays échanger et apprendre l’un de l’autre, à votre avis ?
R. Je pense qu’il faut vraiment approfondir nos connaissances respectives et dépasser les images stéréotypées, notamment par le biais de séminaires sur la culture coréenne d’une part et française d’autre part. J’invite aussi la communauté française expatriée à davantage s’intégrer et communiquer avec les Coréens. De la compréhension des uns et des autres seulement peut naître l’amour. Nos deux cultures ont beaucoup à échanger : la Corée et sa capacité à avancer à toute vitesse, à toujours créer des nouveautés et la France et sa capacité à conserver ses traditions et sa culture.

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Joohyun HA, Directrice de Bioderma Korea

2015 May 12
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Joohyun HA, directrice de Bioderma Korea, présente à Corée Affaires le secteur de la dermo-cosmétique et le positionnement de Bioderma en Corée.

1Q. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la dermo-cosmétique et nous présenter Bioderma ?
R. Le Laboratoire Dermatologique Bioderma, fondé en 1985 et basé à Lyon, développe et commercialise, en étroite collaboration avec les dermatologues et les centres de recherche institutionnels de renom tels que le CNRS, des produits dermo-cosmétiques destinés à la prescription médicale et au conseil officinal. La France est le pays d’origine et leader de ce concept novateur qu’est la dermo-cosmétique, apparue dans les années 1950. Les produits dermo-cosmétiques combinent une action cosmétique et dermatologique, afin de préserver la santé et la beauté de la peau et des cheveux. Bioderma Korea est une filiale de Bioderma France et a été créée en juin 2011. Malgré cette implantation relativement récente, et la présence de concurrents, en grande partie français, déjà installés sur le marché coréen, Bioderma Korea a connu une croissance sensible et est d’ores et déjà citée parmi les marques représentatives de la dermo-cosmétique. A l’heure actuelle, nous distribuons sur le marché coréen toutes les gammes de base : peaux sensibles, sèches, acnéiques, peaux de bébés et lotions cicatrisantes et solaires.

Q. Quelle est la réaction du marché coréen aux produits dermo-cosmétiques, assez récents en Corée ?
R. Malgré l’arrivée des premiers acteurs dermo-cosmétiques en 1998, ce concept reste relativement peu connu car très original pour les Coréens. En effet, il leur est difficile d’intégrer le concept de prescription médicale par les dermatologues pour des produits cosmétiques ; il faut donc repenser le système et communiquer efficacement. Comme en témoigne notre rapide croissance en trois ans, je crois en effet à l’avenir de la dermo-cosmétique en Corée. Des acteurs coréens commencent d’ailleurs à apparaître, avec de grands groupes qui investissent dans ce secteur : Amore Pacific a fondé une marque médicale, AESTURA, qui s’adresse uniquement aux dermatologues. Outre le traitement des pathologies, les opérations esthétiques étant très répandues en Corée, ce genre de produits est très prisé pour accompagner et aider à la cicatrisation et à la récupération de la peau, par exemple.

Q. Entre beauté et santé, quelle est votre stratégie de distribution en Corée ?
R. Bioderma est la première marque dermo-cosmétique en Corée à avoir développé cette double stratégie de distribution : à la fois par le réseau des dermatologues et par la distribution directe aux consommateurs. Cette stratégie est à mon sens incontournable en Corée : en effet, le système de prescription est différent de la France, où les dermatologues prescrivent sans vendre, tandis qu’en Corée les médecins vendent directement les produits qu’ils recommandent. Ils représentent donc un vrai circuit de distribution et sont pour Bioderma le gage de la confiance et de la caution médicale aux yeux des Coréens. Nous avons ainsi divisé nos gammes de produits pour en réserver une partie exclusivement aux dermatologues.

2Q. Quels sont les enjeux pour la dermo-cosmétique en Corée ?
R. Le principal enjeu réside surtout dans la communication du concept. En effet, le terme dermo-cosmétique n’existe pas en Corée, et le champ sémantique autorisé est très restreint. Ainsi, nous ne pouvons réutiliser que 30% du contenu de la communication française. On ne peut pas, par exemple, parler d’acné ou d’atopie. L’étiquetage des produits est très strict et il faut dissimuler ces termes. Afin de communiquer sur notre dimension médicale, nous devons passer par des canaux indirects comme les dermatologues ou plus grand public, les blogueurs.

Q. Vous êtes maintenant « board member » de la FKCCI, qu’est-ce qui vous a motivé à rejoindre l’équipe et à vous investir dans la Chambre ?
R. Depuis 25 ans que je travaille pour des sociétés françaises et coréennes, je souhaite maintenant contribuer à la Chambre de Commerce et participer au rapprochement des relations d’affaires franco-coréennes. La France demeure malgré tout un pays lointain et distant en Corée ; il est important de réduire cette distance psychologique, notamment en associant les entreprises coréennes aux évènements de la Chambre. Il est aussi nécessaire d’être un interlocuteur privilégié des institutions locales, et en tant que membre du comité commercial, j’incite à un rapprochement avec le KOTRA pour compléter leur prestation de services des entreprises coréennes voulant s’implanter en France.

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Opportunités du marché coréen

2015 May 7
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by Corée Affaires

Par Laetitia VALLEE

Annexe, Senior market growth forecast (per industry, in percentage)

Annexe, Senior market growth forecast (per industry, in percentage) / Source : Ministére de la santé coréen

Véritable enjeu de société, la silver économie ne peut que se développer. Si le marché senior en Corée est encore à ses débuts, les experts s’accordent tous à placer son essor à partir de 2020 et observent un potentiel de consommation croissant : alors qu’il représentait 29 mds de dollars en 2010, il devrait atteindre 110 milliards de dollars en 2020, soit une croissance de 280%, selon le Korea Health Industry Development Institute. Il est donc temps d’anticiper ce virage incontournable, relais de croissance dont l’innovation sera le moteur. La silver économie se situe au cœur du concept coréen de l’économie créative, en favorisant l’innovation et l’interaction de secteurs économiques et de métiers pour créer de nouveaux produits et services.

Si le secteur de la santé domine ce nouveau paradigme, la domotique, les technologies « smart » ou encore les loisirs ne sont pas en reste. Le service économique de l’ambassade de France en Corée prévoit ainsi les plus fortes progressions notamment sur les services financiers (19% de croissance annuelle moyenne de 2010 à 2020), les traitements et soins médicaux (17%), les cosmétiques (17%) et toutes les activités liées au « personal care » (soins esthétiques et de la personne, activités sportives, etc.).

De nombreuses opportunités sont à saisir dans le secteur des loisirs, les seniors coréens sont en effet de plus en plus demandeurs d’activités culturelles et de divertissement, avec le tourisme en figure de proue, comme le révèle le succès d’émissions comme « Les grands-pères plutôt que les fleurs ».

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Annexe, Attractivite du vieillissement : classement des pays asatiques / Source : Aging Asia 2013

Conscient des enjeux, le gouvernement coréen place ainsi la silver économie au cœur de ses priorités et a mis en place divers espaces de promotion du secteur. Pour en savoir plus, vous pouvez ainsi vous rendre au Seongnam Senior Experience Complex qui vise à sensibiliser les Coréens et les acteurs concernés aux problématiques auxquelles sont confrontés les seniors (maladie, vieillesse, etc.). Outre exposer et mettre en avant les produits et services existant, le centre agit comme un hub pour l’industrie silver en fournissant divers services aux entreprises : étude de marché, organisation de séminaires, mise en relation, soutien à la communication, etc.

Avec la mobilisation progressive des acteurs publics et la prise de conscience de la manne qu’elle représente, la silver économie et son cadre législatif et social devraient évoluer très rapidement dans les prochaines années, à l’image de la croissance coréenne. A suivre avec attention !

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