La génération Y, entre prudence et soif d’émancipation

2017 November 20
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Par Louis Palligiano , correspondant pour Libération

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Peur de l’échec, hyper-concurrence, environnement autoritaire et extrêmement hiérarchisé : face à des pressions économiques et sociales souvent jugées insupportables, les jeunes sud-Coréens expérimentent de nouvelles solutions pour s’émanciper. La génération Sampo (three giving-up generation), celle qui a tiré un trait sur trois choses – vivre une relation amoureuse, se marier, avoir des enfants – souhaite s’affranchir du carcan moral et sociétal de leurs parents. Parmi les principales raisons invoquées pour expliquer cet abandon, il y a l’impossibilité d’épargner, la difficulté à trouver un emploi, les faibles revenus ou encore le prix des logements. Parfois abusivement décrite comme apathique, cette génération est pourtant celle qui a en grande partie initié la chute de la présidente Park Geun-hye. L’été dernier, plusieurs mois avant que le grand public ne soupçonne l’existence de Choi Soon-sil, la confidente occulte de l’ex-chef de l’Etat, le mouvement de protestation estudiantin issu de la prestigieuse université féminine Ewha a révélé les prémices du « Choi Gate ». Pour ces manifestants, nés après la fin du règne dictatorial de Chun Doo-hwan en 1987 et élevés avec YouTube et Facebook, cette mobilisation a marqué l’avènement d’une nouvelle culture démocratique. Venus des quatre coins du pays, des centaines de milliers d’étudiants participaient chaque samedi pendant des mois aux grandes manifestations pacifiques pour demander la destitution de Park Geun-hye sur fond de scandale de corruption politico-financier. Sur les réseaux sociaux, des vagues de messages de remerciements se sont ensuite multipliées à l’intention de cette jeunesse qui a permis à la Corée du Sud de vivre un tournant historique.

Pour de nombreux sud-Coréens nés entre 1980 et l’an 2000, appelés génération Y ou Millennials en anglais, l’entrée sur le marché du travail représente un défi qui cristallise toutes les inquiétudes. Chaque année, environ 500 000 jeunes – dont plus de 60 % sont diplômés – se lancent dans la recherche de leur premier emploi, mais seulement 200 000 postes permanents sont disponibles, selon les données gouvernementales. Le ralentissement économique a conduit les grands conglomérats du pays du Matin clair à réduire drastiquement le nombre d’embauches. Face à ce constat, les étudiants d’université sont nombreux à retarder l’obtention de leur diplôme, à empiler les cours privés pour devenir toujours plus compétitifs, ou à occuper des emplois précaires en attendant de meilleures offres. Si dans un pays parfois appelé « la République Samsung », intégrer un chaebol demeure synonyme de réussite professionnelle et sociale, les men­talités sont doucement en train d’évoluer. Kim Mi-young, 24 ans, détentrice d’un sérieux bagage universitaire, est décoratrice dans une petite société de production de contenus sur Internet : « c’est un leurre de penser que nous sommes obligés d’entrer chez Samsung ou Hyundai pour être acceptés et reconnus. Mon travail me passionne et même si je fais beaucoup d’heures supplémentaires, j’apprends beaucoup. J’ai la chance d’assumer plus de responsabilités que dans un grand groupe ».

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En rupture avec leurs aînés, les membres de la génération Y sud-coréenne n’hésitent plus aujourd’hui à se tourner vers l’étranger pour entreprendre. Passionné de mode, c’est en Australie que Park Yeon-min a décidé de poser ses valises pour trouver une alternative au costume de « Samsung Man » apparemment trop étroit pour lui. « Le modèlesud-coréen ne me convenait pas et j’avais l’impression de ne pas pouvoir rentrer dans le moule » concède-t-il. Le jeune homme de 25 ans cumule les petits boulots pour financer son cursus universitaire et ne cache pas ses ambitions « je poursuis actuellement des études de stylisme. J’aimerais ensuite ouvrir ma propre boutique et lancer ma ligne de vêtements. Ici, l’atmosphère est décontractée et il y a plus d’ouverture d’esprit. Je ne sais pas si j’aurais osé être vraiment moi-même à Séoul ». Cette quête du bonheur, loin de chez eux, semble s’imposer pour beaucoup de ses jeunes compatriotes. D’après une enquête publiée en début d’année par la Fondation Varkey, une organisation à but non-lucratif basée en Angleterre, les sud-Coréens de 15 à 21 ans compteraient parmi les plus malheureux au monde dans cette tranche d’âge. Lorsqu’on leur demande si leur pays natal est « bon ou mauvais pour y vivre », ils sont les seuls à l’évaluer négativement parmi les 20 nationalités étudiées. Il en ressort un sentiment de frustration chronique, engendré par des conditions socio-économiques défavorables, particulièrement important chez les adolescents sud-Coréens.

Sur le plan financier, l’environnement économique globalement anxiogène a contraint les jeunes sud-Coréens à un pessimisme prudent par rapport à leurs aînés. Pour rappel, ils ont mené leurs études pendant la crise asiatique de 1997 et sont entrés sur le marché du travail après la crise financière mondiale de 2008. Une étude récemment menée par l’institut Hana auprès de 1 500 jeunes à travers le pays, révèle que ces derniers privilégient les investissements peu risqués comme les placements en banque. Près de 60 % des répondants possèdent un compte bancaire qui donne à leur détenteur la priorité pour obtenir un logement à des taux d’intérêts stables. Plus de la moitié des Millennials commence à mettre de côté pour leurs vieux jours avant 30 ans, alors que leurs parents et grands-parents ont attendu d’atteindre environ 40 ans. « Parmi les trois dernières générations, la génération Sampo est la plus conservatrice dans la gestion d’actifs » selon un chercheur du Hana Institute of Finance. On entend souvent dire que la jeunesse sud-coréenne est capricieuse, qu’elle a la vie facile et que ses centres d’intérêts sont superficiels. Cependant, aux antipodes de cette caricature, celle de la génération Y se révèle au contraire particulièrement précautionneuse et réfléchie dans son mode de consommation, en raison du cycle économique morose qu’elle traverse et devra probablement affronter tout au long de sa vie.

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28ème édition du Gala de la FKCCI: From Chamonix to PyeongChang, the Legend of Winter Sports

2017 November 17
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Le 9 décembre 2017 aura lieu la 28e édition du Gala annuel de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne (FKCCI) au Grand Hyatt de Séoul. La FKCCI a préparé une nuit exceptionnelle sur le thème :

 

« From Chamonix to PyeongChang, the Legend of Winter Sports ».

 

Organisé chaque année depuis 1989, le Gala de la FKCCI est l’évènement le plus prestigieux et le plus attendu de la Chambre, rassemblant plus de 800 invités issus de la communauté d’affaires franco-coréenne autour d’une soirée célébrant la culture française et l’amitié franco-coréenne.

Cette 28ème édition vous fera vivre la légende des sports d’hiver de Chamonix à Pyeongchang dans une atmosphère inoubliable rappelant les sensations fortes des sports d’hiver et les splendides paysages de montagnes enneigées.

C’est dans cette ambiance d’exception que nos invités pourront déguster un délicieux repas accompagné de champagne et de vin français issus de meilleures caves. La pianiste et chanteuse-auteure-compositrice Alma, représentante de la France à l’Eurovision 2017, viendra interpréter les chansons de son dernier album. Le designer Heill Yang présentera lors d’un défilé sa collection de prêt-à-porter au style unique inspiré de la mode française et de l’art et de la poésie coréenne. Enfin, notre tirage au sort désignera les heureux gagnants d’un billet Air France aller-retour Paris-Séoul en classe affaires accompagné d’un séjour en demi-pension pour deux personnes au Terminal Neige Refuge du Montenvers ainsi que de nombreux autres cadeaux offerts par nos généreux sponsors.

Découvrez le programme sur le site du Gala
Réservez vos places ici 

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Rencontre avec…Philippe Yvin, Président du directoire de la Société du Grand Paris

2017 November 3
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Portrait de Philippe Yvin pour le Mook et Challenge

Philippe Yvin a passé quelques jours en Corée en juin dernier dans le cadre d’une mission de promotion du Grand Paris. Corée Affaires a profité de sa venue à Séoul pour l’interviewer sur « la 3e grande révolution urbaine de Paris ».

Quel est l’objet de votre visite en Corée ?

Je fais partie d’une délégation qui travaille sur le Grand Paris, avec notamment l’Agence Paris Ile de France Capitale Economique qui pilotait cette mission, des représentants du quartier d’affaires de la Défense, des investisseurs comme laFrançaise et Gecina, et le cabinet E&Y.

Nous rencontrons des investisseurs coréens potentiels pour le Grand Paris.

Pouvez-vous rapidement présenter le projet du Grand Paris pour nos lecteurs ?

Aujourd’hui, Paris, Londres, New-York et Tokyo sont en compétition pour attirer les investissements étrangers. Le projet du Grand Paris est un ensemble d’actions qui fait intervenir l’Etat, les autorités locales et le secteur privé pour renforcer la compétitivité internationale de Paris parmi les grandes métropoles internationales.

Le projet phare du Grand Paris est la réalisation d’un nouveau réseau de transport, le Grand Paris Express. Il s’agit du doublement du réseau de lignes de métro d’ici à 2030, de 200 à 400 km, grâce à 4 lignes nouvelles qui permettront de relier les banlieues et les pôles de développement économique de la région, et de mieux desservir les aéroports (Roissy, Orly et le Bourget) pour améliorer l’accessibilité internationale de Paris. Au total, ce sont 68 nouvelles gares qui seront construites et seront au cœur de la nouvelle urbanisation de la métropole.

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Est-ce qu’une structure au sein du Grand Paris est dédiée aux investisseurs étrangers ? Quel est le profil des investisseurs actuels dans le Grand Paris ?

L’agence Paris Ile de France Capitale Economique, qui depuis de nombreuses années promeut le Grand Paris dans le monde entier, est la porte d’entrée pour les investisseurs étrangers. Elle réalise des mises en contact pour les projets de développement immobilier (bureaux, logements et commerces) qui pourraient attirer des investisseurs internationaux.

Aujourd’hui, le paysage des investissements internationaux est très varié, car l’économie francilienne est elle-même extrêmement diversifiée. On y trouve aussi bien l’industrie que la R&D, les services aux entreprises, l’énergie etc. Les investissements étrangers viennent des Etats-Unis, des pays européens, des pays du Golfe et également d’Asie.

Quelles composantes du Grand Paris intéressent les investisseurs coréens ?

L’immobilier de bureaux et les centres commerciaux restent l’attraction principale pour les investisseurs coréens. Les prises de participation dans la R&D et les industries de pointe constituent également une piste prometteuse.

Il s’agit de votre première visite en Corée. Quels points communs et quelles différences établissez-vous entre Seoul et Paris ?

Seoul et Paris souffrent des mêmes maux dont souffrent toutes les grandes métropoles modernes, notamment des problèmes de pollution et de congestion. La mauvaise qualité de l’air est un phénomène très préoccupant car il impacte la santé des habitants et a des répercussions économiques et sociales. Le sujet des transports et de la circulation est un sujet commun. Evidemment, le changement ne peut être que progressif. Seoul comme Paris possèdent un excellent réseau de transports publics. Il est essentiel que les pouvoirs publics continuent à investir pour réduire les temps de transport et développer des transports en commun propres. A Paris par exemple, tous les bus seront électriques d’ici à 2025. Au moment où nous cherchons tous des solutions pour diminuer l’empreinte carbone et amorcer la transition énergétique, le développement des transports en commun est une vraie solution qui répond aux enjeux des conclusions de la conférence de Paris sur le climat. Il faut également encourager le développement d’un urbanisme moins consommateur d’énergie et des bâtiments de meilleure qualité environnementale.

Aujourd’hui, quels sont les pôles de croissance les plus importants dans la zone du Grand Paris ?

Il y en a plusieurs, et le nouveau métro va les relier entre eux pour accroître leur efficacité économique. Le quartier central des affaires de Paris et le quartier d’affaires de La Défense restent les quartiers les plus attractifs pour les sièges sociaux de grandes entreprises. En parallèle, d’autres pôles tertiaires se développent, comme St Denis Pleyel, un quartier en plein changement qui accueillera la plus grande gare du nouveau réseau, à côté du stade de France.

Certains pôles sont plus spécialisés. Je pense au plateau de Saclay qui sera le premier hub de recherche en Europe, avec une concentration de chercheurs vraiment excep­tionnelle. Au Sud de Paris, la Vallée de la Bièvre accueille entreprises et institutions de recherche dans le domaine médical et biomédical. Et bien sûr, les hubs logistiques autour des aéroports de Roissy et Orly.

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Chaque année, plus de 300 000 touristes coréens visitent la France, et une très grande majorité fait un séjour à Paris. Qu’est-ce que le Grand

Paris va changer pour ces milliers de touristes ?

L’accessibilité aux aéroports sera grandement améliorée avec des lignes de métro automatiques à Roissy et à Orly, et le « Charles De Gaulle Express » qui reliera directement l’aéroport de Roissy à la gare de l’Est. Nous allons également accroitre l’offre hôtelière, proposer de nouvelles scènes culturelles et sportives comme l’U Arena à la Défense et la Cité musicale de l’ile Seguin, qui vient d’être inaugurée.

Par ailleurs, Paris est aujourd’hui la première place mon­diale pour l’organisation de congrès et de salons. Nous réalisons des investissements pour conserver cette place de leader, je pense notamment à la récente rénovation du parc d’expositions de la porte de Versailles.

La Corée est très pionnière sur le digital. Quelle est la composante numérique du Grand Paris ?

C’est une évolution récente et remarquable, Paris devient une des premières villes au monde pour l’innovation et les startups. Il y a une politique très volontariste pour offrir des lieux innovants pour les startups. Le plus grand incubateur d’Europe, station F, va ouvrir près de la gare d’Austerlitz. Grâce à cet écosystème de l’innovation, Paris produit des grandes réussites. On peut citer l’excellence des jeunes créateurs dans les jeux vidéo, ou encore les applications sur les transports.

Un dernier mot pour la communauté d’affaires franco-coréenne ?

Nous serons très heureux d’accueillir des investisseurs coréens pour participer à ce qui sera la 3e révolution urbaine de Paris, celle du développement durable et de la ville intelligente. Le Président Macron souhaite faire de Paris une place pro business et pro entreprises, de belles perspectives sont à venir pour les investisseurs étrangers.

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Découvrez la nouvelle vidéo franceinkorea21.com !

2017 October 26
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La France est un partenaire de long terme et le 5e investisseur étranger en Corée du Sud. La nouvelle vidéo de la FKCCI retrace l’histoire de la présence économique française en Corée des années 60 à nos jours et présente sa nouvelle plateforme de géolocalisation franceinkorea21.com. La carte répertorie plus de 600 entreprises, institutions, restaurants… et autres acteurs de l’économie française en Corée.

 

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Les cyberattaques dans les entreprises.

2017 October 12
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Par Sylvère Smoliga, CEO et fondateur d’IT-CONCEPT

Le 12 juin 2017 dernier, l’entreprise coréenne d’hébergement de site web Nayana a reconnu avoir payé une rançon d’un million de dollars pour libérer ses serveurs informatiques d’un « ransomware » (logiciel criminel). Pas d’autre choix que de négocier avec les hackers, sans même avoir la certitude de pouvoir récupérer les données cryptées. Les attaques de ce type de logiciel, comme celles du tristement populaire WannaCry, se sont propagées depuis 2010 avec l’avènement du Bitcoin (monnaie électronique, qui facilite l’anonymat lors du paiement des rançons). Telefonica, FedEx, ou le National Health Service britannique en ont tous été victimes récemment.

Ces attaques ne sont pas ciblées : le virus est emballé dans un email aux allures corporate, puis envoyé à des millions d’adresses emails. Dans la masse, quelques utilisateurs se font hameçonner. Il faut être conscient de la menace, et de ce qu’elle représente pour une entreprise. Si dans un moment d’inattention, un employé ouvre un de ces emails, c’est potentiellement toute l’activité d’une structure qui s’écroule.

Comment se prémunir contre les attaques de ces cybercriminels ?

La première chose à faire est relativement simple : avoir une discussion sérieuse avec le service IT de l’entreprise. Les solutions sont connues, et rarement mises en place dans les PME. Encore moins dans les branches à l’étranger. Les questions à se poser sont notamment :
Les employés de mon entreprise sont-ils bien informés sur les risques ? Seraient-ils susceptibles d’ouvrir une pièce-jointe d’un contact inconnu? D’ailleurs, leur ordinateur a-t-il un accès administrateur sur tout le réseau ou les droits d’accès ont-ils été clairement réglés ?
Mon entreprise a-t-elle une politique de BYOD (Bring Your Own Device) bien définie ?
Les systèmes d’exploitation sont-ils régulièrement mis à jour ? La dernière attaque de WannaCry exploitant une faille de Windows, Microsoft a rapidement proposé un patch pour la résorber.
Existe-t-il une stratégie de sauvegarde et de restauration des données ? Si les données sont sauvegardées et stockées hors-ligne, il est possible de mettre en place rapidement un Plan de Reprise d’Activité (PRA) et de
court-circuiter le ransomware.

Et ces questions ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Des composantes plus techniques sont également en jeu, comme segmenter le réseau, ou patcher les anti-virus et le pare-feu… Un travail de fond, qui doit être effectué avec le service IT.

La cybercriminalité évolue sous différentes formes tous les jours : attaque par déni de service (DDOS), vol d’informations, usurpation d’identité, etc. Cette activité est devenue très lucrative et on estime qu’elle génère aujourd’hui un chiffre supérieur à la criminalité conventionnelle. Elle va devenir notre quotidien dans un monde de plus en plus dépendant du numérique, notamment via les smartphones et objets connectés (voitures, drones, dispositifs médicaux, montres, équipements de la maison, etc.). La sécurité des systèmes d’information va devenir un enjeu essentiel pour les différents acteurs du numérique et les entreprises.

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Le droit du travail en Corée

2017 June 22
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Remerciements a Kim & Chang pour leur relecture et compléments

Contrairement aux idées reçues, le droit du travail coréen est plutôt protecteur des droits des employés. La crise asiatique de 97 a cependant entrainé de nombreux changements dans le droit du travail, dans le but d’y apporter plus de flexibilité pour les entreprises. Le droit du travail coréen est essentiellement défini dans le Labor Standard Act (LSA).* Revenons sur quelques caractéristiques du droit du travail :

1. Les contrats de travail

Traditionnellement, les contrats en Corée sont en CDI et les employés restent au sein de l’entreprise jusqu’à leur retraite, entre 50 et 60 ans. Les contrats en CDD ne peuvent pas excéder deux ans ; au-delà de cette limite, l’employé doit être traité comme un permanent.
Il est nécessaire de faire figurer par écrit les éléments essentiels du contrat (qui peut être dans une autre langue que le coréen): le salaire, le temps de travail, les congés payés annuels, le nombre de congés maladie, les conditions de travail générales, le lieu de travail et une description du poste.
Même sans engagement écrit, les parties peuvent affirmer l’existence d’un accord verbal, valide devant la loi s’il peut être prouvé.

2. Le temps de travail

Les heures de travail standard sont de 8 heures par jour, ou 40 heures par semaine, pour toutes les entreprises qui ont au moins cinq employés. Un employé ayant un accord avec son employeur peut travailler jusqu’à 12 heures supplémentaires par semaine.
Le travail de nuit comprend les heures entre 22h et 6h. L’employeur doit payer 50% du salaire en plus pour les heures supplémentaires et encore 50% pour les heures supplémentaires effectuées durant les congés, les weekends ou les nocturnes (soit 100% de majoration du salaire).

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3. Les congés payés

Les jours de congés obligatoires sont : les congés hebdomadaires (généralement le dimanche) et les congés annuels. Un employé a droit à 15 jours de congés payés à partir de la deuxième année de service ; s’il a plus de trois ans de service au sein d’une entreprise, il a droit à un jour supplémentaire tous les deux ans, jusqu’à un maximum de 25 jours.
Il y a ensuite de nombreux jours fériés par an, que les entreprises ne sont pas obligées de payer. Dans la pratique, il est cependant courant de le faire.
Les congés maternité sont fixés à 90 jours, dont au moins 60 doivent être payés par l’employeur ; l’assurance soins de santé de l’employée paie les 30 restant.
En ce qui concerne les congés maladie, pour des problèmes de santé non liés à l’emploi, il n’est pas obligatoire de payer le congé. Dans la pratique, les entreprises accordent cependant un certain nombre de jours par an. Les absences dues à des maladies ou blessures liées au travail doivent en revanche être couvertes par l’entreprise dans le cadre de l’assurance accidents du travail et maladies professionnelles financée par l’employeur.

4. La rémunération

Marqué par de fortes inégalités salariales entre les sexes et les secteurs, ainsi que selon la taille de l’entreprise, le salaire mensuel moyen était à 1 083 382 de won tous secteurs confondus en 1998. De nos jours, le salaire moyen s’élève à 2 202 332 de won par mois et le salaire horaire minimum en 2017 est de 6.470 won (environ 5,20 euro).
Alors que le système de rémunération coréen était traditionnellement basé sur l’ancienneté, il s’oriente désormais vers un système au mérite et à la performance pour augmenter la productivité des travailleurs. C’est cependant une évolution difficile à accepter pour les salariés, et les syndicats y opposent encore une forte résistance. A titre d’exemple, sept banques ont récemment annoncé vouloir passer à un système de paiement sur la performance annuelle, soulevant le tollé d’un syndicat parapluie rassemblant plus de 100 000 employés dans le secteur bancaire. La modification du mode de rémunération est en cours de négociation.

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Le recrutement de salariés étrangers et les visas

2017 June 8
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Par Karim Khouider, fondateur et CEO, Direct Optic

Le recrutement d’étrangers en Corée ne pose pas vraiment de problèmes pour les entreprises bien établies et ayant une certaine taille mais peut représenter un véritable défi pour les PME ou start-ups. Les principaux visas utilisés sont D8 (investisseur), E7 (activité spécifique) et D7 (transfert intra entreprise).

Le visa D8 est simple et rapide à obtenir, à condition que l’entreprise bénéficie du statut d’entreprise à capitaux étrangers (procédure FDI). Il est toutefois important de noter qu’un visa D8 est obtenu par tranche de 100 000 000 de won de capital étranger investit dans l’entreprise. Une société qui souhaite obtenir deux visas D8 devra donc avoir à minima 200 000 000 de won de capitaux étrangers.

Le visa E7 est le visa à utiliser lorsque l’on veut embaucher un étranger en justifiant que le travail qu’il va effectuer ne peut pas être fait par un Coréen (Foreign National of Special Ability), ce qui est généralement justifié sans soucis particuliers. Ce visa peut être obtenu par une société à capitaux étrangers ou à capitaux coréens. Le principal problème à l’obtention de ce visa est qu’il faut employer au minimum 5 Coréens pour pouvoir obtenir 1 visa E7 et par la suite ne pas dépasser 20% d’employés ayant un visa E7.
Cela ne pose aucun souci pour une société comptant plusieurs dizaines ou centaines d’employés. Dans le cas d’une PME française ou d’une start-up souhaitant démarrer ses activités en Corée, cela peut rapidement devenir problématique car il n’est pas aisé d’avoir 5 employés coréens dès le lancement de l’activité.

Imaginons le scénario suivant : une PME française souhaite créer une branche en Corée et y envoyer un responsable pays, un ingénieur et un responsable commercial. Si la start-up investit 100 million de won, le responsable pays pourra obtenir un visa D8 mais l’ingénieur et le responsable commercial ne pourront pas obtenir de visa de travail à moins que la société n’embauche 5 Coréens dès le début ou que le capital investi soit finalement de 300 millions de won. De même, prenons l’exemple de 3 entrepreneurs français souhaitant créer une start-up en Corée, ils devront investir 300 millions de won pour pouvoir bénéficier chacun d’un visa. Ceci constitue une barrière à l’entrée non négligeable.

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Le gouvernement coréen, conscient de ce problème, a déclaré il y a près de deux ans que les sociétés arrivant sur le marché coréen bénéficieront désormais d’une période de grâce de deux ans pendant laquelle ce système de quota ne s’appliquera pas, mais à l’heure actuelle il est difficile d’en bénéficier : 85 catégories d’entreprises ont été définies et les procédures d’obtention sont complexes et incertaines.
Une exception est aussi prévue pour les sociétés réalisant majoritairement des ventes à l’export (depuis la Corée) et nécessitant du personnel étranger parlant des langues « spécifiques », dont le français fait partie. Dans ce cas-là, la limite est augmentée à 70% d’employés pouvant avoir un visa E7 mais malheureusement, peu d’agents de l’immigration connaissent cette exception (pourtant bien écrite dans le « visa sojourn guide ») et il est en pratique bien difficile d’en bénéficier.

Le visa D7 peut être utilisé dans le cas d’une société à capitaux étrangers et pour le détachement temporaire (généralement 1 an, renouvelable) d’un salarié. La société devra prouver que la personne est bien employée par le siège avant le détachement en Corée et justifier des raisons du détachement. L’obtention de ce visa ne pose pas de soucis particuliers mais sa principale contrainte est que l’employé détaché ne pourra recevoir de salaire en Corée et devra continuer à être rémunéré en France. Il devra également acquitter ses impôts sur le revenu en Corée et donc se faire aider par un tax attorney. Cette solution peut être satisfaisante pour des détachements de courte durée mais ne semble pas être très adaptée à des expatriations à plus long terme.

Pour retrouver plus d’informations, vous pouvez vous rendre sur le site du service d’immigration coréen hikorea. go.kr (de préférence depuis Internet Explorer). Vous pouvez aussi télécharger la dernière version anglophone du Sojourn Guide for foreigners sur l’espace Inscrits et Membres de la FKCCI.

Recruter des jeunes Français

Le V.I.E. (D-4)

Le visa D-4 est un visa de formation générale. Il est destiné aux personnes souhaitant étudier dans un établissement d’enseignement reconnu ou pour effectuer une formation telle qu’un stage ou un Volontariat International en Entreprise (V.I.E.). Opéré par Business France, le V.I.E. permet aux entreprises installées en Corée d’embaucher un jeune français d’entre 18 et 28 ans durant une période modulable de 6 à 24 mois, renouvelable une fois dans cette limite.

PVT

Le Permis Vacances Travail (PVT) est également une éventualité pour les jeunes français d’entre 18 et 30 ans qui souhaitent visiter la Corée avec la possibilité d’y travailler. Ce visa à entrées multiples non renouvelable leur sera délivré gratuitement et sera valide un an maximum à compter de la date d’émission du visa. La contrainte pour l’employeur est que le candidat détenant ce type de visa ne peut travailler que jusqu’à 25 heures maximum par semaine et qu’il ne lui permet pas de travailler dans certains domaines professionnels tels que le journalisme, le droit ou le divertissement.

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Les canaux de recrutement en Corée

2017 May 25
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Par Karen Landa

L’un des défis majeurs des ressources humaines est toujours le recrutement. L’une des questions que tout manager étranger se pose en Corée concerne les canaux de recrutement. Quels sont les canaux les plus pertinents pour recruter son candidat idéal ? Voici un bref aperçu des différents canaux existant en Corée.

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Les canaux de recrutement traditionnels
Les méthodes les plus communes en Corée du Sud sont le recrutement direct par l’entreprise et le recours aux agences de recrutement. Ces agences permettent aux entreprises de déléguer la recherche des candidats ainsi que le processus d’intégration des nouveaux employés. (Voir page 54)

A) Recrutement pour un poste junior

Les entreprises coréennes d’envergure multinationale telles que Samsung, Hyundai, LG réalisent en général deux campagnes de recrutement par an (en février et septembre) pour les postes junior, ce qui correspond aux sorties d’uni¬versité. Ces campagnes représentent la majeure partie de leurs embauches pour certains corps de métier. La procédure traditionnelle pour ce type de recrutement inclut plusieurs sessions d’entretien (individuel et en groupe) et un test écrit d’aptitude et de personnalité. Les PME coréennes et les entreprises étrangères implantées en Corée n’ont pas, quant à elles, de périodes de recrutement spécifiques.
Les entreprises, grandes et petites, sont également très présentes aux salons étudiants (취업설명회) car cela leur permet d’établir un contact direct avec les étudiants et de recruter les meilleurs profils rapidement.

B) Recrutement pour un poste senior

Les recrutements pour les postes à pourvoir au niveau senior se déroulent selon les besoins de l’entreprise, autant pour une entreprise multinationale que pour des structures plus petites. Les compétences requises débutent généralement à Bac+3 avec 4 ans d’expérience dans le secteur, Bac+4 avec 2 ans d’expérience dans le secteur ou un doctorat avec ou sans expérience professionnelle. Pour les recrutements de cette nature, les entreprises coréennes font généralement appel à des cabinets de chasseurs de têtes.

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L’émergence des réseaux sociaux dans le recrutement

A) Nouvelle génération, nouveaux outils

Les réseaux sociaux ont une influence indéniable sur la manière dont les recruteurs et les candidats abordent le marché du travail de nos jours. Généralement, les Coréens s’orientent vers les sites de recrutement suivants pour leur recherche d’emploi :
– Peoplenjob : www.peoplenjob.com/home
– Incruit : www.incruit.com
– Jobkorea : www.jobkorea.co.kr
– Saramin : www.saramin.co.kr

Alors que ces sites ont révolutionné le monde du travail en facilitant la recherche d’emploi et l’accès aux informations, c’est l’émergence de réseaux sociaux tels que Linkedin qui est aujourd’hui à la base d’un renouveau du recrutement. Ces nouveaux sites permettent aux inscrits de promouvoir leur propre candidature et de mettre en avant à la fois leur expérience professionnelle et leur personnalité. Il permet aussi aux entreprises d’établir un contact direct avec le public en partageant régulièrement du contenu sur leurs propres activités. De grandes entreprises comme Google Korea, Samsung ou Apple Korea se servent de ces outils pour faire connaitre leurs activités en Corée à un plus grand nombre de personnes.
Malgré son envie de s’adapter aux nouvelles tendances, la Corée reste attachée aux outils traditionnels du recrutement car les grandes entreprises ont déjà leur propre système établi depuis des décennies.

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Choisir un cabinet de recrutement

2017 May 10
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cabinet recrutementPar Philippe Tirault, directeur général, DHR International Korea Limited

Le recrutement est un élément très important dans la vie d’une entreprise. Les questions que nous nous posons le plus souvent sont : quels sont les outils à utiliser pour recruter un candidat ? De quel niveau de services avons-nous besoin ? Quel prix payer pour le recrutement ? Il est indispensable de répondre à ces questions avant de lancer une recherche et de s’engager auprès d’un cabinet de recrutement.
Le marché coréen des sociétés de recrutement peut paraître confus. En effet, il y a plus de 300 sociétés de recrutement en Corée, sans compter les sociétés qui opèrent sans licence. Toutes ces agences semblent offrir les mêmes services à des prix qui varient selon les honoraires (de 15 à 33%), le paiement au succès ou par tranches et autres critères.

1. Choisir l’outil qui convient à votre recrutement.

Le niveau de la personne que vous recherchez va déterminer le choix de la société que vous allez utiliser :

- Si vous recrutez au niveau exécutif, vous devez choisir le candidat qui répondra le mieux à vos différents critères (au niveau de l’expérience, du salaire, etc.) car il aura un impact direct sur vos résultats. Pour arriver à vos fins, le meilleur outil sera probablement une société qui procède par approche directe : celle-ci fera une étude exhaustive des profils existants, une évaluation des compétences des candidats ainsi qu’une vérification de ses références.
Généralement, ce service est offert par les sociétés qui travaillent avec acompte (en retainer).

- Si vous recrutez au niveau de l’encadrement intermédiaire, il vous suffit de recruter un bon cadre car le meilleur comptable du marché n’aura qu’un impact marginal sur les résultats de votre entreprise. Beaucoup de candidats répondront à vos critères de sélection mais votre rôle sera d’embaucher un candidat compétent. Pour vous aider dans votre démarche, l’utilisation d’une agence travaillant à partir d’une base de données donnera vraisemblablement le résultat es¬compté. Ces sociétés travaillent généralement « au succès » ; c’est-à-dire que vous ne payez la prestation que si vous recrutez la personne qui vous a été recommandée par cette société.

2. Choisir le niveau de service.cabinetrecrutement2

- Sociétés rémunérées au succès
Le niveau de service est souvent en relation avec les prix fixés par les agences de recrutement. Certaines sociétés se contentent de mettre les CV qu’elles reçoivent dans leur base de données. En cas de demande de l’entreprise, elles contactent le candidat souvent seulement par téléphone car cela rend la prestation moins coûteuse pour les deux parties. En contrepartie de ces services, les agences de recrutement demandent souvent l’exclusivité pour une durée limitée.

- Sociétés rémunérées avec acompte
Ces sociétés appartiennent toutes à des groupes internationaux. Néanmoins, les bureaux sont des filiales et non des franchises.
L’agence est censée travailler pour vous jusqu’à ce que vous ayez résolu votre problème de recrutement. La facturation se fait donc en fonction du temps passé sur la recherche, qui prend généralement 3 mois.
Ces agences possèdent une base de données de candidats mais chaque recherche est tout de même faite en approche directe, ce qui leur permet de créer une étude du marché exhaustive et de pouvoir contacter un plus grand nombre de candidats. Il n’est donc pas inhabituel que plus d’une centaine de candidats potentiels soient contactés pour un poste.
Le suivi du processus de recrutement fait partie intégrante du service de ces agences. Elles vous tiennent au courant de l’avancement de la recherche en vous fournissant des rapports d’activité tous les 15 jours. Ces compte-rendus sont importants car ils vous permettent de faire une évaluation des candidats et de la performance du cabinet de recrutement.
Les candidats sont tous évalués par des consultants formés aux techniques d’interview. Certaines sociétés utilisent des outils d’évaluation comme des tests en ligne, par exemple. Vous recevez alors un rapport détaillé sur la carrière du candidat, ses compétences pour le poste à pourvoir et ses motivations. Les sociétés en approche directe vérifient aussi le niveau de rémunération et vous aident dans la négociation des modalités de recrutement du candidat. Une prise de référence très sérieuse est faite et peut être adaptée aux questions que vous vous posez sur le candidat.
Une garantie et un suivi de 6 mois sont habituellement offerts en cas de départ du candidat ou d’échec pendant la période probatoire : le suivi débute lorsque le candidat rejoint votre société et s’étend sur une période de 6 mois. Ces sociétés de recrutement s’engagent à ne pas approcher le candidat pour un autre recrutement et à ne pas contacter vos équipes pendant une période qui est généralement d’un an.

Choisir un cabinet de recrutement

Quand vous avez choisi le type de société de recrutement que vous souhaitez utiliser, il faut ensuite choisir celle qui exécutera la mission. Voici quelques questions à poser pour être sûr d’avoir le bon service au bon prix :

- Sociétés payées au succès
• Quelle est la taille de votre base de données ?
• Quelles sont les industries ou les secteurs qui génèrent le plus de CV ?
• Comment sont sélectionnés les candidats ?
• Qui sera responsable de mon dossier ? (Pour certaines sociétés, les prestataires qui vendent le service ne sont pas en charge de son exécution)
• Travaillez-vous en exclusivité, si oui, pour quelle durée ?
• Vérifiez-vous les références et la rémunération ?
• Avez-vous une garantie en cas d’échec ou de départ d’un candidat placé ?

- Société avec acompte
• Avez-vous des consultants spécialisés dans mon domaine ? Combien ont-ils d’années d’expérience en recherche exécutive ?
• Quel est votre taux de placement ?
• Quels sont les « off-limits » pour cette recherche (clients existants et candidats placés) ?
• Utilisez-vous un outil d’évaluation ? Quel est le processus d’interview ?
• Combien avez-vous de personnes dans l’équipe de recherche ?
• Comment vérifiez-vous les références (combien de personnes contactées) ?
• Quelle serait votre stratégie de recherche sur ce recrutement (sociétés ciblées, présentation du poste et de la société qui recrute) ?
• Quelles difficultés anticipez-vous sur cette recherche ?
• Combien de temps la recherche prendra-t-elle ?
• Comment gardez-vous la confidentialité ?

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Les RH dans les start-ups et PME : l’importance du flair

2017 April 19
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Par Eva John

Corée Affaires« Pendant longtemps, j’ai eu du mal à recruter de bons candidats. On était toujours leur second ou troisième choix. Mais ça s’améliore. Maintenant que mon entreprise commence à être connue, je reçois des candidatures d’élèves diplômés de Harvard ». Comme le rapporte Robert Kim, créateur de Travalloon, une application dédiée au voyage, le premier des défis en matière de ressources humaines pour les start-up coréennes, c’est de parvenir à recruter. Beaucoup de PME coréennes disent en effet avoir du mal à attirer de la main-d’oeuvre jeune et qualifiée, et ce malgré un chômage des jeunes en augmentation ces dernières années (9,3% en août dernier). « Les PME ont du mal à attirer, à cause des salaires peu attractifs et du manque de stabilité. L’an dernier, seulement 6,1% des Coréens disaient vouloir travailler dans ce genre d’entreprise », confirme Jeong Kang-eun (인력개발과) du département « développement des ressources humaines » au sein de la Fédération coréenne des PME.

Les choses changent, toutefois, notamment depuis que le gouvernement de Park Geun-hye, qui a fait de l’économie créative sa priorité, fait la promotion active de l’entreprenariat au Pays du matin calme. « Certains jeunes osent désormais tenter leur chance au sein des petites entreprises, notamment dans le domaine des logiciels informatiques. Toutefois, certains employeurs hésitent à les recruter à cause de leur manque d’expérience. On voit aussi de plus en plus de 30-40 ans qui démissionnent pour se tourner vers des petites structures, bien que ces dernières aient souvent du mal à répondre à leurs exigences salariales », commente Lee Seong-cheol, professeur à l’université Kangnam.

Se fier à son flair

Bien souvent forcés de se passer d’un service dédié à ces questions, les entrepreneurs gèrent alors eux-mêmes les ressources humaines. La principale force sur laquelle ils peuvent compter : leur flair.
« Les start-ups ont un système de recrutement à part entière. Souvent, elles ne publient pas d’offre d’emploi mais recrutent par bouche à oreille ou en faisant jouer leurs réseaux », précise Jeong Kang-eun. Et pour sélectionner les meilleurs candidats, beaucoup font abstraction des diplômes. Mickael Mas, fondateur de Symaps, plateforme intuitive de localisation à destination des entreprises, explique se fier plus à son intuition qu’au CV des candidats. « De très bons profils sur le papier s’avèrent parfois frileux. D’autres, jugés « hors norme », ont une intelligence sociale et émotionnelle indispensable pour notre activité », confie-t-il.
Et pour être sûr d’avoir eu le bon instinct, une phase de test est souvent utile. Pour Pierre Fraineau, en charge du marketing et de la communication au sein de l’agence Corée Voyage, les stages sont l’occasion de vérifier que l’esprit des nouvelles recrues colle avec celui de l’entreprise. « On vérifie quelle est leur vision de l’expatriation, de la Corée et du voyage en général. Et ce même pour notre expert-comptable et notre graphiste ! Car chez nous, l’équipe prime sur l’individu. Du coup, il est important que chacun ait une idée de ce que fait l’autre. Cela améliore l’efficacité et la cohésion. »

Oser investir dans les RH

Chez Evasion, agence spécialisée dans les voyages sur-mesure, le besoin d’un poste dédié aux RH s’est toutefois rapidement fait sentir. « Depuis que nous avons embauché une directrice des ressources humaines coréenne, notre taux de turnover a chuté », relate le PDG Edmond de Fontenay. « La DRH nous a permis de mieux gérer les conflits grâce à une communication accrue avec nos équipes. De plus, la qualité des employés étant clé dans une PME, nous avons également pu attirer des talents suite à une meilleure procédure de recrutement. Enfin, notre DRH a mis en place un grand nombre de mesures incitatives : nouvelle politique de congés, système de participations à l’entreprise, primes basées sur les performances, etc. ».

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