Welcomm Publicis

2007 February 1
by Corée Affaires

Comptant plus de 48 millions de consommateurs avec un fort pouvoir d’achat, le marché publicitaire coréen se classe troisième en Asie et dixième dans le monde. Cho Hyon-ju de Welcomm Publicis partage son expertise de ce marché.

Cho Hyon-ju, Welcomm Publicis : « Plus de 80 % des dépenses publicitaires sont encore consacrées aux médias traditionnels. »

Pouvez-vous décrire rapidement votre agence ?
Welcomm Publicis,  sixième agence publicitaire coréenne par ses facturations, résulte de la du partenariat entre Welcomm, une agence coréenne fondée en 1987 et le groupe publicitaire français Publicis, troisième groupe mondial.

Quelle est en Corée la répartition des dépenses publicitaires entre les différents médias ?
En 2005 – nous ne disposons pas des chiffres définitifs pour 2006 – ce que j’appellerai les médias traditionnels représentent la majeure partie des dépenses publicitaires en Corée. La télévision hertzienne compte pour 34 % des dépenses – qui atteignent plus de 6 300 milliards de wons. Les quotidiens comme le Chosun Ilbo, le Dong-a Ilbo, le JoongAng Ilbo ou le Hankook Ilbo représentent 26 % du marché publicitaire alors que la publicité extérieure et l’évènementiel atteignent 12 %. Si vous y ajoutez la radio et les magazines, plus de 80 % des dépenses publicitaires sont encore consacrées aux médias traditionnels.
Mais la situation évolue, et la répartition des dépenses publicitaires est en train de changer. Les deux médias qui ont connu la plus forte croissance entre 2004 et 2005 ont été Internet et la télévision câblée, respectivement 44,4 % et 21,7 %.

Cette tendance va-t-elle s’accentuer ?
Elle va se poursuivre, mais pas à ce rythme. La croissance des dépenses publicitaires sur ces médias a été très forte ces deux dernières années, mais les principaux sites et chaînes ont l’intention d’augmenter substantiellement leurs tarifs, le rapport coût/efficacité va donc baisser en dépit de leur audience élargie. C’est pourquoi les dépenses publicitaires sur ces nouveaux médias vont continuer à croître mais à un rythme moins soutenu que ces deux dernières années. Les dépenses dans les médias traditionnels baissent certes, mais ils représentent la plus grande part du marché publicitaire. Les quotidiens par exemples sont très puissants en Corée. Bien que leur lectorat diminue, leur pénétration dans la population coréenne est très forte. Communiquer dans ces journaux ne peut donc être négligé. Le revers de la médaille est leur pouvoir de pression, donc il faut être très attentif à la répartition de son budget publicitaire entre les différents titres.

Quelles sont les implications pour les annonceurs ?
Je dirais que le développement de la télévision câblée est positif car ce média offre plus de flexibilité que la télévision terrestre où la vente d’espaces publicitaires est régie par le KOBACO1. Et le taux de pénétration de la télévision câblée atteint 80 % et ne cesse de se rapprocher de celui de la télévision hertzienne. Avec plus de deux cents chaînes, les annonceurs ont plus de choix pour effectuer des campagnes publicitaires ciblées. Par ailleurs, les nouveaux médias nous encouragent à être plus créatifs dans nos campagnes car nous avons plus de liberté dans le choix des formats.

Que pensez-vous de la publicité sur la télévision mobile ?
Elle va probablement progresser dans le futur mais elle reste aujourd’hui marginale, principalement en raison de contraintes qui empêchent de fournir suffisamment de créneaux horaires. Les dépenses ne sont donc pas encore significatives en 2006. Une fois que ces problèmes auront été résolus et que le taux de pénétration aura augmenté, la télévision mobile pourra apparaître comme un média efficace pour les annonceurs.

Une dernière question, lorsqu’un occidental visite Séoul pour la première fois, il est souvent impressionné par ces grands écrans vidéos au sommet des immeubles. S’agit-il d’un moyen efficace de communiquer ?
Lorsqu’ils sont apparus, ils constituaient un moyen très efficace de communiquer, car ils étaient nouveau et se distinguaient dans la ville, en particulier la nuit. Mais ils se sont multipliés et les gens se sont habitués à eux. Je ne pense pas qu’ils attirent vraiment l’attention désormais. Il est impossible d’utiliser le son, c’est une sorte de média passif. Selon moi, les seuls qui ont encore un bon rapport coût/investissement sont ceux situés sur les axes comme Ganghwamun ou Gangnam.

Propos recueillis par François Dancoisne
Journaliste pour Corée Affaires

1 Korea Broadcasting Advertising Corporation, l’agence gouvernementale qui vend les espaces publicitaires de la télévision et de la radio pour le compte des chaînes et des stations.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Comments are closed.