Cho Yang-Ho, Korean Air

2007 November 1
by Corée Affaires

Président Directeur Général de Korean Air, une des plus importantes compagnies aériennes asiatiques, mais aussi Président Directeur Général de Hanjin Group, et vice-président de la fédération des industries coréennes, Cho Yang-Ho a organisé avec Monsieur le président Louis Gallois la 9ème rencontre d’hommes d’affaires de haut niveau France-Corée à Paris le 13 September 2007 et a participé aux conférences liées aux négociations sur l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et la Corée. CHO Yang-Ho livre son opinion aux lecteurs de Corée Affaires sur les négociations en cours et sur les relations franco-coréennes.

Monsieur le président Louis Gallois et vous-même avez organisé en septembre dernier la 9ème rencontre du Club d’Hommes d’Affaires de Haut Niveau France-Corée. Pouvez-vous me parler des principaux objectifs de cette réunion ?
Entre le 17 et le 21 septembre, a été organisé le 3ème round des négociations sur l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et la Corée du Sud. Parallèlement, nous avons organisé cette rencontre avec les dirigeants français afin d’insister sur le fait que la communauté d’affaires sud-coréenne soutient la signature de cet accord de libre échange, et aussi de discuter des modalités quant à un développement de la coopération industrielle avec la France. L’économie mondiale se globalise de plus en plus rapidement grâce à des politiques d’ouverture menées par chacun des pays. Les échanges commerciaux réalisés dans le cadre d’accords de libre échange représentent 52% des échanges commerciaux mondiaux et cette part continue sa progression. L’Union Européenne, composée de vingt sept pays et qui représente le plus grand marché mondial, est le deuxième partenaire commercial de la Corée et le premier investisseur sur notre territoire. Quant à la Corée, 11ème puissance économique, elle est un partenaire commercial important de l’Europe. Ainsi, si l’UE et la Corée concluent cet accord, leur développement économique devrait franchir une nouvelle étape. J’espère que la France, en tant que grande puissance économique, jouera un rôle de leader pour que cet accord soit conclu avec succès et rapidement.

Quelles sont vos conclusions concernant la coopération industrielle française et coréenne ?
La coopération industrielle franco-coréenne est plutôt active surtout dans le domaine de l’aérospatiale et de la défense. Cependant, je pense qu’il est nécessaire d’élargir le champ et la dimension de notre coopération et d’encourager les relations avec le secteur privé. La France détient une technologie de niveau mondial non seulement dans le secteur de l’aérospatiale, mais aussi dans celui de la chimie, de l’énergie et des pièces détachées de voitures, alors que les industriels sud-coréens s’intéressent aux transferts de technologie avancée, à l’implantation en coopération avec des entreprises françaises et à des investissements communs avec la France dans des pays tiers. Par exemple, les industriels sud-coréens souhaitent participer au développement de lanceurs de satellites dirigé par Arianespace et au programme Galileo. Concernant le domaine des technologies informatiques, la Corée espère une vive coopération avec la France. La Corée souhaite unir ses services et son savoir-faire dans le domaine des télécommunications mobiles de pointe à la technologie propre à la France pour créer des synergies. Cela permettra aux deux pays d’acquérir une compétitivité sur le marché mondial et de s’implanter en commun dans les régions asiatiques ou africaines. Je pense que les industriels sud-coréens souhaitent aussi se rapprocher de la France car celle-ci est dotée d’un savoir-faire de niveau international dans le domaine de l’environnement à l’instar des nouvelles énergies pour le recyclage et le traitement d’eau. Cette question n’a cependant pas pu être abordée lors de cette réunion.

Qu’avez-vous pensé des visites prévues sur les sites d’EADS Astrium et de Renault ?
EADS fabrique des lanceurs de satellites, mais toutes leurs unités de production et de montage sont à l’intérieur de la société, ce qui m’a impressionné. Etant moi-même intéressé par les secteurs du transport et la logistique, j’ai été fasciné par les capacités de ce groupe, tant en terme de gestion de l’espace que du transport des lanceurs jusqu’aux rampes de lancement.
En raison d’un calendrier très chargé pendant mon passage en Europe, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de visiter Renault avec la délégation, mais j’ai appris que les équipes du Technocentre à Guyancourt travaillaient dans une atmosphère très agréable et que, comme d’autres entreprises françaises, Renault accordait une grande importance à l’aménagement d’intérieur des locaux, conforme à l’importance de l’art dans ce pays. La passion et l’état d’esprit avec lesquels travaillent les collaborateurs de Renault ont également frappé la délégation.

Korean Air est emblématique de la coopération entre la France et la Corée, car vous êtes historiquement la première entreprise non-européenne à avoir commandé un avion Airbus. En 2004, vous avez été fait commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur. La signature de l’accord de libre échange entre l’Union européenne et la Corée du Sud sera, pour vous, une nouvelle étape dans le renforcement de votre coopération avec la France. Selon vous, comment cet accord contribuera-t-il au renforcement des relations commerciales bilatérales ?
Les échanges commerciaux franco-coréens ont augmenté en moyenne de 19% au cours des trois dernières années pour atteindre 6,6 milliards de dollars en 2006.
De plus, les transports de passagers et de marchandises entre les deux pays sont très actifs. Environ 400 000 touristes sud-coréens viennent en France chaque année. Cette relation bilatérale étroite doit continuer de se développer. Pour favoriser les échanges entre la France et la Corée et entre l’UE et la Corée, la réglementation sur les tarifs doit être allégée et les barrières non-tarifaires limitant l’accès mutuel au marché doivent être supprimées.
Les négociations sur l’accord de libre échange entre l’Union européenne et la Corée ont pour objectif de permettre d’obtenir de meilleures relations bilatérales, par un accord gagnant-gagnant, et avec des arrangements mutuels sur tous les thèmes traités et les problématiques posées. Si cet accord est signé, des synergies importantes pourront se créer entre la technologie informatique sud-coréenne et les technologies françaises précédemment nommées. Cela permettra de renforcer et dynamiser les échanges franco-coréens.

Le 6 septembre dernier, vous avez essayé l’A380 sur un vol d’essai entre Incheon et l’île de Jeju. Korean Air a déjà commandé cinq de ces appareils. Vous êtes la compagnie aérienne asiatique qui compte le plus d’avion Airbus dans sa flotte. Pensez-vous qu’Airbus est déjà en avance pour les prochaines générations d’avions ?
Les délais de livraison de l’A380 ont été retardés, mais le 15 octobre dernier, le premier avion a été livré à Singapore Airlines ce qui ouvre une nouvelle ère dans l’histoire de l’aéronautisme. Je pense que l’A380, qui est un appareil puissant respectant l’environnement, va créer un nouveau souffle dans le domaine des grands avions spécialisés sur le transport de passagers. Actuellement, Airbus est en train de mettre au point l’A350 qui fera parti de la nouvelle génération d’appareils. J’espère que l’A350 aura une technologie plus avancée et un design moderne, ce qui fera de lui le nouveau bijou des compagnies aériennes.

Que pensez-vous du rôle de la FKCCI ?
La coopération économique et technologique entre la France et la Corée existe depuis plus de cent ans. En 1903, le premier phare moderne coréen, appelé phare Palmido, était construit. Depuis les années 1960, les échanges avec la France dans de nombreux domaines comme l’aérospatiale, la construction de centrales nucléaires ou encore la construction du train à grande vitesse coréen (KTX) ont beaucoup contribué au développement économique de la Corée du Sud. Je sais que la FKCCI a été fondée en 1986 dans le but de développer les échanges commerciaux et de soutenir les activités des communautés d’affaires franco-coréennes. La FKCCI participe aussi au renforcement de la coopération entre les deux pays. A cette occasion, je tiens à remercier la FKCCI pour ses efforts précieux. Je souhaite également que la FKCCI continue de jouer un rôle important pour que, après la signature de l’accord de libre échange entre l’Union Européenne et la Corée, la France et la Corée établissent des relations plus étroites, et connaissent un développement commun dans la perspective d’une économie globalisée.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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