Bernard Arnault, LVMH

2008 April 1
by Corée Affaires

Bernard Arnault est président directeur général de Louis Vuitton Moët Hennessy, leader mondial de l’industrie du luxe. Il a été nommé au grade de commandeur de la Légion d’honneur et se place au 13e rang des plus grandes fortunes du monde en 2008. Grand collectionneur d’art, il a lancé en 2006 le projet d’une fondation Louis Vuitton pour la création et l’art contemporain, qui devrait ouvrir ses portes en 2010 à côté du jardin de Séoul, dans le jardin d’acclimatation à Paris. Dans le cadre de son dossier spécial « l’art de vivre à la française », Corée Affaires a l’honneur et le privilège d’avoir interviewé Bernard Arnault sur le sujet du luxe en Corée.

Au-delà du succès mondial de LVMH, quelle est selon vous l’explication de l’engouement extraordinaire que rencontrent vos marques en Corée et en Asie ?
Tout d’abord, l’exceptionnelle qualité de nos produits, qui sont fabriqués dans nos ateliers. Ensuite, la formidable créativité de nos marques, grâce aux talents de nos créateurs, qui savent renouveler les collections et entretenir le rêve. Il faut dire que notre clientèle en Corée et en Asie est d’une grande exigence et sait très bien reconnaître les produits de qualité. C’est pourquoi elle est fidèle à nos marques comme Louis Vuitton ou Dior.

Quelle stratégie avez-vous développée sur le marché coréen ? Quelle est la particularité de ce pays comparée aux autres nations asiatiques ?
Nous avons très vite compris que les coréens étaient capables d’apprécier le luxe. Nous avons ainsi été les premiers à nous y implanter avec Louis Vuitton en 1984. Depuis, toutes nos marques s’y sont développées. Par exemple, Louis Vuitton possède 22 magasins et Dior en a 13. Notre stratégie a consisté, comme nous le faisons toujours, à ouvrir nos propres magasins afin d’offrir toute la palette de nos produits dans les grandes villes du pays. Pour nous, la Corée est un pays très important, qui sait ce que signifie le luxe. Par exemple, nos alcools, notamment le champagne et le cognac, y rencontrent beaucoup de succès.

Pouvez-vous nous donner une définition spécifique du luxe en Asie ? Voyez-vous des marques de luxe coréennes ou asiatiques émerger ?
Je ne crois pas qu’il y ait une définition spécifique du luxe en Asie, je crois, en revanche, que les asiatiques ont une très grande capacité à apprécier les produits de luxe et à faire la différence avec des marques qui se présentent comme des marques de luxe mais qui n’en respectent pas les standards. Je crois que chaque pays a ses traditions industrielles et son savoir-faire ; par exemple la France excelle dans le luxe et la Corée dans les nouvelles technologies. Y aura-t-il des marques coréennes ou asiatiques de luxe à l’avenir ? Peut être, mais ce que je constate aujourd’hui, c’est que ce sont nos marques qui sont les plus recherchées.

Bien qu’elle soit entourée de deux géants culturels, pensez-vous que la Corée s’impose comme un pays à part, qui associe tradition asiatique et modernisme occidental ?
La Corée a incontestablement réussi à bâtir son propre modèle économique et culturel en Asie. C’est un acteur qui s’est imposé avec ses propres spécificités, mais ce n’est pas un pays à part, bien au contraire. La Corée a pris le meilleur de la modernité (un système économique libéral performant, des industries de pointe de premier plan), tout en gardant ses traditions asiatiques. Enfin, la Corée s’est pleinement intégrée dans la communauté internationale comme le montre la nomination de Ban Ki-Moon comme Secrétaire Général de l’ONU.

Enfin, pouvez-vous décrire en quelques mots « l’art de vivre à la française» en Asie, thème de notre dossier spécial ?
Les asiatiques sont très raffinés. Ils ont du goût, aiment les belles choses, comme les français. En résumé, je dirais qu’ils aiment ce qui est beau, bon et innovant : l’Art, la création, les nouvelles technologies, la gastronomie. Dans tous ces domaines, nous nous rejoignons.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

FacebookTwitterLinkedInEmail

Comments are closed.