Energie et environnement, maîtres mots de l’activité d’Air Liquide

2008 June 1
by Corée Affaires

Jean-François Deschamps, président d’Air Liquide Korea :

En quoi consiste l’activité d’Air Liquide ?
Fondé en 1902 en France et très tôt en Asie (Japon) en 1907, notre groupe compte aujourd’hui environ 7 200 employés en Asie (18% du groupe). Nous sommes leader mondial des gaz industriels (oxygène, azote, argon, hydrogène, monoxyde de carbone, etc.) et nous fournissons différentes industries, en particulier la sidérurgie, le raffinage et la chimie. Nous avons deux types de clientèles : les grandes industries, pour lesquelles nous construisons une usine et livrons nos gaz par canalisation (contrats longs termes), et les petits et moyens clients, à qui nous vendons les gaz sous forme liquide.

Quel est votre positionnement en Corée ? Et votre stratégie pour les années à venir ?
Nous avons démarré notre activité en 1979 à travers la joint-venture DIG (Daesung Industrial Gaz) détenue à 60% par le groupe Daesung. En 1996, nous avons créé notre propre filiale Air Liquide Korea pour contrôler totalement notre activité et couvrir les domaines de l’hydrogène et du monoxyde de carbone qui n’étaient pas maîtrisés par DIG. Le vrai démarrage s’est fait en 2000 par la construction d’un premier reformeur à Yeosu. Le second a suivi en 2004 pour fournir toute l’industrie pétrochimique dans cette zone. Nous sommes présents dans 8 autres villes dont Busan, Gumi et Ichon, où nous livrons de l’azote à Hynix, grand électronicien sud-coréen.
A Dangjin, nous avons signé en 2007 un contrat avec Dongbu Steel, qui représente un investissement de 50 milliards de wons pour livrer d’importantes quantités d’oxygène, d’azote et d’argon. Cette activité démarrera mi-2009 et représentera la deuxième grande étape de la vie d’Air Liquide en Corée. Notre chiffre d’affaires en Corée est passé de 15,706 millions de wons en 2000 à 167,130 millions en 2007, et nous visons un chiffre de 200 milliards en 2008. A partir de 2009-2010, le nombre d’employés va croître assez significativement car nous allons entrer dans la deuxième phase qui concerne le métier marchand et nécessite donc plus de personnes sur le terrain. Concernant la concurrence, nous rencontrons les mêmes que dans le reste du monde, ainsi que des plus petites sociétés locales qui sont soit des distributeurs, soit spécialisés dans l’hydrogène marchand ou le CO2.

Comment intégrez-vous l’environnement dans l’activité d’Air Liquide ?
Nous estimons que le tiers de notre chiffre d’affaires est lié directement ou indirectement à l’environnement. Dans les années à venir, 60% de notre budget recherche et développement sera également lié à l’environnement. Nos gaz participent au respect de l’environnement en favorisant les économies d’énergie et en réduisant de près de 600 000 tonnes les émissions de CO2 grâce à nos unités de cogénérations. Nous évitons également la production de 780 000 tonnes d’oxyde de souffre par an, soit deux fois ce qu’émet la France chaque année, grâce à l’hydrogène qui permet la désulfuration des hydrocarbures. Pour les plus petites consommations, les gaz sont de plus en plus utilisés dans les fenêtres à double vitrage pour offrir une meilleure isolation thermique. La Corée est un pays froid en hiver et les maisons sont souvent mal isolées, c’est pourquoi nous pensons que ces activités représentent un fort potentiel.

L’hydrogène offrant des solutions pour réduire la production d’oxyde de souffre, avez-vous des projets dans l’industrie automobile ?
Pour éviter la pollution automobile, il existe les véhicules électriques et les carburants propres (utilisation de l’hydrogène à la place de l’essence ou du diesel). Nous travaillons sur une technologie appelée Hydrogen Energy depuis de nombreuses années en association avec des pétroliers et des constructeurs automobiles. Elle consiste à stocker l’hydrogène dans un véhicule et le brûler, soit par un moteur spécial, soit par une pile à combustible. Notre filiale Axane en France développe ce type de pile. Nous avons également des programmes de démonstration sur des véhicules en Europe et aux Etats-Unis. Ces programmes existent en Corée, en particulier avec Hyundai Motors, et nous souhaitons développer notre implication dans les prochaines années.

Pensez-vous que les mentalités coréennes changent concernant le respect de l’environnement?
Malgré un décalage avec ce que l’on vit quotidiennement en Europe ou USA, il existe une claire motivation des industriels coréens et des instances coréennes pour réduire les problèmes liés à l’environnement. Concernant nos usines, nous ne rencontrons pas de contraintes plus drastiques, pour l’instant, comparé à ce que l’on peut rencontrer en Europe. Des règles plus drastiques n’auraient pas d’impact sur notre activité en Corée, car nous appliquons les mêmes règles partout dans le monde.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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