Environnement : où en est la Corée ?

2008 June 1
tags:
by Corée Affaires

En 2002, le Forum économique mondial annonçait, dans son classement des pays les moins pollueurs de la planète, que la Corée occupait la 136e place parmi les 142 pays étudiés. Une organisation non gouvernementale coréenne est alors née sous le nom de « 136 Forum environnemental », pour ne pas oublier ce classement, honteux pour un pays développé tel que la Corée. Les problèmes environnementaux coréens s’expliquent pour deux raisons : l’une des plus fortes densités de population au monde (480 habitants/km²) dû à un territoire très montagneux (les deux tiers du pays), et la plus grande concentration au monde d’habitants en zone urbaine (Séoul est la troisième ville la plus peuplée du monde avec 22,8 millions d’habitants).

La Corée est un pays qui ne s’est développé que tardivement (au cours des années 70) en terme d’industrialisation. À cette époque, les pays développés achevaient déjà les lois et les mesures écologiques pour permettre de réduire leur pollution industrielle. La Corée du Sud a adopté des lois et mesures écologiques, s’appuyant sur l’expérience des pays développés, à partir de la seconde moitié des années 80. La Corée a ainsi pu éviter des échecs que d’autres avaient connu au même stade d’industrialisation. En effet, le pays du matin calme a su adopter les dernières technologies écologiques avancées mises au point par les pays développés, et ainsi faire fonctionner les fours d’incinération ou les stations d’épuration des eaux usées très rapidement, en évitant dix années de recherche et développement. La Corée a donc connu le développement économique, que nous lui connaissons aujourd’hui, sans problèmes environnementaux majeurs (pollution, nuisance, etc.). Elle souffre néanmoins d’une mauvaise qualité de vie globale due à sa forte urbanisation.

M. Lee Myung-Bak, élu président de Corée du Sud fin 2007 grâce à sa promesse de campagne selon laquelle il ferait sortir l’économie coréenne du marasme, a levé de nombreuses réglementations et pris de nouvelles mesures pour relancer le développement. Sur la question environnementale, cette politique paraît plutôt inquiétante car ses arrêtés favorisent les constructions dans les zones métropolitaines, comme à Séoul, où près de la moitié de la population coréenne vit. Le risque de construction sur des nappes phréatiques est donc majeur. Il serait par la suite impossible de rétablir ces sources d’eau à leur état originel. Les décisions gouvernementales ne font que débuter, le président Lee ayant pris ses fonctions en février denier. La prudence est donc de mise pour l’avenir de l’écologie et de l’environnement en Corée.

Par M. Han Sam-Hee
Chosun Ilbo

FacebookTwitterLinkedInEmail

Comments are closed.