Les plus belles pièces de Cartier s’exposent au palais Deoksugung

2008 June 1
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by Corée Affaires

« L’Art de Cartier » regroupe au musée du palais Deoksugung des pièces uniques dont l’importance est considérable par rapport à l’histoire des arts décoratifs. Ce sont de merveilleux exemples du travail réalisé entre 1850 et 1960. Dans le cadre de cette exposition qui se déroule à Séoul du 22 avril au 13 juillet, Corée Affaires a interviewé M. Philippe Galtié, directeur général de Cartier en Corée, qui est à l’origine de ce projet.

Pourquoi avoir choisi le palais Deoksugung pour cette exposition ?
Les expositions de Cartier sont le fruit d’une collaboration avec les plus prestigieuses institutions comme le Petit Palais à Paris, l’Hermitage Museum à Saint-Pétersbourg, le British Museum à Londres, le Metropolitan Museum à New York, ou encore le Shanghai Museum. Le musée Deoksugung détient une aura, un prestige, et considérant que les conservateurs étaient intéressés par une exposition avec Cartier, le choix s’est donc fait tout naturellement. Pour cette exposition, nous sommes dans une approche où nous laissons carte blanche à notre département héritage et au conservateur de la collection Cartier pour travailler en collaboration avec les conservateurs du musée. Cette exposition a d’ailleurs été menée avec beaucoup d’enthousiasme par l’équipe du musée. Elle n’a pas de caractère commercial, mais entre dans une démarche muséale, scientifique et historique. Vous pouvez d’ailleurs constater qu’aucun logo Cartier n’est visible dans le musée, ni aucune opération de promotion avec nos boutiques ou nos produits.

Pouvez-vous nous décrire plus en détail le département héritage ?
Le département héritage est composé de plusieurs entités ; il y a les Archives (depuis la création de la marque en 1847, tous les noms des clients, les dates d’achats, les dessins, les plâtres sont archivés selon la volonté du fondateur, représentant ainsi plus de 100 000 documents répertoriés) et la collection Cartier qui est constitué de pièces qui ont pour la plupart été rachetées par Cartier, soit aux héritiers directement, soit aux maisons d’enchères comme Christies. Avec cette passion, nous avons accumulé un fond absolument significatif de 1 300 pièces (joaillerie, horlogerie, objets, etc.). Ces trésors ont une valeur pratimoniale exceptionnelle. Avec ce département, nous pouvons prêter ces pièces pour des expositions thématiques – souvent relatives à l’Art Déco – à travers le monde.

Pourquoi faire cette exposition à Séoul cette année ?
Dès mon arrivée en Corée, j’ai souhaité réactiver ce projet qui avait été amorcé il y a déjà 4 ou 5 ans. Le choix de Séoul en 2008, c’est tout simplement parce que cette ville est aujourd’hui une capitale asiatique de premier plan, dont le marché est en croissance constante. L’exposition est déjà venue en Asie (Shanghai, Singapour, Tokyo, Kyoto) et ira peut-être à Pékin en 2010. Celle-ci, et j’en suis très heureux pour Séoul, à l’avantage d’avoir été la plus grande en terme de surface d’exposition (4 salles sur 1000m²), ce qui permet d’exprimer toute l’histoire des arts décoratifs autour de Cartier de manière très complète, très didactique. En terme de nombre de pièces exposées, nous avons 267 pièces uniques et 70 dessins qui témoignent du patrimoine historique sans pareil dont dispose Cartier.

« L’Art de Cartier » vise-t-il un certain type de visiteurs ? Comment percevez-vous la relation entre les Coréens et le luxe ?
Notre démarche est la plus ouverte possible. Les visiteurs sont des gens, de tous âges, intéressés par la marque, par le luxe. Nous avons organisé des Master Class avec des étudiants en design, architecture et mode, grâce à la venue du chef de l’atelier de haute joaillerie de Paris, pour des séances d’explication de son métier. Le directeur du département Héritage est également venu faire des exposés. Nous avons donc vraiment une ouverture grand public.
Le public coréen est de plus en plus intéressé par la culture, la connaissance, à travers un artisanat, une créativité ou un style. C’est relativement nouveau, car de plus en plus, le public va au delà du logo, du statut d’une marque, et fait l’effort de comprendre ce qu’il y a derrière. La perfection du détail, tout le travail autour des pierres, du design, de la démarche d’innovation est pour nous fondamental, il est donc intéressant de voir que le client coréen s’y intéresse. Le luxe, qui est parfois invisible sur des bijoux, comme le travail du sertis qui peut représenter sur certaines pièces jusqu’à 15 heures de travail par trou, n’est donc pas que du plaisir, c’est également de la connaissance.

Enfin, parmi les pièces exposées, laquelle retient le plus votre attention ?
Toutes les pièces de la collection sont exceptionnelles. Je pourrais vous citer la commande de Maria Felix, célèbre actrice mexicaine des années 50, qui demanda à Cartier un bijou s’inspirant de ses deux crocodiles. Et bien entendu, la première montre bracelet inventée par Cartier en 1904 pour l’aviateur Santos Dumont.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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