Patrick Beaudouin, Président du groupe d'amitié France-Corée à l'Assemblée Nationale

2008 June 1
by Corée Affaires

Homme politique français, M. Patrick Beaudouin est maire de Saint-Mandé depuis 1995 et député de la sixième circonscription du Val-de-Marne depuis 2002. Élu en septembre 2007 président du groupe d’amitié France-Corée du Sud à l’Assemblée nationale, il décrit pour Corée Affaires son nouveau rôle pour le développement des relations politiques et économiques franco-coréennes.

Patrick Beaudouin, Président du groupe d’amitié France-Corée du Sud à l’Assemblée nationale :

Pourquoi avez-vous choisi de représenter la France en particulier en Corée ? Quel est le rôle alloué au groupe d’amitié France-Corée ?
C’est à partir de ma fidélité à un homme, mon prédécesseur à la mairie de Saint-Mandé, Robert-André Vivien, que j’ai découvert la Corée. Il avait combattu en Corée du Sud, d’où il avait rapporté un grand souvenir fait de la beauté du pays, de la qualité humaine des habitants et de leur dynamisme entreprenant. J’ai partagé son amitié pour ce pays et tout naturellement je l’ai servi. Le 27 septembre 2007, je suis devenu président du groupe d’amitié comme je suis par ailleurs président de l’Association des anciens combattants du bataillon de l’ONU. Je le suis devenu avec l’accord des vétérans, avec lesquels je continue une relation de mémoire fraternelle afin qu’elle soit à l’avenir le levier de l’amitié entre la France et la Corée.
Le groupe d’amitié France-Corée est un groupe de parlementaires destiné à créer ou resserrer des liens d’amitié avec des parlements étrangers, pour privilégier la politique de relations internationales de l’Assemblée nationale et être un relais parlementaire de la politique étrangère de la France. Depuis quelques années, les présidents de groupes d’amitié sont systématiquement associés aux voyages officiels du Président de la République. Les ministres des affaires étrangères, des affaires européennes, de l’industrie, ou bien les autorités étrangères, parlementaires ou gouvernementales, requièrent couramment la présence des présidents de groupes d’amitié lors de leurs voyages officiels ou pour les inaugurations ou signatures historiques. Le développement considérable des sollicitations dont les groupes d’amitié sont l’objet montre l’utilité de cette structure.

Où en est aujourd’hui l’état des relations franco-coréennes en termes politiques et de contacts d’affaires ?
On peut avancer sans risque de se tromper que les relations franco-coréennes sont excellentes et que les échanges sont fréquents. Des visites présidentielles ont eu lieu au cours des années récentes et les visites de ministres sont fréquentes : il y a quelques mois, l’Assemblée nationale a reçu le ministre coréen de la défense. Des députés, fonctionnaires, journalistes coréens sont fréquemment accueillis à l’Assemblée nationale. N’oublions pas que la France a activement soutenu la candidature de M. Ban Ki-Moon au poste de secrétaire général de l’ONU, favorisant ainsi son élection, ce dont les Coréens sont très reconnaissants.
La France va prendre la présidence de l’Union européenne en juillet 2008 ; Comment va se traduire l’évolution réelle dans les relations politiques, économiques et culturelles, entre nos deux pays ? Dans le cadre des possibles conclusions d’un accord de Libre échange entre l’Union européenne et la Corée, quelle va être votre influence par rapport aux eurodéputés ?
La présidence de l’UE par la France devrait permettre de relancer le dialogue entre l’Europe et l’Asie du Nord-est, notamment dans le cadre d’un déplacement officiel du Président de la République à Séoul, en fin d’année. Ce déplacement, auquel participera le président du groupe d’amitié, pourrait être l’occasion de lancer de nouvelles initiatives en s’appuyant, en particulier, sur la volonté de réforme des deux présidents, Lee Myung-Bak et Nicolas Sarkozy, dans nos deux pays.
La signature d’un accord de libre échange entre l’Union européenne et la Corée du Sud encadre les relations entre les deux blocs. Il ne supprime pas les relations bilatérales nées avant l’existence de l’Union et ne se limitent pas au domaine économique. En tant que président du groupe France-Corée, je continuerai d’appuyer nos exportations dans ce pays mais également la politique de coopération culturelle, scientifique et humaine née à l’occasion du combat commun des Français et des Coréens pour leur liberté.

En janvier dernier, outre Séoul, votre délégation s’est également rendue en Corée du Nord. Quel en était le but ? Des coopérations ont-t-elles eu lieu ou vont-elles se constituer ?
En effet, certains membres du groupe d’amitié France-Corée du Sud ont visité le complexe industriel à Kaesong au cours du voyage en Corée. Ils ont constaté que des liens de fait existaient sur le plan industriel et économique entre les deux Corée. Cette initiative de coopération doit être regardée comme positive avec comme perspective, dans un premier temps, l’ouverture de la Corée du Nord et l’évolution de son régime politique. L’existence, à l’Assemblée nationale, conjointement au groupe d’amitié avec la Corée du Sud, d’un groupe d’étude sur la Corée du Nord – auquel j’appartiens – montre que la porte avec le Nord n’est pas complètement fermée, qu’un lien peut être créé et pour permettre – peut-être – d’apporter une contribution à l’œuvre de réunification. Même s’il est peu probable que ces groupes d’amitié ou d’étude jouent un rôle déterminant dans la réunification coréenne, ils favorisent l’information du parlement et de l’opinion publique française à travers les rapports qui sont publiés.

Enfin, quelles sont les priorités, les perspectives, ce que vous voudriez changer ou améliorer avec vos collègues parlementaires au sein du groupe d’amitié France-Corée ?
Le groupe d’amitié France – Corée du Sud travaillera à aller toujours plus loin dans la voie qu’il a ouverte pour rendre toujours plus solides et efficaces les relations entre la France et la Corée du Sud.
Nous allons entreprendre avec l’Ambassade de Corée à Paris le recensement des liens existants afin de les identifier et d’en créer de nouveaux. Nous souhaitons accroître les relations entre les entreprises : recherche, production commune et joint-ventures. Nous voulons également créer des jumelages économiques. Enfin, nous continuerons, comme par le passé, à amplifier les échanges culturels. Nous nous battrons également pour que la langue coréenne soit proposée dans l’enseignement dispensé dans le Lycée international créé dans l’est parisien.

A votre avis, le Groupe d’Amitié à l’Assemblée nationale joue t-il un rôle parallèle ou complémentaire à celui défini par une Chambre de commerce et d’industrie ?
Son rôle est plutôt complémentaire. Il doit servir de trait d’union, de « go beetween » dans chaque région ou département pour permettre aux hommes d’entreprises, de recherche… de se rencontrer.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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