L’internationalisation de Séoul passe par le Seoul Global Center

2009 February 1
by Corée Affaires

Rencontre avec Alan Timblick, responsable du Seoul Global Center.

Pour quelles raisons le maire de Séoul M. Oh Se-Hoon a-t-il lancé le Seoul Global Center ?
L’idée est venue du maire au printemps 2007, afin de contrer l’impression négative récurrente que les étrangers avaient de Séoul. Les enquêtes sur la qualité de vie à Séoul classaient cette ville très loin derrière les grandes capitales internationales. L’objectif fut donc de mettre en place un système qui permettrait de changer cette impression, de faire en sorte que les étrangers rentrent ensuite dans leur pays et parlent en bien de Séoul et de transformer la capitale sud-coréenne en une ville “où il faut se rendre”.

Un an après le lancement du Seoul Global Center, quelle analyse feriez-vous de l’année écoulée ?
En nous basant sur l’expérience précédente du Seoul Help Center, nous avons su nous développer très rapidement dès le lancement. Nous avons mis en place un large panel de services dédiés aux étrangers. Quantitativement, notre offre a eu un impact important avec une moyenne de 400 personnes par jour (jusqu’en novembre 2008) qui nous contactent, ajoutées à celles qui se rendent directement dans les Global Village Centers répartis dans Séoul. Notre satisfaction vient en premier lieu de la satisfaction de ceux que nous aidons. Nous avons la capacité de répondre facilement et de manière immédiate aux questions posées.
Les leçons de coréen sont le service le plus demandé mais il reste limité en termes de diffusion. Savoir parler coréen est l’une des clés de l’intégration des étrangers en Corée car la communication se fait difficilement dans les deux sens, tant de la part des étrangers que des Coréens. Une seconde initiative lancée l’été dernier est le Seoul International Student Forum ouvert à tous les étudiants étrangers dans les universités de Séoul afin de développer les échanges entre étudiants. 1 000 membres ont rejoint cette organisation et nous les aidons par la mise en place d’évènements divers et variés. En 2008, nous avons également organisé un concours en demandant aux étudiants d’écrire un essai sur des propositions de projets pour améliorer la qualité de la vie à Séoul. Cette année, je pense que nous essaierons en premier lieu de réagir plus en amont pour absorber et éviter les obstacles de la vie quotidienne à Séoul. Nous aurons un rôle de catalyseur pour conseiller au mieux les communautés étrangères résidentes ou de passage.

« Notre satisfaction vient de la satisfaction de ceux que nous aidons »

Quels sont les principaux besoins des étrangers à Séoul ?
Les étrangers cherchent avant tout à se familiariser avec Séoul et à comprendre cette ville. Tout cela se retrouve dans le Seoul Global Center qui fournit plus d’informations aux étrangers que le gouvernement n’en fournit aux Coréens. Pour des questions concernant le téléphone portable ou le permis de conduire par exemple, un Coréen devra faire le déplacement dans plusieurs endroits alors qu’une seule visite dans nos locaux suffira à un étranger. L’un des essais des étudiants, dont je vous parlais précédemment, exposait les difficultés à utiliser le bus dues à la barrière de la langue. Nous avons donc édité une brochure pour expliquer le fonctionnement des bus à Séoul (le système est beaucoup plus simple dans le métro). Notre objectif est vraiment de permettre aux étrangers de ne pas se sentir perdu. La discrimination des commerces face aux étrangers était également une source de mécontentement, comme pour les cartes de crédit (difficulté d’accès) ou le téléphone (caution très élevée). Nous nous sommes rapprochés de plusieurs institutions pour régler ce genre de problèmes.

Le contexte actuel de crise internationale a-t-il une influence sur les activités du Seoul Global Center ?
Le responsable d’Invest Korea, mon prédécesseur, me disait récemment que, d’une manière générale, tous types d’investissements étrangers devraient diminuer en 2009 de l’ordre de 25%. Cela induit forcément une baisse de la présence étrangère à Séoul. Les entreprises vont favoriser les embauches de personnes locales plutôt que des expatriés dont les charges sont bien supérieures. Le gouvernement ayant annoncé une diminution de la distribution des visas de travail, nous allons très probablement ressentir un impact du côté de la communauté des émigrants. J’espère que nous ne serons pas les témoins d’une réaction xénophobe de la part des citoyens coréens causée par la présence d’étrangers. Notre travail consiste aussi à faire attention à ce genre de réaction.

Les communautés étrangères ont tendance à se regrouper. Qu’en pensez-vous ?
Les étrangers de Séoul ont rapidement pris l’habitude de vivre dans des quartiers adaptés à leur style de vie. Mais ces zones ne sont en aucun cas considérées comme des guettos, mais vraiment comme des zones globales dans lesquelles les populations ont plus de facilités. La structure des logements coréens est assez atypique et ne correspond pas souvent au style de vie des étrangers. Nous ouvrirons dans le courant de l’année deux nouveaux Global Village Centers à Sungbuk et Yeongdeungpo pour accueillir non seulement les communautés expatriés mais également les émigrants et les résidents étrangers de longue durée. Dans ces villages, nos services seront adaptés à ces communautés. Concernant le quartier d’Itaewon qui est une zone vraiment internationalisée, je pense qu’il connait déjà des changements avec le départ progressif des camps militaires américains. C’est un lieu de loisirs et de sorties qui attirera à terme autant de Coréens que d’étrangers.

Comment présenteriez-vous la communauté française à Séoul ?
La communauté française est très bien représentée à Séoul (3e ou 4e plus importante parmi les communautés d’affaires) et est parfaitement organisée. Dans un futur proche, nous parlerons à mon avis plutôt de communauté francophone et pas uniquement française, pour intégrer au mieux le côté cosmopolite de Séoul. Je pense que la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne joue un rôle très actif pour cette communauté, tant pour les relations d’affaires que le networking.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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