Bouygues, en charge du nouveau port de Busan

2009 June 1

Bouygues Travaux Publics, filiale de Bouygues Construction, a remporté le contrat pour la réalisation et la concession pendant 30 ans d’un des lots du nouveau port de Busan, en Corée du Sud. D’un montant supérieur à 700 millions d’euros, ce contrat a été signé entre la société concessionnaire BNCT (Busan New Container Terminal) et le Ministère du territoire, du transport et des affaires maritimes de Corée du Sud en janvier 2008. Un an et demi après le début des travaux, Frédéric Pergay, vice-président du développement en Asie Pacifique pour Bouygues Travaux Publics, revient sur les projets de Bouygues  en Corée et explique les tenants et les aboutissants du projet du nouveau port de Busan.

Comment Bouygues Travaux Publics a-t-il débuté son activité en Corée du Sud ?
Bouygues Travaux Publics a fait ses premiers pas dans la péninsule sud-coréenne en 2001. Nous étions à l’époque seulement trois personnes dont deux français. Notre bureau de représentation a été créé en 2002, et après avoir développé deux affaires en Corée (Masan et Busan), nous comptons aujourd’hui 35 personnes dont 5 français et une moyenne de 200 personnes sur le chantier de Busan. La force de frappe de Bouygues Travaux Publics réside en notre capacité à développer des affaires et à savoir les exploiter dans la durée.

Busan est le deuxième projet pour Bouygues en Corée du Sud après le pont de Masan inauguré l’été dernier. Pouvez-vous revenir sur ce premier projet de Masan ? Quels sont vos projets à venir après Busan ?
Notre premier projet coréen consistait effectivement en la réalisation d’un pont à haubans avec ses viaducs d’accès permettant à une future route 2X2 voies le franchissement de la baie de Masan sur une longueur totale de 1,7 kilomètre pour un montant de 211 millions d’euros. Nous avons démarré le développement en 2001 avec notre partenaire Hyundai Engineering & Construction puis finalisé la documentation et le closing financier en mars 2004. Projet en concession pour une période de 30 ans, nous l’avons livré en juin 2008 conformément à notre planning travaux. C’est une première collaboration réussie dans le secteur du BTP (bâtiments et travaux publics) entre un conglomérat coréen et une société étrangère.
Actuellement nous poursuivons notre stratégie de développement en Corée via le montage de projets d’infrastructure en concession. Nous prospectons sur de nouveaux projets routiers et ferroviaires à Séoul et dans la province de Gyeonggi, région regroupant près de la moitié de la population coréenne, soit plus de 21 millions d’habitants.

Comment se déroule la construction du port de Busan ?
L’avancement des travaux est conforme au programme. Nous avons pour souci d’optimiser l’utilisation des ressources locales. Nous travaillons actuellement avec plus de dix sous-traitants coréens. Le terminal sur lequel nous travaillons est situé sur la partie sud du nouveau port de Busan. Ce terminal sera le premier semi-automatique (sur rail) vertical en Corée du Sud.

Le port de Busan est actuellement le 5e port de containers mondial. Quelles sont les perspectives du nouveau port ?
Nous avons monté cette affaire en regroupant un actionnariat d’armateurs (CMA-CGM, premier français et troisième mondial parmi les transporteurs maritimes et affréteurs, et KMTC), d’exploitants portuaires (KUKJE et KCTC), de financiers (MKIF), de l’Autorité du Port de Busan et de constructeurs (Hyundai Development Company et Bouygues Travaux Publics). La crise financière commençant à se faire sentir, nous avons du redoubler d’efforts et avons réussi à mettre en place le financement en janvier 2008. Le nouveau port de Busan connait actuellement des temps difficiles du fait de la conjoncture mondiale, heureusement pour notre terminal nous n’ouvrirons pas avant 2012.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste opur Corée Affaires

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