Costa Gavras, Réalisateur

2009 November 1
by Corée Affaires

Corée Affaires s’est rendu le 9 octobre dernier à Pusan pour la 14e édition du Festival international du film et a rencontré le réalisateur Franco-grec Costa Gavras, venu présenter une « Master Class » sur le thème « Ma vie, mon cinéma ».

Que nous vaut votre visite en Corée du Sud pour ce 14e Festival international du film de Pusan ?
L’envie de connaître la Corée et le Festival de Pusan. Cette envie avait été attisée et grandie par Mr Kim Dong-Ho, actuel président du Festival de Pusan et ancien vice-ministre de la Culture, lors de nos rencontres à Paris. La présence du cinéma Coréen en Europe et dans le monde a beaucoup contribué aussi à mon désir de venir au Festival de Pusan.

Pouvez-vous revenir en quelques lignes sur votre parcours cinématographique ?
Pendant mes études de littérature en France, j’ai découvert le cinéma à la Cinémathèque Française. J’ai donc décidé d’entrer à l’école de cinéma l’IDHEC. A la fin de mes études, j’ai travaillé comme assistant metteur en scène. Cinq, six ans plus tard, après avoir adapté un livre, j’ai fait mon premier film : « Compartiment tueurs », et depuis je continue.

Lors de votre « Master Class », de nombreux jeunes Coréens vous ont posé des questions sur votre film « Z » (1969). Qu’en pensez-vous ?
Je pense, plutôt j’ai compris, que « Z » a reçu un accueil et a eu un impact important en Corée, comme un peu partout dans le monde. Cet impact a été encore plus important dans les pays qui ont fait l’expérience des régimes dictatoriaux ou très conservateurs, et où les citoyens aspiraient à la justice non soumise au pouvoir, et à la liberté. La Corée a été un de ces pays.

Vous avez tourné en 1991, à l’initiative d’Amnesty International pour le segment « Contre l’oubli », le court-métrage « Pour Kim Song-Nam » dans le but de faire libérer cet homme, à l’époque prisonnier politique. Que pensez-vous de l’évolution politique et sociétale de la Corée du Sud ?
Je dois vous dire que j’ai vraiment été touché, qu’un petit film (3 minutes) a pu contribuer à la libération de Kim Song-Nam, qui je l’espère a pu reprendre une vie digne. Lors de mon bref séjour à Pusan, il m’a semblé que la Corée, est entrée dans une période de démocratie réelle et non pas de façade comme cela peut arriver dans beaucoup de pays. Mais pour avoir une opinion complète sur ce point, je devrais passer plus de temps en Corée. Ce que j’espère faire à l’avenir.

Votre thriller Le Couperet (2005) serait d’après de nombreux médias sur le point d’être réadapté par Park Chan-Wook, réalisateur du film Old Boy (2003), sur un scénario de Lee Gyeong-Mi. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
Park Chan-Wook souhaite faire un remake de mon film « Le Couperet ». Connaissant son grand talent et son originalité, je lui cède très volontiers les droits. Michèle Ray et notre société qui s’occupera de la production du film, fera tout pour que Park Chan-Wook fasse ce film dans les conditions qu’il souhaite. Quant à moi, j’ai dit à Park Chan-Wook que je n’interviendrai d’aucune manière dans le film, si ce n’est que comme spectateur.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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