Claude Lelouch, Réalisateur

2010 March 1
by Corée Affaires

Invité exceptionnel du Gala de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne le 12 décembre 2009, le réalisateur du célèbre film “Un homme et une femme“, Claude Lelouch, revient pour Corée Affaires sur cet événement, sur sa visite à Séoul et sur son prochain film…

Claude Lelouch

Que retenez-vous du Gala de la Chambre de commerce et d’industrie franco-coréenne qui a recréé Deauville au cœur de Séoul ?
Ce fut un gala très chaleureux. On sentait les invités curieux de la Normandie et de Deauville. J’ai été très impressionné de pouvoir me retrouver à « Deauville » après avoir quitté la France et volé douze heures jusqu’en Corée du Sud. Le décor était vraiment fantastique. J’ai également eu beaucoup de surprises. Je m’y attendais un peu mais cela m’a fait très plaisir. J’ai été particulièrement heureux de retrouver Christian Gaubert et Karine Michel.

Un mot sur la chanson qu’ils vous ont spécialement composé pour le Gala ?
C’était la surprise du Chef. C’était vraiment une très belle surprise, d’autant plus qu’elle demande beaucoup de travail. Une surprise qui venait de très loin, avec beaucoup d’amour dans la démarche. Cela m’a beaucoup touché. Les surprises, tout ce qui n’est pas annoncé, c’est ce que j’aime le plus. Ils ont composé une belle chanson en mon honneur.

Pouvez-vous revenir sur votre rencontre avec les étudiants de SungKyungKwan ?
Vous savez, à mon âge, on est là pour transmettre à la famille, à ses amis et aux gens curieux, tout ce que l’on a appris au cours d’une vie. Les jeunes sont tous en demande. Leur avenir n’est pas une affaire simple à vrai dire. Dans un monde où il y a toujours plus de monde, la vie devient de plus en plus compliquée. Vous savez, certains disent que l’expérience c’est comme un cure-dent, après vous, plus personne ne veut s’en servir. Je pense malgré tout qu’il faut savoir partager ses expériences. Il faut le faire. Je le vois avec mes enfants. Mon expérience cinématographique est tout ce que je peux transmettre. Je ne refuse jamais une rencontre avec les étudiants.

A l’occasion de la sortie de Roman de Gare, vous êtes venu le 10 octobre 2007 au PIFF où vous avez laissé votre empreinte de main. Quel regard portez-vous sur le Pays du Matin Calme, tant d’un point de vue sociétal que culturel ?
La Corée du Sud est un pays qui a fait d’énormes progrès en très peu de temps. Elle a su utiliser un peuple courageux, un peuple travailleur. Bien que j’aime la France, je pense que nous sommes trop gâtés, nous avons tort. Les Coréens s’agitent pour rattraper les autres. Le travail, c’est la réponse à toutes les questions. En Corée, il y a une gentillesse formidable. La gentillesse ouvre toujours des portes. En France, nous restons toujours un peu prétentieux, ce qui a plutôt l’effet contraire. La curiosité des Coréens est également importante. Plus vite tous les pays seront en union, mieux cela vaudra pour les peuples.

Vous terminez actuellement le montage de votre dernier film. Pouvez-vous nous en parler ?
J’ai commencé à tourner ce film il y a quarante ans. Tout autour de ces années, j’ai tourné des séquences en prévision de faire un jour ce film. Quarante ans pour un film de deux heures. Au niveau du synopsis, le film est basé sur une histoire d’amour sur trois générations. L’histoire d’amour d’une femme, de sa mère en prologue et de sa fille en épilogue. Une histoire qui se déroule sur un siècle, de 1910 à 2010. Le héros de ce film est pianiste ce qui en fait une vraie œuvre musicale. C’est un film dont j’attends beaucoup. Pour les séquences, j’ai tourné en France mais aussi aux Etats-Unis ou encore en Russie pour reconstituer la seconde Guerre Mondiale. Un film nécessite toujours un miracle pour être réalisé. Les hasards et les coïncidences ont été tels que cela a fonctionné pendant quarante ans.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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