La Corée prend de la hauteur

2010 March 1
by Corée Affaires

Séoul tient son Silicon Valley. Au cœur de la capitale Sud-coréenne, un espace dédié aux innovations, aux nouveaux médias et nouvelles technologies a pris forme depuis 2002. Baptisée « Digital Media City », cette ville dans la ville est l’un des projets dans le monde les plus tournés vers les technologies de la communication et de l’information. Et pour en faire le nouveau symbole de Séoul, le Landmark Building, une tour de 640 mètres de haut soit la deuxième plus haute du monde, verra le jour d’ici 2015. Kim Wu-seok, chairman du consortium dont Daewoo Kumho est leader a accepté de revenir sur ce projet extraordinaire.

Dans quel(s) objectif(s) la Digital Media City est-elle construite ?
Dans le contexte actuel de mondialisation, la Digital Media City offre à la Corée du Sud un point d’ancrage pour sa globalisation. La construction de cette ville a pour implication directe la création d’un cluster du média digital en Corée. Notre pays est reconnu comme l’un des plus forts d’Asie voire dans le monde dans le domaine des technologies de l’information. L’IT est sans aucun doute la base du développement culturel et économique des sociétés pour le 21e siècle. En mettant parallèlement l’accent sur les contenus, la Corée compte devenir leader mondial dans ce secteur. En fusionnant l’IT et le savoir faire de l’être humain, la technologie peut à mon sens contribuer au bienfait de l’humanité. Et la DMC s’élèvera dans cet objectif.

« La tour Eiffel est à Paris ce que le DMC Landmark Building sera à Séoul »

Pouvez-vous nous parler du Landmark Building qui verra le jour dans la DMC en 2015 ? Quelles sont les prouesses en termes de construction et d’ingénierie réalisées par la Corée ?
Au-delà de la reconstruction, la Corée a connu dans les années soixante et soixante-dix un véritable processus de modernisation de sa révolution industrielle. C’est ce qui a poussé au développement d’un véritable savoir faire dans les secteurs de la construction et de l’IT, faisant de la Corée du Sud un des leaders mondial dans ces domaines. Prenez par exemple les plus hautes tours du monde comme la Burj Khalifa à Dubaï, la Petronas Tower en Malaysie ou la Shanghai World Financial Tower en Chine. Dans tous ces projets, la Corée du Sud était impliquée. Le support permanent du gouvernement dans ces secteurs a permis de fusionner la construction et les nouvelles technologies.
La tour DMC Landmark Building, dont le nom définitif n’a pas encore été décidé, ne sera pas seulement la plus haute tour d’Asie. Elle permettra pour la première fois dans le monde de voir un pays limitrophe. Et quel symbole ! Imaginez, pouvoir voir la zone de Panmunjeon (zone démilitarisée entre les deux Corée) et la ville de Kaesong où se situe le complexe industriel conjoint situé en Corée du Nord, tout cela depuis la capitale sud-coréenne.
Avec un hôtel 6 étoiles, des étages résidentiels, des centres commerciaux, des bureaux spécialisés sur l’IT et les médias digitaux, ainsi que des centres de recherche et développement, la tour deviendra un véritable cluster des nouveaux médias. Nous devrions également compter un aquarium digital, un centre médical de l’Université nationale de Séoul (SNU), des salles de convention et des centres d’expérience des technologies digitales pour les visiteurs. La tour Eiffel est à Paris ce que le DMC Landmark Building sera à Séoul. Il portera l’image d’une Corée leader en IT et en construction et sera le nouveau point d’attractivité des touristes étrangers dans la péninsule.

La tour la plus haute d’Asie, l’hôtel le plus haut du monde. Pourquoi la Corée a-t-elle ce besoin d’être toujours au-dessus?
Les Coréens ont un esprit innovant. Ils aiment les tentatives. La peur de l’échec n’existe quasiment pas. Séoul est une ville dynamique, vivante, qui vit dans un esprit de remise en question constant. Grâce à cela, la Corée s’est développée très rapidement et de ce fait les infrastructures également. Cette capacité de construction n’a jamais été reconnue par les autres pays. Seules les constructions coréennes à l’étranger étaient visibles. Aujourd’hui, la Corée compte sur la tour Landmark Building pour montrer au monde ce qu’elle est capable de réaliser. Nous avons besoin de montrer ici ce que nous savons faire à l’étranger et le superlatif nous permettra à n’en pas douter d’atteindre cet objectif.

« Une fois dans la tour, le visiteur n’aura plus besoin d’en sortir »

Quelles sont les particularités de la DMC en termes de nouvelles technologies, d’ubiquitaire et d’éco-énergies ?
Nous travaillons encore sur le design en prenant en considération les conseils des spécialistes. La tour sera creuse en son centre ce qui permettra d’apporter davantage de lumière naturelle et donc de réduire la consommation d’électricité, et d’améliorer la ventilation de l’espace, lui donnant de ce fait un côté « eco-friendly ». Un moteur éolien sera également placé pour couvrir 5% de l’électricité du building. La façade rideau qui couvrira la paroi extérieure du Landmark Building apportera des avantages éco-énergétiques essentiels : ce type de façade légère contribue à l’obtention de points de certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), l’enveloppe du bâtiment améliorant les performances thermiques, la maîtrise des transferts d’air et d’humidité, etc. Nous équiperons également la tour de panneaux solaires et d’écrans géants pour symboliser la réunion de l’art, des médias et des technologies. Nous proposerons des systèmes de sécurité extrêmement poussés en cas d’inondations, d’incendie ou de grand froid. Sur la partie ubiquitaire, tout sera automatisé : réseau sans-fil accessible partout, géo-localisation des visiteurs dans la tour, résidences et bureaux équipées des dernières technologies IT, etc. Une fois dans la tour, le visiteur n’aura plus besoin d’en sortir. Tout sera à sa disposition dans ce lieu high-tech inédit.
A côté de la DMC se situe l’île Nanji, centre de déchets de 1978 à 1993 (pyramide de déchets 34 fois plus large que la Grande Pyramide de Gizeh) transformé en parc géant « eco-friendly ». Devenue parc écologique (les déchets ont été recouverts d’arbres), Nanji accueille chaque année près de 10 millions de visiteurs. La proximité entre cette île et le DMC Landmark Building représentera également un pont entre l’IT et l’écologie. Un témoin entre le passé et l’avenir.

La DMC peut-elle être considérée comme une transition historique et économique pour la Corée, d’un pays industriel vers un pays innovant ?
La Digital Media City est encore en construction. Mais le lancement de ce projet fut un moment historique pour la Corée. C’est le nouveau centre du secteur secondaire et le symbole de la transition comme je vous l’expliquais précédemment (Nanji-DMC). Une fois finalisée, la tour permettra p 86 000 emplois, de générer 11 trillions de wons en production et 2 trillions de wons en valeurs ajoutées. Certains effets économiques ne sont encore pas déterminés à ce jour.

Avez-vous des attentes particulières en termes d’investissements étrangers ou de logements pour les expatriés ?
Nous souhaitons accueillir un grand nombre d’investissements directs étrangers et coréens. L’hôtelier américain Ritz a exprimé son souhait de venir s’implanter ici. Le groupe Ambassador et la chaîne hôtelière Fraser ont déjà signé des accords de coopérations. Nous avons signé une lettre d’intention avec la société américaine ATM pour le développement d’un aquarium digital. Concernant les expatriés, nous proposerons des résidences avec des applications ubiquitaires grand confort. Nous souhaitons réellement voir venir une importante communauté étrangère dans la DMC.

Propos recueillis par Clément Charles
Journaliste pour Corée Affaires

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