L’ISM de Dakar, pour favoriser l’investissement coréen au Sénégal

2011 March 28
by Corée Affaires

Amadou Diaw est le fondateur et président de l’International School of Management (ISM) à Dakar, au Sénégal. Sa volonté de créer des partenariats avec les plus grandes écoles françaises et coréennes permet aujourd’hui de former une main d’œuvre de haut-niveau pour les investisseurs sud-coréens. Retour sur cette école, ses partenariats et les débouchés avec la Corée.

Pouvez-vous nous parler de l’ISM ?
L’ISM est la toute première institution privée d’enseignement supérieur créée au Sénégal en 1992 dans un contexte à l’époque dominé par l’enseignement général délivré par l’Université de Dakar. L’objectif principal était de former des ressources humaines d’un type nouveau immédiatement opérationnel au sein de l’entreprise donc mieux préparées à la vie professionnelle. L’ISM a démarré avec seulement 25 étudiants et compte aujourd’hui près de 3500 étudiants répartis dans 8 campus au Sénégal et accueille près de 40 nationalités. Tous nos programmes sont reconnus par l’Etat du Sénégal, par le CAMES (Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur) et nous sommes membres de l’EFMD, organisme européen d’accréditation. Les formations tournent principalement autour de la gestion des affaires et les disciplines connexes. Nous délivrons au bout de trois années d’apprentissage un Diplôme supérieur de gestion (DSG), puis plus de douze Masters (finance, marketing, ressources humaines, etc.). Nous offrons également deux formations de haut niveau à des cadres disposant d’expériences avérées de plus de cinq années, un programme dénommée International MBA et un Ph.D. en Management.

Quels sont les débouchés et vers quelles carrières s’orientent les diplômés de l’ISM ?
Aujourd’hui, l’ISM compte plus de 5 000 anciens élèves au Sénégal et à travers le monde. La direction de l’école accorde une attention particulière au devenir et au maintien des relations liant l’ISM avec ses diplômés. C’est ainsi que nous réunissons sur une base annuelle la Convention des anciens élèves dont l’édition de 2011 vient juste de se tenir. Selon les études et échos que nous recevons de ces anciens élèves, ils se retrouvent dans tous les secteurs d’activités relatifs à la gestion comme les banques à Dakar, en Europe et en Asie, les PME du Sénégal et de la sous-région Ouest-africaine, etc.

Quels sont les partenariats universitaires développés par l’ISM ?
Dans le contexte des Ecoles de commerce et de management, la présence à l’international est un atout important dans l’attraction des meilleurs étudiants et dans le but d’assurer une immersion dans un environnement nouveau pouvant permettre le développement d’attitudes et de capacités d’adaptations réelles. La présence à l’international de l’ISM s’est appuyée au début sur une relation privilégiée de partenariat avec certaines grandes écoles françaises comme la Rouen Business School sur la base de protocoles d’accords. Aujourd’hui, le réseau de partenaires est fort d’une vingtaine d’écoles en France. Concernant HEC, nous avons créé une classe préparatoire aux concours il y a de cela près de 20 ans. Puis nous avons initié la création d’un HEC Executive Club à Dakar. Et enfin, les étudiants des trois MBA (HEC, Wharton et ISM) collaborent pour l’élaboration d’une stratégie de développement pour une ville du Sénégal : Saint Louis.
En Espagne nous entretenons des relations privilégiées avec Fundesem Business School et avec MBAs Las-Palmas. En Afrique, l’ISM entretient de bonnes relations avec plusieurs institiutions partenaires : ESCA Casablanca, IME Douala, GIMPA au Ghana, ESSEC Yaoundé, Central University College au Ghana, ESCAE Côte d’Ivoire, etc. Dans la stratégie internationale de l’ISM nous avons décidé de nous ouvrir à l’économie et aux écoles asiatiques. Nous avons déjà formalisé des accords avec IILM New Delhi et avec Birla Institute of Technology and Management (BIMTECH). Une équipe de l’ISM a déjà visité la Shanghai Jiao Tong University, la Chinese Academy of Social Sciences, la Singapore Management University et l’Indian School of Business à Hyderabab en Inde. Un groupe d’étudiants de SookMyung University en Corée du Sud est venu le 16 février et nous pensons avancer très rapidement vers la signature d’un protocole d’accord entre le Centre Afrique Asie de l’ISM et le Korea Cultural Institute.

Au niveau du Sénégal, il y a un besoin réel
de compréhension, d’appropriation et d’adaptation
des stratégies d’affaires et de développement
asiatiques et surtout coréennes

Sentez-vous un attrait de la Corée du Sud vis-à-vis du marché Sénégalais ?
Il y a effectivement un attrait de plus en plus important de la Corée du Sud pour le marché sénégalais et sous régional. Les entreprises coréennes sont de plus en plus visibles dans la ville de Dakar et dans l’espace médiatique. Les multinationales que sont Samsung, LG, Hyundai, Kia Motors et Daewoo sont de mieux en mieux connues et respectées pour la qualité de leur produits et prestations. Les salons d’affaires impliquant des sociétés coréennes sont devenus assez courant au Sénégal. La récente visite d’Etat du Président Wade avec une forte délégation gouvernementale et d’hommes d’affaires sénégalais va sans doute accroître cette influence de la Corée du Sud au Sénégal.

En quoi vos étudiants sont-ils touchés ?
Nos étudiants sont touchés par les possibilités d’emplois offerts par ces entreprises. Nous avons mis en place au sein de l’ISM un institut spécialisé sur l’Asie appelé African-Asian Center. Ce centre s’est attelé au rapprochement des espaces asiatique et africain en favorisant l’apprentissage des langues majeures asiatiques (Chinois, Japonais, Coréen), l’accompagnement des entreprises asiatiques et africaines dans leurs extensions en offrant des ressources humaines capables de parler plusieurs langues et maîtrisant les contextes juridiques, financiers et les enjeux économiques propres à chaque espace africain et asiatique.
Avec la Corée du Sud, nous avons tenu la première Edition du Korea Day sur 3 jours à l’ISM sous la présidence effective de l’Ambassadeur de Corée au Sénégal et en partenariat avec la KOICA et la Korea Foundation. Ce qui nous a permis d’inviter deux universitaires coréens, les professeurs Ok Woo-Seok d’Incheon University et Hwang Hee-Young de Youngsan University, qui ont délivré des discours sur l’économie coréenne et sur le Saemul Undong à l’intention des étudiants de l’ISM et du monde de l’entreprise. Nous prévoyons d’envoyer les premiers étudiants de l’ISM en Corée du Sud dans le cadre d’un programme d’échange avec SookMyung University en 2012 suite à la signature du protocole d’accord.

Quel rôle peut jouer la France dans cette relation Corée du Sud – Sénégal de votre point de vue ?
La France dispose d’une expérience réelle dans le partenariat économique avec la Corée du Sud. Il existe aujourd’hui en France une expertise avérée dans la prise en charge des questions d’affaires et des enjeux économiques relatifs à la Corée du Sud. En outre, il existe une base de données en Français accumulée au fil des années ; ce qui pourrait beaucoup aider dans le développement des relations Corée du Sud-Sénégal.

Quels sont les attentes et les besoins en termes de formation afin de se préparer à l’ouverture de ces marchés nouveaux ?
Les attentes sont importantes des deux côtés. Au niveau du Sénégal, il y’a un besoin réel de compréhension, d’appropriation et d’adaptation des stratégies d’affaires et de développement asiatiques et surtout coréennes. L’Afrique est l’ultime marché économique du monde avec un potentiel de développement important en rapport avec la taille, la jeunesse et la croissance de sa population mais aussi en rapport avec les ressources naturelles dont elles disposent. Les besoins de formations doivent en premier lieu s’articuler autour de la langue et de la culture pour une interprétation exacte et la mise en place de bonnes stratégies d’affaires. Le rapprochement entre les écoles de formations coréennes et africaines et la mise en place de programme de co-diplômes peuvent être des pistes à explorer pour réussir le design de programmes de formations répondant aux besoins des deux espaces économiques. C’est dans ce cadre précis que nous avons créé depuis deux années le Centre Afrique-Asie à l’ISM. A ce jour près de 600 de nos étudiants sortent avec une capacité avérée dans les langues asiatiques (chinois, japonais, indonésien et coréen) et d’excellentes connaissances dans le management interculturel axé sur l’Asie et l’Afrique.

Propos recueillis par Sophie Bermond
Journaliste pour Corée Affaires

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