Être francophone, en Afrique, pour une société coréenne (partie 1/3)

2011 March 29

Parler français est presque devenu un luxe dans le monde des grands conglomérats coréens spécialistes de la construction et de l’ingénierie. Leur conquête de l’Afrique ne peut se faire qu’avec des équipes maitrisant la langue et la culture locale, donc le français pour les pays d’Afrique francophone. Corée Affaires a recueilli les témoignages de ces jeunes coréens et français qui vivent en Afrique ou font des aller-retour sans cesse entre la péninsule et l’Afrique. Partie 1…

Francophone depuis plus de 20 ans, Jae-Hyun Bae travaille aujourd’hui en tant qu’interprète dans l’une des multiples divisions du conglomérat Samsung. Dans le cadre d’un projet en Afrique du Nord, il s’est vu confier une mission clé : faciliter les négociations entre les deux pays.

En quoi le fait que vous soyez francophone facilite les négociations ?
Le fait d’être francophone facilite grandement l’approche de nos partenaires en Afrique. Le travail commence avant tout au travers de la relation humaine et pour cela, il faut pouvoir comprendre et approcher une culture différente. Établir une communication avec une langue commune permet évidemment d’engager une relation rapidement. Dans le travail quotidien, ma francophonie me permet de comprendre de nombreuses subtilités, des mots dont le sens sera totalement différent en fonction de la culture des uns ou des autres. Dans notre domaine, il est très facile de contourner certains sujets en jouant sur les mots.

Pensez-vous qu’il soit aujourd’hui nécessaire d’intégrer des francophones dans ses équipes afin de conquérir les marchés d’Afrique de l’Ouest et du Nord ?
Il faut savoir que dans les pays d’Afrique francophone, il est plus facile d’établir un contact en parlant français ou la langue du pays, plutôt qu’anglais. Si les Coréens maîtrisent bien la langue de Shakespeare, il leur est très difficile de travailler sans francophones dans ces pays d’Afrique car les contrats et les rapports sont rédigés en français. Afin de faciliter leur intégration professionnelle dans le pays, les Coréens commencent à apprendre le français pour se familiariser plus rapidement avec les coutumes et la culture des affaires.

Voyez-vous de plus en plus de Coréens francophones ou de Français travailler avec les groupes coréens ?
La Corée du Sud cherche actuellement à investir dans de nouveaux marchés et depuis quelques années, le pays porte toute son attention sur l’Afrique. Une partie importante de l’Afrique étant francophone, il n’est en effet pas étonnant de voir les conglomérats coréens embaucher de plus en plus de francophones. Néanmoins, à l’heure où je vous parle, les entreprises sud-coréennes rencontrent de grandes difficultés à trouver une main d’œuvre qualifiée maîtrisant la langue française. L’activité en Afrique a débuté il y a environ cinq ans et le nombre de Coréens francophones ayant un niveau équivalent à celui d’interprète reste tout de même restreint.

Propos recueillis par Clément Charles
Rédacteur en Chef, Journaliste, Corée Affaires

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