SAGA Korea, au cœur du triangle France-Corée-Afrique

2011 April 6
by Corée Affaires

Filiale du groupe Bolloré, SAGA opère depuis plus de vingt ans en Corée. Forte d’un réseau mondial, la marque s’est positionnée comme un intégrateur de services logistiques capable d’organiser un transport de bout en bout, quels que soient la provenance, la destination, le mode de transport, ou le type de marchandises, du simple colis express jusqu’aux projets industriels. L’Afrique fait historiquement partie des premiers développements de la marque à l’international. SAGA y évolue désormais sous la bannière corporate de Bolloré Africa Logistics, premier réseau intégré de logistique en Afrique, avec une présence de plus de 50 ans dans 41 pays, acteur majeur de l’activité portuaire, spécialiste du transport terrestre et expert des solutions logistiques sur mesure. Yann Balagny, directeur-pays de SAGA Korea et premier « témoin » français des exportations coréennes vers l’Afrique, a accepté de partager sa vision des nouveaux investissements sud-coréens sur le continent africain.

La mondialisation et ses effets croissants sur la compétitivité des marchés a fait évoluer les routes traditionnelles des échanges Nord-Sud / Est-Ouest, donnant ainsi aux pays asiatiques un accès direct à l’Afrique. Le continent africain, de par sa situation géographique sur le globe, se trouve à la croisée de ces routes commerciales et se trouve au cœur des défis de développement du 21e siècle. Cependant, lorsque l’on parle de la présence asiatique sur le continent africain aujourd’hui, l’actualité est souvent monopolisée par la Chine, dont les investissements massifs et la présence humaine grandissante en Afrique commencent à faire débat. En effet, le continent africain représente un nouvel Eldorado commercial pour les pays asiatiques aux appétits de croissance sans limites, quand les marchés occidentaux s’essoufflent.

Qu’en est-il de la présence de la Corée du Sud en Afrique?
La Corée du Sud, pauvre en ressources naturelles, a du développer ses industries, dont certaines sont désormais reconnues au plan mondial, et asseoir son modèle de croissance sur les exportations. Elle s’intéresse désormais de manière plus stratégique au continent Africain. Ainsi, en dix ans, les investissements sud-coréens en Afrique ont été multipliés par quinze. La Corée du Sud possède un savoir-faire confirmé dans des technologies de pointe, l’Afrique quant à elle, dispose d’importantes ressources naturelles. Les opportunités de partenariat économiques gagnant-gagnant sont dès lors très vastes et prometteuses.

Les entreprises coréennes […] rivalisent désormais
avec les plus grandes sociétés occidentales
bouleversant ainsi l’hégémonie historique
des relations Nord-Sud auxquelles le continent
africain était habitué

La Corée du Sud s’est lancée dans une approche ciblée du marché africain en mettant en avant ses industries de pointe. Il est bien entendu que les produits finis coréens dont la réputation sur le plan mondial n’est plus à faire, tels que l’automobile, la téléphonie mobile, l’informatique ou encore les produits blancs ont choisi l’Afrique comme nouveau terrain de jeu. Cependant, pour des raisons économiques propres à certains de ces pays, on ne les retrouve pas majoritairement sur le marché traditionnel du neuf, mais sur celui de l’occasion, ce qui au passage n’est qu’une preuve supplémentaire de leur qualité.
L’Afrique étant à la recherche de produits de bonne qualité, mais à un coût très compétitif, le marché de l’occasion s’est développé rapidement, et reste un débouché important pour les industries coréennes leaders que sont l’automobile et l’informatique, considérant que ce marché de l’occasion est souvent boudé par les Coréens sur leur propre territoire, toujours avides de nouveautés.

Par ailleurs, un autre fleuron de l’économie coréenne tel que celui de la construction, tout en conservant une expansion très importante dans les pays émergents de la zone asiatique (Vietnam/Cambodge/Indonésie par exemple), voit le continent africain se dessiner comme une zone d’expansion de son savoir-faire hors frontière, offrant ainsi des débouchés aux produits de l’ensemble des acteurs de la filière.

En effet, fort de leur ingénierie et leur efficacité reconnue dans le secteur de la construction, et rompus aux négociations serrées avec des Etats ne bénéficiant pas toujours de budgets pléthoriques, mais désireux de poursuivre leur développement au juste prix, la Corée s’impose désormais en Afrique comme un acteur important sur les appels d’offres de créations ou rénovation d’infrastructures, dans des domaines aussi variés que le développement portuaire, la chimie, ou encore le pétrole et le gaz. Au sein d’un consortium ou en solo, les entreprises coréennes leaders de cette industrie que sont Samsung E&C, Daewoo E&C ou encore Hyundai E&C, rivalisent désormais avec les plus grandes sociétés occidentales, dont la France, bouleversant ainsi l’hégémonie historique des relations Nord-Sud auxquelles le continent africain était habitué. Par ailleurs, certains pays africains émergents considèrent la Corée du Sud comme un partenaire sérieux, dont le miracle économique des dernières décennies leur rappelle que tout est possible. Ces partenariats grandissant entre l’Afrique et la Corée du Sud représentent autant de défis logistiques pour SAGA, fort de son réseau mondial et de son expertise en Afrique.

Par Yann Balagny, directeur-pays de SAGA Korea

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