Il était une fois Fukushima…

2011 August 5
by Corée Affaires

Par Clément Charles, Rédacteur en Chef

Taper « Fukushima » sans fautes sur son clavier d’ordinateur les yeux fermés n’a jamais été aussi simple. Cela aurait été un exploit quelques mois auparavant. La ville japonaise est bien malheureusement pour elle devenue l’une des plus connues au monde du jour au lendemain. La centrale nucléaire qui y faisait jusqu’au 11 mars 2011 les beaux jours de l’économie locale n’a pas tenu le choc face au puissant tremblement de terre (8,9 sur l’échelle de Richter) et au tsunami ravageur qui ont frappé l’archipel. L’explosion du réacteur n.1 le lendemain du drame a eu des conséquences qui ont retenti partout autour du globe, tant d’un point de vue environnemental que social et économique, car c’est bien la troisième puissance économique mondiale qui est concernée. Et pas très loin, la Chine et la Corée du Sud, première et treizième puissances. 25 ans auparavant, c’était en Ukraine, à Tchernobyl, au cœur de l’Europe, que le nucléaire faisait parler de lui. Retour sur la catastrophe et ses conséquences en Asie du Nord-Est et les multinationales françaises…

Plus de 1 000 kilomètres séparent Séoul de Tokyo et de Fukushima. Au-dessus, un jet-stream Ouest-Est. Autant dire que la péninsule coréenne était relativement bien à l’abri des importantes retombées radioactives, les seules traces infimes d’iode et de césium radioactifs ayant été observées une fois le tour du monde du nuage terminé.  Alors que le Japon devrait mettre des années avant de voir son économie s’en remettre totalement, la Corée du Sud pourrait bien prendre une toute autre dimension en Asie du Nord-Est et perdre son contrariant statut de « crevette entre deux baleines ».

Économiquement, si le Japon est un partenaire de premier ordre pour la Corée dans des domaines aussi variés que le tourisme, les composants électroniques ou les équipements automobiles, et que ces secteurs risquent bien entendu de ressentir les ondes de l’après-Fukushima tôt ou tard, Séoul a une carte à jouer : devenir le nouveau hub d’Asie du Nord-Est en se basant sur une géologie stable (aucun volcan actif ni tremblement de terre fort) et une croissance incroyable, le pays devenant au fil des mois un modèle politique et économique pour les économies avancées. Le tournant devra cependant être négocié avec grande prudence car psychologiquement, les investisseurs internationaux maintiennent leur standby et préfèrent attendre de voir l’évolution de la situation avant de prendre leur décision quant à une redéfinition de leur déploiement dans la zone. De même, la Chine qui a vivement critiqué la mauvaise gestion de crise du gouvernement japonais en demandant des « excuses officielles au Premier Ministre Kan pour avoir retenu la vérité sur la gravité de la catastrophe »*, se tient prête à prendre son envol sur certains secteurs que le Japon contrôlait historiquement.

Trois mois après les événements, Corée Affaires a voulu en savoir plus sur les impacts de l’explosion de la centrale sur l’Asie du Nord-Est et plus particulièrement sur la Corée du Sud. Comment réagissent les populations locales ? Quelle stratégie va adopter le gouvernement sud-coréen à moyen-terme ? Les investisseurs français retourneront-ils dans l’archipel nippon ou choisiront-ils de revoir le redéploiement de leurs expatriés ? La Corée doit-elle revoir sa stratégie d’exportation du « nucléaire » ? Quid du ralentissement du tourisme japonais dans la péninsule ? Les journalistes Sébastien Falletti, Eva John et Frédéric Ojardias sont allés sur le terrain afin d’identifier et d’analyser les conséquences engendrées par l’explosion de la centrale de Fukushima. Benoit Gauthier, Conseiller économique à l’Ambassade de France en Corée, revient également sur l’impact économique de la crise japonaise.

* Global Times, mercredi 13 avril 2011

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