La Corée se globalise par la K-Pop

2011 September 23
by Corée Affaires

Affiche pour le concert de SM Town à Paris

Le Vieux Continent et le Pays du Matin Frais sont en train de nouer des liens qui vont au-delà des « simples » échanges commerciaux et des relations diplomatiques. La « culture coréenne » y prend une nouvelle dimension. Mais attention, il ne s’agit pas d’écrivains ou de peintres (il y aurait pourtant tellement de choses à dévoiler), mais d’un phénomène musical qui après une première vague sur l’Asie se projette sur l’Occident et plus particulièrement la France : la K-Pop, diminutif de la musique pop coréenne. Un phénomène à la fois surprenant et motivant pour la Corée qui y voit une nouvelle source de globalisation.

Ils en rêvaient, SM l’a fait
Les 10 et 11 juin 2011 resteront à n’en pas douter gravés dans la tête des fans français de musique pop coréenne. C’est à ces deux dates que la société de production SM a réservé le Zénith pour deux concerts géants. Au programme, trente-quatre artistes composant cinq groupes identifiables sous les noms de Shinee, f(x), TVXQ, Girls’ Generation ou encore Super Junior. En 15 minutes, les 6 400 places du concert du 10 juin étaient vendues. Du jamais vu. Une de mande inattendue qui a poussé la production à étaler la tournée sur deux jours. Quelques minutes auront suffis pour écouler la deuxième vente de tickets.

Ce succès ne peut donner que le sourire à Romain Krief et Matthieu Lamouret. Les deux jeunes créateurs de kpop.fr (2005) et kpopfrance.com (2010), qui comptent des centaines de milliers de visites par mois, sont portés par cette vague K-Pop et se retrouvent aujourd’hui réunis sous soompi.fr, une plateforme lancée par Enswers après une acquisition-fusion des deux sites. Ce portail coréen spécialisé dans la recherche vidéo a acquis en février dernier Soompi Media LLC basée dans la Silicon Valley et fondatrice de soompi.com (1998), l’un des sites de K-Pop les plus puissants. Kim Gil-Yeon, président d’Enswers (possibilité de rachat du groupe par l’opérateur de télécommunication KT), confiait peu de temps après la tournée européenne au Joongang Daily ses ambitions : « Faire de Soompi et Enswers deux marques reconnues chez les fans de K-Pop autour du globe ».

L’image de tout un pays
Aujourd’hui, la Corée du Sud est présentée dans les médias inter¬nationaux à travers le prisme des provocations nord-coréennes et les produits high-tech développés par ses conglomérats. Et lorsque ce n’est pas l’un de ces fils rouges, la mise en lumière se fait par à-coups suite à un contrat d’envergure (nucléaire, construction, chantier naval, énergie) ou l’organisation d’un événement international (sommet du G20, Formule 1, Jeux Olympiques, etc.). Mais depuis cet été, la Corée prend une nouvelle dimension. L’accord de libre échange entré en vigueur le 1er juillet et la musique K-Pop lui ont donné une présence inédite dans les médias français. Et le gouvernement coréen ne souhaite pas voir le soufflet retomber. Des dizaines de millions de wons sont ainsi déboursés afin de financer l’industrie de la musique qui, en s’exportant au-delà de l’Asie, permet de « globaliser » la Corée et attirer de nouveaux touristes dans la péninsule. La nomination fin août du groupe Girls’ Generation au poste d’Ambassadeur du tourisme pour le programme Visit Korea Year 2010-2012 le prouve. La Corée du Sud souhaite se vendre et se faire connaître par la K-Pop.

Par Clément Charles
Rédacteur en Chef,  Corée Affaires

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