Quatre ans pour un accord sans précédent

2011 October 12

Par Clément Charles, Rédacteur en Chef,  Corée Affaires


C’est très exactement le 6 mai 2007, à Séoul, que l’Union européenne et la Corée du Sud ont lancé les premières discussions sur la faisabilité d’un accord favorisant les échanges bilatéraux. A cette époque, les barrières tarifaires moyennes en Corée étaient de 11.2% et de 4.2% en Europe. L’UE est alors le 2e partenaire commercial de la Corée derrière la Chine, son 2e marché d’exportation et son 4e fournisseur. Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Entre les manifestations sans précédent en Corée du Sud contre l’import de bœuf américain dans le cadre de l’accord négocié entre la Corée et les USA et la crise financière internationale de 2008-2009 en passant par le sommet du G20 organisé en Corée en 2010, les négociations ont pris du poids et les intérêts de part et d’autre pour ouvrir leur marché se sont faits grandissants.

Pourquoi cet accord est sans précédent ? Hormis le fait qu’il permet dorénavant aux entreprises coréennes et européennes d’entrer plus facilement en concurrence sur les marchés inter¬nationaux, qu’il influe sur la compétitivité des entreprises et donc la croissance économique des pays concernés, qu’il facilite les réglementations et élimine les barrières douanières, cet accord de libre échange est avant tout une porte ouverte à la quatrième économie asiatique d’un côté, avec une société de consommation de masse et des moteurs de croissance clés, et au plus grand bloc économique de l’autre, avec 500 millions d’habitants et un marché représentant 30% du PIB mondial. Un accord gagnant-gagnant, le premier du genre pour l’Europe et le premier avec une grande puissance internationale pour la Corée (l’accord avec les USA n’est pas ratifié).

Entrée en vigueur au début de l’été 2011 (1er juillet), les échanges ont plutôt profité aux exportations européennes sur les 31 premiers jours : +44% pour le fromage, +215% pour le porc, +30% pour le vin rouge ou encore +19% pour le chocolat. Selon les douanes coréennes, l’UE a vu ses exportations gonfler de +34% vers la Corée du Sud à 4,14 milliards de dollars, alors que dans l’autre sens, les marchandises quittant la Corée pour le Vieux Continent ont perdu 12% en glissement annuel pour atteindre 4,08 milliards de dollars et créer un déficit commercial de 60 millions de dollars. Outre les biens de grande consommation et le luxe qui seront à suivre du côté des échanges franco-coréens, les secteurs tels que les semi-conducteurs, l’automobile, la robotique, les chantiers navals et l’énergie, seront les clés des échanges et partenariats commerciaux entre la Corée et l’UE.

De fait, la France, deuxième puissance économique européenne derrière l’Allemagne, a tout à gagner en développant ses relations avec le Pays du matin frais. Et la Chambre de commerce franco-coréenne l’a compris depuis les prémices des négociations, en témoigne l’édition en novembre 2007 d’un Corée Affaires spécial « Accord de libre échange UE-Corée du Sud : quelles perspectives ? ». Pour ce nouveau numéro, la FKCCI met le doigt sur le côté non pas théorique mais pratique de l’accord. Que ce soit en France ou en Corée, les exportateurs, distributeurs, fournisseurs, douaniers, économistes ou avocats ont tous leur mot à dire et leur conseil à prodiguer pour une meilleure implémentation de l’ALE. La Chambre de commerce franco-coréenne prouve par ce magazine qu’elle se tient d’ores et déjà prête à supporter les entreprises françaises intéressées par la Corée ainsi que les sociétés coréennes souhaitant exporter ou développer des partenariats avec la France.

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