Dr. Jaehoon YOO, Chairman et CEO de la Korea Securities Depository

2014 October 13
by Corée Affaires

Propos recueillis par Philippe PRIEURCA_1006

Dans notre dossier spécial, nous avons abordé le rôle du KONEX, la place boursière consacrée à l’économie créative. Afin de mieux comprendre toute la mécanique et le concept du KONEX, Corée Affaires a pu obtenir un entretien avec Dr. YOO, Chairman et CEO de la Korea Securities Depository.

Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer ce qu’est la Korea Securities Depository ?
Nous sommes une chambre de compensation. Les clients de Korea Securities Depository (KSD) sont des maisons de courtage, des institutions financières, qui ouvrent un compte par lequel seront réglées/livrées leurs transactions. KSD est l’équivalent coréen de Clearstream, une société internationale de dépôt et de règlement/livraison pour les obligations, actions et fonds d’investissement.

KSD est donc en quelque sorte le garant du bon déroulement des transactions financières dans le marché boursier?
Effectivement, nous pouvons dire que la Korea Securities Depository assure la sécurité des transactions financières et en est la garante. Il faut bien comprendre que derrière toute l’agitation d’une place boursière, le transfert, la vente d’actions, il faut s’assurer de la validité de chaque transactions. En cas de contestation, cela pourrait avoir des résultats chaotiques voire catastrophiques pour l’économie.

Dans le cadre de notre dossier sur l’économie créative, le gouvernement coréen a mis en place une place boursière : le KONEX, consacré à ce secteur. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?
Premièrement, il est important de rappeler que la Corée du Sud est l’un des pays les plus innovants au monde d’après les statistiques de l’OCDE nos dépenses dans le secteur Recherche et Développement représentent 3,7 % du PIB ; c’est 1,5 point de plus que la France. De ce point de vue, la Corée du Sud est très concernée par la politique de l’innovation. Le gouvernement a très bien compris que pour augmenter la croissance de manière soutenue, il fallait une politique en faveur de l’innovation. Ainsi, l’idée de créer le KONEX est un projet qui a été lancé il y a deux ans pour permettre aux petites entreprises innovantes d’obtenir des fonds et des aides par le secteur financier. Le KONEX peut être défini comme un ‘’label’’ qui apportent une certaine confiance aux investisseurs. Cela leur donne une assurance supplémentaire que les fonds placés dans leurs entreprises ne risquent pas de disparaitre du jour au lendemain. Le KONEX est une première étape pour les toutes jeunes entreprises désireuses dans le long terme de s’insérer dans le KOSDAQ, le marché voué aux nouvelles technologies, l’équivalent du NASDAQ américain.

Quels sont donc les avantages pour les compagnies d’être répertoriées au KONEX ?
Le KONEX permet d’organiser le marché. Quand l’on souhaite créer une entreprise il faut anticiper les futures difficultés que cela engendre. Lorsque l’on souhaite créer une entreprise, l’on tend typiquement à dépendre des 4Fs comme ressources financières;‘‘ Founder’’, ‘‘ Family’’, ‘‘ Friends ’’ et ‘‘ Fool ’’. Ce principe symbolise vers quel type de personnes l’entrepreneur se tourne au départ. Ainsi pour faire face aux difficultés, les jeunes start-up innovantes se doivent de trouver un canal pour financements plus organisés que 4Fs. Tout simplement, en intégrant le KONEX, les PMEs ont l’avantage d’obtenir les facilités adéquates pour développer leur business car elles obtiennent cette fameuse confiance dont les financiers ont besoin pour croire à la croissance de ces entreprises. De plus, le KONEX est utile aux PMEs trop grandes pour solliciter des investisseurs privés mais aussi trop petites pour s’insérer directement dans le KOSDAQ.

Après le lancement en juillet dernier du KONEX, peut-on parler d’une certaine réussite pour le Gouvernement ?
Il est difficile de quantifier le niveau de réussite du KONEX mais ce que l’on peut affirmer c’est que le gouvernement semble satisfait. Tout d’abord, l’Etat coréen s’est inspiré de AIM (Alternative Investment Market), le marché anglais de l’innovation. De ce fait, le gouvernement coréen prend en compte un nombre important d’indicateurs (productivité, revenus, richesse, finances etc…) utilisés par le Royaume-Uni afin de savoir si le KONEX suit une trajectoire de développement correcte. A l’heure actuelle, les indicateurs sont positifs puisqu’ il y a déjà 45 entreprises affiliées au KONEX c’est un bon début en terme d’attractivité pour un tel marché. Nous espérons voir plus de PMEs s’inscrire au KONEX dans les mois à venir.

Connaissant la volonté du gouvernement d’accentuer les efforts vers l’économie créative, quelles seront les politiques à venir pour consolider cette réforme économique ?
La Présidente PARK Geun-hye a insisté sur le fait d’accentuer une politique économique en faveur de l’innovation, notamment de celle liée au secteur de l’économie créative. Cependant pour pouvoir atteindre les objectifs fixés, des réformes structurelles importantes doivent être mises en place comme la réforme du service public, faire valoir la consommation domestique pour le secteur interne ainsi qu’extérieur. Seulement après ces difficilesréformes mais obligatoires, l’économie coréenne trouvera un nouveau souffle qui permettra l’émergence de nouvelles entreprises et notamment des PMEs innovantes propre à l’économie créative.

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