Interview de M. Moo Han KIM, Directeur exécutif de la KITA

2014 October 21
by Corée Affaires

___ __ kitaSuite au MoU signé entre la FKCCI et la Korean International Trade Association (KITA) en septembre 2013, M. KIM, Directeur exécutif de la KITA, répond aux questions de Corée Affaires sur les échanges commerciaux franco-coréens et les opportunités de collaboration entre nos deux institutions.

Tout d’abord, pouvez-vous nous expliquer le rôle de la KITA ?

Depuis sa création en 1946, la KITA développe les opportunités d’exportations et d’importations pour les entreprises coréennes à travers ses activités liées au développement des échanges commerciaux, à la coopération au commerce des entreprises privées et à l’établissement de l’infrastructure du commerce extérieur. Elle joue également un rôle important dans la protection des droits et intérêts des entreprises coréennes en ameliorant l’environnement du commerce intérieur et extérieur et en supprimant la régularisation.

Le gouvernement a récemment annoncé la création, par l’action conjointe de la KITA et de la KCCI, de chambres de commerce, appelées KOCHAM, sur le modèle de l’AMCHAM. Quel va être le rôle de la KOCHAM ?

Aujourd’hui, alors que les entreprises coréennes sont présentes dans le monde entier, les institutions publiques coréennes, qui ont chacune un rôle particulier, ont pour la plupart une dimension sociale. En revanche, les organisations étrangères présentes en Corée, telles que l’AMCHAM, la FKCCI et la Chambre européenne s’engagent sur un panel de missions qui leur permet de coopérer avec les institutions gouvernementales, de proposer des mesures politiques et économiques afin de représenter les intérêts des entreprises de leur pays présentes en Corée.

Le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Energie (MOTIE) prévoit de créer un puissant réseau d’entreprises coréennes à l’étranger, afin que celles-ci puissent exposer leurs difficultés aux gouvernements locaux et représenter leurs intérêts. Dix pays ou régions, dont l’Union Européenne, ont été désignés pour la mise en place des premières Chambres de commerce, à l’initiative de la KCCI et de la KITA. Ces Chambres adhèreront à la KCCI pour renforcer la coopération entre les différentes organisations économiques coréennes, ce qui permettra d’agir de manière efficace en faveur des entreprises coréennes, par le biais de comités par secteurs industriels. Ces Chambres seront appelées KOCHAM ou KBA (Korea Business Association).

Comment se porte le commerce entre la France et la Corée ? Le FTA a-t-il eu l’effet escompté, tant du côté des exportations coréennes que des importations françaises et européennes ?

La France est l’un des principaux partenaires commerciaux de la Corée, occupant la troisième place parmi les pays européens. La Corée, quant à elle, fait partie des vingt premiers partenaires commerciaux de la France. Suite à l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Corée en 2011, les échanges francocoréens ont connu une forte progression. L’automobile et les dispositifs de communication sans fils sont les deux principaux secteurs d’exportation de la Corée vers la France et l’accord de libre-échange, en réduisant les douanes, a permis de relancer les ventes, qui s’essoufflaient avec la crise de 2010.

L’accord de libre-échange a beaucoup bénéficié à la France, qui exporte de plus en plus de produits vers la Corée, notamment sur le haut-de-gamme. La balance commerciale s’est ainsi inversée depuis l’accord de libre-échange et est maintenant excédentaire pour la France.

Qu’en est-il du secteur de l’agroalimentaire ?

Dès la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et la Corée, les droits de douanes pour les produits agroalimentaires coréens ont été supprimés à 91.8% vers l’UE ; elles le seront à 98.1% dans cinq ans sur certaines catégories d’articles. Les exportations coréennes ont connu une croissance réduite, mais les exportations françaises ont bénéficié de l’ALE, avec par exemple les exportations de fromages et de vins qui ont doublé depuis 2010. Forts de leur image raffinée, les aliments préparés français séduisent les consommateurs coréens, de plus en plus sensibles à la gastronomie, ce qui est prometteur pour les exportations françaises.

Suite au MoU signé avec la FKCCI, quel est, selon vous, le rôle de la FKCCI et de la KITA dans la promotion des relations commerciales entre la France et la Corée ?

En raison du manque d’informations et de réseaux mutuels, les entreprises françaises et coréennes ont rencontrés de nombreuses difficultés, malgré leur volonté de collaborer. Le réseau économique créé par le MoU permettra aux PME d’accroitre leurs échanges. A cette fin, la FKCCI et la KITA doivent collaborer davantage, en échangeant sur l’économie et le commerce, en organisant la visite croisée de délégations de commerce et d’investissement entre la France et la Corée et en favorisant les réseaux d’affaires entre les entrepreneurs franco-coréens.

Dans la continuité du précédent Corée Affaires et du forum sur l’économie créative, comment la KITA soutient-elle l’économie créative à l’étranger ? Quelles sont les opportunités de collaboration entre la France et la Corée ?

La France est d’autant plus renommée comme pays pionnier de l’économie créative qu’elle a su faire de certaines industries un art, tel que le design, la mode, etc. La KITA et la FKCCI peuvent coopérer pour former des délégations sur l’économie créative et favoriser les échanges ; il y a beaucoup d’occasions de collaborer : la KITA organise par exemple un « forum des CEO de l’industrie des services », afin d’écouter les opinions et partager les informations qui en ressortent, permettant de favoriser l’économie créative dans le secteur des services, par exemple. Ce forum, organisé régulièrement avec un CEO du service tertiaire, peut être d’un grand intérêt pour les membres de la FKCCI. Plus d’informations sur le site internet de la KITA.

FacebookTwitterLinkedInEmail

Comments are closed.