Interview de Jae-Hoon Chung, directeur du Korea Institute for Advancement of Technology (KIAT)

2015 February 10
by Corée Affaires

HDRtist HDR - http://www.ohanaware.com/hdrtist/Corée Affaires a rencontré Jae-Hoon Chung, directeur du Korea Institute for Advancement of Technology (KIAT), afin d’en savoir plus sur la coopération franco-coréenne en termes d’innovation, notamment suite au partenariat signé entre la Banque Publique d’Investissement de France (BPIFrance) et le KIAT en 2011.

En premier lieu, pouvez-vous présenter en quelques mots le KIAT ?
Le KIAT est une organisation parapublique ayant pour mission de mettre en place les politiques et les infrastructures favorisant le développement technologique, de renforcer l’industrie locale, de promouvoir la coopération en matière de technologie et d’effectuer le transfert et la commercialisation de technologies. En particulier, afin de renforcer la compétitivité internationale, nous établissons un réseau de coopération de technologie avec de nombreux pays et organismes, et soutenons divers programmes de recherche et développement.

Pourquoi cette collaboration entre BPIFrance et le KIAT, suite à l’accord bilatéral signé en mai 2011 ? Pouvez-vous nous expliquer ce que sont les projets EUREKA et Eurostars ?
Nous souhaitons mettre en place une politique de développement des technologies afin que les PME et les PMI puissent jouer leur rôle essentiel dans l’industrie malgré une structure industrielle dominée par les grandes entreprises en Corée. Pour cela, la Corée et la France ont lancé en commun un programme bilatéral de recherche et développement. Le KIAT et la BPIFrance financent des fonds pour la mise au point de technologies s’adressant aux PMI coréennes et françaises, et les aident à renforcer leur compétitivité internationale. Cette coopération permet aux entreprises coréennes et françaises de collaborer et partager leurs savoir-faire technologiques afin de se positionner sur un marché mondialisé.
De plus, ce partenariat encourage aussi la coopération bilatérale des universités et instituts qui participent à des projets de R&D conjoints dans divers secteurs.
EUREKA est une initiative européenne dont l’objectif est d’accroître la productivité et la compétitivité de l’industrie européenne en suscitant et en facilitant des projets de recherche. EUREKA a opté pour une approche « bottom-up » qui laisse aux entreprises l’initiative des projets. Afin de mener des actions de coopération technologique et de R&D, la Corée est devenue un pays membre associé du réseau EUREKA en 2009 et participe ainsi à des appels à projet dans des programmes comme Horizon 2020.
Outre EUREKA, la Corée est aussi un pays membre du projet Eurostars, un programme commun entre EUREKA et l’UE, dédié aux PME innovantes. Eurostars soutient des projets innovants transnationaux, qui rassemblent des partenaires d’au moins deux pays membre. Grâce à cette collaboration internationale, les PME accèdent plus facilement à de nouveaux marchés.
Les projets EUREKA et Eurostars sont importants, car ils permettent aux entreprises coréennes d’effectuer une coopération multilatérale en recherche et développement avec les entreprises européennes.

Quels sont les projets à venir ?
En 2014, le KIAT et BPIFrance prévoient de faire un appel conjoint sur trois secteurs, afin d’y financer le développement de technologies. De nombreuses entreprises s’intéressent au développement bilatéral de technologie, et nous prévoyons d’élargir progressivement nos budgets de soutien à partir de 2015. Dès que les modalités concrètes de coopération seront déterminées, nous organiserons un projet commun avec BPIFrance.

Quelles seront les actions envisagées dans le cadre de l’accompagnement des entreprises françaises et coréennes, en particulier les PME ?
Nous bénéficions de données sur plus de 30 000 entreprises, sur lesquelles se repose le KIAT pour fournir des informations régulières sur l’actualité économique et le milieu des affaires. Nous organisons notamment des forums et séminaires destinés aux entreprises implantées dans les parcs technologiques (Technopark) et les zones industrielles afin de promouvoir activement les programmes de recherche et développement menés conjointement par la Corée et la France. Nous organisons aussi des événements de rencontre « Global matchmaking », tels que Eureka Korea Day ou Global Partership Korea, afin de favoriser la création de réseaux entre les entreprises coréennes et françaises. Surtout, le KIAT prévoit de soutenir activement le jumelage des entreprises au sein des pôles de compétitivité français et coréens.

Comment BPIFrance et le KIAT peuvent changer l’image de entrepreneuriat, parfois vu comme instable et risqué, pour que les entrepreneurs soient considérés comme de véritables acteurs pour l’innovation ?
Le gouvernement coréen soutient divers programmes aidant les jeunes et les chercheurs à créer leurs entreprises. Comme le gouvernement de la Présidente PARK Geun-Hye l’a indiqué, les subventions pour la création d’entreprise sont estimées à 1400 Milliards de Wons. Il y a aussi divers programmes, comme un programme d’aide et de formation pour la création d’entreprise, ou encore des incubateurs d’entreprises innovantes. En particulier, dans le cadre de programmes de R&D, nous assouplissons les réglementations en cours afin de donner de nouvelles opportunités aux projets qui ont échoué. De plus, les projets entrepreneuriat et les entrepreneurs ayant moins de 2 ans d’expérience éligibles aux subventions R&D ne seront plus soumis à l’examen préalable de l’état de leurs finances, afin d’encourager les jeunes, les personnes âgées et les chercheurs à créer leurs entreprises.

A votre avis, quels sont les domaines de collaboration d’avenir entre la France et la Corée du Sud ?
Des groupes de travail ont été mis en place afin de déterminer les secteurs d’activités dans lesquels une coopération inter-gouvernementale peut être développée : 1. véhicules automatisés, 2. nanoélectronique 3. E-santé 4. système de stockage de batterie et d’énergie 5. services sans contact.
De plus, je pense qu’il est nécessaire de former des groupes de travail chargés de jumelage entre entreprises, afin de renforcer la coopération entre entreprises dans les secteurs d’activité concernés.

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