L’heure des loisirs en Corée !

2016 February 2
by Corée Affaires

Par Laetitia Vallée

Parcs d’attraction, cafés aux concepts toujours plus originaux, randonnées dans les montagnes environnantes, cours de photographie, de céramique, golf, bowling, karaoké,… La capitale coréenne regorge d’activités et les Coréens ne manquent pas de créativité quant à comment divertir leur prochain : dans le café Mustoy, vous pouvez prendre un café… et peindre des poupées en porcelaine, en couple, en famille, avec vos collègues, ou tout seul, pourquoi pas ? Vous pouvez aussi aller dans un café à chats, à chiens ou même à moutons et ratons laveur, saisir une batte de baseball et tirer quelques balles dans une « baseball bat shooting cage » ou faire de la luge en plein été au One Mount Snow Park.FKCCI la coree travaille ses loisirs 01

Ce goût pour les activités de loisir est encore récent en Corée et ne fait que commencer. Il y a 15 ans seulement, le pays faisait partie des plus pauvres de l’OCDE ; l’entreprise était au cœur de la vie des Coréens et tous leurs efforts se concentraient sur le développement économique du pays. La Corée fait maintenant partie des plus riches pays du monde, avec une croissance de 3.3% en 2014. L’observation du secteur tertiaire et des loisirs dans les pays développés d’Europe ou encore au Japon présage de l’avenir brillant des loisirs en Corée : selon le rapport « Les tendances futures de l’industrie des loisirs » réalisé par la Chambre de commerce et d’industrie coréenne (KCCI) en octobre 2014, lorsque le revenu par habitant d’un pays atteint les 30 000 dollars, les dépenses en loisir augmentent considérablement. Le temps libre et les loisirs, au secours d’une vie professionnelle éreintante, acquièrent un rôle social prépondérant et donnent naissance à de multiples formes de services et produits. Le revenu par habitant de la Corée est maintenant dans les 20 000 dollars (contre 100 dollars en 1963) : il annonce le passage à une culture où le loisir est consubstantiel au travail, à la fin de la journée, de la semaine, puis de sa carrière.

La première étape à la croissance du secteur : l’introduction en 2003 de la semaine à 40 heures.FKCCI duree legale du travail en coree en 2003

Les Coréens sont certes parmi ceux qui abattent le plus grand nombre d’heures de travail au monde (16 % des employés sont encore à plus de 52 heures par semaine), mais 66 % des employés profitent maintenant des 40 heures de travail par semaine. En moyenne, les Coréens bénéficient de 3,6 heures de temps libre en semaine et 5,8 heures par jour le weekend et en vacances, un temps qui augmente lente¬ment mais sûrement d’année en année, appuyé par un budget lui aussi croissant (+5,8 % de 2013 à 2014).

L’évolution démographique de la Corée favorise de même l’essor du secteur. Si actuellement il y a une véritable précarité des personnes âgées et un système social encore balbutiant, l’arrivée des baby-boomers à la retraite dès 2020 s’accompagne déjà du bouillonnement créatif et innovant de la silver économie (cf Corée Affaires 97), dans laquelle les loisirs auront tout à fait leur place. Cette génération de seniors, du moins celle qui peut assurer sa retraite, a plus de moyens et de temps libre que leurs parents ; ils sont des adeptes passionnés de randonnée, de montagne ou encore de golf, et sont de plus en plus demandeurs d’activités de loisir. « Les Coréens se soucient peu à peu d’équilibrer vie professionnelle et vie privée », remarque Yoon So Young, Chercheuse à l’Institut coréen de la culture et du tourisme. Les jeunes générations sont et seront cependant les grands porteurs du secteur des loisirs, et témoignent d’un grand-écart générationnel avec leurs aînés. « Alors que les baby-boo¬mers vivaient leur vie comme la fourmi de La Fontaine, les jeunes générations préfèrent chanter comme les cigales » ajoute Yoon So Young.FKCCI la coree travaille ses loisirs

Ils ont grandi dans une société développée de surconsommation et accordent une grande importance à leur temps libre et leur épanouissement personnel. Malgré le poids des études dans leurs emplois du temps, ils sont habitués aux activités de loisir et sont très ouverts aux nouveaux concepts. « Un phénomène même encouragé par les parents : on parle d’edutainment », explique Yoon So Young. Dans cette société de compétition accrue, les activités extra-scolaires deviennent des arguments sur le CV : golf, équitation ou escrime pour les élites, ballet ou en¬core instruments de musique pour les classes plus modestes. « L’enseignement dans les activités de loisir peut constituer un bon créneau pour les entreprises étrangères, qui peuvent apporter une diversité d’idées et de méthodes », estime Yoon So Young.

Dans son rapport sur les tendances de l’industrie des loisirs en Corée, la KCCI repère ainsi 4 secteurs porteurs : la nature et les activités plein air, les loisirs sur mobile, le « Mall-Cance » (contraction du terme anglais pour centre commercial « malling » + vacances), les marinas.FKCCI Revenu par habitant en Coree

Si les loisirs passifs, comme la télévision, internet et le mobile, occupent la majeure partie du temps libre des Coréens, « les loisirs actifs sont de plus en plus prisés, et représentent au moins un jour du weekend », remarque Kim Yoosun, attaché supérieur du Korea Labor & Society Institute. Autant de portes ouvertes à la créativité et l’expérience française dans le domaine. Corée Affaires s’est concentré pour vous sur cinq niches prometteuses : les activités plein air, les marinas, les jeux vidéo et l’e-sport, le golf et les complexes touristiques.

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