Le golf, un sport en plein boom

2016 February 22
by Corée Affaires

Par Eva John

Entre loisir et outil de networking, le golf est de plus en plus populaire en Corée du Sud. Si le marché est essentiellement occupé par les Américains et les Japonais, des passerelles sont en train de se créer entre la péninsule et l’Hexagone.Golf boom Coree

« Le golf a explosé en Corée à la fin des années 2000. Alors que le marché japonais est mature, le marché coréen est récent et dynamique. Tous les yeux sont donc tournés vers Séoul », s’enthousiasme Ray Seo, en charge du golf au sein de la société d’étude de marché Gfk, qui publie depuis 2010 des rap¬ports à destination des détaillants du secteur. Malgré un ralentissement l’an dernier après le naufrage du Sewol, le marché est estimé à 450 millions d’euros (520 milliards de wons), le troisième après les Etats-Unis et le Japon. Très populaire, le golf est l’activité de networking par excellence. Le week-end, il n’est pas rare de retrouver ses collègues ou son patron pour taper quelques balles. Et si ce sont pour l’instant des marques japonaises (Mizuno, Honma) et américaines (Callaway, Taylormade) qui règnent en maître, certaines marques étrangères espèrent se faire une place sur ce créneau prometteur. C’est le cas d’Argolf, créée en 2010 par des industriels de l’aéronautique et passionnés de golf qui ont décidé de se lancer dans la fabrication de putters haut-de-gamme. « La quasi-totalité du matériel de golf utilisé en France est fabriqué en Chine. Nous trouvions ça regrettable », raconte Olivier Colas, le PDG.golf FKCCI

Basée à Saint-Malo et déjà présente en Europe et aux Etats-Unis, Argolf est en train de s’implanter à l’île Maurice et en Afrique du Sud. Dans le cadre de son développement à l’international, les Bretons se sont tournés vers la Corée après avoir noués de premiers contacts avec des interlocuteurs coréens au PGA Show d’Orlando, le plus grand salon mondial du golf. En repérage en mars dernier à Séoul, Olivier et sa compagne Sonia ont rencontré des importateurs, un fabricant de clubs et un représentant d’une chaine de téléachat. Aidés par la chambre de commerce franco-coréenne pour contacter les importateurs, ils sont encore dans la prospective et veillent à ne pas brûler les étapes. Passer par un importateur, qui a déjà ses canaux de distribution et une meilleure connaissance du marché, leur semble plus prudent.

Et si la France n’est pour l’instant pas forcément associée au golf, Argolf entend tabler sur l’image de marque de l’élégance et du luxe à la française. Son matériel de haute technicité (aluminium, inox, titane) est en effet fabriqué à l’unité et sur mesure. La Corée représentera également à terme une excellente porte d’entrée sur la région. « Certains importateurs coréens avec qui nous avons discuté officient également sur la Chine, Hong Kong, le Japon et la Malaisie », confie Sonia Colas. En sillonnant les allées du Korea Golf Show dans le centre d’expositions COEX, Sonia Colas observe le matériel. « Argolf pourrait par exemple sceller un partenariat d’importation de shafts (la tige du club de golf) coréens », explique-t-elle. Comme le rappelle le salon au COEX, le golf, c’est aussi tout un marché d’accessoires. « Les balles peuvent être un créneau porteur pour de nouveaux acteurs français espérant percer le marché coréen. C’est valable pour les marques françaises comme coréennes ! », analyse Ray Seo.

© www.golfzon.com, www.golfzonsimulator.com

© www.golfzon.com, www.golfzonsimulator.com

Si l’Ecosse est la terre du golf, la Corée est celle du golf… virtuel. Dans un petit pays très vallonné, où les hivers sont longs et les étés pluvieux, le golf en plein air coûte très cher. Ajoutons à cela l’enthousiasme des Coréens pour les nouvelles technologies et les écrans, et l’on comprend facilement le succès que rencontre le golf sur simulateur ou « screengolf ». L’idée : taper la balle en intérieur, face à un écran qui reproduit les parcours de golf et calcule toute une série de statistiques. Le tout pour une quinzaine d’euros, alors que la carte de membre dans l’un des prestigieux clubs de golf peut se chiffrer à 6 zéros. Golfzon, créée en 2000, est le leader dans le secteur. Côtée en bourse depuis 2010, l’entreprise revendique 1,6 million de membres sur 5700 sites et un chiffre d’affaires de 360 millions de dollars l’an dernier. Golfzon, qui fait pour l’instant la plupart de ses profits en Corée, entend bien se développer à l’étranger. Et si les voisins comme la Chine, le Japon et Taiwan comptent parmi les marchés les plus prometteurs, la France est dans sa ligne de mire. « Bien qu’un marché relativement petit en terme de joueurs, la France est un pays prompt à intégrer les nouvelles technologies dans le domaine du sport et de l’amusement », explique JK Lee, manager Europe & Etats-Unis chez Golfzon. Depuis 2008, François Chaperon tente d’importer le concept du screen-golf en France et en Suisse. « Il a fallu européaniser le logiciel : design, sons, bruit etc. Par exemple, la putting cup est en métal en Asie alors qu’elle est en plastique en Eu¬rope, il a donc fallu changer de bruit », confie-t-il. Pour l’instant, les simulateurs de golf se comptent certes sur les doigts de la main, le plus célèbre ayant été installé de façon temporaire sur la terrasse de l’hôtel Fouquet’s Barrière sur les Champs Elysées. Déjà présents à Lyon ou à Limoge, des simulateurs Golfzon devraient bientôt être installés à Manosque, Bordeaux et Paris. Le simulateur peut s’installer chez des particuliers, dans les entreprises, comme un outil d’entrainement dans les golfs ou encore en extension de service dans les hôtels et les restaurants. « C’est ce dernier modèle qui a le plus de potentiel », assure François Chaperon.

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