La navigation de plaisance, un loisir en pleine croissance en Corée du Sud

2016 March 7
by Corée Affaires

Par Frédéric Ojardias

La navigation de plaisance a longtemps été quasiment inexistante en Corée du Sud. Mais les marinas et ports de plaisance se multiplient, sous l’impulsion d’un gouvernement qui a décidé de développer un secteur jugé prometteur.

L’endroit est charmant mais méconnu : la Marina de Séoul est un petit port de plaisance agréable, blotti sur la pointe de l’île de Yeouido, face aux flots bleus (certes souvent gris) du fleuve Han, en plein coeur de la capitale coréenne. Construit en 2011 derrière l’Assemblée nationale, le port peut accueillir jusqu’à 45 bateaux. Un bâtiment de verre de quatre étages accueille une école de voile, un café, un restaurant-buffet, et un large espace réservé à des conférences et des événements divers.

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The Bay 101 © KTO [사진제공_한국관광공사]

« Nous offrons des services de location, de formation, et aussi de restauration et d’organisation événementielle », explique Olivia Park, responsable RP de la marina, dont la gestion a été confiée à une entreprise privée pour une durée de 20 ans. « Si les vents sont favorables, nos voiliers offrent à nos clients une croisière à sensation, et une atmosphère romantique pour les amoureux ! », ajoute-t-elle.

Si l’espace réservé à la navigation sur le fleuve Han est assez restreint (navigable jusqu’au pont de Jamsu), la Corée du Sud offre des nombreuses autres zones propices à la plaisance : « ce ne sont certes pas les Caraïbes, mais la côte méridionale et l’île de Jeju sont très agréables et ont un fort potentiel », souligne un acteur du secteur. Signe de l’émergence rapide de ce loisir au Pays du Matin calme, le nombre de bateaux de plaisance enregistrés a bondi, de 3 944 en 2007 à 10 257 en 2013, selon le ministère de l’Océan et de la Pêche. Le nombre de permis de naviguer augmente de 14% par an ; il est passé de 65 000 en 2007 à 140 000 en 2013. Le ministère estime que le nombre de bateaux doublera d’ici 2017.

Les infrastructures de plaisance – quasiment inexistantes il y a 5 ans – se développent vite. Plusieurs ports ont été construits ou sont en cours de construction à travers le pays, le plus abouti étant le « Bay 101 » à Busan. Sur l’île de Yeongjong (où se trouve l’aéroport international d’Incheon), Korean Air achève la construction d’un autre port, Wangsan. « Le port de Jeongok et celui de Wangsan, quand il sera terminé, possèdent de bonnes infrastructures et un bel environnement… ainsi que l’avantage d’être situés près de la zone la plus peuplée de Corée » observe Ernest Tugores, directeur de CKIPM, vendeur exclusif des voiliers français Bénéteau en Corée. « L’île de Jeju est probablement le meilleur endroit pour la plaisance, avec ses belles plages et son atmosphère fantastique. Mais elle manque d’infrastructures. »sailing voile Corée

Shin Dong-han est un ancien employé de Hyundai Yachts. Convaincu du potentiel de croissance du secteur, il a créé sa propre entreprise, Over The Wave, qui loue des voiliers à des VIP, des entreprises, et des particuliers. Il organise aussi des événements marketing. « Parmi nos clients, 70% sont Coréens, 30% sont étrangers. En Corée, la plupart des plaisanciers sont des pionniers : les Coréens les plus riches ne font pas de bateau, la plaisance ne fait pas encore partie de notre culture. »

Quel est le profil type de ces « pionniers » ? « Pour les hommes : quarantaine d’années, extraverti, gagne bien sa vie mais n’est pas mégariche. Pour les femmes : plutôt la trentaine, attirée par le prestige conféré par la voile », révèle Shin Dong-han, qui tient à préciser : « en réalité, c’est une activité qui ne coûte pas si cher : louer un bateau coûte 80 000 wons par personne pour deux heures, et une semaine de formation pour le permis de naviguer coûte entre 500 000 et 800 000 wons. »

Tous les acteurs interrogés se félicitent des efforts appuyés du gouvernement pour soutenir le développement du secteur. La Corée du Sud a ainsi prévu de bâtir six grands ports de plaisance (700 emplacements chacun) ainsi que d’autres ports plus petits. Le gouvernement veut aussi encourager la construction navale : en janvier, il a promis 19,4 millions de dollars d’aide aux chantiers navals locaux pour produire des « méga-yachts » (plus de 30 mètres), pour lesquels la « demande internationale croît à un rythme de 10% ces dernières années », affirme le Korea Times.

marina seoul voilierMais les constructeurs coréens ont encore quelques longueurs de retard. « Le marché coréen n’en est qu’à ses débuts. C’est encore difficile pour les fabricants locaux de vendre des bateaux de plaisance en Europe ou aux Etats-Unis », admet Kim Ja-woo, directeur de Penguin Ocean Leisure, filiale du groupe coréen HLB (à laquelle appartient Hyundai Yachts), fondée en mai 2014. Son entreprise vend des petits semi-submersibles (4 ou 8 personnes), qui permettent d’admirer les fonds marins. Des engins qui intéressent en particulier les complexes hôteliers touristiques situés près des plages.

Kim Ja-woo met en avant les nombreuses opportunités de coopération avec des entreprises étrangères : « pour se développer, les fabricants coréens ont besoin de travailler avec des entreprises italiennes ou françaises, notamment pour le design. La Corée a de grands atouts : sa puissante industrie navale, la proximité du marché chinois, le soutien du gouvernement, et enfin la qualité de ses ingénieurs. Je suis optimiste : le secteur de la plaisance ici va connaître une croissance explosive. »

Pour explorer ce secteur, vous pouvez faire appel au service d’appui aux entreprises de la FKCCI!

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