Croisement, créativité et foisonnement, la France et la Corée s’unissent en 2015-2016 !

2016 July 12

Par Laetitia Vallée

*Article publié en mars 2016

Fleur Pellerin à la soirée d’ouverture de l’Année de la Corée en France

Fleur Pellerin à la soirée d’ouverture de l’Année de la Corée en France © IF:T.Chapotot

En 2016, la France et la Corée célèbrent leurs 130 ans de relations diplomatiques ! Ou encore leurs 180 ans de contact si l’on considère l’arrivée du premier missionnaire français, le Père Maubant, en 1836. Les deux pays ont développé au fil des ans des relations de confiance et d’amitié que reflètent les échanges humains, qui n’ont cessé de croître depuis les années 90. 13 000 Coréens vivent aujourd’hui en France et près de 4000 Français en Corée (ce qui en fait une des plus grandes communautés occidentales). Plus de 250 0000 touristes coréens ont visité l’Hexagone en 2015 et les Français sont de plus en plus nombreux à s’aventurer en Corée : ils étaient 83 000 en 2015. Le tourisme français a ainsi connu une croissance annuelle de 6 % sur les 5 dernières années ! Autant d’échanges pour rapprocher toujours d’avantage nos deux cultures, animées par une curiosité mutuelle dont la récente vivacité étonne. Le franc succès de l’Année de la Corée en France et les perspectives tout aussi favorables pour l’Année de la France en Corée en témoignent : 16 000 fans sur Facebook, 200 événements prévus en France (plus de 300 en tout) et un public au rendez-vous, avec notamment 88 000 visiteurs à l’exposition Korea Now ! Les années croisées viennent ainsi encourager une dynamique de découverte déjà bien lancée et sont un incroyable vecteur pour compléter nos connaissances réciproques. Chaque pays dresse le bilan et crée une programmation sur mesure, ambitieuse et inédite.

Bien que les Jeux Olympiques de 1988 à Séoul aient révélé la Corée au monde entier et que la libéralisation progressive du pays dans les années 90 ait permis de densifier les échanges bilatéraux, c’est à partir des années 2000, et surtout 2010, que la Corée acquiert une véritable reconnaissance parmi les Français. La vague K-pop, étonnant soft power coréen, en est l’un des principaux vecteurs et culmine avec le succès mondial du chanteur Psy : plus de 20 000 spectateurs lors de son concert en novembre 2012 au pied de la tour Eiffel !

Année France Corée La jeunesse française est clairement le premier moteur de cet engouement : la majorité des touristes français en Corée, dont beaucoup profitent du visa vacances-travail, fait partie des 20-30 ans. L’explosion de l’apprentissage du coréen est révélatrice : les universités françaises ont vu leurs effectifs tripler en seulement cinq ans ! Tant et si bien qu’en septembre dernier, le Président François Hollande a annoncé l’éligibilité du coréen en deuxième langue vivante au bac, un geste fort pour ouvrir l’année croisée.

L’image que les Français ont du Pays du Matin calme est cependant très incomplète et souvent entravée de stéréotypes. La Corée est principalement médiatisée pour son conflit avec le Nord, ses avancées technologiques ou encore sa musique pop. Comme l’explique Cho Yang-ho, Président du comité d’organisation coréen de l’Année France-Corée, c’est là tout l’enjeu de l’Année de la Corée en France, concentrée sur la culture : montrer la richesse du patrimoine culturel coréen, tant historique que contemporain. Un programme encore jamais vu en France, et dont le pari semble gagné dès l’ouverture de l’Année, avec le spectacle du Jongmyo Jeryak au Théâtre National de Chaillot : « Le public a été séduit par cette proposition exceptionnelle, dont plus de 80 % des places étaient vendues en moins de 2 mois ! Nous avons été époustouflés par cette soirée hors du temps, ces costumes colorés, la grâce des danseurs et la diversité des instruments. Bien que très étrangers à ce rite, nos spectateurs ont été ravis de cette représentation de très grande qualité ! », s’enthousiasme Pauline Bolzinger, chargée du développement des publics du théâtre.

Tour Eiffel Annee France Coree

La tour Eiffel illuminée aux couleurs de la Corée © IF:T.Chapotot

Inversement, « la France a une image ancrée de longue date, très forte et en général favorable, bien qu’avant tout culturelle. La culture française telle que les Coréens la connaissent renvoie cependant plutôt vers le passé, avec des symboles comme la Tour Eiffel, Versailles, les Châteaux de la Loire ou encore les impressionnistes. Il nous faut donc capitaliser sur cette image déjà riche et précieuse, et la compléter avec toute la diversité et la créativité de notre culture contemporaine », explique Anthony Chaumuzeau, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France et directeur de l’Institut français à Séoul. Le message envoyé à travers le programme français est clair : la France est jeune, innovante, diverse, vibrante. Les cycles de conférence « Créative France », le concert avec les grandes figures de la scène électronique française ou encore la French Tech seront autant d’événements représentatifs de la force créative de la France. « Nous faisons le constat que la France en Corée est surtout connue par les générations des 50 et 60enaires ; il reste une certaine nostalgie du Centre culturel français des années 70-80, qui était alors un centre majeur de culture, de rencontre et de liberté », remarque Anthony Chaumuzeau. Au travers de ce programme, c’est donc aussi et surtout le jeune public coréen que l’Année de la France en Corée cherche à toucher.

Pour atteindre son but, l’Année France-Corée bénéficie d’un puissant outil de communication : le French Cast, grâce au partenariat signé avec le premier portail internet coréen Naver lors de la visite d’Etat du Président de la République en novembre dernier. Sous un format similaire à une chaîne Youtube, il ambitionne de devenir « la porte d’entrée principale vers la France » pour les internautes coréens et présentera la culture française au travers de diverses sous-chaînes : gastronomie, littérature, danse, économie, etc. Opération inédite, le French Cast est une initiative d’autant plus intéressante qu’elle se pose sur le long terme et voit au-delà de l’Année France-Corée.

C’est bien là l’un des objectifs des années : ouvrir les portes à de nouveaux projets et mettre en place les bases de collaborations ouvertes sur le futur. Elles se promettent ainsi de faire travailler ensemble les acteurs des deux pays : pour être labellisé, chaque projet doit être organisé en binôme franco-coréen. Artistes, institutions, universités, centres de recherche, entreprises, tous sont ainsi invités dans cette dynamique de foisonnement et de collaboration impulsée par les années croisées. Avec notamment le prochain et dernier comité mixte d’organisation à venir en avril, il est plus que temps de se joindre à la danse, que ce soit par la mise en place de projets, le mécénat ou la participation aux divers événements !

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