Le French Tech Hub de Séoul, oriflamme du savoir-faire français

2016 July 19

*Article publié en mars 2016

Par Frédéric Ojardias

Après San Francisco, New York, Tel Aviv et Tokyo, c’est au tour de Séoul d’accueillir son French Tech Hub. Objectif : mettre en avant le savoir-faire français et aider concrètement les start-ups tricolores intéressées par la Corée.

French Tech SeoulL’écosystème des start-ups en Corée du Sud affiche un dynamisme et une créativité explosives, et la France l’a bien compris. Signe de cette reconnaissance, le président François Hollande a annoncé lors de sa visite officielle en novembre la création d’un French Tech Hub Séoul.

La French Tech est une initiative lancée en 2013 par le Ministère de l’Economie pour soutenir les startups françaises et accroître leur attractivité à l’international. Son budget est de 215 millions d’euros, dont 15 millions dédiés au développement à l’étranger – notamment via la création de « hubs », ou plateformes, à travers le monde. « L’idée du hub de Séoul, c’est de connecter l’ensemble des acteurs des deux écosystèmes, français et sud-coréen », explique Pascale Buch, chef du service économique de l’ambassade.

Inauguration de la French Tech Seoul le 10 décembre 2015

Inauguration de la French Tech Seoul le 10 décembre 2015

Concrètement, cela se traduit notamment par la création d’un site Internet et l’ouverture d’un bureau en mars 2016, à l’ouverture de l’Année de la France en Corée. « Ce hub permet de mettre en contact les entrepreneurs français avec tous les acteurs sud-coréens : structures de financement (telles que capitaux-risques), incubateurs, accélérateurs, mentors, et les autres start-ups », précise Pascale Buch. La structure offre aussi l’avantage de réunir sous une bannière collective les différents acteurs français, « ce qui permet d’améliorer leur visibilité et facilite la création de partenariats ». « La French Tech, c’est une marque », ajoute Olivier Mouroux, président et cofondateur d’Asiance, agence digitale basée à Séoul et partenaire privé du projet. « C’est un parapluie, sous lequel s’inscrivent divers événements. » Comme par exemple les « French Tech Tour », des visites d’entreprises innovantes françaises. En décembre 2015, 7 start-ups tricolores ont ainsi participé à un programme de rencontres et de networking avec de potentiels partenaires sud-coréens.

Parmi ces visiteurs se trouvait Quarkslab, société parisienne spécialisée dans la sécurité informatique, venue prendre « des conseils pour optimiser notre présence sur place. Nous avons eu des rendez-vous adaptés avec des interlocuteurs ciblés et de renom, ce qui aurait pu nous prendre des mois à organiser seuls », se félicite Eric Houdet, responsable développement. « La maturité de certains acteurs sud-coréens est clairement d’un très bon niveau et nous avons ressenti une réelle appétence de leur part. C’était très stimulant. »

Les French Tech Days sont d’autres événements inscrits sous le parapluie French Tech. Leur but : mettre en avant le savoir-faire tricolore dans des domaines innovants soigneusement choisis. En mai sont ainsi prévus « deux jours de conférences et de tables rondes pour encourager la coopération France-Corée sur la R&D », explique Nicolas Audibert, de Business France à Séoul, organisateur de ces journées. Le premier secteur concerné est la « Fintech », les technologies liées à la finance et aux banques, pour lesquelles « la France possède une belle expertise. On observe une demande très Claire des Coréens ». Autres domaines : la « e-santé », très prometteuse dans la vieillissante société coréenne, la 5G et l’Internet des objets « pour lequel beaucoup d’échanges ont récemment eu lieu. » Des événements en lien avec la robotique et la photonique sont aussi au programme.

French Tech Seoul robotAprès la création de French Tech Hub à San Francisco, New York ou Tokyo, pourquoi Séoul ? Pour une start-up française, les attraits coréens sont nombreux. « Une implantation à Séoul peut être une plateforme qui permet de s’installer rapidement en Asie du Nord dans de très bonnes conditions, d’en comprendre les aspects culturels, et ensuite d’aller vers la Chine, le Japon et Taïwan », souligne Olivier Mouroux. « Séoul est une ville fantastique au niveau digital, avec de très beaux incubateurs et accélérateurs, et surtout une vraie volonté de la jeunesse de s’investir dans ces domaines. Ce sont des passionnés, qui bossent 20H sur 24 ! Cette nouvelle génération a la compétence, et au-delà, la volonté et une énergie positive qui permettent de développer des projets. »

Le gouvernement sud-coréen comptabilise 30 000 start-ups locales et joue un rôle moteur dans leur développement. Mi-janvier, il a annoncé l’investissement de quelques 66 milliards pour la création d’un nouveau « hub à start-ups » dans la « Silicon Valley » de Pangyo, au sud de Séoul. Les grands groupes coréens font aussi preuve de maturité et commencent à évoluer, « ils ne cherchent plus nécessairement l’innovation en interne », remarque Pascale Buch. « Certains groupes cherchent à nouer des liens avec les start-ups. Ils peuvent être intéressés par des investissements ou des adossements à des sociétés françaises. Comme par exemple SK Telecom et Samsung, qui ont récemment investi dans la française Sigfox. » Start-ups françaises, à vous de jouer : avec ce nouveau hub, la voie coréenne vous est grande ouverte.

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