L’Accord de libre-échange (ALE) entre la Corée et la Chine : au service de la dynamisation des investissements dans les zones économiques franches

2016 August 5
by Corée Affaires

*Article publié en mars 2016

La ratification par l’Assemblée Nationale coréenne de l’ALE Chine-Corée

Le 30 novembre 2015, six mois après la signature officielle du traité par la Présidente coréenne Park Geun-Hye et son homologue chinois, Xi Jinping, l’Assemblée Nationale coréenne ratifiait l’ALE Chine-Corée, entré en vigueur le 20 décembre suivant. La mise en oeuvre de l’accord permet aux deux pays de bénéficier de la réduction des droits de douane sur certains articles échangés. D’après le Ministère coréen du commerce, de l’industrie et de l’énergie (MOTIE), l’ALE abaissera les droits de douane sur les biens exportés par la Corée en Chine, dont la valeur annuelle avoisine les 8,7 milliards de dollars.

Songdo Smart City FEZ

Songdo IFEZ

L’importance de l’ALE Chine-Corée

• La Corée devenue un carrefour de libre-échange
Après la signature officielle de l’ALE avec la Chine, la Corée est devenue le seul pays parmi les 10 premiers pays en termes de commerce extérieur, à avoir conclu de tels accords avec les trois principaux pôles économiques mondiaux que sont la Chine, l’Union européenne et les Etats-Unis. A l’échelle mondiale, seul deux autres pays ont procédé de même, à savoir le Chili et le Pérou.

• La Chine pourrait-elle devenir un deuxième marché domestique pour la Corée ?
Le PIB chinois est de 10 billions 400 milliards de dollars, soit dix fois plus que celui de la Corée (avec 1 billion 400 milliards de dollars). Le pays représente à la fois un marché à forte croissance et le plus gros débouché pour les exportations coréennes. Du point de vue de la Chine, la Corée est aussi un partenaire commercial important. En effet, elle occupe la plus grande part de marché en Chine avec 9,7 %, avant le Japon (8,8 %), les Etats-Unis (8,3 %) et la Thaïlande (7,7 %). Si la signature de l’ALE contribue réellement à rendre le contexte économique plus favorable au commerce, la Chine devrait bientôt devenir un quasi-deuxième marché domestique pour la Corée.

• Les deux pays : pionniers du marché mondial
En 2014, le commerce de produits manufacturés chinois occupait 25,2 % des importations totales en Corée, tandis que, inversement, la part des produits manufacturés coréens était de 51.8 % dans les importations en Chine. L’accord signé permettrait d’assouplir la réglementation relative à l’origine des produits et de faciliter le commerce de produits manufacturés ainsi que la spécialisation des économies sur le plan international. En effet, la spécialisation des deux pays pourrait accélérer leur croissance sur le marché global.

Busan-Jinhae

Busan-Jinhae

Les bénéfices économiques apportés par l’ALE

Les entreprises chinoises devraient investir de plus en plus en Corée, pays qui leurs offre un accès stratégique aux marchés des pays développés ayant déjà conclu leur ALE avec la Corée, comme les Etats-Unis et l’Union européenne. A l’inverse, les entreprises des pays riches accroîtraient leurs investissements en Corée, afin de renforcer leur présence en Chine. De même pour les entreprises coréennes, elles devraient également accélérer leur entrée en Chine.

• Les biens de consommation : les grands gagnants de l’accord
Dans le marché des biens de consommation, la concurrence entre entreprises devrait se durcir. Les produits de beauté coréens, déjà populaires grâce à la vague de la culture populaire (Hallyu), pourraient néanmoins bénéficier le plus de l’accord : portées par la tendance des séries télévisées, films et musiques pop, les entreprises coréennes espèrent exporter de plus en plus de cosmétiques en Chine. Les droits de douane sur les produits cosmétiques de base, qui sont de 6.5 % actuellement, serait en effet supprimés dans les cinq prochaines années suivant l’entrée en vigueur de l’ALE. Dans ce contexte, les entreprises coréennes prévoient de renforcer leurs stratégies marketing vis-à vis des acheteurs chinois.

• Suppression des barrières douanières non-tarifaires
Les barrières douanières non-tarifaires, telles que la mise en quarantaine, les processus d’authentification et la réglementation sur les droits de propriété intellectuelle, seront abaissées. Avant l’entrée en vigueur de l’accord, certains producteurs coréens d’alcool rencontraient par exemple des difficultés à l’exportation en raison de la sévérité du cadre des politiques chinoises autour des boissons alcoolisées. Mais grâce à la disparition progressive des droits de douane sur l’alcool d’ici les vingt prochaines années, ils pourront à l’avenir pénétrer plus facilement le marché chinois.

Gwangyang FEZ

Gwangyang

• L’accroissement des investissements étrangers en Corée et la croissance potentielle des entreprises chinoises
A travers la technologie et les marques coréennes, les opportunités se multiplient pour les multinationales, désireuses de se développer en Chine. Par exemple, un importateur de bière bénéficierait de la proximité géographique avec la Chine s’il prévoit d’implanter ses caves dans le pôle coréen de l’agroalimentaire, se trouvant dans la ville d’Iksan, au Nord de la région Jeolla. Cette proximité facilite ainsi l’entrée de capitaux étrangers en Corée et en Chine. Par exemple, un producteur agroalimentaire chinois a récemment décidé d’investir dans les technologies coréennes dans ce secteur, afin d’augmenter sa part dans le marché domes-tique. Cette entreprise utilise de l’abricot et de la framboise venus de Corée pour la production de ses puddings et de ses gelées, ce qui engendre des flux de capitaux entre les deux pays : de la Chine vers la Corée, puis de la Corée vers la Chine.

Les huit zones franches de la Corée – plateformes pour se tourner vers les marchés chinois et mondial

La Corée a désigné les zones économiques franches comme outils d’amélioration de l’environnement d’affaires pour les investisseurs étrangers. A la différence des autres zones accueillant les investisseurs étrangers et des zones industrielles, ces aires d’implantation ont été conçues pour permettre un développement complexe couvrant plu¬sieurs secteurs incluant l’industrie, le commerce, le transport et le logement. Au nombre de huit, elles se situent à Incheon (IFEZ), Busan-Jinhae (BJFEZ), Gwangyang (GFEZ), Daegu-Nord de la région du Gyungsang (DGFEZ), Saemangeum-Gunsan, Hwanghae (YES¬FEZ), Mer de l’Est (EFEZ) et au Nord de la région du Chungcheong (CBFEZ). L’objectif fixé par le gouvernement coréen est d’attirer les investissements des entreprises étrangères désireuses de bénéficier des effets apportés par l’ALE Corée-Chine. C’est pourquoi l’équipe en charge des zones franches ne ménage pas ses efforts pour assouplir les réglementations freinant les investissements étrangers et pour faire de ces huit zones les nouvelles plateformes tournantes d’activités en Asie du Nord-Est.

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