Rencontre avec Fleur Pellerin, fondatrice de Korelya

2017 February 24
by Corée Affaires

En octobre dernier, alors qu’elle était de passage en Corée à l’occasion notamment du World Women Economic Forum, Fleur Pellerin a accepté de répondre aux questions de Corée Affaires pour présenter son fond d’investissement, Korelya.

Fleur Pellerin Corée AffairesQ. Vous êtes venue pour le World Women Economic Forum, quel message souhaitiez-vous délivrer dans ce cadre ?
R. J’ai répondu positivement à l’invitation du World Women Economic Forum car je pense qu’il est fondamental d’avoir des enceintes comme celle-ci et ce partout dans le monde, afin d’encourager les femmes à entreprendre. Je leur dis : « ne soyez pas votre propre ennemie en rabaissant vos ambitions ».

Q. Vous avez créé votre propre société, Korelya, un fond d’investissement dans le numérique, en partenariat avec Naver. Pouvez-vous nous présenter exactement votre projet ? En quoi consistent exactement les fonds investis par Naver ?
R. Je partage avec mes partenaires une même vision concernant l’avenir du secteur de la technologie, la souveraineté numérique des Etats, le rééquilibrage du web mondial, la juste part d’impôts dont une entreprise doit s’acquitter là où elle génère des profits… Pour mettre en œuvre ces orientations et faire émerger plus de « licornes » en Europe, j’ai créé Korelya Capital et levé 100 millions d’euros auprès de Naver et de sa filiale japonaise Line qui ont contribué à parts égales. Avec mes associés, nous investirons dans des start-ups françaises et européennes des secteurs de l’intelligence artificielle, du Big Data, du Machine Learning, du Deep Learning, du Mapping, des E-services…

Q. Avez-vous l’intention d’ouvrir à d’autres investisseurs que Naver ou finalement, ne représenterez-vous que lui ?
R. Oui, dans un premier temps. K-Fund 1, le premier fonds opéré par Korelya Capital, sera uniquement abondé par Naver et sa filiale Line. Je remercie mes deux partenaires de la confiance qu’ils me font.
A l’avenir, il n’est pas impossible que d’autres entreprises puissent investir dans d’autres fonds qui seront opérés par Korelya Capital.

Q. Avez-vous pu percevoir un réel intérêt des investisseurs coréens vers la France ? Quels secteurs en particuliers sont visés ?
R. Oui car la France évolue et donc le regard porté sur elle aussi. Je veux faire passer le message aux entreprises coréennes que notre pays est redevenu attractif, notamment pour les start-ups. Nous avons des atouts comme la créativité, une main d’oeuvre compétente et bien formée, un environnement des affaires qui a évolué pour prendre en compte la révolution digitale.

Q. Quels sont les défis selon vous pour les investisseurs coréens sur lesquels vous devez les appuyer particulièrement ? Et inversement ?
R. Avec Korelya Conseil, une autre structure distincte du fonds d’investissement, je souhaite en effet accompagner les entreprises coréennes dans leur développement en Europe et tout particulièrement en France. Les stocks d’investissements coréens sont faibles (moins d’1 milliard d’euro) au regard des possibilités. Inversement, je pense pouvoir aider les entreprises françaises à mieux envisager leur installation en Corée. Tel un pont, je veux relier nos deux cultures certes différentes mais qui disposent de points communs. J’entends d’ailleurs souvent dire que la Corée est le pays le plus latin des pays asiatiques.

Q. Ce projet vers la Corée a particulièrement surpris car vous ne manifestiez pas d’intérêt spécifique pour votre pays d’origine. Qu’est-ce qui a motivé votre projet ?
R. Je crois qu’il ne faut pas chercher de contradictions là où il n’y en a pas. Je suis née en Corée mais j’ai grandi dans une famille française et je suis le produit du système méritocratique de mon pays. Ce partenariat avec Naver et Line est avant tout le fruit d’une rencontre. Mais je suis heureuse de retrouver un lien avec la Corée, un pays que j’ai appris à connaître et qui me fascine. Bientôt je parlerai coréen avec une pointe d’accent français.

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