Le droit du travail en Corée

2017 June 22

Remerciements a Kim & Chang pour leur relecture et compléments

Contrairement aux idées reçues, le droit du travail coréen est plutôt protecteur des droits des employés. La crise asiatique de 97 a cependant entrainé de nombreux changements dans le droit du travail, dans le but d’y apporter plus de flexibilité pour les entreprises. Le droit du travail coréen est essentiellement défini dans le Labor Standard Act (LSA).* Revenons sur quelques caractéristiques du droit du travail :

1. Les contrats de travail

Traditionnellement, les contrats en Corée sont en CDI et les employés restent au sein de l’entreprise jusqu’à leur retraite, entre 50 et 60 ans. Les contrats en CDD ne peuvent pas excéder deux ans ; au-delà de cette limite, l’employé doit être traité comme un permanent.
Il est nécessaire de faire figurer par écrit les éléments essentiels du contrat (qui peut être dans une autre langue que le coréen): le salaire, le temps de travail, les congés payés annuels, le nombre de congés maladie, les conditions de travail générales, le lieu de travail et une description du poste.
Même sans engagement écrit, les parties peuvent affirmer l’existence d’un accord verbal, valide devant la loi s’il peut être prouvé.

2. Le temps de travail

Les heures de travail standard sont de 8 heures par jour, ou 40 heures par semaine, pour toutes les entreprises qui ont au moins cinq employés. Un employé ayant un accord avec son employeur peut travailler jusqu’à 12 heures supplémentaires par semaine.
Le travail de nuit comprend les heures entre 22h et 6h. L’employeur doit payer 50% du salaire en plus pour les heures supplémentaires et encore 50% pour les heures supplémentaires effectuées durant les congés, les weekends ou les nocturnes (soit 100% de majoration du salaire).

travail

3. Les congés payés

Les jours de congés obligatoires sont : les congés hebdomadaires (généralement le dimanche) et les congés annuels. Un employé a droit à 15 jours de congés payés à partir de la deuxième année de service ; s’il a plus de trois ans de service au sein d’une entreprise, il a droit à un jour supplémentaire tous les deux ans, jusqu’à un maximum de 25 jours.
Il y a ensuite de nombreux jours fériés par an, que les entreprises ne sont pas obligées de payer. Dans la pratique, il est cependant courant de le faire.
Les congés maternité sont fixés à 90 jours, dont au moins 60 doivent être payés par l’employeur ; l’assurance soins de santé de l’employée paie les 30 restant.
En ce qui concerne les congés maladie, pour des problèmes de santé non liés à l’emploi, il n’est pas obligatoire de payer le congé. Dans la pratique, les entreprises accordent cependant un certain nombre de jours par an. Les absences dues à des maladies ou blessures liées au travail doivent en revanche être couvertes par l’entreprise dans le cadre de l’assurance accidents du travail et maladies professionnelles financée par l’employeur.

4. La rémunération

Marqué par de fortes inégalités salariales entre les sexes et les secteurs, ainsi que selon la taille de l’entreprise, le salaire mensuel moyen était à 1 083 382 de won tous secteurs confondus en 1998. De nos jours, le salaire moyen s’élève à 2 202 332 de won par mois et le salaire horaire minimum en 2017 est de 6.470 won (environ 5,20 euro).
Alors que le système de rémunération coréen était traditionnellement basé sur l’ancienneté, il s’oriente désormais vers un système au mérite et à la performance pour augmenter la productivité des travailleurs. C’est cependant une évolution difficile à accepter pour les salariés, et les syndicats y opposent encore une forte résistance. A titre d’exemple, sept banques ont récemment annoncé vouloir passer à un système de paiement sur la performance annuelle, soulevant le tollé d’un syndicat parapluie rassemblant plus de 100 000 employés dans le secteur bancaire. La modification du mode de rémunération est en cours de négociation.

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