Vallourec, de la Corée à l’Asie du Sud-Est

2018 July 25
Thomas COMTE © Vallourec

Thomas COMTE © Vallourec

Vallourec est le leader mondial des solutions tubulaires premium destinées principalement aux marchés de l’énergie (pétrole et gaz, énergie électrique). L’entreprise est présente dans 20 pays et compte près de 19 000 collaborateurs. Corée Affaires a rencontré Thomas Comte, Président de la filiale Corée et Japon de Vallourec depuis 2015, pour en savoir plus sur l’approche du groupe à partir de la Corée.

Thomas, pouvez-vous nous présenter les activités de Vallourec en Corée ?

Nous avons une filiale de représentation établie depuis 2010 à Séoul pour couvrir les différentes activités du groupe : pétrole et gaz, électricité, construction et industrie. Le rôle de cette filiale est de développer des projets en lien avec les EPC (Engineering, Procurement & Construction – Ingénierie, Approvisionnement et Construction) coréennes, les distributeurs et les fabricants locaux. Depuis 2011, nous avons développé un partenariat avec l’entreprise coréenne Seonghwa, qui nous permet de compléter notre gamme. Enfin, depuis 2016, notre filiale de Séoul gère aussi la représentation du secteur énergie en Asie du Sud-Est.

© Vallourec

© Vallourec

Comment travaillez-vous avec vos partenaires coréens ?

Avec le groupe Seonghwa, nous avons des accords de fabrication, nous testons ensemble de nouveaux produits que nous intégrons dans des packages complets. L’intérêt de ce partenariat est que nous combinons l’expertise et l’excellence opérationnelle de nos usines en Europe à la connaissance fine du marché, la rapidité d’exécution et la capacité d’adaptation de nos partenaires coréens.

Comme vous le savez, dans un partenariat avec une entreprise coréenne il est très important d’avoir une bonne relation à tous les niveaux de l’organisation. J’ai pu le constater en juillet dernier lors de la visite en Corée du Président du Directoire de Vallourec, Philippe Crouzet. Au cours de sa visite, Monsieur Crouzet est intervenu comme VIP guest speaker à l’Assemblée Générale de la FKCCI sur le thème de la transition énergétique, en présence de la presse coréenne et de plusieurs dirigeants français et coréens.

Aujourd’hui, la Corée regarde de plus en plus vers les pays de l’ASEAN, qui seront un important relai de croissance dans les années à venir. Comment Vallourec et ses partenaires coréens participent à cette dynamique ?

Nous avons constaté que l’Asie du Sud-Est est aujourd’hui la région la plus attractive en termes d’IDE (Investissements Directs à l’Etranger). C’est une région qui dépend beaucoup des investissements étrangers pour le financement de ses infrastructures. Or, la Corée et le Japon sont des investisseurs très importants dans la région via les conglomérats et les banques publiques d’investissement et d’export. Le Japon et la Corée représentent 20% des IDE en Asie du Sud-Est. La Corée est le premier investisseur au Vietnam et reste dans le top 10 des investisseurs dans de nombreux pays : Indonésie, Thaïlande, Malaisie et Cambodge.

En outre, l’Asie du Sud-Est représente 15% des capacités électriques qui vont être installées dans le monde dans les 10 prochaines années. Les EPC coréens et japonais se positionnent donc sur différents projets locaux en se différenciant avec des produits de plus en plus high tech. Nous travaillons avec des EPC coréennes depuis des décennies, et nous avons de belles réussites sur le marché domestique. Le marché sud-est asiatique est en pleine croissance et les entreprises coréennes sont appréciées et présentes sur ces marchés. A travers notre initiative Sud-Est Asie pilotée depuis la Corée, nous capitalisons cette excellence relationnelle que nous avons à la fois avec les EPC coréennes et les entreprises électriques locales en Asie du Sud-Est.

Séminaire Vallourec à Hanoi – Vietnam © Vallourec

Séminaire Vallourec à Hanoi – Vietnam © Vallourec

Pouvez-vous nous parler plus en détail de quelques projets de Vallourec en Asie du Sud-Est?

L’une de nos références les plus remarquables est au Vietnam avec le groupe Doosan. Nous avons fourni plus de 1000 tonnes d’équipements pour une centrale thermique sur laquelle nous travaillons depuis 2013, Vinh Tan 4. C’est un exemple de coopération réussie entre le fournisseur d’électricité local EVN (Vietnam Electricity), Doosan comme EPC et Vallourec comme fabricant d’équipements pour la centrale.

En Malaisie, nous avons également livré en 2016 près de 5000 tonnes de tubes et conduites de vapeur pour équiper une centrale thermique Ultra Super Critique (projet Jimah avec IHI).

Centrale Vinh Tan 4, Vietnam © Vallourec

Centrale Vinh Tan 4, Vietnam © Vallourec

Vous avez récemment organisé deux grands séminaires techniques à Hanoi et à Jakarta, en novembre 2017. Quels enjeux et défis identifiez-vous à court terme sur les marchés de lénergie de ces deux pays ?

Nous avons organisé dans chacun de ces pays un séminaire dédié au sujet de la performance de nos équipements, rassemblant chacun plus de 135 participants : institutionnels, utilities, EPC, notamment coréens, et d’autres acteurs de la filière.

Nous avons pu constater que le taux d’électrification de certains pays n’est pas encore à 100%. C’est le cas notamment de pays insulaires, comme l’Indonésie qui est à 93%. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) prévoit le doublement de la demande entre 2020 et 2040 dans les pays d’Asie du Sud-Est.

Par ailleurs, il est intéressant de voir l’intérêt croissant des pays d’Asie du Sud-Est sur les énergies renouvelables, alors que ce sont des pays qui ont beaucoup de ressources naturelles carbone. On voit de plus en plus de partenaires s’intéresser à la géothermie en Indonésie, l’hydroélectricité au Laos, le solaire en Malaisie et aux Philippines. Bien sûr, on ne peut pas généraliser les cas de chacun de ces pays, la problématique énergétique variant énormément d’un pays à l’autre.

Il faut donc être en mesure de répondre à cette demande en forte croissance, tout en respectant les contraintes sur les rejets de CO2 et la réduction des gaz à effet de serre.

J’ai pu constater que les entreprises coréennes suivent avec beaucoup d’intérêt ce marché hétérogène qui est en plein développement et qui requiert de l’adaptation et une bonne compréhension de l’écosystème local pour savoir quelle technologie va prédominer dans les plans énergétiques de ces différents pays.

Comment voyez-vous lévolution des acteurs coréens compte-tenu de ce nouveau contexte sur les énergies renouvelables ?

Depuis la parution du 8e plan énergétique en mai 2017 et sa validation fin décembre par le gouvernement coréen, on a vu que la Corée a fait un choix d’une politique énergétique bas carbone, suivant ainsi la tendance globale amorcée depuis la COP21. Dans ce contexte, le gouvernement s’est fixé comme objectif de porter le renouvelable jusqu’à 20% du mix énergétique d’ici à 2030, contre 6% aujourd’hui.

Les entreprises réfléchissent à modifier leur modèle économique pour investir dans des technologies moins carbonées. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons décidé avec la FKCCI de lancer un Comité Énergie France-Corée, que j’ai l’honneur de présider, que j’ai présenté au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian lors d’un déjeuner à Séoul le 10 février, et qui a officiellement été lancé à l’occasion de la New Year Party de la FKCCI le 12 février. Ce comité a pour objectif de fédérer des initiatives dans le domaine de l’énergie, tant sur le secteur des énergies conventionnelles (pour travailler sur l’efficacité énergétique) que sur les solutions renouvelables.

Retrouvez l’intégralité du Corée Affaires numéro 105 ici

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