La France attire de plus en plus les investisseurs coréens

2019 June 24

Par Delphine de Castelbajac et Oriane Lemaire

Selon les derniers rapports de la Banque de France et de Business France, l’Hexagone a la cote auprès des investisseurs étrangers !

En deuxième position juste derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni, la France est le pays européen le plus attractif pour de nombreux investisseurs étrangers. La taille du marché intérieur, la diversité des territoires français, la qualité des infrastructures et de la main d’œuvre, l’environnement des affaires ou encore l’innovation représentent les principaux facteurs d’attractivité. De plus, selon un sondage public auprès des investisseurs, les mesures telles que la French Tech pour promouvoir le savoir-faire des startups à l’étranger ou encore Welcome to France, la plateforme en ligne pour aider les étrangers à s’installer sont jugées positivement par près de 8 investisseurs sur 10.

L’Hexagone héberge actuellement 28 600 entreprises étrangères qui emploient un total de 2 millions de personnes. Par ailleurs, 343 000 étudiants étrangers ont choisi la France pour étudier en 2017-2018, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.

En 2018, l’attractivité de la France a enregistré une belle progression, comptabilisant 1 323 projets d’investissements étrangers contre 1 298 projets en 2017 ; permettant ainsi le maintien et la création de 30 300 emplois. Les décisions d’investissement prises en 2018 se répartissent sur l’ensemble du territoire et ont permis de générer de l’emploi dans la quasi-totalité des régions françaises.

Les investissements coréens en France rattrapent les investissements français en Corée.

Aujourd’hui, l’Asie représente 11% de la totalité des investissements étrangers en France. Si le stock d’investissements directs coréens en France selon les chiffres de la Banque de France peinait à atteindre 1 milliard d’euros en 2017 contre 4,2 milliards pour la France en Corée, on observe un phénomène de rattrapage.

Bien que la Chine et le Japon apparaissent comme les premiers investisseurs est-asiatique en France, la progression des projets d’investissements provenant de la Corée du Sud est en effet à saluer. En 2018, plusieurs entreprises sud-coréennes ont effectué 13 décisions d’investissements contre 4 projets seulement en 2017. Ces décisions ont permis la création de 163 nouveaux emplois ; quasiment le triple de l’année précédente. Les secteurs d’activités les plus représentés parmi ces projets coréens sont les logiciels et prestations informatiques (23% des projets) et les services financiers, bancaires et d’assurances (15% des projets). On compte environ 40 groupes coréens implantés en France, représentant 4 300 emplois, dont les principaux acteurs sont sans surprise Samsung Electronics, LG Electronics et Amore Pacific, le géant coréen des produits cosmétiques.

Le Samsung Strategy Innovation Center, un centre dédié aux activités de développement dans les domaines de la mobilité autonome et de l’intelligence artificielle, est un exemple représentatif des investissements coréens en France pour l’année 2018. Il s’agit du 3è centre de recherche mondial du chaebol sur l’IA, après la Corée et les Etats-Unis, qui devrait à terme rassembler une équipe d’une centaine de chercheurs.

Autre cas illustrant l’attractivité de la France dans le domaine de la tech : l’entreprise d’informatique coréenne Naver, qui dispose déjà de locaux au sein de Station F a investi 200 M EUR dans le fonds Korelya Capital, piloté par Fleur Pellerin, depuis 2016. Le concurrent coréen des Gafa a également racheté en juin 2016 le centre de recherche grenoblois de Xerox, spécialisé dans l’intelligence artificielle.

En 2018, le groupe SPC, numéro un de la boulangerie-pâtisserie en Corée du Sud, a décidé d’établir sa première usine de production de viennoiseries surgelées en France à Saint-James (Normandie) afin de bénéficier d’un avantage logistique avec le port du Havre, et de la filière laitière/beurre avec l’AOC beurre et crème d’Isigny. Cet investissement est estimé à 20 millions d’euros et prévoit la création d’une quarantaine d’emplois d’ici 2020.

Cette même année Bodyfriend, la marque coréenne comptant parmi les leaders mondiaux des fauteuils massants, a également choisi la France afin d’établir son siège pour se développer en Europe. Cette implantation promet la création de 5 emplois. La société prévoit l’ouverture d’un magasin « flagship » dans le centre de Paris cette année afin de poursuivre son développement dans le pays.

Concernant le secteur immobilier à Paris et ses environs, deux projets d’investissement à la Défense, ont été actés début 2018. Korea Investment Securities (KIS) est sur le point de finaliser l’acquisition de la Tour d’Europe, un gratte-ciel de bureaux d’une valeur de 370 milliards de won (presque 300 millions d’euros). La société sud-coréenne Mirae Asset Daewoo est susceptible de devenir la futur propriétaire de la Tour Majunga, également située dans le quartier d’affaires parisien. Cet investissement est évalué à 1 000 milliards de won soit 760 millions euros, l’un des plus importants investissements coréens dans le secteur immobilier à l’étranger.

Enfin, un consortium composé de Samsung Securities et de Hanwha Investments & Securities a pour projet d’investir 340 milliards de won dans la Tour Lumière, située dans le 12e arrondissement de Paris, conjointement avec Primonial REIM, une société de placement française. L’opération s’élève à 1 500 milliards de won au total.

Une campagne d’envergure de la part des banques coréennes qui anticipent les effets du Brexit avant que les prix de l’immobilier n’augmentent.

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