L’immigration en Corée du sud augmente un peu plus chaque année – Quid des français ?

2019 October 11
by Corée Affaires

Par Jessie Nganga

Depuis plusieurs années, La Corée du Sud est devenue le nouveau pays à la mode. Grâce à sa « hallyu » – littéralement vague coréenne pour désigner la culture pop coréenne – de plus en plus d’étrangers sont attirés par le pays et y voyagent. Certains ayant l’intention de faire plus qu’une simple visite touristique en s’y s’installant. Au-delà cet attrait culturel, la Corée attire les entrepreneurs par son économie réputée libérale, dynamique et innovante, malgré des barrières (linguistiques notamment) non-négligeables à l’entrée.

L’immigration en Corée de sud augmente un peu plus chaque année – Quid des français ?

En juillet dernier, Statistics Korea, l’agence de statistique coréenne rattachée au ministère de l’Economie et des Finances publiait son rapport sur les étrangers vivant en Corée du sud. En 2018, 495,079 personnes ont vécu en Corée[1]. Sur ces 495 000 étrangers, plus de 287 000 avaient entre 18 et 36 ans. L’analyse de ces chiffres montrent que la majorité des étrangers sont venus dans le pays pour étudier, travailler ou rechercher un travail.

L’immigration en Corée du sud est très réglementée. Plusieurs types de visas sont distribués après contrôle des autorités pour étudier ou travailler. Les entreprises souhaitant engager des employés étrangers sponsorisent les visas et sont soumises à des quotas (1/5 employés hormis certains secteurs prioritaires comme le digital avec certains pays) qui leur permettent d’engager un certain nombre d’individus par an.

Parmi les différentes nationalités d’étrangers vivant en Corée du Sud en 2018, nous retrouvons en tête du classement plusieurs pays asiatiques : comme la Chine (163 000), la Thaïlande (80 000) et le Vietnam (56 000). A eux trois ils représentent 61,7% des étrangers. A la quatrième position arrivent les Etats-Unis, premier pays occidental, avec 21 000 résidents.

Quid des Français ?

Moins important que les précédents pays cités, les Français étaient 2150 à résider en Corée du sud en 2018[2]. Mais le nombre d’expatriés Français ne cesse d’augmenter au fil des années. En 2017 ils étaient chiffrés à 1971, en 2012 l’année du tube planétaire « Gangnam Style » du rapper coréen Psy, il y avait 1367 résidants Français.

La grande majorité des Français en Corée ont entre 18 et 35 ans. Différents moyens s’offrent aux jeunes Français afin qu’ils puissent partir vivre en Corée du sud :

  • Les études : l’échange universitaire entre les facultés françaises et coréennes est l’un des premiers moyens pour habiter en Corée du sud pendant plusieurs mois. En 2017, 1344 étudiants Français[3] en échange universitaire ou en stage étaient recensés.
  • Le programme Volontariat International en Entreprise (VIE) et en Administration (VIA) : ouvert aux Français âgés de 18 à 28 ans, le V.I.E permet sous certaines conditions d’exercer une mission rémunérée de 6 à 24 mois dans un certain domaine pour une entreprise française ou une institution basée à l’étranger.
  • Le Programme Vacance-Travail (PVT) : ouvert aux jeunes entre 18 et 35 ans, le PVT permet de voyager et travailler pendant un an maximum dans l’une des 14 destinations ayant signé un accord avec la France. Le chiffre de « PVTistes » choisissant la Corée augmente lui d’année en année : en 2018, ils étaient 481[4] à être partis en PVT en Corée du Sud alors qu’en 2014 ils n’étaient que 287[5].

De la puissance de la « hallyu » à l’économie créative

L’une des raisons pouvant expliquer cet attrait est la globalisation de plus en plus conséquente de la « hallyu » grâce notamment à la K-pop avec le boys band mondialement connu BTS. Mais grâce aussi aux dramas, à la vente de biens coréens à travers le monde comme les produits de beauté et de soins pour la peau (K-Beauty) et à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver en 2018.

La « hallyu » est le cœur de la transformation culturelle lancée par le gouvernement coréen : depuis 2010, il a investi beaucoup d’argent dans son expansion auprès de ses voisins asiatiques et dans le reste du monde[6]. Il a en effet affirmé son ambition de renforcer les exportations dans 5 secteurs importants des biens de consommation, dont le prêt-à-porter et les cosmétiques de 27,7 mds de dollars en 2018 à 35 mds en 2022.  Un choix plus que fructueux qui lui apporte une reconnaissance mondiale et des bénéfices économiques avantageux pour le pays, mais qui n’est pas à l’abris d’une perte de vitesse si la hallyu peine à se renouveler.

Mais, au-delà de la vague coréenne, l’économie coréenne réputée innovante attire les profils en quête d’aventure dans les affaires. Alors que les visas de travail sont soumis à des quotas contraignants et ne sont pas aisés à obtenir, le gouvernement coréen a accordé à la France un régime exempté de ce plafond dans certains secteurs à fort potentiel pour les deux pays. Les start-ups étrangères bénéficient également de visas plus avantageux, à l’instar du visa French Tech pour la France. Ainsi, les visas sont souvent favorisés dans les cas où la personne étrangère apporte une plus-value : toute la série des visas de catégorie E par exemple encourage les profils de type professeurs, chercheurs, ingénieurs pour le transfert de technologie (en hausse depuis 2005, ils étaient 1345 en 2017) et artistes.

[1] Source : Statistics Korea, International Migration by age and sex (National and Foreign), 2018 https://bit.ly/2Uoe5t5

[2] Source : Statistics Korea, International migration of foreigners by gender and citizenship, 2018 https://bit.ly/2Uoe5t5

[3] Source : Fiche Marie Curie-Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, République de Corée, 2018 https://bit.ly/2zU6mJT

[4] Source : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 2018 https://bit.ly/2lkFK0n

[5] Source : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 2015 https://bit.ly/2lgjDIt

[6] Source : “Hsllyu as powerful makerting tool for Korean goods”, Août 2019, Yonhap https://bit.ly/2k8sQ5z

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