“K-beauty world” : Cosmetics & Beauty Expo, à Osong en octobre 2019

2019 July 30
by Corée Affaires

Vous êtes une société française d’import-export ou un acheteur intéressé par les cosmétiques coréens ? Contactez Janghyun Oh (j.oh@fkcci.om). Le salon prendra en charge votre billet d’avion aller-retour et votre nuit à l’hôtel.

– Plus de 250 entreprises et 1200 acheteurs – Avec la participation des entreprises leaders de la K-Beauty telles que LG, The SAEM, It’s Hanbul, etc –

 

La K-Beauty et la K-pop surprennent le monde entier par leur succès fulgurant. Les soins coréens pour la peau tels que les masques, toners et crèmes, mais aussi les fonds de teint et les cosmétiques pour homme se répandent de plus en plus et mènent les tendances de beauté mondiales.

Le salon Osong Cosmetic Beauty Expo 2019, qui a connu sa genèse avec la mondialisation des industries de la beauté, célèbre son 6e anniversaire cette année. Il se tiendra à Osong, Chungcheongbuk-do, des 22 au 26 octobre. Le salon présentera les derniers produits sur le marché et proposera des rendez-vous de conseil à l’export, avec plus de 250 entreprises cosmétiques et 1 200 acheteurs présents.

 

 

Le principal hall d’exposition comportera une salle réservée aux exposants (échange d’informations et rendez-vous commerciaux), une salle de marché (axée sur les ventes) et une salle d’affaires (conseils à l’export, mise en relation). L’édition 2018 a réuni plus de 2500 rendez-vous individuels sur l’exportation des produits entre acheteurs et vendeurs de 44 pays, reflétant la demande mondiale en pleine expansion pour la K-Beauty.

 

 

Cette année, le salon présentera les entreprises leaders de la K-Beauty telles que LG Household & Health Care, Korea Cosmetic the SAEM, It’s Hanbul, Saimdang Cosmetic, BWpharm, … Cet événement va permettre d’accueillir des acheteurs étrangers et de créer de nombreuses opportunités d’affaires entre entreprises leader de la K-Beauty et acheteurs de pays cherchant à rencontrer des entreprises dynamiques de l’industrie cosmétique.

 

Source des contenus : Chungcheongbuk-do, Bio Policy Division / Tel : +82 43 220 4547

Busan : bénéficiez de services à l’investissement

2019 July 29

Publireportage

Busan

Vue aérienne de Busan

Quel contexte?

La métropole de Busan, située à la pointe sud-est de la péninsule coréenne, est la deuxième plus grande ville du pays avec une population de 3,5 millions d’habitants. Busan s’est peu à peu développée comme la ville carrefour du pays, depuis son ouverture en 1876.

Grâce à ses atouts géographiques, ce hub stratégique connectant le continent eurasiatique avec le Pacifique est devenu l’une des principales places fortes logistiques de l’Asie ; il est le sixième port à conteneurs au monde, traitant environ 75% du trafic entrant et sortant de la Corée. La métropole est également bien desservie par les voies ferroviaires (notamment le train grande vitesse KTX entre Séoul et Busan) et lignes aériennes via son aéroport régional. Elle est également le point de départ et le terminus du réseau ferroviaire eurasiatique (la «Silk Road Express (SRX)» ou transsibérien) qui pourrait gagner en importance si une future réconciliation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud permettait le passage des transports terrestres.

Ainsi, la ville de Busan a su s’imposer dans plusieurs industries et secteurs stratégiques depuis le début des années 2000, dont les industries marines, la logistique, les matériaux avancés, les médias & industries créatives, et la finance. La ville accueille régulièrement des conventions & expo internationales.

Des services à l’investissement

Pour les investisseurs qui s’intéressent à l’environnement de Busan, la ville propose un service unique et clef-en-main pour accompagner l’entreprise dans l’ensemble des étapes de l’implantation, grâce à son équipe administrative et ses spécialistes de l’investissement, mais aussi différentes incitations financières, notamment des déductions fiscales, des subventions pour l’achat de terrains, ou encore l’accès à un fonds local pour les PME. (Voir tous les avantages ici : https://english.busan.go.kr/bsordinan/1300559)

Plusieurs entreprises de rang international telles que Microsoft, Ikea, Bosch et Willow Pump se sont déjà établies à Busan comme base de leur développement en Asie.

=> Pour plus d’informations, contactez Cho Yong-joon

Bureau des Investissements et du Commerce de la Métropole de Busan +82 (0)51-888-4461

Et visitez : http://www.investkorea.org/busan_en/index.do

Des vins alsaciens au Pays du Matin calme : entretien avec le fondateur du domaine Klingenfus

2019 July 25
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Une internationalisation commencée en Europe… qui a rapidement dépassé le Vieux Continent

 

Dirigeant cette jeune entreprise familiale depuis les années 80, c’est par le jeu des relations amicales que Robert Klingenfus s’est lancé à l’export. « On a démarré en Allemagne, vers Hanovre et Hambourg. Ensuite, ce fut le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas. On est partis avec ma sœur, un ami et une stagiaire (rires) » explique-t-il avec un brin de nostalgie. Le domaine a rapidement pris ses marques avec plus de 50 000 bouteilles vendues au Danemark soit 40% de la production aux années les plus prolifiques. « On avait essuyé quelques crises en France avec le choc pétrolier qui m’ont marqué et poussé à développer mes ventes ailleurs. Cerise sur le gâteau : j’adorais voyager ! »

C’est donc avec entrain et fort de son expérience européenne que Robert Klingenfus s’attaque au Nouveau Continent. « J’ai atterri à Cleaveland parce que j’avais un ami là-bas, Franck Kakou, le frère d’Elie Kakou, l’humoriste connu. […] Il y avait peu de vins européens là-bas, et encore moins alsaciens » décrit-il. La première année, le domaine a vendu pas moins de 10 000 bouteilles et en exporte désormais plus de 60 000 outre-Atlantique. Après les Etats-Unis, place à l’Asie qui a mis au défis notre viticulteur. « C’était difficile ; les marchés japonais et coréens sont très particuliers » explique-t-il. A force de persévérance et avec l’aide des chambres de commerce, Robert Klingenfus a fini par percer sur ces marchés.

M. Klingenfus accompagné de l'équipe appui aux entreprises de la FKCCI

M. Klingenfus accompagné de l’équipe appui aux entreprises de la FKCCI

 

« Si tu veux vendre un produit, il faut qu’il soit exceptionnel »

Cette phrase prononcée par un de ses importateurs ne l’a plus quitté. « Il m’a fallu du temps pour traduire cela dans une production » explique-t-il. Le domaine s’est ainsi tourné vers la valorisation des noms de marque. « La marque, c’est important, c’est un repère pour le consommateur. A l’époque, on avait mis en avant une cuvée Bugatti, la cuvée du grand-père, pour se forger une réputation ». La réputation : mot-clef pour les consommateurs japonais et coréen sur ces marchés du vin relativement jeunes marqués par quelques grands noms et un effet « imitation » du comportement des consommateurs. « Ce qui m’a le plus surpris en Corée comme au Japon, c’est le style de vie marqué par l’importance des groupes sociaux : les gens ne s’autorisent pas à acheter certains produits s’ils ne correspondent pas plusieurs critères sociaux comme leur statut hiérarchique, leur genre ou encore leur âge ». Robert Klingenfus regrette notamment une consommation de vin blanc dominée par la gente féminine jouissant d’un niveau de vie plutôt élevé. « Nous sommes encore sur un marché de niche surtout pour les vins alsaciens, mais les choses évoluent rapidement : les consommateurs sont de plus en plus jeunes. Ils s’orientent vers des vins moins connus et commencent à changer leurs habitudes de vie. S’ils accompagnent leurs diners de bières ou d’alcools coréens, dans quelques années ils adopteront le vin. C’est un produit plaisant aromatique et fin qui s’allie bien avec la cuisine coréenne ». En effet, le vin se démocratise en Corée. Réputé pour ses bienfaits dans un pays particulièrement soucieux d’associer bonne chère et bonne santé, la consommation de vin a augmenté sur ce marché encore peu matûre.  Les consommateurs coréens de vins importés représentent aujourd’hui 40 % de la population adulte, avec 2L consommés par an (contre 3L au Japon et 5L en Chine).

« Aujourd’hui, avoir une berline Hyundai de luxe n’est plus le principal marqueur social : il faut montrer que l’on sait manger en associant un plat avec un vin, que l’on puisse discuter du vin autour de la table, de son goût, son histoire, … Les coréens sont sensibles à cet art-de-vivre » affirme M. Klingenfus

Autre argument qui pourra jouer en faveur du producteur alsacien : son domaine a adopté une philosophie proche de la permaculture, signifiant que l’équilibre de l’écosystème est à la base de la production et que la vigne n’en est qu’une partie. « Notre travail est empirique : on est passés de conventionnels à raisonnés, à biodynamiques à la quasi permaculture. A l’heure actuelle, les coréens ne semblent pas particulièrement sensibles à la permaculture, mais ils sont interpellés ! ». Bénéficiant de la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) mise en place par le Grenelle de l’Environnement, le domaine peut faire valoir ce certificat en Corée depuis la libéralisation des échanges commerciaux entre l’Europe et la Corée, notamment avec l’accord de libre-échange de 2008.

Vignes

 

« La FKCCI est un informateur stratégique »

« Dans ce pays qui s’ouvre et qui fonce, la chambre de commerce franco-coréenne m’a été d’une aide précieuse pour comprendre les évolutions rapides du marché et en saisir les opportunités » décrit M. Klingenfus. Présente dès les débuts de son aventure coréenne, la FKCCI lui a servi de base d’appui depuis presque 10 ans en lui proposant des services d’accompagnement, depuis l’étude de marché jusqu’à la rencontre d’importateurs. « La chambre nous a aidés à comprendre comment la consommation et la distribution de vin fonctionnent localement. Si l’on a raté quelques affaires par le passé, aujourd’hui, depuis 2 ans, il y a un frémissement et nos statistiques sont bonnes avec plus 20% de ventes l’année dernière »

Sa stratégie ? « Les vins blancs, ce sont des vins que l’on achète par coup de cœur. Mon but est de déclencher ce coup de cœur ». Ainsi avec l’aide de son importateur et de la FKCCI, le viticulteur se tourne de plus en plus vers les dégustations. Ces dégustations étaient au centre de sa dernière mission en Corée en février et il compte développer la formule à l’avenir autour d’un repas coréen. « On peut trouver des ressemblances entre cuisine alsacienne et cuisine coréenne : les viandes marinées, le choux fermenté, les herbes aromatiques,…. Et le poisson cru, c’est le Riesling ! (rires) »

 

Enfin le domaine Klingenfus s’appuie sur le réseau de la chambre pour faire connaître ses vins : en 2016 il a sponsorisé le grand gala annuel avec plus de 400 bouteilles. « C’était un excellent moyen de faire découvrir mes produits. Le vin fera toujours partie d’une discussion, ne serait-ce que pour meubler les blancs, on parle de ce qu’on a mangé et ce qu’on a bu ! (rires) Suite au gala, nous avons eu plusieurs commandes »

Entre kimchi et choucroute, il n’y a qu’un pas, alors trinquons aux futurs succès des vins alsaciens au Pays du Matin calme !

Le Grand Prix VI 2019 célèbre les jeunes professionnels français en Corée

2019 July 18
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Bravo à Florian Brouet, de la société POMA, vainqueur du Grand Prix VI 2019 remis  à l’Ambassade de France en Corée, et les autres lauréats, Damien Cauvemberg-Bouges de Valeo, Cécilia Nantier d’EDF-Framatome, Léonor Varone de l’Institut français, et Rémi Vuillaume de la société Hamon d’Hondt.

Florian Brouet, gagnant du concours VI avec Daniel Mayran, PDG de Bluebell Corée, Agnès Pannier Runacher, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’économie, Fabien Penone, Ambassadeur de France en Corée, David-Pierre Jalicon, Président de la FKCCI, Patrick Defranoux, Directeur de Thalès Corée et Jean-César Lammert, Directeur de Business France Corée

Ce concours célèbre le Volontariat International, un programme unique et spécifique à la France soutenu par Business France qui permet aux jeunes professionnels de 18 à 28 ans de s’internationaliser dans des conditions d’accueil facilitées pendant 6 à 24 mois. Lors de ce concours organisé par Business France, les CCEF, la FKCCI et l’ambassade, les participants ont soumis au jury de chefs d’entreprises des vidéos présentant leur expérience et l’intérêt pour eux de la formule VI. Pour Florian Brouet, « la formule VI, ce ne sont que des avantages sans les inconvénients et surtout une expérience de vie ». Les avantages ? Un statut public, un visa garanti dans le pays d’accueil, pas de charges sociales ni de lien contractuel pour l’entreprise et pour le VI, une indemnité géographique intéressante exonérée d’impôts.

Au-delà de la chance pour ces jeunes de partir à l’étranger, le VI permet aux entreprises de tester un marché étranger sans prendre beaucoup de risques et bénéficier de l’assistance de la FKCCI et de Business France. La FKCCI opère notamment un service de portage et d’hébergement de VIE, et leur ouvre les portes de son vaste réseau d’entreprises grâce à ses services de communication et d’événements.

Lors de la cérémonie de remise des prix, Mme Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’économie, a pu présenter l’importance du programme pour le succès commercial des entreprises à l’étranger : « C’est un modèle exemplaire, à tel point que nous sommes en train d’inventer le Volontariat Territorial en Entreprise, le miroir des VIE dans les territoires français »

L’initiative en Corée est soutenue par nombres d’entreprises qui ont généreusement offert des prix aux vainqueurs: LBI Korea, Air France, Renault, Hanwha Total et Thales. Un remerciement à l’agence digitale Asiance qui a contribué à la promotion du concours.

Retrouvez les vidéos des gagnants du concours:

  • POMA : POMA est un leader mondial des remontées mécaniques depuis 80 ans, disposant de filiales sur cinq continents. La FKCCI accueille au sein de son business center à Séoul la branche coréenne du groupe depuis 2016!
  • Valéo : Valéo est un équipementier automobile, partenaire de tous les constructeurs dans le monde. Entreprise technologique, Valéo propose des systèmes et équipements innovants permettant la réduction des émissions de CO2 et le développement de la conduite intuitive.

Et pour mieux connaître la formule VI : https://www.civiweb.com/

La France attire de plus en plus les investisseurs coréens

2019 June 24
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Par Delphine de Castelbajac et Oriane Lemaire

Selon les derniers rapports de la Banque de France et de Business France, l’Hexagone a la cote auprès des investisseurs étrangers !

En deuxième position juste derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni, la France est le pays européen le plus attractif pour de nombreux investisseurs étrangers. La taille du marché intérieur, la diversité des territoires français, la qualité des infrastructures et de la main d’œuvre, l’environnement des affaires ou encore l’innovation représentent les principaux facteurs d’attractivité. De plus, selon un sondage public auprès des investisseurs, les mesures telles que la French Tech pour promouvoir le savoir-faire des startups à l’étranger ou encore Welcome to France, la plateforme en ligne pour aider les étrangers à s’installer sont jugées positivement par près de 8 investisseurs sur 10.

L’Hexagone héberge actuellement 28 600 entreprises étrangères qui emploient un total de 2 millions de personnes. Par ailleurs, 343 000 étudiants étrangers ont choisi la France pour étudier en 2017-2018, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.

En 2018, l’attractivité de la France a enregistré une belle progression, comptabilisant 1 323 projets d’investissements étrangers contre 1 298 projets en 2017 ; permettant ainsi le maintien et la création de 30 300 emplois. Les décisions d’investissement prises en 2018 se répartissent sur l’ensemble du territoire et ont permis de générer de l’emploi dans la quasi-totalité des régions françaises.

Les investissements coréens en France rattrapent les investissements français en Corée.

Aujourd’hui, l’Asie représente 11% de la totalité des investissements étrangers en France. Si le stock d’investissements directs coréens en France selon les chiffres de la Banque de France peinait à atteindre 1 milliard d’euros en 2017 contre 4,2 milliards pour la France en Corée, on observe un phénomène de rattrapage.

Bien que la Chine et le Japon apparaissent comme les premiers investisseurs est-asiatique en France, la progression des projets d’investissements provenant de la Corée du Sud est en effet à saluer. En 2018, plusieurs entreprises sud-coréennes ont effectué 13 décisions d’investissements contre 4 projets seulement en 2017. Ces décisions ont permis la création de 163 nouveaux emplois ; quasiment le triple de l’année précédente. Les secteurs d’activités les plus représentés parmi ces projets coréens sont les logiciels et prestations informatiques (23% des projets) et les services financiers, bancaires et d’assurances (15% des projets). On compte environ 40 groupes coréens implantés en France, représentant 4 300 emplois, dont les principaux acteurs sont sans surprise Samsung Electronics, LG Electronics et Amore Pacific, le géant coréen des produits cosmétiques.

Le Samsung Strategy Innovation Center, un centre dédié aux activités de développement dans les domaines de la mobilité autonome et de l’intelligence artificielle, est un exemple représentatif des investissements coréens en France pour l’année 2018. Il s’agit du 3è centre de recherche mondial du chaebol sur l’IA, après la Corée et les Etats-Unis, qui devrait à terme rassembler une équipe d’une centaine de chercheurs.

Autre cas illustrant l’attractivité de la France dans le domaine de la tech : l’entreprise d’informatique coréenne Naver, qui dispose déjà de locaux au sein de Station F a investi 200 M EUR dans le fonds Korelya Capital, piloté par Fleur Pellerin, depuis 2016. Le concurrent coréen des Gafa a également racheté en juin 2016 le centre de recherche grenoblois de Xerox, spécialisé dans l’intelligence artificielle.

En 2018, le groupe SPC, numéro un de la boulangerie-pâtisserie en Corée du Sud, a décidé d’établir sa première usine de production de viennoiseries surgelées en France à Saint-James (Normandie) afin de bénéficier d’un avantage logistique avec le port du Havre, et de la filière laitière/beurre avec l’AOC beurre et crème d’Isigny. Cet investissement est estimé à 20 millions d’euros et prévoit la création d’une quarantaine d’emplois d’ici 2020.

Cette même année Bodyfriend, la marque coréenne comptant parmi les leaders mondiaux des fauteuils massants, a également choisi la France afin d’établir son siège pour se développer en Europe. Cette implantation promet la création de 5 emplois. La société prévoit l’ouverture d’un magasin « flagship » dans le centre de Paris cette année afin de poursuivre son développement dans le pays.

Concernant le secteur immobilier à Paris et ses environs, deux projets d’investissement à la Défense, ont été actés début 2018. Korea Investment Securities (KIS) est sur le point de finaliser l’acquisition de la Tour d’Europe, un gratte-ciel de bureaux d’une valeur de 370 milliards de won (presque 300 millions d’euros). La société sud-coréenne Mirae Asset Daewoo est susceptible de devenir la futur propriétaire de la Tour Majunga, également située dans le quartier d’affaires parisien. Cet investissement est évalué à 1 000 milliards de won soit 760 millions euros, l’un des plus importants investissements coréens dans le secteur immobilier à l’étranger.

Enfin, un consortium composé de Samsung Securities et de Hanwha Investments & Securities a pour projet d’investir 340 milliards de won dans la Tour Lumière, située dans le 12e arrondissement de Paris, conjointement avec Primonial REIM, une société de placement française. L’opération s’élève à 1 500 milliards de won au total.

Une campagne d’envergure de la part des banques coréennes qui anticipent les effets du Brexit avant que les prix de l’immobilier n’augmentent.

Ida Daussy nous parle de Corée à Cœur : portrait intimiste d’une Corée méconnue

2019 June 12
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Par Oriane Lemaire

« On parle beaucoup de la Corée du Sud, sans parfois bien la connaître, aussi a-t-on parfois le sentiment d’une litanie de clichés qui parlent plus de nos fantasmes que de la réalité de cet Orient extrême. » La Fécampoise la plus célèbre de Corée qui travaille depuis plus de 20 ans avec la FKCCI nous raconte Corée à Cœur. Ida Daussy, forte de ses 27 ans d’expérience de vie d’expatriée naturalisée, mère bilingue d’une famille biculturelle soudainement divorcée, nous décrit les évolutions sociétales du Pays du Matin calme. Figure médiatique, entrepreneuse, professeure, son regard est pluriel et ses idées perspicaces dans cet ouvrage entre récit autobiographique et essai analytique.  

Vous avez un parcours très atypique en Corée. Parlez-nous de la genèse de votre aventure coréenne.

J’habite en Corée depuis 28 ans. Tout a commencé par une passion pour la zone Asie et ma maîtrise en commerce international. La Corée me semblait moins connue que les autres pays mais à découvrir. Via des connaissances de mes parents, je suis entrée en contact avec une manufacture de chaussures à Busan qui s’appelait Taewha pour y réaliser un stage. Je me suis retrouvée seule dans la deuxième ville de Corée, immersion totale ! Je suis rentrée émerveillée, époustouflée et séduite par les coréens.

Après mon diplôme, je décide de retourner à Séoul à mes frais : nous sommes dans les années 90, début du boom économique et social de la Corée. J’ai commencé à travailler en tant de professeur de Français dans l’Institut de langues de l’université de Yonsei. Très vite, des opportunités se sont présentées à moi.  J’ai été contactée par EBS (Educational Broadcasting System) qui cherchait une nouvelle présentatrice pour son émission « Bonjour la France ». Je n’avais jamais fait de télévision ; c’est ça la Corée : tout va très vite !

J’ai rencontré ensuite le futur père coréen de mes enfants, devenu un an plus tard mon mari. Un jour, KBS m’a invitée lors d’une séquence « Histoire de couple » (부부탐구) pour l’émission Achim Madang (아침마당) pour raconter cette histoire d’amour banale d’un coréen et d’une française qui ne sont pas de la secte Moon. Cette diffusion a charmé l’audience et servi de tremplin pour ma carrière médiatique. Ma vie est ensuite devenue un show immense !

Comment vous êtes-vous adaptée au monde médiatique coréen ?

Jusqu’à la naissance de mon premier enfant, je n’avais pas d’agent. C’était brut de décoffrage, je détonnais parmi les coréennes tant apprêtées. Les avis étaient partagés, certains trouvaient ça très humain tandis que d’autres étaient surpris.

Aujourd’hui, la société coréenne est une société de jeu de rôle. Une femme mère et épouse devient ce que l’on appelle une « adjumma ». Je l’ai ressenti comme un rétrogradage social et en ai beaucoup souffert car je ne m’étais jamais senti aussi femme que lorsque je suis devenue mère. Indépendante, je ne correspondais pas à au schéma de la femme coréenne qui devient femme au foyer dès le premier enfant. La preuve en est que j’ai non seulement été à l’origine de la demande de divorce avec mon mari mais j’ai également exigé la garde de mes enfants ; en Corée les femmes ne font pas ça habituellement. S’en est suivi un acharnement médiatique que j’ai surmonté. Jeune, je me pliais aux « règles », mais aujourd’hui j’ai le privilège de l’âge.

12 ans sont passés entre la publication de vos deux ouvrages Ida au pays du Matin calme aux Éditions Lattès, et Corée à Cœur aux éditions Atelier des Cahiers. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous relancer dans l’écriture ?

Transmettre ! Jusqu’à présent, on a très peu d’histoires et de témoignages provenant de l’intérieur. Je l’ai vécu de plein fouet !  Actuellement, de nombreux étudiants et expatriés viennent en Corée en pensant « Kpop, drama, kimchi ». Mais quoi d’autre ? Ils ne savent pas. La société coréenne est difficile et très compétitive.

Corée à Coeur représente ainsi deux ans de recherche. J’ai tiré des faits de la presse coréenne et des chiffres issus d’organismes publiques. Le livre commence néanmoins par mon histoire personnelle pour illustrer les idées que je souhaitais exposer sur plusieurs thèmes : crise générationnelle, misogynie, multiculturalisme, ….  Les premiers retours sur Corée à Cœur sont d’ailleurs très positifs. Le public apprécie que ce livre sorte des sentiers battus : c’est une histoire qui vient de l’intérieur avec des concepts qui leur parlent.

Ida Daussy et son éditeur Benjamin Joinau lors de la conférence du 10/06/19 au Lycée français de Séoul sur Corée à Coeur

Ida Daussy et son éditeur Benjamin Joinau lors de la conférence du 10/06/19 au Lycée français de Séoul sur Corée à Coeur

Durant vos 27 années de vie coréenne, comment le statut des femmes a-t-il évolué ?

Alors qu’en 1987, les femmes ne représentaient ici que 28 % du total des élèves du collège à l’université, les filles sont aujourd’hui à égalité avec les garçons pour l’accès à l’éducation. Si elles sont bien représentées dans les métiers de l’éducation supérieure ou de la justice, elles sont souvent cantonnées à des métiers secondaires dans le commerce et l’industrie, où seulement 2% des managers en Chaebol sont des femmes.

Bien que l’on reste loin d’une égalité homme/femme, il y a eu du progrès et les mentalités changent. Mes élèves coréennes, aujourd’hui, veulent faire carrière. Elles ne souhaitent pas se marier tout de suite et ne veulent pas avoir d’enfants car ils représentent un investissement en argent et en temps trop important.

 Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec l’Atelier des Cahiers ?

L’Atelier des Cahiers se spécialise sur la Corée et son directeur, Benjamin Joinau, est un très bon ami vivant depuis 25 ans au Pays du Matin calme. A la différence d’autres maisons d’édition, l’Atelier des Cahiers ne cherchait pas à tirer profit du caractère sensationnel de mon histoire et de mon divorce surmédiatisé. Mon livre contient beaucoup de passages dérangeants sur des thèmes parfois tabou en Corée ; il fallait donc que je le confie à quelqu’un qui connaisse bien le pays.

 

Quelle place pour les entreprises dans le financement de la croissance verte ?

2019 June 7
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by Corée Affaires

Par Oriane Lemaire

Pour répondre à cette question stratégique à l’heure où l’urgence climatique nécessite la mobilisation de tous les acteurs, le 28 mai dernier, le comité énergie France-Corée a eu l’honneur d’accueillir des représentants du Fonds Vert pour le Climat. Le Fonds vert pour le climat est un organisme financier sous l’égide de l’ONU afin de redistribuer les ressources des pays les plus avancés vers les pays les plus vulnérables face au changement climatique, qui sont désarmés par manque de capacités locales et de cadre politique stable selon les intervenants.

Le Fonds vert a expliqué son rôle dans la finance, la promotion et la structure de ses projets dans les pays émergeants. Le Fonds vert finance plus de 100 projets pour un investissement total de 5 milliards de dollars permettant l’économie de 1,5 milliards de tonnes des émissions de CO2. Dans ce cadre, le Fonds est en recherche de plus en plus de financements privés qui prennent une part de 40% des investissements totaux sous forme de subventions et de prêts. Les entreprises peuvent participer via les 84 entités agrées par le Fonds, telles que l’Agence française pour le Développement (retrouver l’annuaire ici : https://bit.ly/2I14MJz) . « L’avantage du Fonds est que l’on garantit la qualité du projet, ce qui permet d’instaurer un climat de confiance avec les banques, plus à même de prêter à long-terme » décrit Saurabh Kaura, spécialiste financier des projets verts. Pour en savoir plus, rendez-vous des 7 au 9 octobre 2019 dans la nouvelle ville de Songdo ! https://gcfconference.com/

Par ailleurs, le comité fut l’opportunité de faire le tour d’horizon des grandes actualités de l’énergie en Corée. Concernant les énergies renouvelables, les ambitions sont élevées. Dans le secteur de l’hydrogène notamment, l’entreprise gazière KOGAS a révélé un plan ambitieux de 4 milliards de dollars pour construire des centres de production d’hydrogène d’ici 2030. A cet égard, les investisseurs étrangers ne sont pas en reste : l’entreprise Hanwha-Total est en train de construire une des plus grandes usines de production d’hydrogène (50 MW de capacité) dans son complexe à Seosan, ce qui permet de recycler les sous-produits des procédés chimiques du hub industriel. Dans le domaine de la biomasse, secteur paraissant mis de côté par le gouvernement en comparaison avec le solaire et l’éolien, la péninsule prévoit d’ajouter 730 MW de capacité en 10 ans. Enfin dans le nucléaire, le pays a dévoilé un plan pour développer l’industrie local du démantèlement, visant à devenir un des 5 premiers pays dans ce domaine au niveau mondial.

Fort du dynamisme de ses participants le comité Energie a par ailleurs décidé de se concentrer sur l’Open Innovation pour ses prochaines éditions, afin de promouvoir les coopérations franco-coréennes dans l’hydrogène et la biomasse, avec l’aide du Ministère coréen de l’Industrie et des associations coréennes de professionnels.

Nous souhaitons remercier chaudement Thomas Comte, Vice-Président de la FKCCI et Président de Vallourec Corée, pour sa précieuse contribution en tant que président du comité Energie, aux côtés des 5 membres fondateurs du comité :  Arkema, Framatome, Nexans, Hanwha-Total et Veolia. Après deux ans au service du comité, il quittera cette fonction et sera remplacé par Jean-Marc Otero del Val, PDG d’Hanwha-Total. « Ensemble avec le soutien de l’ambassade et de la FKCCI, nous avons établi le Comité Energie en 2017 pour soutenir les coopérations entre les deux pays vers une économie bas-carbone. Je souhaite remercier les membres piliers de cette initiative, qui ont soutenu le projet depuis le début, et suis persuadé que les partenariats France-Corée ont de l’avenir dans la croissance verte ! » a déclaré M. Comte.

 

Lancement du label ” Maître Restaurateur” à l’international

2019 May 29
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Le 27 Mai 2019, la FKCCI a organisé la réunion de pré-lancement du label « Maître Restaurateur » afin d’ouvrir les inscriptions à nos membres restaurateurs. Le label a pour vocation de récompenser les restaurants de cuisine française ; cette reconnaissance crédibilise leur action et leur permet des collaborations privilégiées sur le plan diplomatique français. Le Titre de Maître Restaurateur est aujourd’hui le seul titre délivré par l’État pour la restauration Française.
Il compte plus de 3800 Restaurateurs répartis sur la métropole et les départements et territoires d’Outre-mer. À l’heure où le manger-bien et bon n’a jamais été autant plébiscité, les Maîtres Restaurateurs proposent aux consommateurs de bénéficier dans leurs établissements d’une identité officielle, validée, reconnue et contrôlée par l’État.

Le label est offert par le préfet du département en question après la réalisation d’un audit de contrôle au sein du restaurant. C’est une démarche qui correspond à un cahier des charges précis : les produits de saison utilisés pour les plats intégrant les circuits courts sont rigoureusement tracés et leur caractère « fait maison » est essentiel pour l’attribution du label.

Pour la première fois, ce label va être lancé à l’étranger, notamment à l’aide de la FKCCI et de l’Ambassade de France en Corée.  A cette occasion, le Président de l’association des maîtres restaurateur en France a souhaité adresser quelques mots à l’audience via une vidéo explicative : « l’Association Française des Maîtres Restaurateurs a créé à l’intention des professionnels français à l’international une marque qui reprend les valeurs de notre titre et qui est adaptée aux contraintes de chaque pays : « French Restaurateurs de France ». Cette marque est ouverte à toute la gamme de restaurants allant du plus petit au plus prestigieux. Le but est de pouvoir valoriser votre cuisine a la française vis-à-vis des consommateurs et de profiter d’une identité officiellement reconnue. Cette initiative est destinée à se développer à l’international et la Corée du sud est notre premier pays test. »

Nous remercions le bistrot L’Empreinte pour leur accueil et leur participation active au lancement du label. Un grand remerciement également à nos sponsors France Gourmet et Vinessen.

N’hésitez pas à inscrire votre restaurant et déposer votre dossier : https://wfrseoul.maitresrestaurateurs.fr/

Le président de PwC France présente les résultats de la 22e enquête mondiale des dirigeants d’entreprise.

2019 May 15
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Par Delphine de Castelbajac

Le 26 Avril, la FKCCI a accueilli M. Bernard Gainnier, Président de PwC France, lors d’une rencontre petit-déjeuner afin de discuter des résultats du 22ème sondage mondial auprès des dirigeants d’entreprises (« Global CEO survey »). Basé sur les réponses de plus de 1300 dirigeants, l’enquête révèle une baisse de confiance considérable de la part des PDG en ce qui concerne les perspectives économiques pour 2019. 

Les conflits commerciaux, les bouleversements politiques et le ralentissement prévu de la croissance économique mondiale ont accru le sentiment d’incertitude. En effet, la baisse du commerce international et la bataille commerciale entre la Chine et les États-Unis ont amoindri la confiance des dirigeants en ce qui concerne l’avenir de l’économie mondiale. Les chefs d’entreprise sont préoccupés par la réglementation excessive à travers le monde et par la disponibilité des compétences clés pour répondre aux besoins du marché. En effet, l’essor de la technologie a rendu plus difficile, pour les PDG, de recruter les bonnes personnes possédant les compétences requises. Les entreprises doivent trouver la capacité d’inclure la technologie dans leurs produits et services pour leurs clients. Par conséquent, ce nouveau défi nécessite des investissements substantiels afin d’éduquer et de former les employés à être plus ouverts, innovants et collaboratifs tout en tenant compte des questions environnementales. Ainsi, l’ensemble des compétences ciblées doit être modifié et mis en perspective.

De plus, les politiques gouvernementales, les conflits commerciaux et les incertitudes géopolitiques ont également eu un impact considérable sur le comportement des entreprises. Il est nécessaire pour celles-ci de trouver le moyen d’être à la fois globales et locales. Cela signifie de trouver le moyen de se coordonner dans leur manière de commercer en intégrant la technologie tout en étant capable de travailler avec les autochtones et de comprendre le marché local ainsi que les politiques et réglementations du pays.

Les inégalités suscitent l’inquiétude des dirigeants

Après la seconde guerre mondiale, la pauvreté a diminué mais la classe moyenne des pays développés subit une pression croissante. En effet, l’économie est plus globale et la technologie a perturbé les chaînes d’approvisionnement. De nos jours, l’Asie est en plein essor et reste la meilleure zone pour investir, entraînant ainsi un transfert massif de capitaux et des activités de l’Ouest vers l’Est et plus particulièrement vers la Chine. De ce fait, la classe moyenne conteste le système actuel dans lequel la croissance ne profite qu’à un nombre limité de personnes, malgré la croissance mondiale.

« Les grandes entreprises doivent se demander : faisons-nous partie du problème ou de la solution ? » a déclaré M. Gainnier. Concernant ces problèmes d’inégalité, ce dernier a souligné la nécessité pour les grandes entreprises de passer d’une économie à but lucratif à une économie davantage axée sur les questions sociales et environnementales. Afin d’être reconnues comme de bons investisseurs et des citoyens responsables, les grands groupes doivent se mettre au service de la société dans une perspective plus large. PwC estime que différentes mesures peuvent être prises pour faire face à ces problèmes, telles que la protection des employés dans leur travail. L’un des principaux défis des entreprises consistera à former leurs employés, non seulement dans le domaine de la technologie, mais également dans la manière de travailler ensemble, car aujourd’hui la technologie permet de décider et de changer la façon dont l’organisation est gérée.

Que signifie avoir un but en tant qu’entreprise ?

« Si vous voulez attirer des gens, vous devez leur donner une vision, non seulement à but lucratif, mais également pour les questions environnementales, y compris la manière dont vous vous comportez en interne en termes de valeurs, car les attentes des jeunes sont différentes. Pour être considéré comme faisant partie de la solution en tant qu’entreprise, vous devez recruter les bonnes personnes, avec les bonnes valeurs et buts pour la société. » a mentionné M. Gainnier. Enfin, le conseil que PwC souhaite donner aux gouvernements consiste à introduire davantage de politiques locales afin d’éviter le sentiment de déconnexion entre la population et les politiques mondiales des gouvernements. La notion d’avoir un but pour l’économie doit également être réorientée, ce qui changera la façon dont les entreprises feront du commerce à l’avenir.

Hausse du salaire minimum en Corée : quelles conséquences pour la vie économique du pays?

2019 April 10
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by Corée Affaires

Par Delphine de Castelbajac

Le miracle du Fleuve Han…

1953 marque la fin de la Guerre de Corée mais également l’effondrement de tout un pays. Le bilan humain est extrêmement lourd, Séoul est détruite à plus de 70%, et plus de 50% du potentiel industriel est ravagé ; l’économie peine à se redresser.
On peut alors parler de « miracle du Fleuve Han » lorsque l’on constate les performances économiques spectaculaires de la Corée du Sud ces cinquante dernières années. Avec 51 millions d’habitants, le pays figure aujourd’hui comme 11ème puissance économique mondiale, un véritable record de croissance et de développement économique. Ses habitants bénéficient d’un pouvoir d’achat comparable à celui des pays européens.

… Rattrapé par les réalités sociales

L’essor économique de la Corée est aujourd’hui au cœur des débats depuis la mise en place de la hausse du salaire minimum le 1er janvier 2019. En effet, c’est une première dans l’histoire du pays du matin calme : le salaire minimum sud-coréen est passé de 7 530 KRW par heure en 2018 à 8 350 KRW en 2019, soit pas moins de 10.9% de hausse en un an. Un changement important dans l’économie du pays acté seulement un an après une première hausse considérable de 16.4% en 2018.
Le gouvernement avait établi le système du salaire minimum en 1988 dont le taux de rémunération par heure a progressivement augmenté au fil des années. Aujourd’hui, le pouvoir d’achat des citoyens et l’inclusion sociale sont au cœur des préoccupations du président socialiste Moon Jae-in ; il promet d’augmenter le salaire minimum à 10 000 KRW d’ici 2020 afin de parvenir à une politique de croissance tirée par les revenus.  Une augmentation conséquente qui suscite l’inquiétude de certains quant à l’avenir de leurs affaires.

Des réactions partagées

Les avis sont mitigés, les esprits sont, dans l’ensemble, insatisfaits. Les représentants des salariés réclamaient une augmentation du salaire minimum de 43% soit 10 790 KRW par heure ; selon eux, la réforme laisse très peu d’espoir pour les travailleurs à faible revenu.  Dans le camp adverse, les dirigeants d’entreprises perçoivent cette hausse au taux à deux chiffres depuis deux ans, comme une menace pour les PME, exerçant une pression supplémentaire pour les petits commerçants incapables de payer leurs employés à ce rythme.
Les analystes redoutent également une hausse du chômage : actuellement à 4,4%, il était de 3,8% en 2018.  Nous restons bien loin des standards du Vieux  Continent où, par exemple, la France affiche un taux à 8,8%.

En Corée, les entreprises étrangères sont également soucieuses quant aux conséquences de cette décision gouvernementale sur l’avenir de leur entreprise. En effet, les résultats du Business Confidence Survey, mené en 2018 par les Chambre de Commerces et les Conseils d’Entreprises européens en Corée, montrent que cette hausse du salaire minimum est à l’origine de sérieuses préoccupations pour 70% des 129 entreprises sondées.

Une évolution nécessaire

Toutefois, la décision du gouvernement présage quelques belles retombées pour les salariés. Selon le FMI (Fonds Monétaire International), la hausse du salaire minimum permettrait d’augmenter la productivité des employés -un domaine ou la Corée n’excelle pas- ainsi que d’améliorer leur niveau de vie. D’autres espèrent de cette réforme une réduction du temps de travail effectif pour ainsi profiter de leur vie de famille. Le Ministre des Finances, M. Hong Nam-Ki a ajouté que la Corée du Sud allait renforcer sa « flexisécurité » (plus grande facilité de licenciement pour les entreprises associées à des indemnités longues et importantes pour les salariés licenciés, mais plus de facilité à trouver un emploi) et promouvoir la participation des femmes au marché du travail. Enfin, le Président Moon a annoncé le Jeudi 4 Avril 2019 l’élaboration d’un plan par le  gouvernement coréen qui espère injecter la somme de  1,9 milliard de wons dans les start-ups d’ici 2022. “Notre économie est en danger et nous faisons un choix par nécessité pour aider les gens à survivre” a-t-il déclaré.

Forte de sa main d’oeuvre abondante, bon marché et qualifiée, la Corée du Sud se situe aux premiers rangs mondiaux pour l’électronique, la construction automobile et la sidérurgie. Cependant, cette reforme va-t-elle lui permettre de maintenir cet avantage compétitif pour les exportations sur le marché asiatique?