Interview d’Emmanuel Alavoine, Président de LBI Corée

2019 December 12
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LBI est un groupe de conseils et de formations professionnelles de pointe, établi en 2009 en Corée, puis à Hong Kong et en Chine en 2013 et 2014. Les bureaux et le centre pédagogique à Paris permettent également d’être en contact direct avec les grands groupes du Luxe et les sources pédagogiques et de conseils les plus pertinentes. Pour plus d’informations, rendez-vous sur https://www.lbi-korea.co.kr/

Emmanuel Alavoine - LBI Korea - Interview Corée Affaires

Parlez-nous de vos projets cette année.

2019 a marqué une étape majeure pour LBI Corée, dans l’extension de ses compétences de formation professionnelle, et dans l’affinement de ses solutions de conseils et d’accompagnement.

Le E-Learning a rempli ses premiers objectifs, avec plus de 1000 collaborateurs et collaboratrices formés, parmi les marques les plus prestigieuses, et dont les employeurs ont adopté nos solutions « Luxury Attitude », adaptées aux différents métiers.

Nous avons poursuivi la conception de programmes de formations sur mesure pour les plus grandes marques du Luxe (Parfums Beauté, Mode, Accessoires, Bagagerie, Chaussures, etc…).

Nous avons également développé des solutions de formation, toujours sur-mesure, pour des grands groupes coréens, et avons participé, aux côtés des plus grands noms de l’hôtellerie internationale, à leur engagement dans l’élévation de la qualité de service et de l’accueil clients.

Racontez-nous vos liens entre la France et la Corée.

Nous sommes capables d’être immergés dans les deux cultures à la fois avec notre équipe coréenne et notre proximité avec les marques du luxe français (mais aussi italien et allemand notamment) : nous sommes une passerelle, ce que j’appelle des conseillers-interprètes. Nous sommes totalement bilingues dans la prise en compte des objectifs stratégiques des marques qui sollicitent nos services, et la formation en classes, en pur E-learning, ou la combinaison des deux.

Grâce à l’ensemble de nos actions, nos liens et références avec notre marché et sa culture sont devenus encore plus profonds.

Cette année, le Gala de la FKCCI met Monaco à l’honneur. Que représente la Cité-Etat pour vous ?

Je pense que c’est un lieu unique où il y a une démonstration au quotidien à la fois de l’art de vivre et du savoir-faire, les deux principaux axes de l’industrie du Luxe. C’est là où on vit le Luxe et le consomme au plus haut niveau.

En partenariat avec la FKCCI, mettre à l’honneur la Principauté de Monaco est une opportunité pleine de sens pour nous. Même si elle se trouve à plus de 9 000 km de notre pays, la Principauté de Monaco permet aux étudiants d’étudier le Luxe tout en l’expérimentant au quotidien. Son emplacement géographique, à la frontière de la France et de l’Italie, les deux pays leaders dans la création du Luxe, son environnement linguistique international, son centre d’affaires et son cadre légal et financier unique, ont favorisé l’émergence des secteurs d’activités les plus représentatifs de nos clientèles chez LBI Corée : Immobilier haut-de-gamme, hôtellerie, grâce au succès multi-centenaire de la Monte Carlo Société des Bains de mer, les casinos, le yachting, … La Formule Un et le Grand Prix contribuent également à faire converger vers la Principauté, les médias internationaux et les investissements technologiques de la course automobile.

La Principauté est enfin en pointe dans le déploiement d’actions concrètes liées à la démarche de développement durable qui est au cœur des stratégies des grands groupes du Luxe. Les actions internationales pour les océans, la faune et la flore de Monaco atteignent désormais une reconnaissance mondiale.

Le 5 décembre, vous avez organisé un séminaire « Study in Monaco », parlez-nous de votre partenariat académique avec la Principauté.

Cela fait 2 ans que LBI a établi un partenariat exclusif et privilégié avec l’Université Internationale de Monaco. L’IUM est un des établissements de formation supérieure les plus reconnus dans la Principauté, membre du groupe INSEEC.U. L’INSEEC.U est un groupe leader d’enseignement supérieur français avec des campus présents sur plusieurs continents. L’IUM dispense ses enseignements en anglais, avec un corps professoral et professionnel de niveau international. Ils ont créé en 2006 l’un des tous premiers masters du management du Luxe au monde, dont LBI est partenaire. En Corée, c’est encore plus nouveau avec l’Université d’Ewha qui a créé l’équivalent en 2018.

LBI contribue activement à la construction des liens entre l’IUM et la Péninsule, et ses établissements universitaires les plus prestigieux, tels que l’Université d’Ewha, via les échanges internationaux d’étudiants, la construction des carrières des diplômés, ou l’élaboration à Séoul de programmes courts et opérationnels sur le Luxe, appelés « Asian Track » adossé au master.

Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à Paris

2019 December 9
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Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à ParisBonne nouvelle pour les Français férus de culture coréenne ! Le 20 novembre 2019, le Centre culturel coréen de Paris, en France, a célébré son agrandissement et sa relocalisation rue de la Boétie à proximité de l’avenue des Champs Elysées, dans le 8ème arrondissement de Paris.

À cette occasion, près de 500 invités ont visité la nouvelle exposition « Tekkal, couleurs de Corée », qui met en lumière le sens et l’utilisation des couleurs dans la vie et la culture coréenne. L’exposition présente des objets traditionnels et contemporains de la vie quotidienne coréenne à travers 3 sections : « Monochrome », « Jeu de couleurs » et « Polychrome ». Dans une seconde partie, sont exposés les costumes traditionnels coréens Hanbok réputés pour leurs couleurs éclatantes et leurs magnifiques broderies. Il s’agit de la première édition de l’exposition réalisée en collaboration avec le Musée National du Folklore de Corée.

En plus des expositions régulières, le nouveau centre est prêt à répondre à l’engouement croissant des Français pour la culture coréenne. Le bâtiment de 7 étages entièrement rénové est équipé d’un atelier Hansik – la nourriture traditionnelle coréenne -, une salle de concert, une bibliothèque, des salles de conférence et d’étude pour l’apprentissage du coréen.

Le nouveau Centre culturel coréen ouvre à Paris

Durant la soirée d’ouverture, les invités ont également eu la chance d’assister au concert du pianiste Sunwoo Yekwon, lauréat du Concours international de piano Van-Cliburn 2017. Au programme : Chopin, Debussy, Ravel et la pièce coréenne « Le Mont Geumgang me manque » arrangé par Sol Il-Hoon. Une belle soirée complétée par la dégustation de la cuisine coréenne du chef Oh Se-Deuk au sein du nouvel atelier Hansik. Suite à l’inauguration, le centre proposera en plus de « Tekkal » une vingtaine d’évènements culturels jusqu’en février 2020 tels que le magnifique spectacle « Scent of Ink » du célèbre chorégraphe Choi Hyeon, le concert « K-music party », l’exposition Webtoon, l’atelier d’initiation à la cuisine coréenne et une conférence sur les technologies de l’information.

Une belle programmation qui va donner un second souffle aux arts et la culture coréenne dans la Ville Lumière !

Retrouvez tous ces événements sur : http://www.coree-culture.org/

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée : point de vue d’expert

2019 November 1
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Corée Affaires part à la rencontre de Thomas Comte, Directeur de projet en transition énergétique à Vallourec, ancien Président de la branche Japon et Corée de Vallourec & ancien Président du Comité énergie France-Corée.

Thomas Comte - Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Vallourec - Comité énergie France Corée

Thomas Comte, Directeur de projet en transition énergétique à Vallourec

  • Vous avez été président du Comité énergie France-Corée animé par la Chambre de Commerce France-Corée et impulsé sa fondation en 2018 ; pouvez-vous nous le présenter ?

TC : Avec le soutien de la Chambre de Commerce et d’Industrie franco-coréenne, nous avons lancé le 12 février 2018 le Comité énergie France-Corée. Le Comité est composé d’un noyau dur de 6 sociétés françaises du secteur énergétique établies en Corée.

En 2019, au regard de l’intérêt de ses membres pour échanger sur la veille, l’environnement des affaires ainsi que les différentes solutions technologiques, nous avons décidé de l’élargir aux acteurs coréens, comme le Ministère de l’industrie, du commerce et de l’énergie, les universités et les grands groupes industriels tels que les équipementiers. Cette ouverture est en ligne avec notre objectif de stimuler la coopération entre nos deux pays tout en favorisant l’innovation pour une économie moins carbonée. A l’été 2019, nous comptions ainsi une vingtaine de membres, PME et grandes entreprises sur toute la chaîne de valeur de l’amont à l’aval des secteurs énergétiques.

  • Pouvez-vous nous partager votre point de vue sur les évolutions des marchés de l’énergie en Corée ?

TC: Le marché évolue fortement au regard des engagements pris par la Corée dans le cadre des COP21 et COP22. La Corée est à la croisée des chemins : depuis l’élection du président Moon Jae-In, son administration a adopté une approche volontariste avec la mise en place du « plan 3020 », c’est-à-dire 20% du mix de production électrique à partir des renouvelables dès 2030. Cette politique a un impact important car certains projets thermiques et nucléaires ont été arrêté. De nouveaux programmes sur les renouvelables ont été mis en place visant à former des clusters nationaux autour d’universités et d’industriels, comme le projet éolien off-shore à grande échelle dans le sud-ouest. Le secteur de l’hydrogène commence à se structurer, les écoquartiers se développent et la mobilité verte émerge, notamment à Jeju.

Les conséquences sont importantes sur le tissu industriel coréen, notamment les équipementiers qui doivent s’adapter rapidement à ce nouvel environnement. Les consommateurs font aussi des efforts sur ce sujet, car ils subissent des augmentations significative et régulière des prix de l’électricité.

  • Pensez-vous que les mentalités changent concernant le respect de l’environnement ?

TC: Tout à fait, la prise de conscience est assez récente et soudaine, notamment au regard de la pollution de l’air. Quand les pics dépassent 100 sur l’échelle IQA (Indice de Qualité de l’Air) plusieurs jours par semaine, comme cela a été le cas de nombreux mois en 2019, il s’agit d’un signal d’alarme pour la santé des personnes fragiles en particulier. En parallèle, la communication des acteurs publics sur le sujet est très forte et contribue à l’effort de prise de conscience.

Ainsi, sur certains sujets les coréens ont un bon niveau d’éco-conscience : on le voit au niveau du tri des déchets par exemple, mais tous n appréhendent pas encore complètement les transformations que cela implique sur le tissu industriel, ni sur les évolutions sur les formations et les emplois à venir.

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Vallourec - Comité énergie France Corée

  • Quels constats faites-vous sur les nouveaux marchés de la transition énergétique : le carbone, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique ?

TC: En matière du prix du carbone, la Corée, à l’instar de l’Union Européenne, a fait le choix en 2015 d’instaurer un marché de quota d’émissions. 600 entreprises y prennent part et peuvent y acheter et vendre des quotas d’émissions. Dans les prochaines années, notamment la phase 3 (2021-2023), il est fort probable que le gouvernement élargisse le marché à de nouveaux acteurs tels que les banques publiques pour accélérer les transactions et rendre le système plus incitatif.

Du côté des Energies Renouvelables, la croissance de ce marché repose sur deux axes : le solaire photovoltaïque et l’éolien, en particulier l’éolien en mer. Le plan « RE3020 » est ambitieux : il prévoit 30GW de capacité photovoltaïque et plus de 16 GW de capacité éolienne à installer en à peine plus d’une décennie. C’est très ambitieux compte tenu des capacités actuelles. Les premiers projets d’éoliennes en mer produisent d’ores et déjà de l’électricité au large de l’île de Jeju, avec la ferme de Tamra.

On constate aussi que l’approche coréenne est plutôt axée sur l’offre, et non sur la demande. Ainsi, l’efficacité énergétique est à ces débuts. Néanmoins dans le 8e plan de planification de l’énergie, le gouvernement a revu à la baisse le pic de demande d’électricité à l’horizon 2030, marquant une baisse de 11% comparativement au 7e plan national.

  • Comment les entreprises coréennes se positionnent-elles par rapport à ces changements ?

TC: Nous sommes à l’aube de la 4e Révolution Industrielle : l’ère du digital et de l’intégration des services. Le tissu industriel coréen qui a contribué au succès de la Corée depuis les années 70 est en train de se transformer structurellement, et nous observons un phénomène d’intégration dans certains secteurs.

Par exemple, les grands groupes pétrochimiques coréens investissent dans la production de panneaux solaires ou de batteries électriques pour véhicules. Sur ces deux secteurs, les coréens sont d’ores et déjà des acteurs mondiaux incontournables et continuent d’investir massivement.

Le fait d’avoir intégré les électriciens et équipementiers coréens dans le Comité énergie France-Corée permet de partager leur perception de cette révolution, de découvrir comment elles opèrent, de partager les meilleures pratiques et surtout de repérer les opportunités de coopération sur toute la chaîne de valeur.

Economie décarbonée et secteur énergétique en Corée - Comité énergie France Corée

  • Quels conseils donneriez-vous pour les entreprises étrangères qui souhaitent s’aventurer sur le marché local de l’énergie ?

Une des premières difficultés est la configuration du pays : il est de taille réduite, avec un relief montagneux, très construit et densément peuplé, ce qui complique l’installation de nouveaux équipements. D’autre part, la réglementation est complexe au niveau fiscal et douanier : il faut se faire accompagner par des experts.

Il est également primordial d’être sur place pour comprendre l’évolution rapide de l’économie et se nourrir des expériences d’autres entreprises étrangères, et de ne pas considérer la Corée comme l’une des étapes d’une tournée en Asie. La Corée est un pays où il faut investir sur la durée, connaître les acteurs et construire des relations sur des années pour se forger une analyse fine des spécificités du pays au-delà des aspects linguistiques et culturels. A ce titre, la Chambre de Commerce franco-coréenne, ainsi que Business France sont autant d’atouts précieux pour aider les entreprises françaises en Corée à s’installer ou les groupes coréens à investir en France. Enfin, je mentionnerai aussi la belle opportunité que représente pour la Corée d’accueillir le siège mondial du Fonds Vert pour le Climat près d’Incheon, qui est une importante structure de l’ONU dédiée à collecter les fonds de la COP pour développer des projets « verts » dans les pays émergents. Nous avons eu la chance de les intégrer dans certains travaux du comité récemment et de rencontrer leurs dirigeants.

Malgré les barrières évoquées, la Corée dispose d’atouts majeurs dans l’innovation et sa capacité d’action rapide. Je suis toujours impressionné par la capacité de mobilisation pour une cause, c’est-à-dire l’alignement des moyens du gouvernement, du secteur privé et des associations professionnelles pour une cause nationale, comme l’économie verte et l’innovation. Je viens de quitter la Corée pour revenir en France et je souhaite beaucoup de succès à mon ancien pays d’accueil, notamment sur sa transition énergétique qui est devenu un enjeu majeur.

Le Comex 40 du MEDEF part à la découverte de la Corée pour la première fois

2019 October 18
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Le 16 octobre, la Chambre de commerce franco-coréenne a accueilli une délégation du Comex 40 de MEDEF International, la représentation internationale du réseau leader des entreprises françaises.

Le Comex 40 du MEDEF part à la découverte de la Corée pour la première fois - Chambre de Commerce

Découverte du marché coréen, études des bonnes pratiques, renforcement des liens bilatéraux et de nombreuses rencontres avec les interlocuteurs incontournables de l’écosystème franco-coréen des affaires : tels étaient les objets des 3 jours de visite de la délégation, qui représentait un éventail large de secteurs et territoires français.

Il s’agit de la première fois que le Comex 40 se rend au Pays du matin calme. Lancé en février 2019, cet organe non-statutaire composé de 23 femmes et 22 hommes dirigeants rattaché à la Présidence du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux, a pour objectif de réfléchir aux grands enjeux sociétaux en anticipant leurs impacts sur les entreprises. Pour Fabrice Le Saché, porte-parole, vice-Président du Medef : « L’anticipation est une exigence pour demeurer pertinent dans un monde en constante mutation. [Le Comex 40] contribue à affermir la place d’une nouvelle génération de dirigeants engagés. ».

A la chambre de commerce franco-coréenne, leur rencontre avec David-Pierre Jalicon, président de la FKCCI, a permis de présenter la communauté d’affaires entre les deux pays et dessiner les grands enjeux économiques actuels de la Corée. Pour Fabrice Le Saché en effet, « le réseau international de nos CCI est une force pour nos entreprises ». Par ailleurs, le choix de la Corée n’est pas anodin pour ce premier voyage d’étude : le pays a l’expérience d’une croissance économique sans précédent par un modèle qui a fait ses preuves.

Au programme de la visite également, la délégation a rencontré les entreprises françaises établies en Corée telles que BNP Paribas, Renault Samsung Motors et l’agence digitale Asiance, pour comprendre les facteurs clef de succès. Avec la French Tech Seoul notamment, les discussions ont mis en avant la capacité de la Corée à créer des champions numériques et investir massivement dans les infrastructures 5G et l’IA.

Enfin la délégation a pu rencontrer les institutions françaises et coréennes dont l’Ambassade de France et le MOTIE, ainsi que son homologue, KITA (Korea International Trade Association) et son vice-président Han Jin Hyun, avec qui une relation d’amitié s’est tissée au fil des années. Dans ce cadre, une table-ronde avec les groupes tels que LG Chem ou SD&T a permis à la délégation de mieux connaître leur stratégie, la structure du tissu industriel coréen et leur intérêt pour le marché français. Le sujet de la responsabilité sociale en entreprises a également été abordé avec consensus sur le fait que la recherche de profit ne doit pas être le seul objectif poursuivi par les acteurs économiques. Sur la coopération franco-coréenne en citant le projet de véhicule autonome Dangun, les deux partis ont conclu que les spécificités des deux pays, diversité pour la France, et créativité pour la Corée (les dépenses de R&D en Corée dépassaient 60 Mds$ en 2018), étaient complémentaires et promettaient de belles perspectives pour l’avenir.

L’immigration en Corée du sud augmente un peu plus chaque année – Quid des français ?

2019 October 11
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by Corée Affaires

Par Jessie Nganga

Depuis plusieurs années, La Corée du Sud est devenue le nouveau pays à la mode. Grâce à sa « hallyu » – littéralement vague coréenne pour désigner la culture pop coréenne – de plus en plus d’étrangers sont attirés par le pays et y voyagent. Certains ayant l’intention de faire plus qu’une simple visite touristique en s’y s’installant. Au-delà cet attrait culturel, la Corée attire les entrepreneurs par son économie réputée libérale, dynamique et innovante, malgré des barrières (linguistiques notamment) non-négligeables à l’entrée.

L’immigration en Corée de sud augmente un peu plus chaque année – Quid des français ?

En juillet dernier, Statistics Korea, l’agence de statistique coréenne rattachée au ministère de l’Economie et des Finances publiait son rapport sur les étrangers vivant en Corée du sud. En 2018, 495,079 personnes ont vécu en Corée[1]. Sur ces 495 000 étrangers, plus de 287 000 avaient entre 18 et 36 ans. L’analyse de ces chiffres montrent que la majorité des étrangers sont venus dans le pays pour étudier, travailler ou rechercher un travail.

L’immigration en Corée du sud est très réglementée. Plusieurs types de visas sont distribués après contrôle des autorités pour étudier ou travailler. Les entreprises souhaitant engager des employés étrangers sponsorisent les visas et sont soumises à des quotas (1/5 employés hormis certains secteurs prioritaires comme le digital avec certains pays) qui leur permettent d’engager un certain nombre d’individus par an.

Parmi les différentes nationalités d’étrangers vivant en Corée du Sud en 2018, nous retrouvons en tête du classement plusieurs pays asiatiques : comme la Chine (163 000), la Thaïlande (80 000) et le Vietnam (56 000). A eux trois ils représentent 61,7% des étrangers. A la quatrième position arrivent les Etats-Unis, premier pays occidental, avec 21 000 résidents.

Quid des Français ?

Moins important que les précédents pays cités, les Français étaient 2150 à résider en Corée du sud en 2018[2]. Mais le nombre d’expatriés Français ne cesse d’augmenter au fil des années. En 2017 ils étaient chiffrés à 1971, en 2012 l’année du tube planétaire « Gangnam Style » du rapper coréen Psy, il y avait 1367 résidants Français.

La grande majorité des Français en Corée ont entre 18 et 35 ans. Différents moyens s’offrent aux jeunes Français afin qu’ils puissent partir vivre en Corée du sud :

  • Les études : l’échange universitaire entre les facultés françaises et coréennes est l’un des premiers moyens pour habiter en Corée du sud pendant plusieurs mois. En 2017, 1344 étudiants Français[3] en échange universitaire ou en stage étaient recensés.
  • Le programme Volontariat International en Entreprise (VIE) et en Administration (VIA) : ouvert aux Français âgés de 18 à 28 ans, le V.I.E permet sous certaines conditions d’exercer une mission rémunérée de 6 à 24 mois dans un certain domaine pour une entreprise française ou une institution basée à l’étranger.
  • Le Programme Vacance-Travail (PVT) : ouvert aux jeunes entre 18 et 35 ans, le PVT permet de voyager et travailler pendant un an maximum dans l’une des 14 destinations ayant signé un accord avec la France. Le chiffre de « PVTistes » choisissant la Corée augmente lui d’année en année : en 2018, ils étaient 481[4] à être partis en PVT en Corée du Sud alors qu’en 2014 ils n’étaient que 287[5].

De la puissance de la « hallyu » à l’économie créative

L’une des raisons pouvant expliquer cet attrait est la globalisation de plus en plus conséquente de la « hallyu » grâce notamment à la K-pop avec le boys band mondialement connu BTS. Mais grâce aussi aux dramas, à la vente de biens coréens à travers le monde comme les produits de beauté et de soins pour la peau (K-Beauty) et à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver en 2018.

La « hallyu » est le cœur de la transformation culturelle lancée par le gouvernement coréen : depuis 2010, il a investi beaucoup d’argent dans son expansion auprès de ses voisins asiatiques et dans le reste du monde[6]. Il a en effet affirmé son ambition de renforcer les exportations dans 5 secteurs importants des biens de consommation, dont le prêt-à-porter et les cosmétiques de 27,7 mds de dollars en 2018 à 35 mds en 2022.  Un choix plus que fructueux qui lui apporte une reconnaissance mondiale et des bénéfices économiques avantageux pour le pays, mais qui n’est pas à l’abris d’une perte de vitesse si la hallyu peine à se renouveler.

Mais, au-delà de la vague coréenne, l’économie coréenne réputée innovante attire les profils en quête d’aventure dans les affaires. Alors que les visas de travail sont soumis à des quotas contraignants et ne sont pas aisés à obtenir, le gouvernement coréen a accordé à la France un régime exempté de ce plafond dans certains secteurs à fort potentiel pour les deux pays. Les start-ups étrangères bénéficient également de visas plus avantageux, à l’instar du visa French Tech pour la France. Ainsi, les visas sont souvent favorisés dans les cas où la personne étrangère apporte une plus-value : toute la série des visas de catégorie E par exemple encourage les profils de type professeurs, chercheurs, ingénieurs pour le transfert de technologie (en hausse depuis 2005, ils étaient 1345 en 2017) et artistes.

[1] Source : Statistics Korea, International Migration by age and sex (National and Foreign), 2018 https://bit.ly/2Uoe5t5

[2] Source : Statistics Korea, International migration of foreigners by gender and citizenship, 2018 https://bit.ly/2Uoe5t5

[3] Source : Fiche Marie Curie-Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, République de Corée, 2018 https://bit.ly/2zU6mJT

[4] Source : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 2018 https://bit.ly/2lkFK0n

[5] Source : Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, 2015 https://bit.ly/2lgjDIt

[6] Source : “Hsllyu as powerful makerting tool for Korean goods”, Août 2019, Yonhap https://bit.ly/2k8sQ5z

Découvrez Pierre Gagnaire à Séoul

2019 September 18

Publireportage

« La cuisine ne se mesure pas en termes de tradition ou de modernité. On doit y lire la tendresse du cuisinier. » – Pierre Gagnaire

Le restaurant Pierre Gagnaire à Séoul, premier restaurant de ce type en Corée du sud, a ouvert en octobre 2008 ; situé au 35e étage du Lotte Hotel Myeongdong.

Le salon principal

Dans un décor raffiné, élaboré par l’artiste Olivier Gagnère, le restaurant offre une expérience gastronomique française dans le pur style du chef Pierre Gagnaire, valorisant au maximum les produits de Corée du sud.

Le restaurant Pierre Gagnaire se trouve au 35e étage de l’Executive Tower, réouverte depuis septembre 2018 suite à une entière rénovation. Vous y trouverez :

  • Le restaurant : Hall principal (35 places assises) et 4 Salons privés (de 6 à 16 places).
  • Le Pierre’s Bar: Bar principal et le Bar Boudoirs et Champagne (salon privé de 10 places).
Chef Excécutif Frédéric Eyrier - Pierre Gagnaire

Chef Excécutif Frédéric Eyrier

Le restaurant Pierre Gagnaire à Séoul est disposé à répondre à toute demande sur-mesure, également pour les prestations de service traiteur.

Le Pierre’s Bar vous permettra de découvrir une proposition allégée du restaurant dans une ambiance confortable de type « French Boutique » ainsi que des Cocktails signatures et boissons choisies par notre équipe.

Il est composé du bar principal, de boudoirs pour une expérience plus intimiste ainsi que du bar Champagne, parfait pour des événements privés (pouvant accueillir une dizaine de personnes).

https://www.pierregagnaire.com/restaurants/pierre_gagnaire_seoul 

Les opportunités qu’offre la 5G pour les investisseurs étrangers en Corée

2019 August 29

Par Guillaume Weil, Directeur de Projet à Intralink dans les domaines de l’IdO et des Télécommunications. Intralink est une entreprise de consulting basée à Séoul pour les sociétés étrangères de toutes tailles et tous secteurs qui souhaitent approcher les marchés est-asiatiques et élaborer et exécuter leur stratégie commerciale. Avec 80 employés et présent depuis 29 ans, Intralink a des bureaux à Shanghai, Tokyo, Séoul, London, Oxford, Boston et dans la Silicon Valley. N’hésitez pas à contacter guillaume.weill@intralinkgroup.com pour tout conseil.

Le robot Lota a la Lotte World Tower ©KT

Le marché très neuf de la 5G offre un large potentiel, mais le succès pour les entreprises étrangères n’est pas automatique. Bien comprendre la stratégie de chaque opérateur est important, d’autant plus que les groupes coréens tentaculaires restent notoirement impénétrables. En aval des opérateurs en revanche, une myriade d’intégrateurs peut être la clé dans le déploiement d’un nouveau service grâce à leur accès privilégié avec un ou plusieurs opérateurs téléphoniques.

Les industriels coréens : premiers clients de la 5G

En l’absence de portables adaptés initialement, les premiers clients furent les industriels coréens. Myunghwa Industry, un constructeur de pièces automobile, utilise la 5G pour transmettre des vidéos haute définition de sa chaîne de production afin de vérifier la qualité des produits. KT a aussi célébré le lancement de son réseau avec un robot comme premier client : Lota, le robot intelligent de la « Lotte World Tower », guide les visiteurs jusqu’à l’observatoire de la tour.

De nouvelles infrastructures : des partenariats entre équipementiers étrangers et coréens voient le jour

SK Telecom a investi massivement dans Samsung pour construire son réseau 5G localement : cela va favoriser Samsung Electronics et les aider à rattraper leur retard sur Huawei et ZTE dans la manufacture des antennes. Samsung a été sélectionné pour couvrir la capitale coréenne tandis qu’Ericsson, le géant des télécommunications suédois, est partenaire de SKT et KT pour couvrir le sud-est de la péninsule et les provinces avoisinantes. Le numéro 1 des infrastructures télécom Huawei se penche aussi sur le marché coréen, mais discrètement après l’annonce de son boycott par Washington. Huawei est en effet un fournisseur de LG Uplus et prévoit un investissement de 5 millions de dollars dans son premier laboratoire d’innovation ouverte à Séoul, permettant aux PME de réaliser des tests sur leur plateforme.

A l’étranger, en 2018 Samsung était le 5ème constructeur d’équipements avec 3% de part du marché mondial. Samsung travaille notamment avec Verizon aux États-Unis sur le déploiement d’infrastructures d’accès fixes sans fil, ce qui devrait l’aider à consolider sa présence sur la scène globale. Malgré les investissements réalisés par le géant coréen, l’entreprise reste seulement 3ème dans la course aux brevets essentiels (SEP) juste derrière Huawei et Nokia. LG talonne son concurrent coréen.

Au-delà des partenariats noués dans ce climat compétitif, la Corée est devenue une destination privilégiée pour les démarches de benchmarking entreprises par les sociétés étrangères.  Parmi les nombreuses visites effectuées chez les 3 opérateurs coréens au premier semestre 2019, on compte le nouvel opérateur sud-africain Rain, les japonais Softbank ou encore British Telecommunications. De son côté, SK Telecom a signé deux protocoles d’accord avec les singapouriens Singtel et les allemands Deutsche Telekom, le premier sur une coopération dans l’e-sport et le deuxième sur le co-développement d’une plateforme de blockchain.

Un nouvel écosystème d’applications et de services dans lequel les acteurs français pourront s’engouffrer et détecter des talents coréens

L’arrivée de la 5G va permettre la création d’un tout nouvel écosystème de fournisseurs de contenus, et d’applications en relation avec la 5G. Les opérateurs coréens sont à la recherche d’entreprises pouvant fournir de nouveaux services leur permettant en échange de recouper leurs investissements massifs ; malgré l’incroyable développement de l’infrastructure téléphonique en Corée, le pays n’est pas nécessairement le plus armé pour l’élaboration de cas d’utilisations – un marché encore naissant qui offre des possibilités immenses aux entreprises françaises si elles offrent des services à forte valeur ajoutée au prix compétitif.

Voici deux exemples domaines prometteurs pour les entreprises étrangères :

  • Contenu Ultra Haute Définition et Réalité Virtuelle : des start-ups locales soutenues par Orange

                                                                             Présentation de 4DReplay à l’Ambassade de Corée en France                                             Orange FAB Seoul

Les opérateurs téléphoniques coréens travaillent avec les entreprises de jeu en ligne pour développer du contenu adapté pour les plateformes 5G. Un total de 125 milliards d’euros sera généré entre 2021 et 2028 grâce à la réalité virtuelle[1]. Parmi les nombreux exemples, on peut citer la start-up coréenne 4DReplay, soutenue par Orange Fab, qui permet d’enregistrer des évènements (sports, spectacles) en 3D avec de très nombreuses caméras et ensuite de produire une vidéo HD immersive. Eprouvée aux JO de Pyeongchang pour retransmettre les compétitions de patinage artistique, la technologie séduit déjà l’Hexagone avec un joli coup de communication de France Télévision lors de la diffusion en direct du défilé de la Fête Nationale. Ainsi, Orange Fab Seoul repère les talents et soutient les start-ups coréennes prometteuses à l’étranger. Parmi les autres pépites qui entendent bien profiter de la 5G, on compte DoubleMe qui convertit les vidéos 2D en expérience holographique 3D en réalité virtuelle, ou encore Salin, un média social permettant à plusieurs personnes de se réunir en VR pour regarder des vidéos, jouer à des jeux ou encore étudier !

  • Véhicules connectés : un projet conjoint de véhicule autonome

                                                                                        Projet Dangun ©www.renaultsamsungm.com

Autre exemple de coopération franco-coréenne : le projet Dangun. En réunissant Renault, l’Université Hanyang, LG, Samsung, Valéo et plusieurs PME, le projet a pour but de concevoir un véhicule autonome low-cost. Soutenu par les gouvernements, le véhicule électrique phare de Renault (la Zoé) choisi pour la démonstration de conduite autonome a obtenu l’année dernière l’autorisation de circuler dans les zones désignées par le ministère coréen du transport. La technologie d’assistance à la conduite sera ensuite mise à profit par le groupe Renault dans ses véhicules. Renault Samsung compte bien aussi commercialiser ses premiers véhicules autonomes de niveau 4 dès 2023, si les tests actuels sont concluants selon les communiqués officiels du groupe.

[1] Source : Intel 2019

Les enjeux de la 5G dans un monde d’objets connectés : quels impacts pour la cybersécurité ?

2019 August 27

Par Myriam Konte, Business Developer chez IT-CONCEPT. IT-CONCEPT est une entreprise de conseil technique basée à Séoul spécialisée dans l’infrastructure réseau, les serveurs et la sécurité informatique.

L’arrivée de la 5G sur le marché coréen permettra d’augmenter l’efficacité du réseau à tous les niveaux et de connecter plus d’appareils en un temps considérablement réduit. Bonne nouvelle pour le marché de l’Internet des Objets (Internet of Things ou IoT en anglais) ! Ce marché en plein essor est amené à quintupler son nombre de produits mis en vente dans le monde ; d’ici 2023 le nombre de connections cellulaires via les IoT atteindra les 3,5 milliards en raison de son important développement en Chine[1]

Cependant, les systèmes de de sécurités inviolables n’existent pas car le développement et l’accessibilité de ces nouvelles solutions impactent fortement les risques de cyberattaques dans les entreprises et chez les particuliers. Selon Sylvain Chevallier, spécialiste des télécommunications et associé du cabinet de conseil IT Bearing Point, « le réseau 5G sera permissif, comme tous les réseaux ». Cela signifie qu’il y aura des failles du système qui seront de taille moindre, surement plus compliquées à exploiter mais leur nombre sera plus grand, en raison du développement des objets connectés : voitures, accessoires, appareils électroménagers, vêtements… Le volume de données va donc croitre de façon exponentielle et ces données seront plus sensibles voire vitales pour des industries telles que la santé et la politique. Ainsi, le réseau 5G nous met plus au défi que les générations antérieures, compte tenu de la diversité des réseaux complémentaires qui le composent, les objets connectés, les nouveaux appareils supportant la technologie ainsi que les nouveaux services associés.

Source : Ericsson Mobility Report, Juin 2018

Il devient alors nécessaire pour les entreprises de prendre du temps afin de repenser leur stratégie et y intégrer la sécurité. Le niveau de sécurité de la 5G est en théorie supérieur à celui de la 4G, ce qui signifie qu’il sera plus difficile pour les hackers de localiser les personnes, usurper leur identité et voler leurs données personnelles.

D’après le rapport annuel sur la cybersécurité de la multinationale Wipro, 74% des entreprises mondiales ont actuellement mis en place une évaluation des risques de sécurité sur les IoT. De plus, un pourcentage significatif d’entreprises a l’intention de mettre en place des agents de détection de menace et de créer un réseau séparé pour contrôler leurs objets connectés d’ici deux ans.

Connections cellulaires par region
Source : Ericsson Mobility Report, Juin 2018

Selon le type de données que les IoTs traitent, les risques varient. Les objets connectés susceptibles d’être piratés sont dans la plupart du temps utilisés pour miner des crypto-monnaies, ce qui peut engendrer un impact considérable dans les grandes entreprises comme en 2016 lorsque l’hébergeur de données européen OVH fut compromis avec le logiciel malveillant Mirai. Depuis 2018 Symantec, l’entreprise de logiciels de cybersécurité, observe une forte augmentation de vols d’informations personnelles via le piratage d’objets connectés[2]

Les pirates informatiques pourront se connecter à distance à des caméras domestiques, accéder aux données fournies par les bracelets connectés, utiliser la voix d’enceintes connectées pour piéger les utilisateurs, etc. Les appareils les plus ciblés par des attaques ont été, en 2018, les routeurs, concentrant 75% des attaques, suivis par les caméras connectées (15 %) et les appareils multimédias (5 %)[3]


Source : Ministère du digital, de la culture, des médias et du sport du Royaume-Uni

Quelles menaces pour les objets connectés ?

  • Le manque de puissantes fonctions de sécurité directement intégrées dans les IoT car cela nuit au design et à la rapidité.
  • L’existence d’un grand nombre de cadres de normes différents n’étant pas uniformes selon les zones géographiques.
  • Une augmentation du volume des données
  • Dans le domaine de la santé, des risques d’invasion du secret médical et le manque de management des données sont devenus des sujets sensibles.

 

Quelles mesures de sécurité pour l’IoT utilisant la 5G à mettre en place ?

  • Nécessité pour les entreprises exploitant la 5G pour l’IoT d’incorporer dans leur stratégie de développement des mesures de sécurité.
  • Des objets connectés dotés de système d’authentification plus sécurisés tels que l’identification biométrique, sensorielle avec l’utilisation de la voix, la reconnaissance faciale ou encore l’empreinte digitale de l’utilisateur.
  • Un système unifié pour coordonner les différentes méthodes de sécurité à travers les différents niveaux du réseau.
  • Une sécurité du début à la fin de la chaîne des partis prenants depuis l’utilisateur jusqu’au cœur du réseau. La façon dont le réseau 5G est distribué représente un défi pour la mise en place de cette mesure.
  • Une sécurité existante traversant les différents domaines d’application est indispensable.
  • Nécessité d’intégrer la sécurité dès le développement du design.

 

Quelques conseils à adopter en entreprise selon Sylvere Smoliga, CEO & Fondateur chez IT-CONCEPT.

  • Utiliser un Wi-Fi sécurisé, tel que le Wi-Fi chiffré WPA2/WPA3, et activer l’authentification à deux facteurs lorsque c’est possible.
  • Créer un réseau Wi-Fi « invité » pour les personnes de passage.
  • Protéger le compte lié à l’appareil avec un mot de passe robuste et activer l’option de mise à jour automatique.
  • Activer la fonction « muet » des assistants vocaux lorsqu’ils ne sont pas utilisés et s’authentifier avec un profil vocal quand cette option est disponible.
  • Entreposer les mots de passe partagés dans des bases de données cryptées et centralisées telles que Password Safe ou KeePass.
  • Changer régulièrement les mots de passe (par exemple tous les 90 jours).

 

[[1] Source : Ericsson Mobility Report, Juin 2018

[2] Source : Le Monde, 2019

[3] Source : Symantec, 2018

 

 

 

 

 

 

 

Le recrutement des étrangers dans les Chaebols : quelles tendances ?

2019 August 22

Par Philippe Tirault, directeur général de DHR International Korea Limited

Philippe Tirault, avec plus de 25 ans d’expérience dans le secteur du recrutement de cadres, est directeur associé pour la Corée au sein de DHR International. Il a commencé sa carrière dans ce domaine en fondant sa propre entreprise de recrutement en 1987, qui s’est développée dans 7 pays du continent asiatique.

Le recrutement d’étrangers dans les sociétés coréennes n’est pas un phénomène nouveau.

En 1997, le groupe Samsung a créé ce qui est maintenant GSG (Global Strategy Group). Leur idée ? Créer une société de consultants internes organisée sur le modèle des grands cabinets de conseil (McKinsey, BCG, Bain). Les consultants étaient directement recrutés lors d’entretiens sur les campus des grandes universités. Cela devait permettre de créer un pool de talents pouvant prendre des responsabilités dans le groupe à l’issue d’un contrat de 3 ans avec GSG. Toujours dans le groupe Samsung, chez Samsung C&T et chez Samsung Engineering, des étrangers ont rejoint ces sociétés pour diriger certaines divisions ou des lignes de métier.

En effet, à la suite du bouleversement créé par la crise asiatique, beaucoup de groupes coréens et d’institutions financières ont décidé de recruter des étrangers pour attirer des idées innovantes et cultiver une manière nouvelle de se développer.

LG Electronics a adopté en 2003-2004 ce concept de changement de manière radicale. Grande nouveauté : le CEO décida que cinq sur sept des membres du comité exécutif seraient étrangers ! Cela créa bien sûr des remous internes. L’organisation n’était pas prête, engendrant plus de complications que de réelles améliorations. 2 ans plus tard, le PDG se faisait évincer et remplacer par un membre de la famille fondatrice du groupe : un fiasco pour les étrangers qui ont été poussés à partir. Avec le recul, on peut s’interroger sur le résultat de cette expérience. Pendant ces deux ans de « test », le cours de l’action de LG Electronics a pourtant fortement augmenté et le vice-président exécutif en charge de la chaîne d’approvisionnement, un Français, a généré des économies annuelles de 1,6 milliards de dollars.

Autre exemple : SK Telecom a donné le rôle de directeur des ressources humaines à une étrangère. A l’époque, le groupe avait fait de son développement à l’étranger une priorité stratégique. Après une tentative de percée sur le marché américain et en Europe de l’Est, les plans de développement se sont retrouvés mis à mal et la directrice des ressources humaines remerciée.

Doosan a été plus lent à inviter des étrangers, cependant en 2006, l’entreprise a nommé un PDG américain à la tête de Doosan Infracore. Cette personne avait profité de sa longue relation établie avec le groupe coréen, par son travail de conseil chez McKinsey.  De même un CEO étranger a été nommé pour la filiale de Doosan Infracore spécialisée dans le matériel de construction, après l’achat de l’entreprise Bobcat.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ?

Samsung GSG existe toujours mais avec des effectifs plus réduits : de 150 personnes à son apogée, l’équipe est passée à 60 éléments aujourd’hui. Dans ses bureaux, une carte de monde représente les  anciens de GSG qui travaillent au sein du groupe Samsung partout dans le monde. La liste est de manière surprenante très courte. Le profil de recrutement a évolué : en parallèle du démarchage sur les campus, l’entreprise cherche à recruter directement auprès des cabinets de conseil des talents bénéficiant déjà d’expérience. Chez Doosan, les difficultés rencontrées par les divisions dirigées par les étrangers ont entraîné des départs, dont les postes vacants ont été remplacés par des personnes coréennes.

Actuellement, le nombre d’expatriés travaillant dans la péninsule pour des sociétés coréennes a fortement diminué, beaucoup de contrats n’étant pas renouvelés. Les postes de conseil d’administration auxquels les étrangers étaient invités (LG Electronics, Posco…) ont presque disparu. On compte aujourd’hui moins de 100 étrangers siégeant dans les comités d’administration en Corée.

Certains groupes continuent néanmoins à faire venir des expatriés dans leurs équipes.
Dans les domaines techniques, la demande est toujours forte pour les profils qui apportent des technologies encore non-développées localement. Hyosung par exemple cherche constamment des ingénieurs – souvent en retraite – pour remplir des rôles de conseil. Le cas de Hyundai Motor est également intéressant. Le groupe a recruté Peter Schreyer, le designer automobile allemand mondialement reconnu, après son départ d’Audi. Il a rejoint la Corée en tant que designer en chef de Kia Motors : quelques temps plus tard, les voitures KIA dépassaient les véhicules Hyundai dans les sondages en termes esthétiques. En 2014, Hyundai Motors recrute Albert Biermann, ancien patron de BMW M GmbH, filiale dédiée au Grand Tourisme et à la compétition. Un an plus tard, Hyundai lance la série N, rappelant curieusement la série M de BMW ! Depuis, 20 experts étrangers ont grossi les rangs du géant automobile. La nouvelle Genesis G70 est désormais un concurrent direct de la BMW série 3.

Ces cas illustrent bien que le recrutement d’experts étranger est devenu la cible principale des sociétés coréennes en mal d’innovation. Cependant au niveau du management, le besoin de communiquer en coréen et les barrières culturelles réduisent les chances pour les expatriés, et les sociétés se tournent souvent vers des profils biculturels qu’on appelle « kyopo », tirant parti du meilleur des deux mondes. Aujourd’hui, la Corée attire par la Hallyu et son succès économique : de plus en plus de cadres français s’interrogent sur la possibilité de venir en Corée y travailler. Malheureusement, à moins d’avoir des connaissances techniques pointues dans les secteurs stratégiques pour les sociétés coréennes, il y a de manière générale très peu d’opportunités de carrière pour ceux qui veulent tenter leur chance au Pays du Matin calme.

La route du futur : 5G, l’effet de seuil

2019 August 20

Par Sébastien Falletti, correspondant pour Le Point et Le Figaro

Dessiner la route du futur, au cœur de Séoul. Dès 2020, la capitale sud-coréenne va se doter de 12 autoroutes « intelligentes », reliant ses carrefours névralgiques de Gangnam à Yeoido, en passant par Sangam, première étape de l’arrivée de la voiture autonome, grâce à la puissance de la 5G. 1600 bus et une centaine de taxi seront équipés de 1700 senseurs pour servir de test grandeur nature à un système de voiture autonomes avancés (ADAS pour Advanced driver assistance system), définissant une carte intelligente, mise à jour en temps réel, par l’intelligence artificielle (AI). 121 km de tronçons guidés par un algorithme, grâce au premier réseau 5G mise en opération dans le monde. Ce projet annoncé conjointement le 23 mai dernier, par la municipalité et l’opérateur télécom SKT vise à faire de la mégalopole sud-coréenne une vitrine mondiale de la mobilité de demain, en alliant deux piliers de la prochaine révolution industrielle, la 5 G et l’AI.  « Alors que les cartes 3D actuelles sont mise à jour manuellement, cette future carte super précise incorpore en continu les informations, et les changements en temps réel, tels les chemins creux ou les travaux de constructions. Grâce à la 5G, les véhicules transfèrent les datas récoltés vers un serveur central, et l’intelligence artificielle identifiera d’elle-même les modifications pour produire automatiquement un nouvelle carte » explique un porte-parole du consortium. Ce projet pilote qui inclut 17 partenaires, dont Hyundai Motors, Kakao ou LG Electronics, doit servir de première étape concrète en vue de la mise en place à terme de la voiture autonome dans la mégalopole. Une course poursuite mondiale féroce qui se joue aux quatre coins de la planète, de la Silicon Valley, à la Chine et où la Corée du sud veut s’affirmer en mariant ses expertises en matière de télécom et d’automobile.

         ©SK Telecom, www.sktelecom.com                                                                 ©STRADVISION

L’avènement de la 5G est une condition indispensable, bien qu’insuffisante pour remporter le trophée. Grâce à son instantanéité, tout comme à la masse de données qu’elle peut transférer, cette technologie va permettre de franchir un seuil à la quête de la voiture autonome. Plutôt qu’une révolution, « il s’agit de l’un des multiples pas essentiels pour pouvoir atteindre l’objectif de la conduite autonome, dont la généralisation est attendue à l’horizon 2040-2050 » explique Junhwan Kim, le PDG de StradVision, une start-up fondée à Pohang, sur la côte orientale de la péninsule spécialisée en deep learning. Ancrée autour de 15 ingénieurs issus de la prestigieuse école d’ingénieur Postech, la pépite compte déjà 120 employés, et des bureaux à Séoul, Tokyo et San José en Californie, grâce à un investissement de 7 millions de dollars de Hyundai Mobis. StradVision développe un logiciel d’AI capable de rendre « intelligentes » les caméras embarquées sur des véhicules, pour détecter les obstacles sur la route : un piéton, un autre véhicule, ou un feu rouge. Et l’arrivée de la 5G permet de multiplier les données à disposition pour affiner la conduite. « La 5G nous permet de relier la voiture au Cloud en temps réel, mais aussi partager des informations avec d’autres véhicules sur la route afin de concevoir une vision la plus complète possible » explique Kim. Le PDG, espère accoucher d’un logiciel effectif d’ici « deux à trois ans ».

Un employé de SK Telecom vérifie l’état de la mise à jour en temps des cartes HD basées sur la technologie 5G dans la salle de surveillance TOPIS (Seoul Traffic Information Centre)
©SK Telecom, www.sktelecom.com

« La 5G va transformer les industries qui exigent une grosse quantité de données. Par exemple les jeux vidéo qui pourront désormais être joués en Streaming » explique Olivier Mouroux, cofondateur d’Asiance, une agence de marketing digitale, à Séoul. L’automobile fait partie des secteurs clés qui seront bouleversé par ce nouvel afflux de big data. Pour autant la 5G n’est qu’une étape d’une longue route encore incertaine, et la nouvelle technologie est loin d’être une panacée, pointent les chercheurs. Ainsi, l’instantanéité proclamée par les opérateurs pourrait ne pas être suffisante. « En conduite autonome, une fraction de seconde de retard peut conduire au désastre » rappelle Sangyon Han, représentant d’Orange Fab, à Séoul, un incubateur, qui couve StradVision, et deux autres start-ups développant des applications concrètes à la 5G. « Il y a toujours un débat sur le temps de latence, et je ne suis pas convaincu que la vitesse sera suffisante, car il y aura toujours des angles morts dans le réseau. Donc il est essentiel que le véhicule puisse s’appuyer sur ses propres données pour assurer sa sécurité » juge Junhwan Kim.

Pour dégager la route du futur, deux obstacles majeurs doivent encore être levés selon le PDG. Compléter le réseau 5G sur l’ensemble du territoire, et adapter l’appareil législatif qui limite aujourd’hui le développement de la voiture autonome. « Il existe beaucoup trop de régulations en Corée qui entravent cette nouvelle technologie, comme par exemple l’interdiction d’utiliser certaines fréquences pour prévenir des interférences » explique Kim. La révolution de la 5G sera de longue haleine.