Économie Créative : trois exemples de réussite au féminin

2014 October 1
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by Corée Affaires

par Eva John

Teruten – Lee Young, fondatrice

Teruten

Entreprise de solutions de sécurité Internet. Créée en 2000. 31 employés.

Motivations
« Pendant mes études de cryptographie au KAIST à Daejeon, je résolvais beaucoup d’algorithmes et lisais beaucoup d’articles, mais j’avais envie de quelque chose de plus pratique. La plupart des gens qui passent une thèse rêvent d’un poste stable de professeur d’université, mais moi je voulais créer ma propre entreprise. »

Débuts
« Au moment où j’ai commencé, au début des années 2000, j’étais une jeune trentenaire. J’ai fait partie de la première génération de Coréens à étudier la sécurité en ligne. A l’époque, ce marché de la sécurité n’était encore que balbutiant. »

Défis rencontrés
« Il est difficile de s’en sortir en se confinant au marché coréen. Il a donc fallu que nous nous tournions vers l’international. Mais à l’époque, le marché était encore moins développé à l’étranger qu’en Corée. Par ailleurs, le PIB coréen repose en grande partie sur les conglomérats. Si les services de contenus numériques ont essentiellement été développés par des PME, celles-ci ont rencontré de nombreuses difficultés. Enfin, il y a peu de femmes de mon âge dans mon secteur. Même si l’on entend que la situation des femmes s’améliore, il reste des facteurs discriminants: le réseau est essentiellement masculin et il est encore difficile de gagner la confiance des hommes. »

Projets et partenariats avec la France?
Nous avons déjà une branche au Japon, qui représente 70% du marché des logiciels en Asie. Nous prévoyons aussi de nous installer en Israel cette année. En Europe, la France fait partie de nos priorités. Elle possède un gros potentiel technologique sur le plan universitaire comme commercial. Je pense qu’il y a de bonnes opportunités de partenariat en recherche et développement.

Économie créative
« La Corée met encore trop l’accent sur le hardware et pas assez sur le software. Nous devons reconnaître la valeur ajoutée des actifs incorporels. Plus que jamais, nous avons besoin de créativité. C’est ça l’économie créative. »

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Économie Créative : trois exemples de réussite au féminin

2014 September 30
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by Corée Affaires

par Eva John

IUM – Park Hee-eun, fondatrice

IUM

Une application pour smartphone dédiée aux rencontres, qui propose un rendez-vous galant par jour. 59 employés, 1,1 million d’utilisateurs, plus de 200 mariages. Lancée en 2010.

Motivations
« En 2009, alors que je travaillais pour NC-Soft, grande entreprise coréenne de jeux vidéo, j’ai réalisé le potentiel des services de rencontre en ligne. Pour trouver l’âme soeur, les jeunes célibataires coréens recourent généralement au « sogaeting » : une rencontre organisée par un ami commun. Mais le plus souvent, cela échoue. Quant aux agences matrimoniales, elles pratiquent généralement des tarifs prohibitifs. »

Débuts
« Quand j’ai commencé, je disposais d’environ 6500 euros seulement. Ce sont mes amis qui m’ont tout d’abord accompagnée dans ce projet. L’un d’entre eux est par exemple devenu le programmeur ».

Défis rencontrés

« Les services de rencontre, ce n’est pas un secteur traditionnel. Beaucoup de personnes ne croyaient pas en moi, j’étais jeune et sans grande expérience professionnelle. Mais j’étais un peu arrogante et je me suis dis ‘tu vaux mieux que ça’ ».

Projets et partenariats avec la France ?
« Cette année, nous avons lancé « Hey », une version coréenne de nos services à Taïwan et Hong-Kong. Et nous espérons poursuivre notre développement à l’international et pourquoi pas en France. »

Économie créative
« La plupart des jeunes Coréens vont à l’université et rêvent d’intégrer une grande entreprise mais n’osent pas se lancer dans quelque chose de créatif. Le gouvernement soutient les toutes jeunes entreprises, mais il faut aussi qu’il continue à aider les compagnies comme la mienne, qui ont déjà quelques années d’expérience et cherchent à se développer. »

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Économie Créative : trois exemples de réussite au féminin

2014 September 29
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by Corée Affaires

par Eva John

Style Share – Yoon Jayoung, fondatricestyle share v2

Une plateforme numérique de partage de photos de mode. 11 employés, 700,000 utilisateurs. Lancée en 2011.

Motivations
« Je suis partie d’un constat : je ne me reconnaissais pas dans les produits présentés par les magazines de mode et les médias traditionnels. Des robes à plusieurs milliers d’euros, ce n’était pas à ma portée ni à celle de mes amies. A l’époque, je faisais des études d’ingénieur à l’université de Yonsei. Au départ, je ne pensais pas en faire une activité commerciale »

Débuts
« Un jour, mon université a invité le fondateur de Inicis (entreprise coréenne de solutions de paiement en ligne). Quand je lui ai parlé de mon projet, il y a cru. Il m’a suggéré de m’inscrire au sein d’un incubateur d’entreprises qu’il avait ouvert avec d’autres entrepreneurs ayant réussi sur Internet et dans le domaine des jeux. J’ai reçu une aide de 13 000 euros, ainsi que des conseils et des contacts ».

Défis rencontrés
« En Corée, les start-ups sont encore souvent considérées comme un épiphénomène bizarre. Beaucoup de gens m’ont demandé pourquoi je n’allais pas travailler chez LG ou Samsung, avec mon diplôme prestigieux. On n’encourage pas encore assez la prise de risque. Et si l’on échoue, se relever est particulièrement difficile. Mais les choses changent, et le pays investit désormais beaucoup dans ce secteur. J’ai reçu un peu moins de 50 000 euros de la part de l’institut pour le développement des start-ups et de l’entrepreneuriat. »

Projets et partenariats avec la France ?
« A terme, nous voulons nous ouvrir au shopping en ligne. A l’étranger, le Japon est notre première cible, avec plus de 50 000 inscrits. Nous avons aussi quelques milliers d’utilisateurs français. J’invite les marques françaises à participer et à présenter leurs produits au public coréen ! »

Économie créative
« C’est un concept porteur qui doit se concrétiser par des actions, au-delà des mots. »

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La K-POP, le mouvement qui fait de l’économie créative le nouveau paradigme coréen

2014 September 22
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by Corée Affaires
PSY

PSY, le chanteur de ‘‘Gangnam Style’’ au World Economic Forum de Davos, exemple de l’ économie créative

Par SÉBASTIEN FALLETTI

L’économie sud-coréenne a déboulé sur la scène mondiale grâce à ses chantiers navals, ses puces électroniques et ses téléphones. Elle compte poursuivre son expansion en surfant sur le succès de « Gangnam style » et de ses dramas. C’est l’heure de la consécration pour la K-Pop et les géants de l’Entertainment sud-coréen, tels CJ désormais érigés en fer de lance de la machine à exporter sud-coréenne. Avec l’arrivée de la présidente PARK Geun hye, le secteur culturel est désormais devenu un pilier de « l’économie créative », la nouvelle stratégie économique des autorités de Séoul. « Je compte dynamiser l’économie coréenne à travers la fusion des idées créatives de chacun, la convergence de la technologie scientifique, des technologies de l’information, de la culture » a déclaré PARK dans une interview au Figaro en novembre. La Corée du sud compte surfer sur les années culturelles croisées avec la France (2015/2016) pour en faire une vitrine de son savoir-faire dans l’Hexagone et en Europe.

A la recherche d’un nouveau souffle, le pays de l’industrie lourde donne enfin toute sa place à un secteur culturel en pleine expansion. La montée en puissance du secteur culturel génère de nouveaux profits sonnants et trébuchants mais également transforme le modèle coréen sur le plan qualitatif. Depuis plusieurs années les exportations de produits culturels ont bondi. Elles atteignent déjà 4 milliards de dollars en 2011, un chiffre promis à exploser dans la prochaine décennie. Le succès des groupes de musique Girls Generation ou Super Junior à travers l’Asie génère du chiffre d’affaires tout en offrant un atout marketing aux Chaebols à la conquête des marchés émergents.

La révolution K-Pop offre un nouveau modèle de croissance, développé par des agences d’Entertainment à l’origine modestes et qui, pour certaines, sont devenues des nouveaux poids lourds du show business grâce à leur flair et leur travail. Reprenant à leur compte des sons venus du monde entier, ces pionniers ont créé un nouveau produit, générateur de valeur économique. « La K-Pop, c’est le recyclage des sons de la mondialisation » explique l’économiste Guy SORMAN. Les producteurs coréens ont débauché et imité les compositeurs de musique électro les plus en vogue aux Etats-Unis ou en Europe en y ajoutant une touche locale, notamment la langue, pour rendre le produit plus accessible aux publics asiatiques.

Un filtre qui a fonctionné au-delà de toute espérance. Le phénomène illustre ce que la Corée sait faire de mieux : sentir les tendances planétaires, les imiter et rendre une copie encore plus efficace que l’originale. La plus grande agence de K-Pop, SM Entertainment, est présentée désormais comme une nouvelle corde à l’arc de la Corée, aux côtés des Samsung ou Hyundai.KPOP

Ce modèle de développement a inspiré le concept de l’économie créative de la présidente PARK, en particulier en soulignant l’importance des PMEs et de l’inventivité. La réussite de la K-Pop, en suivant un modèle proche de la start-up est un motif d’espoir pour l’ensemble de l’industrie coréenne à l’heure où l’impératif de la créativité devient essentiel pour sauvegarder ses parts de marchés face à la concurrence de plus en plus féroce, notamment de la Chine. « Samsung est désormais numéro un donc il ne peut plus se contenter de suivre les leaders. Il doit produire des idée nouvelles s’il veut rester le premier » confie un haut responsable du ministre des finances à Corée Affaires.

Reste à savoir si le gouvernement réussira à traduire sur le terrain son nouveau mot d’ordre, dans un pays où les grosses entreprises restent le symbole de la réussite sociale et économique. Un pari ambitieux mais impératif pour la quatrième économie d’Asie, dont la croissance est menacée à terme par le vieillissement démographique. « L’économie créative est en réalité un slogan qui vise à pousser les sud-coréens à changer d’approche. Cette forme de propagande peut conduire à terme à des changements de comportement » analyse Kim Heungchong, expert au Korea Institute for International Economic Policy (KIEP).

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Expliseat, une entreprise française au cœur de l’économie créative

2014 September 15
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by Corée Affaires
Jean-Charles Samuelian, Directeur Général d’Expliseat

Jean-Charles Samuelian, Directeur Général d’Expliseat

Par Philippe PRIEUR

Dans le cadre de l’économie créative, “Expliseat”, une jeune start-up française, a réussi un challenge particulièrement intéressant… Révolutionner le design des sièges d’avion pour la classe éco grâce à son Titanium Seat pour des compagnies désireuses de faire des économies. Fondé par 3 amis, “Expliseat”, est un projet ambitieux et plein d’avenir. Jean-Charles SAMUELIAN, Directeur Général de l’entreprise, nous a accordé une interview sur le projet “Expliseat”.

Pouvez-vous nous expliquer l’aventure ‘’Expliseat’’. Comment tout a commencé ?

“Expliseat” a été créée il y a plus de trois ans par Benjamin SAADA, Vincent TEJEDOR et moi-même. Nous sommes tout d’abord partis d’un constat en tant que passager. L’expérience était décevante, que ce soit en termes de confort, de design ou d’ergonomie. Il y avait très peu de différenciation entre les cabines. À cette analyse s’est ajoutée une vision d’ingénieur : les sièges installés étaient composés de 1 500 pièces ; en acier, en aluminium qui étaient bien loin des technologies de pointe que nous pouvions retrouver dans d’autres domaines ou même dans d’autres parties de l’avion.
De plus, les compagnies aériennes ont une pression très forte sur les coûts, et plus particulièrement le carburant, qui représente jusqu’à 40% des coûts des compagnies. C’est un enjeu majeur pour elles. Et si on réduit la masse de l’avion, alors la consommation est réduite ainsi que les émissions de CO2 ! Nous avons donc décidé de révolutionner le siège d’avion pour la classe éco, qui était oubliée par la plupart des acteurs du marché : faire le siège le plus léger du marché grâce à des technologies de pointe tout en repensant complètement le confort passager. Après trois ans de développement, nous avons lancé le Titanium Seat : 8 brevets, 4 kg par place, quand les concurrents pèsent plus du double. Cette économie de masse permet de générer des économies de plus de 400,000$ par an par avion pour les compagnies aériennes. A l’échelle d’une flotte, cela représente des dizaines de millions de dollars économisés chaque année. “Expliseat” par son mélange de technologie, de design et d’originalité, s’insère totalement dans ces start-up appartenant à l’économie créative.

Que pouvez-vous nous dire sur ce secteur ?

L’économie créative est la convergence de la technologie, des sciences, du design et des avantages utilisateurs. “Expliseat” s’insère complètement dans cette mouvance, avec 8 brevets dans le Titanium Seat, nous sommes les premiers à introduire des technologies comme le titane ou le composite dans la structure du siège. Nous avons aussi complètement repensé le design du siège de classe éco pour apporter un nouveau confort, tout en ayant un impact écologique et économique fort pour nos clients. Ces objectifs nous permettent de produire nos sièges en France avec un tissu industriel composé de sociétés automobiles et aéronautiques toutes reconnues dans leur domaine. Je pense que les succès de l’industrie et de son renouvellement passent par ce domaine de l’économie créative où le produit et ses fonctionnalités sont au coeur de tout développement pour apporter un maximum de valeur aux utilisateurs, pour nous les compagnies aériennes et les passagers. La rupture technologique, le design, est pour moi la clé de voute pour continuer à pouvoir produire dans les pays développés, créer des emplois tout en apportant des produits très compétitifs à ses clients. C’est donc une course à l’innovation qu’il faut mener : innovation du produit et des usages, innovation scientifique, innovation dans les ‘’business models’’ et innovation dans la production industrielle. La combinaison de tous ces aspects apporte des avantages compétitifs durables qui permettent d’exporter.

Ce siège révolutionnaire en titanium, est exclusivement voué à équiper les avions. Est-ce pour des longs courriers, des Low Cost, voire les deux ? Avez-vous pensé à diversifier votre offre pour les ferrys, les trains, les bus ?

Le Titanium Seat s’adresse aux avions des familles A320 et B737. Ce sont des avions court et moyencourrier pour lequel le siège est particulièrement adapté. Par les économies qu’il génère, sa révolution en termes de design, il est destiné à la fois aux compagnies Low Cost mais aussi aux compagnies classiques car il les rend plus compétitives tout en apportant un confort supplémentaire aux passagers. Nos technologies et nos brevets sont très larges, et peuvent s’adresser à d’autres domaines, mais pour l’instant nous nous concentrons sur l’aéronautique afin de livrer le meilleur siège de classe éco aux compagnies aériennes.expliseat-seats

Pour tous les entrepreneurs qui souhai-tent se lancer dans l’économie créative, quels conseils pouvez-vous leur apporter ? Y-at-il des pièges à éviter ?

Mon premier conseil est celui de l’ambi-tion, qu’elle soit technique, scientifique mais aussi business. Il faut aussi être capable de mixer des compétences complémentaires autour de soi afin d’avoir en permanence un regard critique et de couvrir tous les champs du développement produit allant du design à sa commercialisation. Je pense aussi qu’il ne faut jamais oublier lors du développement quelques questions essentielles : qu’est-ce que je veux apporter à mes utilisateurs ? Quelle est l’étape suivante ? Qu’est-ce qui fait que je suis unique ?

Quels sont vos prochains projets pour 2014 ?

Nos projets pour 2014 sont de faire voler le Titanium Seat avec de nombreuses compagnies aériennes partout dans le monde, de continuer notre développement commercial avec une présence au Dubaï Aircraft Interiors Show et au Singapore Air Show en février et au Hamburg Aircraft Interiors Show en avril. En parallèle, nous continuons notre travail d’innovation, déposant régulièrement de nouveaux brevets, qui feront les sièges de demain.

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SONGDO, VILLE DU FUTUR, CHANTRE DE L’ÉCONOMIE CRÉATIVE ?

2014 September 11
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by Corée Affaires

CA 95_final______송도CA 95_final______송도2Par Philippe PRIEUR

Imaginez en 2020 une ville sortie tout droit de film de science-fiction, écologique, ultraconnectée ouverte sur le monde et possédant sa propre zone franche pour les investisseurs étrangers. Cette ville c’est Songdo. Située au Sud-Ouest de Séoul à une soixantaine de kilomètres de la capitale, à proximité de l’aéroport international d’Incheon, Songdo est un projet fou qui se veut l’exemple de la transformation de la Corée du Sud. Devenir le cerveau de l’économie “intelligente et créative” face à une Chine industrielle et un Japon vieillissant. Cette cité du futur supposée offrir le meilleur de Hong Kong, de Singapour et de la Corée accueillera plus de 300 000 personnes d’ici dix ans dans des tours encore en construction, sortant de terrains gagnés sur la mer. Biotechnologie, industrie culturelle, high-tech etc… l’avenir sera-t-il à Songdo ? Où est la place de l’économie créative dans cette ville nouvelle ? Un grand plan écologique via l’utilisation de dernières nouveautés technologiques est en marche. 40% de la cité est composée d’espaces verts, 75% des matériaux de construction utilisés sont recyclés, 99% des stationnements de la ville sont souterrains, et un imposant système de collecte et de filtration de l’eau de pluie est situé sous un terrain de golf. Ainsi pour que cette politique ‘’verte’’ puisse tourner à plein régime la ville fonctionnerait déjà avec la 5G. Chaque mètre carré de Songdo est parcouru par des câbles numériques. Toute information pourra être traitée, collectée et utilisée au service de la population. Songdo deviendra une ville intelligente. De chez eux, l’ultra connectivité va permettre aux citoyens de Songdo de vivre une expérience digitale et technologique encore plus poussée que par le passé. Quand connectivité rime avec confort de vie, les possibilités d’ouvrir de nouveaux marchés dans des secteurs à fort potentiel (applications smartphones, technologies écologiques) pourraient donner un nouveau souffle à l’économie coréenne. La Présidente PARK le souhaite et l’annonce à chacune de ses sorties comme le 13 septembre dernier : « Dans le contexte économique actuel, le concept d’économie créative repose tout d’abord sur le fait de résoudre le problème d’une croissance faible et d’un taux de chômage élevé. Pour instaurer la croissance, nous devons veiller à former des ressources humaines de talent aux idées innovantes.» Mais entre rêve et réalité, l’addition pourrait être très salée pour les coréens. Si Songdo ne trouve pas assez d’investisseurs et d’habitants, elle risquerait de se transformer en Brasilia, la capitale du Brésil, ville futuriste des années 60 où le Président de l’époque Juscelino KUBITSCHEK avait assuré aux Brésiliens « 50 ans de progrès en 5 ans ». Malheureusement l’histoire lui donne à moitié raison puisque en 2013, Rio de Janeiro et Sao Paulo sont toujours les villes les plus dynamiques et attractives du pays.CA 95_final______송도

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MSIP, le ministère coréen de l’économie créative

2014 September 1
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by Corée Affaires

Par Philippe PRIEUR

Dr. Chang-Yong Sohn, Deputy Director du MSIP

Dr. Chang-Yong SOHN, Deputy Director du MSIP

Depuis un an et demi, le gouvernement a créé un lieu propre pour penser et pour développer l’économie créative sous toutes ses formes afin d’apporter à la Péninsule « les bases d’un avenir meilleur dans la République de Corée du 21ème siècle », dixit M. CHOI Mun-kee, Ministre des Sciences, des TIC et de la Planification du Futur. L’idée de développer davantage l’économie créative est devenue, de fait, le cheval de bataille du gouvernement de la Présidente PARK Geun-hye. « Il ne suffit pas seulement d’avoir des idées il faut pouvoir porter des projets, les faire fructifier. C’est pourquoi le MSIP a été créé », affirme Dr. CHANG Yong-son, l’un des directeurs du MSIP. Selon lui, la mission du ministère est donc d’apporter des solutions politiques, des stratégies pour un avenir meilleur en Corée grâce à l’innovation, à la création et à la technologie. Rencontrer un maximum de gouvernements étrangers pour favoriser l’innovation et le partage des connaissances comme l’a indiqué Philippe LI dans sa tribune des Échos : « La dématérialisation de l’économie peut permettre de créer de nouvelles dynamiques de coopération et il importe aujourd’hui de réfléchir à un autre modèle de partenariat économique avec la Corée ». C’est pourquoi en janvier dernier, la Présidente PARK et une délégation de membres du MSIP sont allées en Inde pour aborder la question d’un partenariat économique et une coopération technologique, industrielle et nucléaire. Pour le Dr. CHANG Yong-son, le MSIP développe en ce moment des actions de coopération internationale pour mettre en avant l’innovation et le savoir-faire coréen : « S’ouvrir au monde est vital pour notre économie, en accentuant la mise en avant de nos créations technologiques et culturelles, c’est aussi cela la mission du MSIP, faire en sorte d’apporter des innovations qui seront bénéfiques au monde entier. »

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Rencontre avec Lucas BOUDET, nouveau Secrétaire Général de la FKCCI

2014 August 29
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by Corée Affaires

Après cinq ans à la tête de la Chambre de commerce franco-coréenne, Edouard CHAMPRENAULT a cédé sa place à Lucas BOUDET, qui arrive tout juste de Bangkok, où il était directeur de la Chambre de commerce franco-thaïe.
Rencontre avec le nouveau Secrétaire Général de la FKCCI :

OLYMPUS DIGITAL CAMERAPouvez-vous nous présenter votre parcours jusqu’à votre arrivée à la FKCCI ?

Après une formation juridique à Paris Nanterre, j’ai réalisé un master en création d’entreprise à Science Po Paris. Baignant dans un environnement international depuis l’enfance, c’est tout naturellement que je me suis tourné vers une carrière ouverte sur le monde : quoi de mieux que les Chambres de commerce françaises à l’étranger (CCIFI), ces entreprises au service des entreprises, pour allier développement d’entreprise et dimension internationale ? Après huit ans passés à la direction de CCIFI, d’abord à la Chambre française en Belgique, puis à la Chambre franco-thaïe, je suis heureux de pouvoir prolonger mon parcours asiatique dans un des pays les plus dynamiques de la zone et de mettre mon expérience au service de la FKCCI et de la communauté d’affaires qu’elle anime.

Quel est le rôle de la Chambre de Commerce et d’Industrie, selon vous ?

La Chambre existe pour et par ses membres. Ses deux missions principales sont : d’une part, servir la communauté d’affaires franco-coréennes basée ici, et, d’autre part, soutenir les sociétés françaises approchant la Corée ainsi que les sociétés coréennes intéressées par la France.

Concrètement, nous les aidons à développer leur réseau au travers d’événements et de mises en relations ; nous optimisons leur visibilité grâce à nos outils de communication et publications ; nous proposons des séminaires, formations et publications spécifiques pour les aider à comprendre l’environnement coréen et  nous leur offrons un appui opérationnel avec notamment des service de de prospection commerciale, d’hébergement et  de traduction. 

Notre offre est diverse, à l’instar du tissu économique franco-coréen, et s’adresse tant aux entrepreneurs qu’aux PME et groupes internationaux.

Quelles sont les orientations que vous souhaitez insuffler à la FKCCI ?

La FKCCI a connu une croissance très importante ces dernières années : centre d’affaires, offre de formations, gala prestigieux, appui aux entreprises, etc. Nous continuerons à aller dans ce sens. En outre, je souhaite que la Chambre soit toujours plus proche de ses membres, accessible et à l’écoute : dans cette optique, nous développerons encore de nouveaux services, sur mesure, adaptés à vos besoins. A suivre très prochainement…

La Chambre est un vivier de compétences et d’expertise, de par son équipe, ses membres et son réseau. Dans ce contexte, je me tiens à votre disposition et vous pouvez me contacter à l.boudet@fkcci.com.

Quelles sont vos premières impressions de la Corée, où vous venez d’arriver ?

Positives que ce soit au travers des différents échanges que j’ai déjà pu avoir ou encore au travers de l’atmosphère de Séoul qui témoigne du dynamisme économique du pays.

Outre l’aventure professionnelle, je suis venu en Corée pour l’aventure humaine, et j’ai hâte de découvrir ses paysages, son univers culinaire, son histoire et sa culture, et je compte bien me mettre rapidement au coréen. En attendant : 반갑습니다!

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Le Konex, la place financière de l’économie créative

2014 August 25
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by Corée Affaires

Par Philippe PRIEUR 

1er juillet 2013, lancement du KONEX

Il est 8h30 du matin, nous sommes le 1er juillet 2013. La Corée du Sud vient d’inaugurer son 3ème marché financier. Après le KOSPI, l’équivalent du CAC 40 en France et le KOSDAQ version coréenne du NASDAQ à Wall Street, le KONEX a ouvert avec une vingtaine d’entreprises PME considérées comme ayant un fort potentiel de croissance dans des domaines d’activités comme les biotechnologies ou l’édition de logiciels. Véritable vitrine de la politique en faveur de l’économie créative voulue par la Présidente PARK Geun-hye, le KONEX doit pouvoir aider les quelques 280 000 PME de ces secteurs à se développer dans le pays. Pour le Vice-Premier Ministre et Ministre des Finances HYUN Oh-seok., cette nouvelle place financière est stratégiquement vitale pour la pérennité de ces PME qui sont pour leur grande majorité des start-up. « Cette fois, nous voulons favoriser les nouveaux investissements pour une croissance durable de ces sociétés. Sur le KONEX, les petites structures pourront lever des capitaux sans avoir à recourir à l’emprunt. Plus de 80 % des fonds des PME viennent de prêts bancaires » expliquait HYUN Oh-seok, le 16 mai dernier lors d’une conférence sur l’économie. En effet, cette politique en faveur de l’entrée d’une PME dans le marché du KONEX est considérée comme un premier pas, avant d’entrer au KOSDAQ. Dans le système classique du marché financier, plus de la moitié des start-up coréennes ferment moins de cinq ans après leur création, car elles ne peuvent rembourser leurs emprunts ; par aillleurs, il faut compter entre dix et quatorze ans à une PME pour envisager une introduction au KOSDAQ. Outre les avantages fiscaux, le gouvernement a alloué une partie des 2,2 milliards d’euros dans les start-up pour les cinq prochaines années. Il attend 684 millions d’euros du secteur privé sur la même période. Les autorités restent prudentes sur le succès de l’opération.

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Evolution, dématérialisation et business angels, trois marqueurs forts de l’économie créative (Partie 2)

2014 August 18
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by Corée Affaires

business angelsPar Philippe PRIEUR

L’IMPORTANCE DE L’EFFET DE DÉMATÉRIALISATION

Comme l’a indiqué Philippe LI dans sa tribune des Échos : « Ce qui confère aujourd’hui de la valeur ajoutée à une entreprise, c’est avant tout l’économie im­matérielle, c’est-à-dire la connaissance, le savoir-faire et la propriété intellectuelle ». En d’autres termes le développement de l’innovation, la mise en avant de productions originales sont des sujets primordiaux dans un monde mondia­lisé et concurrentiel. L’effet immatériel dans l’économie créative, c’est avant tout promouvoir l’esprit d’initiative en antici­pant les futurs marchés économiques à fort potentiel. Dans le cas des relations franco-coréennes, Philippe Li affirme : « La dématérialisation de l’économie peut permettre de créer de nouvelles dynamiques de coopération et il im­porte aujourd’hui de réfléchir à un autre modèle de partenariat écono­mique avec la Corée ».

Ainsi, à l’heure où en Europe les pays ont de plus en plus de tentations de repli sur soi, de protectionnisme, une politique de coopération entre les Etats pour fa­voriser l’économie créative semble être la meilleure option pour pérenniser les secteurs concernés. Comment alors financer cette économie créative ? Quel système pourrait être envisageable ?

LE ‘‘BUSINESS ANGEL’’, UN FINANCEMENT ORIGINAL

Le ‘‘Business Angel’’ est un mécénat ; à ceci près qu’il concerne uniquement un particulier qui investit dans une entre­prise innovante à potentiel mais sans en faire partie. Pour Benjamin BRÉHIN, directeur des opérations des réseaux France Angels la définition du ‘‘Business Angels’’ peut se résumer sous forme d’un triptyque : Les ‘‘3C ‘‘.

1. Le Capital : apport minori­taire de fonds propres (en des­sous de 30% du capital de l’en­treprise).
2. Les Compétences : accompagnement du Business Angel au service de l’entreprise via ses com­pétences, son expertise et savoir-faire.
3. Les Contacts : mise à disposition du Bu­siness Angel de son réseau relation­nel afin de faciliter et d’accélérer le développement de l’entreprise .

En France il existe 4 400 Business An­gels référencés au sein des réseaux France Angels. L’investisseur est un véritable associé-entrepreneur dont l’accompagnement est à forte valeur ajoutée ; le Business Angel pouvant apporter sa compétence, son énergie et son expertise. Selon Benjamin BRÉHIN : « L’intervention des Business Angels se situe généralement après l’intervention du « love money », des soutiens publics et des prêts d’honneur (qui permettent à l’entrepreneur de trouver les finance­ments pour démarrer son activité) et avant l’intervention des professionnels du capital investissement (capital risque, capital développement qui sont avant tout des projets financiers) ». Le tableau ci-dessous qui reprend les principaux secteurs d’activités dans lesquels inves­tissent les ‘‘Business Angels’’ confirme leur intérêt pour les entreprises inno­vantes ; les PME 2.0.

Évolution, effet de dématérialisation, Business Angels, des termes qui permettent de mieux comprendre ce que peut être l’économie créative. Pourtant, nous pourrions trouver encore de nouvelles données et de nouvelles définitions tant l’économie créative est une notion abstraite et sujette à tant de manipu­lations politiques à l’heure où nous abordons ce dossier. Afin de rentrer concrètement dans le vif du sujet, il est important de donner la parole à celles et ceux qui font vivre l’économie créa­tive. Comment se matérialise-t-elle au quotidien? Cap sur l’économie créative 2.0.

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