La fiscalité en Corée : Kim Ted Tae-Gyung, avocat associé chez Lee & Ko

2016 April 7
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by Corée Affaires

Kim Ted Tae-Gyung, avocat associé en fiscalité, explique à Corée Affaires les procédures fiscales et l’environnement actuel.

Lee & Ko opinion fiscalité CoreeQ. Pourriez-vous présenter le cabinet Lee & Ko en quelques mots ?

R. Lee & Ko est l’un des plus grands cabinets d’avocats en Corée. Des revues juridiques internationalement reconnues comme The Legal 500 et Chambers placent Lee & Ko parmi les cabinets de premier rang dans tous les domaines juridiques, y compris en droit fiscal, faisant de Lee & Ko l’un des deux plus grands acteurs du secteur.

Q. Pourriez-vous expliquer quelles sont les procédures d’un contrôle fiscal ?

R. Un contrôle fiscal commence par la sélection des entreprises qui vont faire l’objet du contrôle. Sur la base de l’analyse de documents et sur les données de gestion quotidienne des resources fiscales, l’administration fiscale sélectionne certaines entreprises pour les soumettre à des contrôles planifiés. D’autres, soupçonnées de fraude fiscale, seront soumises à des contrôles inopinés. L’étape suivante consiste en l’envoi préalable de l’avis de contrôle fiscal. Pour les contrôles planifiés, en général 10 jours avant le début du contrôle, les éléments à examiner, la durée et les raisons du contrôle sont notifiés par écrit. Bien que cela reste extrêmement rare, il faut cependant souligner qu’il existe des cas de contrôle sans préavis. Quant au contrôle lui-même, sa du¬rée varie entre 15 et 70 jours selon les recettes annuelles de l’entreprise. Les contribuables peuvent demander l’aide de leur conseiller fiscal au cours de la procédure de contrôle.

Une fois la période d’inspection terminée, l’entreprise est notifiée avant le rendu de la décision. Le contribuable est informé des impôts impayés découverts durant l’inspection et du montant du redressement à payer avant la délivrance de l’avis de paiement. Dans un délai de 30 jours après cette notification, le contribuable peut faire une « Demande de réexamen du niveau approprié d’imposition » (Request for the Review on Appropriateness of Tax Imposition ; RATI). En cas d’absence de requête ou de rejet de celle-ci, l’avis de paiement est émis. Le contribuable paie ensuite les impôts réclamés et la procédure de contrôle fiscal s’achève. Si le contribuable n’est pas d’accord sur le montant d’imposition, il peut contester la décision et faire un recours devant les tribunaux.

Q. Lorsque le NTS désigne une entreprise pour un contrôle fiscal, il donne un préavis très court avant l’enquête (entre 0 et 10 jours). Quels conseils pourriez-vous donner aux entreprises pour se préparer ?

R. Sauf le cas des entreprises soupçonnées de fraude fiscale, et donc sujettes à des contrôles inopinés, les entreprises d’une certaine taille sont soumises à un contrôle fiscal régulier tous les quatre ans. S’il n’y a pas eu de contrôle fiscal pendant plus de cinq ans, celui-ci peut survenir à tout moment. Il est donc nécessaire d’avoir recours à un expert fiscal de manière régulière qui examinera de façon approfondie les points litigieux qui pourraient être soulevés lors d’un contrôle fiscal.

Q. Quelles sont les dernières tendances en matière de contrôle fiscal ?

R. Dans la conjoncture actuelle, l’administration fiscale est particulièrement agressive en matière de contrôles fiscaux afin de collecter de nouvelles ressources et d’endiguer le manque accru de recettes fiscales. S’il y a un soupçon de fraude fiscale, elle lance fréquemment soit un contrôle inopiné, soit une enquête spéciale ou une enquête avec saisie conservatoire permettant de saisir les livres de comptes et les fichiers informatiques des entreprises. De plus, afin d’atteindre les objectifs fixés, l’administration est de plus en plus sévère et procède fréquemment à l’imposition d’amendes et de sanctions pénales et à des enquêtes avec saisie conservatoire, en particulier sur dénonciation de fraude. On observe ainsi une augmentation des contrôles sans résolution à l’amiable et, avec eux, des conflits fiscaux devant les tribunaux.

Q. Il semble qu’aucune entreprise ne puisse échapper au contrôle fiscal. Y a-t-il un critère de sélection basé sur une grille de revenu annuel ?

R. Les entreprises enregistrant plus de 500 milliards de won de recettes annuelles sont soumises à un contrôle fiscal régulier tous les quatre ans. Pour les entreprises enregistrant moins de 500 milliards de won de recettes annuelles, celles-ci ne sont pas soumises au contrôle cyclique. Elles peuvent cependant faire l’objet d’un contrôle en cas de soupçon de déclaration fiscale irrégulière, de besoin de vérification de la déclaration au vu du type d’activités et de leur volume, ou enfin elles peuvent être choisies aléatoirement comme échantillon représentatif de leur secteur. Il reste cependant qu’en raison des limites en termes d’effectif de personnel chargé du contrôle, les entreprises enregistrant moins de 500 milliards de won de recettes annuelles et déclarant leurs revenus de façon diligente peuvent éviter un contrôle fiscal pendant une longue période.

Q. Y a-t-il un moyen d’éviter ou de réduire les pénalités après un contrôle fiscal ? Comment des cabinets comme Lee & Ko peuvent aider les entreprises à gérer ces problématiques ?

R. Il est important que les entreprises sachent à l’avance quels sont leurs potentiels problèmes fiscaux et comment y faire face lors du contrôle fiscal. Les entreprises peuvent consulter à l’avance les autorités fiscales sur la réglementation en vigueur afin d’anticiper ces problèmes et prévoir une solution.

Pour préparer un éventuel contrôle fiscal, les entreprises doivent étudier leur situation fiscale afin de développer des stratégies et arguments de défense et surtout préparer consciencieusement les justificatifs nécessaires. Il faut souligner l’importance d’un examen approfondi des informations et documents à fournir afin d’éviter les détails inutiles pouvant provoquer des malentendus ou conduire à une surtaxation.

Lee & Ko compte parmi les membres de son équipe d’experts en droit fiscal d’anciens fonctionnaires de la Direction générale des impôts et d’autres spécialistes ayant de longues années d’expérience dans le contrôle fiscal. Fort de son expérience avec des industries de secteurs variés et de relations privilégiées avec la Direction générale des impôts, le cabinet d’avocats Lee & Ko fournit à ses clients des conseils précis en vue d’une gestion efficace de leur contrôle fiscal.

 

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Secteur automobile en Corée : à l’aube de l’ère des voitures électriques ?

2016 April 1
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Par Oriane Lemaire

Les transports constitueraient 23% des émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie (1), rendant ce secteur incontournable pour les négociations de la COP21 en décembre dernier. En parallèle de son développement économique effréné, la Corée a connu l’expansion rapide du marché de l’automobile et fait face aujourd’hui à d’importants enjeux de pollution et de congestion du trafic. Par exemple, de 1980 à 1997, les coûts de congestion auraient quadruplé jusqu’à atteindre 3,6% du PIB !(2)

En comparaison avec les pays dont le marché des véhicules électriques (VE) est dynamique, comme la Norvège, où les VE constituent 12% des ventes domestiques, les Pays-Bas, les Etats-Unis, la Chine ou encore la France, la Corée se trouve à la traîne avec moins d’un acheteur sur 1000 qui aurait fait le choix d’un VE en 2014 !(3)

Station de chargement Vehicule electriqueAinsi, les VE ne rencontrent pas encore un grand succès sur la péninsule. De multiples facteurs s’accumulent : coût élevé d’achat, performance insuffisante des batteries, baisse des cours mondiaux du pétrole, infrastructures peu développées, politiques incitatives encore récentes, cadre réglementaire contraignant,… « Concernant les infrastructures liées aux VE, l’Europe dispose d’un réseau développé et bien structuré en comparaison avec la Corée », affirme Lee Sangtae, directeur de projet VE chez Renault Samsung Motors (RSM). Il nous explique qu’il est difficile d’installer des stations de chargement dans les complexes d’appartements car l’obtention d’un permis spécial du bureau de quartier est nécessaire. Et ce… dans un pays où environ 70% de la population urbaine vit précisément dans des appartements !

Autolib Bollore

Autolib’

Néanmoins, les politiques incitatives à l’usage des VE se multiplient depuis l’adoption de la loi cadre sur la croissance verte en 2010. « Nous avons introduit un système de subventions pour ceux qui achètent un VE. La subvention maximale est de 22,5 millions de won depuis 2013 […] Cette année, notre objectif est d’atteindre environ 800 VE en circulation à Séoul », explique Na Ilcheong, du département Climat du Gouvernement Métropolitain de Séoul. « Des subventions nationales existent également pour l’installation des chargeurs » ajoute-t-il. Pour Lee Sangtae pourtant, les incitations financières ne sont pas suffisantes : « le renforcement des aides non-financières doit être considéré comme un facteur de succès, comme en Norvège où la permission aux VE de circuler sur les voies de bus a été décisive. »

Pour faire face aux problèmes de congestion et de pollution, Séoul se penche sur plusieurs solutions dont elle tire en partie l’inspiration de l’étranger, comme le système Autolib’ à Paris. Il s’agit du service public français de VE en libre-service opéré par Bolloré qui réunissait près de 82 000 abonnés actifs en juillet 2015. Ainsi, Séoul soutient plusieurs services de covoiturage tels que Hancar, Everon ou Green Car. « Le service français Autolib’ est un excellent exemple d’autopartage. Nous avons rencontré le groupe Bolloré à trois reprises », explique Na Ilcheong. Et il n’est pas le seul à citer Autolib’. Sa Seongyeop, directeur général de Hancar, un de ces services de covoiturage électrique à Séoul, reconnaît également s’être penché sur ce cas et considère la possibilité de monter des partenariats financiers avec des étrangers.

Outre la volonté politique naissante, la Corée présente de nombreux atouts, tels que son taux élevé d’urbanisation et sa petite superficie favorisant les trajets courts, ou encore l’attirance des Coréens pour les nouvelles technologies. En particulier, le contexte économique domestique est propice au développement des VE, car la Corée abrite de grands groupes automobiles ainsi que deux géants de la batterie, LG Chem (3e mondial) et Samsung SDI. Renault-Nissan, le plus grand constructeur mondial de VE, a ainsi identifié une complémentarité prometteuse avec les groupes coréens, au vu de leur avancée technologique. Face aux barrières à l’achat des VE, dont les batteries cristallisent les enjeux, le groupe a signé avec LG Chem (fournisseur officiel de Renault) un accord pour développer la prochaine génération de batteries, plus performantes et moins coûteuses.

Renault Samsung SM3 ZE

SM3 Z.E de Renault Samsung Motors

Outre l’intérêt compétitif de ses partenaires coréens, le groupe voit le potentiel du marché domestique : il a misé sur le 100% électrique, à la fois chic et écolo, en lançant la SM3 Z.E en 2013. « Les Coréens privilégient les voitures à l’image premium », nous explique Lee Sangtae. Et pour cause : seule berline de ce type en Corée, la SM3 Z.E s’est placée au top des ventes des VE sur le marché en 2015 avec 1000 unités vendues, devant la KIA Soul EV. Son utilisation a été déclinée aux taxis et au covoiturage avec le projet « Gcar Sharing ».

Un nouvel axe pour repenser le transport urbain : la micro-mobilité. Le gouvernement a en effet lancé un projet réunissant 25 millions de dollars pour soutenir le développement de mini véhicules électriques, et prévoit de combler le vide juridique entourant cette catégorie de véhicules. Dans ce contexte, RSM souhaite tester cette année la Twizy, son véhicule biplace économique.

Dans l’élan de la COP21 et suite au scandale Volkswagen ayant ébranlé le secteur automobile, la Corée dispose ainsi d’une véritable carte à jouer pour se positionner comme leader de l’industrie automobile verte. Malgré la part encore faible des VE dans les ventes domestiques, le potentiel est là : le ministère de l’Environnement prévoit la circulation de 200 000 VE d’ici 2020 ! Affaire à suivre…

Notes :
(1) Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC) 2014 (retour au texte 1)
(2) World Bank 2015 (retour au texte 2)
(3) Electric Vehicles Initiative (EVI) et EIA, 2015 (retour au texte 3)

Pour consulter l’actualité franco-coréenne au quotidien rendez-vous sur le site de la FKCCI 

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Situation et croissance économique en Corée : bilan 2015 et perspectives 2016

2016 March 29
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Par Christophe Bonneau, pour le service économique de l’ambassade française en Corée

La Corée perd de son dynamisme au sein des pays de l’OCDE mais conserve une bonne stabilité financière, dans un contexte international mouvementé (taux américains, ralentissement chinois, prix du pétrole…). Le passage de 3,3 % à 2,6 % de croissance est largement dû à la baisse de ses exportations, au plus bas en 5 ans, que le retour de la consommation au deuxième semestre n’a pas réussi à compenser. La Banque de Corée table sur une plus forte croissance en 2016 (3 %) grâce à une reprise des exportations et de la consommation, mais ces prévisions sont largement soumises à des facteurs externes, comme la croissance chinoise et la demande mondiale. Aucun virage majeur n’est à attendre en matière de politique économique, avec une poursuite modeste de la politique expansionniste, tandis que l’agenda de réformes structurelles tarde à se concrétiser.

1. Affaissement de la croissance dû à un repli des exportations

Avec 2,6 % de croissance en 2015, la Corée progresse à son rythme le plus faible en 3 ans (2,9 % en 2013, 3,3 % en 2014) et presque un point sous les prévisions de la Banque de Corée de début 2015 (3,4 %). La croissance coréenne se rapproche de la moyenne de l’OCDE, estimée à 2 %, alors qu’elle affichait plus du double de croissance sur les 10 dernières années. Les prévisions de croissance pour 2016 ont été revues à la baisse et varient entre 2,6 % et 3,2 % : 3,1 % pour le ministère des Finances, 3 % pour la Banque de Corée, 3,1 % pour l’OCDE, 3,2 % pour le FMI et 2,6 % en moyenne pour les banques d’investissement.

Croissance réelle coréenne

Annexe 1. Croissance réelle coréenne (%) et composantes (pts) Source : Banque de Corée

L’économie est affectée depuis 2015 par la détérioration du commerce extérieur, au plus bas en 5 ans en 2015, une dégradation largement causée par les dérivés pétroliers. Les exportations sud-coréennes ont diminué de 8 % en 2015 à 527 Md USD, tandis que les importations ont baissé de 17 % à 437 Md USD, soit un excédent record à 90 Md USD. Les exportations baissent à destination de la Chine (-6 %), qui absorbe 26 % des exportations coréennes, et de l’Union européenne (-7 %), mais bondissent vers le Vietnam (+24 %). Le gouvernement table sur une légère reprise du commerce extérieur en 2016, grâce notamment à l’accord de libre-échange Chine-Corée mis en oeuvre depuis décembre dernier et à l’ouverture du marché iranien.

La reprise de la consommation reste très fragile et ne constitue pas un relais de croissance efficace. Après une reprise de la consommation aux 3e et 4e trimestres 2015 (+1,3 % et +1,5 % ne g.t.), compensant en partie l’épidémie de MERS de juin, l’inflation est repassée en janvier 2016 sous la barre des 1 % (0,8 %, contre une cible de 2 %). L’indice de confiance des consommateurs est en février 2016 au plus bas en 7 mois.

2. La stabilité financière de la Corée n’est pas remise en cause, malgré le contexte international

Commerce extérieur coréen KITA

Annexe 2. Commerce extérieur coréen (Md USD) Source : KITA

La stabilité financière de la Corée n’est pas remise en cause, malgré des sorties importantes de capitaux. S&P et Moody’s ont relevé la notation souveraine de la Corée en 2015, tandis que le FMI souligne l’absence de risque systémique significatif. La Corée affiche un nouveau record d’IDE entrants (21 Md USD), tandis que les sorties de capitaux dues à la hausse des taux américains (98 Md USD en 2015) restent inférieures à l’excédent courant coréen (106 Md USD, 8 % du PIB). L’endettement externe à court terme est au plus bas en 8 ans et les réserves s’élèvent à 373 Md USD, soit les 7e mondiales.

La dépréciation du won, modérée sur l’année 2015, s’accélère début 2016. Fin février 2016, le won est au plus bas en 7 ans contre le dollar (-7 % depuis décembre 2015) et en 3 ans contre le yen (-9 % en un mois). Le won a également perdu 11 % face à l’euro depuis décembre 2015. Cette dépréciation, due principalement aux sorties de capitaux et au ralentissement économique coréen, favorise a priori la compétitivité-prix de la Corée à l’exportation. Toutefois, la Banque de Corée et le gouvernement souhaitent contenir toute volatilité excessive du won (au plus haut en 6 ans).

Annexe 3. Taux de change Source : Banque de Corée

Annexe 3. Taux de change Source : Banque de Corée

3. Poursuite modeste de la politique économique actuelle

L’équipe économique du gouvernement a été remaniée. La Présidente Park a annoncé en décembre la nomination d’un nouveau ministre des Finances (également vice-Premier ministre), Yoo Il-ho et d’un nouveau ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Energie, Joo Hyung-hwan. Ce remaniement a été décidé afin de laisser les ministres sortants se consacrer à leur réélection aux législatives d’avril 2016, un rendez-vous électoral qui devrait conditionner en partie la conduite de la politique économique jusqu’à 2017.

Le nouveau ministre des Finances souhaite poursuivre modérément la politique expansionniste de son prédécesseur, sans pour autant prévoir de plan de relance (40 Md USD et 20 Md USD en 2014 et 2015). Le budget 2016 est en hausse de 2,9 %, une hausse moins importante qu’en 2015 (5,5 %). L’endettement public (37 % du PIB) ne présente pas de risque à court terme, mais il convient de rester vigilant sur l’exposition des banques publiques dans certains secteurs en difficulté comme le naval. La Banque de Corée reste attentiste devant les incertitudes internationales et face à la hausse de l’endettement des ménages (164 % du revenu disponible). Le taux directeur reste depuis juin 2015 à son plus bas historique de 1,5 %.

Des doutes sur la capacité de la Corée à mettre en oeuvre des réformes structurelles d’ampleur en 2016. Le nouveau ministre des Finances a réaffirmé les 4 grands axes de réforme déjà annoncés par la Présidente Park en 2015 : l’éducation, les secteurs public et financier et surtout le marché du travail, dont le projet de réforme est bloqué depuis 5 mois au parlement et est aujourd’hui en voie de délitement (rupture de l’accord social par les syndicats). Cette réforme est jugée essentielle par le gouvernement : malgré le taux de chômage le plus faible de l’OCDE (3,2 % en décembre 2015), la Corée fait face à un fort dualisme entre travailleur permanents et temporaires (rapport 1:2 dans le salaire) qui pénalise particulièrement les jeunes.

Pour consulter le magazine en ligne, rendez-vous ici.

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Quelques activités insolites à Séoul

2016 March 25
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by Corée Affaires

Puisque le dossier spécial du Corée Affaires 99 traite des loisirs en Corée, c’est l’occasion pour nous de vous recommander quelques adresses originales !

Cafe Seoul insoliteCafé Mustoy

1F, Kaliope B/D Seokyo-dong, 344-6 Mapo-gu, Seoul
(02) 512-1797
www.mustoy.com

Situé à Hongdae, ce café vous propose de peindre des petites poupées de porcelaine : le plus créatif, le plus amusant ! A faire en couple, en famille, entre collègues pour un moment d’échange et de convivialité !

cafe seoul insolite

Café Paper Robean

346-50 Seokyo-dong, Mapo-gu, Seoul
(02) 6338-9192 Hongik Sarang Bd. 490 Changcheon-dong, Seodaemun-gu, Seoul (02) 322-1809

www.ipapero.com

Situé à Hongdae et à Changchoen-dong, cette adresse vous propose de prendre un café tout en laissant libre court à votre créativité. Cette fois, le papier est roi, mais attention, sans ciseaux ni colle : amusez-vous à fabriquer des tours Eiffel, des montgolfières et bien d’autres en papier !

lego cafe Seoul

Get & Show Mini Lego Café

2F, 27 Dokmak-ro 3 gil, Mapo-gu, Seoul
(02) 326-2771
1F, 25 Dokmak-ro 3 gil, Mapo-gu, Seoul
Cafe.getnshow.com
www.facebook.com/getnshow

Situé à Hongdae, ce café est le paradis du lego : vous pouvez y assembler des legos selon votre imagination ou des modèles plus ou moins complexes, autour d’une boisson ou d’un déjeuner. Vous pouvez louer comme acheter à prix réduit les legos disponibles !

Cafe Blind Alley

Café Blind Alley

1F, 63-20 Cheongpa-dong 2-ga, Yongsan-gu, Seoul (02) 701-6075
www.cafeblindalley.com

Dans la série des « pet café », voici les ratons laveurs ! Pourtant peu réputés pour leur sympathie, les ratons laveurs sont les stars du café Blind Alley, près de l’université Sookmyeong.

sheep cafe

Thanks Nature Café

B1F 121ho, Seogyo Prugio Bd. 10, Hongik-ro, Mapo-gu, Seoul
(02) 335-7470

https://www.facebook.com/TNcafe

Les moutons sont les vedettes de ce surprenant café situé à Hongdae : un petit bout de campagne à la ville !

spa star Seoul

Spa Star

363-28 Seokyodong Mapo-gu, Seoul
(02) 324-4855
spastar7.cafe24.com/v2/eng/eng_index.html

Ce café-spa à Hongdae permet aux couples ou aux groupes de profiter de massages, de spa, de thérapie à la paraffine tout en dégustant une boisson de leur choix !

Myeongdong Black Art Museum

Myeongdong Black Art Museum

27 Myeongdong 8ga gil, Joong-gu, Seoul
(02) 2201-4568
www.3dblackart.co.kr

Ce musée d’art original vous propose de l’art… enchanteur : Trick Art, Black Art et illusion art. Pénétrez dans un monde fantastique et merveilleux !

Star 24h Bowling Centre Seoul

Star 24h Bowling Centre

B2F, Seochodae-ro 350, Seocho-gu, Seoul
(02) 512-1797

Site web

Ce bowling situé à Gangnam n’est pas tout à fait comme les autres… A partir de 17h, ouvrez grand les yeux et lancez vos boules dans un univers fluorescent !

pèche en salle Corée

Gaja ! La pêche en salle

B1F, Taechang Bd. 70-24 Gilum-dong 10, Seongbuk-gu, Seoul (02) 945-7888
cafe.naver.com/goyusin/

Un espace de pêche en salle en plein cœur de Séoul, pour les passionnés trop occupés pour sortir de la ville et s’adonner à leur activité préférée !

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Le Corée Affaires 101 spécial Année France-Corée est sorti !

2016 March 22
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by Corée Affaires

Corée Affaires Année France Corée Le franc succès de l’Année de la Corée en France et les perspectives tout aussi favorables pour l’Année de la France en Corée témoignent des liens et de la curiosité réciproque qui unissent nos deux pays : 16 000 fans sur Facebook, 200 événements prévus en France (près de 300 en tout) et un public au rendez-vous, avec notamment 88 000 visiteurs à l’exposition Korea Now ! Les années croisées viennent ainsi encourager une dynamique de découverte déjà bien lancée et sont un incroyable vecteur pour compléter nos connaissances réciproques.

Chaque pays dresse le bilan et crée une programmation sur mesure, ambitieuse et inédite, rythmée par de nombreuses visites d’Etat au plus haut niveau. Alors que l’Année de la France en Corée commence à partir de cette semaine, Corée Affaires se place au cœur de l’actualité et revient sur certains thèmes clés des années croisées, qui, outre culturelles, seront aussi économiques : la French Tech, la mode, les partenariats universitaires et scientifiques ou encore le cinéma.

A découvrir aussi dans cette édition :

  • La Grande Interview avec la talentueuse artiste jazz, Nah Youn Sun
  • Le Point RH sur la prise de références en Corée
  • Les perspectives historiques sur les relations franco-coréennes de 1904 à 1953

…. Et bien d’autres surprises !

Grande nouveauté à partir de cette édition : le Corée Affaires est désormais disponible en version E-Book, consultable en ligne gratuitement et à tout moment !

Découvrez le programme des années croisées sur le site de l’Année France-Corée et sur les sites des instituts culturels français et coréen.

Commandez la version papier depuis notre site web, ou en contactant communication@fkcci.com 

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Le tourisme coréen en France

2016 March 21
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by Corée Affaires
Entre Paris et Seoul Tourisme coréen en France

Mihye Blin, présidente d’Entre Paris et Séoul

Le tourisme et le voyage à l’étranger représentent une part de plus en plus importante dans les loisirs et le budget des ménages coréens. Mihye Blin, présidente de l’agence de voyage Entre Paris et Séoul (www.eparisseoul.com), exprime son point de vue dans Corée Affaires.

Q. Quelles évolutions du tourisme coréen en France avez-vous pu observer?

R. Les Coréens n’ont commencé à voyager à l’étranger librement qu’en 1988. Au début, ils voyageaient en groupe avec un forfait tout compris et une prise en charge complète. Avec ce type de voyage éclair, ils restaient à Paris 2-3 jours, une semaine en Europe. Cela a pas mal évolué au fil du temps, un peu moins de 30 ans après. Cette forme de voyage « package » existe toujours encore aujourd’hui mais à hauteur de 35% du marché seulement et ce sont souvent des voyages « low cost ». Le mode de voyage des Coréens est devenu beaucoup plus individuel, autonome, libre et donc leur demande est maintenant diversifiée et exigeante. Très curieux et bien informés sur leur destination grâce à Internet, ils commencent à composer leur voyage eux-mêmes selon leurs goûts et leurs moyens. Egalement, je constate une augmentation de « voyages sur mesure de grand luxe » pour les Coréens aisés à travers la France et sur différents thèmes.

Q. Quelles sont les attentes des touristes coréens ? Leurs déceptions et difficultés ? Leurs activités et destinations favorites ?

ski tourisme France Corée

© MColonel OT Chamonix

R. Ils visitent non seulement la capitale et ses sites touristiques, mais aussi maintenant les diverses régions de France et aiment le style de vie à la française. Leur intérêt se porte aussi vers les manifestations culturelles, les activités sportives pratiquées dans le magnifique paysage français comme le golf et le ski. Ils se passionnent aussi pour la gastronomie et le vin français. La mode française, ses grands couturiers font rêver bien évidemment les Coréens. Ainsi ils apprécient les « fashion weeks » et ils viennent chercher les produits dernier cri ou des endroits tendance à Paris. Sans oublier leur goût du shopping dans les grands magasins, les concept stores, les pharmacies pour les produits de beautés ou même le « marché aux puces » parisien.

Leur grande déception du moment est liée à l’insécurité surtout dans Paris et sa périphérie. Souvent, les touristes asiatiques sont la cible des pickpockets ou subissent des agressions. Les autorités françaises devraient vraiment faire des efforts. L’autre déception est plus classique ; les Coréens habitués à un certain niveau de service dans leur propre pays, trouvent souvent les Parisiens pas très souriants ni très accueillants dans les commerces. Certains disent avoir le sentiment d’être presque désolés de les déranger.

tourisme France Corée vinQ. Quelles opportunités pour les entreprises et entrepreneurs français voyez-vous, en ce qui concerne le tourisme coréen ?

R. Les loisirs étaient un tabou pour les Coréens, attachés au travail et au mérite, mais incontestablement bons vivants comme les Français. Aujourd’hui voyager à l’étranger est devenu un plaisir indispensable que les Coréens cachent à peine. L’an dernier, près de 15 millions de Coréens ont voyagé à l’étranger. La France – leur destination favorite et leur première destination européenne – a plein de facettes à offrir sur le plan touristique, historique et culturel aux 300,000 Coréens qui la visitent chaque année. Dans une société très numérisée, les Coréens sont connectés constamment donc il est important d’être présent en ligne. Egalement ils sont très sensibles à la communication et aux services en coréen. Les récents accords d’Orange, du Musée Grévin et de Pierre & Vacances avec leurs partenaires coréens attestent des possibilités de développement bilatéral. A plus petite échelle, les succès de Vallée Village et de la Pharmacie Monge montrent qu’un marketing ciblé et une attention portée aux visiteurs coréens donnent des résultats plus que satisfaisants.

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Le « sport électronique », sport de spectacle et moteur de croissance en devenir

2016 March 14
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by Corée Affaires

Par Frédéric Ojardias

La Corée du Sud est le pays où la professionnalisation du jeu vidéo est la plus avancée au monde et fait figure de modèle. Le « sport électronique » gagne en popularité dans le monde entier, notamment en France. Coopérations futures en vue !

League of Legend World Championship

Championnat du Monde LoL 2014 (Seoul World Cup Stadium) | 2014시즌 LoL 월드 챔피언십 결승전(서울, 서울월드컵경기장) © Riot Games Korea

En octobre 2014, dans le stade de la Coupe du Monde de Séoul, 40 000 spectateurs, coréens et étrangers, se sont réunis pour admirer la finale d’une Coupe du monde d’un autre type : celle du jeu vidéo League of Legends. La partie, remportée par une équipe coréenne, a été regardée en streaming par quelques 27 millions de fans.

Si le phénomène est peu visible aux yeux du non-initié (la plupart des fans regardent les matchs sur Internet), le « sport électronique » atteint en Corée du Sud des audiences comparables à celles de sports tels que le football, le volley ou le basket. Deux chaînes de télévision sont entièrement dédiées aux jeux vidéo. La fédération coréenne de sports électroniques (la KESPA), fondée en 2000, compte 500 joueurs professionnels, regroupés au sein d’écuries sponsorisées par des grandes entreprises telles que SK Telecom, Jin Air, Samsung, KT, ou CJ.

Professional Gaming

© Adam Siaja / Shutterstock.com

Les meilleurs de ces joueurs (ou « pro-gamers », selon l’anglicisme en vigueur) sont de véritables stars, qui apparaissent dans des publicités et possèdent des milliers de fans. Dans les studios de Séoul, qui accueillent chaque semaine des tournois (GomTV près du COEX, e-Sports Stadium à Yongsan, Nexon Arena près de la station Gangnam), affluent de nombreux fans étrangers, venus jusqu’en Corée pour voir les meilleurs « cyber-athlètes » de la planète.

« La Corée est l’emblème de la professionnalisation du jeu vidéo dans le monde. Les joueurs coréens sont des « mythes » qui repoussent chaque jour les limites des jeux les plus stratégiques et communautaires », s’enthousiasme Christophe Diederich, porte-parole de O’Gaming, webTV française de e-sport. Depuis l’année dernière, O’Gaming diffuse – avec des commentaires en français – les compétitions coréennes. Une diffusion historique : c’est la première fois que la KESPA vend à l’étranger les droits de retransmission de ses tournois. « Cela fait partie de nos meilleures audiences, malgré un décalage horaire défavorable », révèle Alexandre Noci dit « Pomf », commentateur et co-fondateur de O’Gaming. L’entreprise tricolore possède 4 chaînes, diffusées sur des plateformes telles que Twitch et Youtube. Son site attire un demi-million de visiteurs uniques par mois.

La croissance phénoménale de l’e-sport semble surprendre jusqu’à ses propres acteurs. « Quand j’ai commencé il y a 3 ou 4 ans, si on avait 10 000 personnes qui suivaient nos matchs, on se disait que c’était énorme. Maintenant, chaque partie est regardée par des centaines de milliers de spectateurs. Cela a explosé si vite ! C’est génial », se félicite Erik Lonnquist dit « DoA », commentateur en anglais du jeu League of Le¬gends (LoL) pour la chaîne coréenne OneGameNet.

« Les entreprises coréennes ont réalisé que la catégorie d’âge qui aime regarder des jeux vidéo est affluente, ce sont des jeunes qui ont de l’argent à dépenser. Investir dans des équipes de joueurs, c’est une façon excellente et bon marché de faire du marketing pour leurs produits auprès de cette population », explique Erik Lonnquist. Celui-ci insiste aussi sur les revenus touristiques générés par le sport électronique : « Beaucoup de spectateurs du monde entier viennent en Corée pour voir le meilleur niveau de LoL. Il y a un fort potentiel touristique pour tout pays qui deviendra une plaque tournante du e-sport. »

LoL All-Star 2014 (Paris, Le Zenith Arena) | LoL 올스타 2014(파리, 르 제니스 아레나) © Riot Games Korea

LoL All-Star 2014 (Paris, Le Zenith Arena) | LoL 올스타 2014(파리, 르 제니스 아레나) © Riot Games Korea

« Lors de la finale à Séoul en octobre, 30% des fans étaient des étrangers », confirme Kim Jong-seong, porte-parole de la fédération coréenne. La KESPA bénéficie du soutien actif du gouver-nement, qui voit dans la discipline un potentiel moteur de croissance. Elle entend promouvoir le sport électronique jusque dans les écoles et les universités ; cette année, pour la première fois, elle a permis à deux « cyber-athlètes » d’être admis dans le département sportif d’une université (Chungang). En janvier, la fédération a même réussi à faire reconnaître le sport électronique par le comité olympique coréen. « Nous espérons pouvoir participer aux Jeux Olympiques d’ici 12 à 20 ans », assure, confiant, Kim Jong-seong.

L’idée n’est peut-être pas si farfelue qu’elle en a l’air, alors que les audiences mondiales du e-sport sont en pleine croissance. Une étude de marché publiée en février par Newzoo estime qu’il y avait en 2014 dans le monde 56 millions de spectateurs réguliers et 117 millions de spectateurs occasionnels. Ils seront respectivement 145 millions et 190 millions en 2017. Fait étonnant : 40% d’entre eux ne jouent pas aux jeux qu’ils regardent ! Quant à la taille du marché du sport électronique (sponsors, merchandising, billetterie, revenus du streaming, etc), elle est évaluée à 194 millions de dollars en 2014 ; 465 millions en 2017 ; et 1 milliard en 2020.

« La Corée est clairement un modèle en termes de e-sport, mais la France est très avancée aussi », souligne Alexandre Noci de O’gaming, dont la façon de commenter les matchs s’inspire du style bruyamment enthousiaste de ses confrères coréens. « Il y a en France une appétence claire pour les contenus coréens, et les liens entre nos deux pays vont se densifier. Les deux pays ont beaucoup de choses à faire ensemble en termes de sports électroniques. »

La France pourra aussi tirer quelques leçons du revers de la médaille de l’expérience coréenne, notamment les scandales récurrents de paris illégaux et de matchs truqués. La Corée s’inquiète aussi du problème d’addiction aux jeux vidéo observé chez les plus jeunes. Le gouvernement subventionne même des cliniques de « désintoxication » aux jeux en ligne.

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La navigation de plaisance, un loisir en pleine croissance en Corée du Sud

2016 March 7
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by Corée Affaires

Par Frédéric Ojardias

La navigation de plaisance a longtemps été quasiment inexistante en Corée du Sud. Mais les marinas et ports de plaisance se multiplient, sous l’impulsion d’un gouvernement qui a décidé de développer un secteur jugé prometteur.

L’endroit est charmant mais méconnu : la Marina de Séoul est un petit port de plaisance agréable, blotti sur la pointe de l’île de Yeouido, face aux flots bleus (certes souvent gris) du fleuve Han, en plein coeur de la capitale coréenne. Construit en 2011 derrière l’Assemblée nationale, le port peut accueillir jusqu’à 45 bateaux. Un bâtiment de verre de quatre étages accueille une école de voile, un café, un restaurant-buffet, et un large espace réservé à des conférences et des événements divers.

marina seoul Corée navigation plaisance

The Bay 101 © KTO [사진제공_한국관광공사]

« Nous offrons des services de location, de formation, et aussi de restauration et d’organisation événementielle », explique Olivia Park, responsable RP de la marina, dont la gestion a été confiée à une entreprise privée pour une durée de 20 ans. « Si les vents sont favorables, nos voiliers offrent à nos clients une croisière à sensation, et une atmosphère romantique pour les amoureux ! », ajoute-t-elle.

Si l’espace réservé à la navigation sur le fleuve Han est assez restreint (navigable jusqu’au pont de Jamsu), la Corée du Sud offre des nombreuses autres zones propices à la plaisance : « ce ne sont certes pas les Caraïbes, mais la côte méridionale et l’île de Jeju sont très agréables et ont un fort potentiel », souligne un acteur du secteur. Signe de l’émergence rapide de ce loisir au Pays du Matin calme, le nombre de bateaux de plaisance enregistrés a bondi, de 3 944 en 2007 à 10 257 en 2013, selon le ministère de l’Océan et de la Pêche. Le nombre de permis de naviguer augmente de 14% par an ; il est passé de 65 000 en 2007 à 140 000 en 2013. Le ministère estime que le nombre de bateaux doublera d’ici 2017.

Les infrastructures de plaisance – quasiment inexistantes il y a 5 ans – se développent vite. Plusieurs ports ont été construits ou sont en cours de construction à travers le pays, le plus abouti étant le « Bay 101 » à Busan. Sur l’île de Yeongjong (où se trouve l’aéroport international d’Incheon), Korean Air achève la construction d’un autre port, Wangsan. « Le port de Jeongok et celui de Wangsan, quand il sera terminé, possèdent de bonnes infrastructures et un bel environnement… ainsi que l’avantage d’être situés près de la zone la plus peuplée de Corée » observe Ernest Tugores, directeur de CKIPM, vendeur exclusif des voiliers français Bénéteau en Corée. « L’île de Jeju est probablement le meilleur endroit pour la plaisance, avec ses belles plages et son atmosphère fantastique. Mais elle manque d’infrastructures. »sailing voile Corée

Shin Dong-han est un ancien employé de Hyundai Yachts. Convaincu du potentiel de croissance du secteur, il a créé sa propre entreprise, Over The Wave, qui loue des voiliers à des VIP, des entreprises, et des particuliers. Il organise aussi des événements marketing. « Parmi nos clients, 70% sont Coréens, 30% sont étrangers. En Corée, la plupart des plaisanciers sont des pionniers : les Coréens les plus riches ne font pas de bateau, la plaisance ne fait pas encore partie de notre culture. »

Quel est le profil type de ces « pionniers » ? « Pour les hommes : quarantaine d’années, extraverti, gagne bien sa vie mais n’est pas mégariche. Pour les femmes : plutôt la trentaine, attirée par le prestige conféré par la voile », révèle Shin Dong-han, qui tient à préciser : « en réalité, c’est une activité qui ne coûte pas si cher : louer un bateau coûte 80 000 wons par personne pour deux heures, et une semaine de formation pour le permis de naviguer coûte entre 500 000 et 800 000 wons. »

Tous les acteurs interrogés se félicitent des efforts appuyés du gouvernement pour soutenir le développement du secteur. La Corée du Sud a ainsi prévu de bâtir six grands ports de plaisance (700 emplacements chacun) ainsi que d’autres ports plus petits. Le gouvernement veut aussi encourager la construction navale : en janvier, il a promis 19,4 millions de dollars d’aide aux chantiers navals locaux pour produire des « méga-yachts » (plus de 30 mètres), pour lesquels la « demande internationale croît à un rythme de 10% ces dernières années », affirme le Korea Times.

marina seoul voilierMais les constructeurs coréens ont encore quelques longueurs de retard. « Le marché coréen n’en est qu’à ses débuts. C’est encore difficile pour les fabricants locaux de vendre des bateaux de plaisance en Europe ou aux Etats-Unis », admet Kim Ja-woo, directeur de Penguin Ocean Leisure, filiale du groupe coréen HLB (à laquelle appartient Hyundai Yachts), fondée en mai 2014. Son entreprise vend des petits semi-submersibles (4 ou 8 personnes), qui permettent d’admirer les fonds marins. Des engins qui intéressent en particulier les complexes hôteliers touristiques situés près des plages.

Kim Ja-woo met en avant les nombreuses opportunités de coopération avec des entreprises étrangères : « pour se développer, les fabricants coréens ont besoin de travailler avec des entreprises italiennes ou françaises, notamment pour le design. La Corée a de grands atouts : sa puissante industrie navale, la proximité du marché chinois, le soutien du gouvernement, et enfin la qualité de ses ingénieurs. Je suis optimiste : le secteur de la plaisance ici va connaître une croissance explosive. »

Pour explorer ce secteur, vous pouvez faire appel au service d’appui aux entreprises de la FKCCI!

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« Resorts » coréens et expérience française, un combo gagnant ?

2016 February 26
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by Corée Affaires

Par Laetitia Vallée

12 mai 2015. La mairie de Busan et le groupe français Pierre & Vacances-Center Parcs, leader européen du tourisme de proximité, signent un protocole d’accord pour le développement d’un complexe touristique dans la zone East Busan Tourism Complex, sur un espace de 360 000 m². Premier du genre entre des acteurs européens et coréens, cet accord révèle l’intérêt croissant des Coréens pour l’expertise étrangère. En effet, le complexe busanais, qui accueillera notamment le plus grand aquarium d’Asie, mis en place par le singapourien Goldsea Korea Investment, et un hôtel Hilton 6 étoiles, témoigne de la volonté des institutions locales de diversifier l’offre touristique en Corée.

Pierre & vacances MOU Busan

Signature du MoU entre Pierre & Vacances et la Mairie de Busan pour le développement d’un resort dans la commune de Busan

Avec près de 50 ans d’expérience, 300 sites en Europe et 7,5 millions de clients en 2015, le groupe Pierre & Vacances-Center Parcs est fort d’une expertise en logistique touristique très demandée et propose un concept orienté sur la nature, nouveau en Corée, qui complète l’offre existante. « Le savoir-faire de Pierre & Vacances et sa capacité à développer des concepts de vacances et de loisirs innovants dans le plus grand respect de l’environnement et de la société où sont réalisés les projets, lui permet de répondre aux attentes des institutions publiques et de la clientèle coréennes, très sensibles à ces enjeux», explique Isabelle de Wavrechin, membre du comité exécutif du Groupe Pierre & Vacances-Center Parcs et directrice de la filiale W2-IM.

Les acteurs coréens du tourisme portent ainsi leurs regards sur les structures étrangères et cherchent souvent à s’inspirer de leur modèle, comme le reconnaît Kim Soo-Yeon, directrice PR & Marketing de Daemyung Resort, l’un des leaders du marché touristique en Corée : « Les Coréens, qui voyagent de plus en plus, reviennent avec des attentes inspirées des complexes hôteliers où ils ont séjourné à l’étranger et demandent en Corée le même niveau de service. C’est donc notre mission que de réduire cet écart. » Cet intérêt pour les prestations étrangères est porteur de nombreuses collaborations franco-coréennes, à l’image du groupe Daemyung qui a fait appel à l’architecte français David-Pierre Jalicon pour son complexe Sono Felice (condomium, village et CC), ou encore du groupe Poma, concepteur de solutions de transport par câble, qui équipe de nombreuses stations co¬réennes, dont Vivaldi Park du groupe Daemyung. La « French Touch », la qualité du service, la créativité et l’innovation de la France sont en effet des atouts indéniables sur le marché coréen.

Sono Felice Village & CC (Daemyung Group) D.P.J. & Partners, Architect

Sono Felice Village & CC (Daemyung Group) D.P.J. & Partners, Architect

Le Pays du matin calme est ainsi terre d’opportunités pour les entreprises françaises et cet accord signé avec la Corée, qui constitue un des premiers pas en Asie du groupe Pierre & Vacances, témoigne de l’intérêt du pays parmi ses voisins : « La Corée est un pays à l’économie très dynamique, et ouvert sur toute l’Asie ; Busan, deuxième ville de Corée, est une destination touristique prisée, en plein développement, connectée à la Chine et aux grandes villes d’Asie, et au contact d’une population de plus de 10 millions d’habitants à seulement 2-3 heures de route », s’enthousiasme Isabelle de Wavrechin.

En Corée du Sud, le secteur est en effet récent, et plein d’avenir : il commence à se développer dans les années 90, impulsé par les jeux asiatiques de 1986 et les jeux olympiques à Séoul de 1988. Les grands groupes coréens comme Daemyung, Hanwha ou Yongpyeong investissent rapidement dans le secteur, soutenu par les institutions publiques. Avec le passage aux 40 heures, l’apparition de la notion de loisir et les politiques d’incitation du gouvernement, « les Coréens commencent à prendre des vacances, principalement des longs week-ends ou des semaines courtes, en famille, entre amis ou entre collègues dans le cadre de séminaires. Le concept de Center Parcs répond tout à fait au contexte coréen », observe Isabelle de Wavrechin.

Cependant, comme toujours à l’heure de s’implanter en Corée, au-delà d’importer un savoir-faire français, l’adaptation aux spécificités locales est indispensable. Un aspect sur lequel le groupe français est très vigilant : « Pierre & Vacances-Center Parcs est très ancré dans le territoire où il s’implante et s’adapte à sa clientèle. Notre collaboration avec la ville de Busan est donc essentielle et nous permet de nous intégrer et d’implanter un dynamisme dans le tissu local », explique Mme de Wavrechin.

Pierre et Vacances center park Dome Center Parcs Moselle

Dome Center Parcs Moselle

En effet, la clientèle coréenne se caractérise par des attentes bien spécifiques. « Les Coréens sont à la recherche d’espaces de détente où ils peuvent profiter dans le plus grand confort, voire le plus grand luxe, de la nature et de multiples loisirs réunis en un seul lieu », explique Yoon So Young, Chercheuse à l’Institut coréen de la culture et du tourisme. « Le défi des complexes touristiques est donc maintenant de diversifier et fusionner les contenus tout en créant des concepts et services différenciés, afin de maintenir les clients au sein même du resort », ajoute Kim Soo-Yeon. Daemyung propose ainsi de nombreuses activités et anticipe tous les besoins de ses vacanciers : restaurants, supermarchés, salle informatique, piscine, golf, tennis, ski, etc. Bref, tout ce qu’il faut pour pouvoir vivre, pour ainsi dire, en « autarcie » le temps de quelques jours.

Ajouté à cela, la Corée se caractérise par un sens du service irréprochable et disponible en permanence, un élément indispensable pour attirer tant la clientèle coréenne que les touristes asiatiques, notamment chinois et japonais… dont le nombre croissant en fait un public des plus intéressants, mais tout aussi exigeant !

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Le golf, un sport en plein boom

2016 February 22
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by Corée Affaires

Par Eva John

Entre loisir et outil de networking, le golf est de plus en plus populaire en Corée du Sud. Si le marché est essentiellement occupé par les Américains et les Japonais, des passerelles sont en train de se créer entre la péninsule et l’Hexagone.Golf boom Coree

« Le golf a explosé en Corée à la fin des années 2000. Alors que le marché japonais est mature, le marché coréen est récent et dynamique. Tous les yeux sont donc tournés vers Séoul », s’enthousiasme Ray Seo, en charge du golf au sein de la société d’étude de marché Gfk, qui publie depuis 2010 des rap¬ports à destination des détaillants du secteur. Malgré un ralentissement l’an dernier après le naufrage du Sewol, le marché est estimé à 450 millions d’euros (520 milliards de wons), le troisième après les Etats-Unis et le Japon. Très populaire, le golf est l’activité de networking par excellence. Le week-end, il n’est pas rare de retrouver ses collègues ou son patron pour taper quelques balles. Et si ce sont pour l’instant des marques japonaises (Mizuno, Honma) et américaines (Callaway, Taylormade) qui règnent en maître, certaines marques étrangères espèrent se faire une place sur ce créneau prometteur. C’est le cas d’Argolf, créée en 2010 par des industriels de l’aéronautique et passionnés de golf qui ont décidé de se lancer dans la fabrication de putters haut-de-gamme. « La quasi-totalité du matériel de golf utilisé en France est fabriqué en Chine. Nous trouvions ça regrettable », raconte Olivier Colas, le PDG.golf FKCCI

Basée à Saint-Malo et déjà présente en Europe et aux Etats-Unis, Argolf est en train de s’implanter à l’île Maurice et en Afrique du Sud. Dans le cadre de son développement à l’international, les Bretons se sont tournés vers la Corée après avoir noués de premiers contacts avec des interlocuteurs coréens au PGA Show d’Orlando, le plus grand salon mondial du golf. En repérage en mars dernier à Séoul, Olivier et sa compagne Sonia ont rencontré des importateurs, un fabricant de clubs et un représentant d’une chaine de téléachat. Aidés par la chambre de commerce franco-coréenne pour contacter les importateurs, ils sont encore dans la prospective et veillent à ne pas brûler les étapes. Passer par un importateur, qui a déjà ses canaux de distribution et une meilleure connaissance du marché, leur semble plus prudent.

Et si la France n’est pour l’instant pas forcément associée au golf, Argolf entend tabler sur l’image de marque de l’élégance et du luxe à la française. Son matériel de haute technicité (aluminium, inox, titane) est en effet fabriqué à l’unité et sur mesure. La Corée représentera également à terme une excellente porte d’entrée sur la région. « Certains importateurs coréens avec qui nous avons discuté officient également sur la Chine, Hong Kong, le Japon et la Malaisie », confie Sonia Colas. En sillonnant les allées du Korea Golf Show dans le centre d’expositions COEX, Sonia Colas observe le matériel. « Argolf pourrait par exemple sceller un partenariat d’importation de shafts (la tige du club de golf) coréens », explique-t-elle. Comme le rappelle le salon au COEX, le golf, c’est aussi tout un marché d’accessoires. « Les balles peuvent être un créneau porteur pour de nouveaux acteurs français espérant percer le marché coréen. C’est valable pour les marques françaises comme coréennes ! », analyse Ray Seo.

© www.golfzon.com, www.golfzonsimulator.com

© www.golfzon.com, www.golfzonsimulator.com

Si l’Ecosse est la terre du golf, la Corée est celle du golf… virtuel. Dans un petit pays très vallonné, où les hivers sont longs et les étés pluvieux, le golf en plein air coûte très cher. Ajoutons à cela l’enthousiasme des Coréens pour les nouvelles technologies et les écrans, et l’on comprend facilement le succès que rencontre le golf sur simulateur ou « screengolf ». L’idée : taper la balle en intérieur, face à un écran qui reproduit les parcours de golf et calcule toute une série de statistiques. Le tout pour une quinzaine d’euros, alors que la carte de membre dans l’un des prestigieux clubs de golf peut se chiffrer à 6 zéros. Golfzon, créée en 2000, est le leader dans le secteur. Côtée en bourse depuis 2010, l’entreprise revendique 1,6 million de membres sur 5700 sites et un chiffre d’affaires de 360 millions de dollars l’an dernier. Golfzon, qui fait pour l’instant la plupart de ses profits en Corée, entend bien se développer à l’étranger. Et si les voisins comme la Chine, le Japon et Taiwan comptent parmi les marchés les plus prometteurs, la France est dans sa ligne de mire. « Bien qu’un marché relativement petit en terme de joueurs, la France est un pays prompt à intégrer les nouvelles technologies dans le domaine du sport et de l’amusement », explique JK Lee, manager Europe & Etats-Unis chez Golfzon. Depuis 2008, François Chaperon tente d’importer le concept du screen-golf en France et en Suisse. « Il a fallu européaniser le logiciel : design, sons, bruit etc. Par exemple, la putting cup est en métal en Asie alors qu’elle est en plastique en Eu¬rope, il a donc fallu changer de bruit », confie-t-il. Pour l’instant, les simulateurs de golf se comptent certes sur les doigts de la main, le plus célèbre ayant été installé de façon temporaire sur la terrasse de l’hôtel Fouquet’s Barrière sur les Champs Elysées. Déjà présents à Lyon ou à Limoge, des simulateurs Golfzon devraient bientôt être installés à Manosque, Bordeaux et Paris. Le simulateur peut s’installer chez des particuliers, dans les entreprises, comme un outil d’entrainement dans les golfs ou encore en extension de service dans les hôtels et les restaurants. « C’est ce dernier modèle qui a le plus de potentiel », assure François Chaperon.

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