La 5G entre promesses et réalité

2019 August 14
Par Oriane Lemaire, Rédactrice en chef du Corée Affaires

Imaginez un monde où plusieurs giga-octets sont chargés en une seconde et où les taux de latence sont inférieurs à une milliseconde. Ce n’est plus de la fiction mais la réalité en Corée depuis le lancement commercial de la 5G. Séoul, en avance sur son planning initial, a devancé seulement de quelques heures le géant américain Verizon. Une victoire symbolique dans cette course ultra-compétitive où les fiertés nationales se confrontent. Bien plus qu’une simple amélioration de notre réseau mobile actuel, la 5G promet un bouleversement de l’économie et de la société avec de nouvelles applications qui iront de l’apprentissage du foot à distance à une révolution des modes de production dans les usines intelligentes. Dans notre dossier spécial sur la 5G, nous explorerons pour vous la genèse, les promesses et les limites de cette révolution numérique dans la Corée ultra connectée.

En tête du classement de l’Union Internationales des Télécommunications, l’avance de la Corée n’est pas surprenante : elle bénéficie d’une géographie et densité avantageuse, d’une appétence pour les nouvelles technologies et d’une longue histoire de politiques volontaristes. « En 1994, le gouvernement coréen a établi le Ministère de l’Information et de la Communication pour se concentrer plus sur les technologies de l’information. Quelques années plus tard, après la crise de 97-98, la nouvelle administration de Kim Dae-Jung a fait de ces technologies un socle pour l’innovation » nous explique Youngsup Joo, Professeur à Korea University et ancien Ministre des PME. « Les pouvoirs publics ont réalisé des investissements massifs dans les infrastructures. Aujourd’hui, même au sommet des montagnes reculées on bénéficie de la couverture 4G ! » ajoute-t-il. Désormais pour le gouvernement actuel, la 5G est au socle de la 4è Révolution Industrielle, dont l’hyper connectivité permettra la « convergence des technologies telles que l’intelligence artificielle et le Big Data, tandis que les entreprises pourront fournir en masse des produits et services customisés, en rupture avec les anciens modèles de production » selon M. Joo.

Un mois, après le lancement de la 5G par les 3 opérateurs coréens KT, SK Telecom et LG Uplus, on comptait déjà 260 000 clients, surpassant largement les statistiques en 2011 lors du démarrage de la 4G. SK Telecom nourrit déjà de grandes ambitions : « On espère atteindre les 7 millions d’utilisateurs l’année prochaine, soit 40% du marché local » rapporte Yoon Poong-young, le directeur financier du groupe, lors d’une conférence de presse.

Un marché juteux donc, mais à quel prix ?

Pour le consommateur, 50,000 won (environ 37 euros) l’abonnement mensuel et plus de 1000 dollars le nouveau smartphone compatible avec la 5G, dont l’offre est limitée – seuls les LG V50 ThinQ et Samsung Galaxy S10 sont pour l’instant sur le marché. « La 5G permettra de couper les prix » selon M. Joo, optimiste sur la question de la fracture numérique.

Pour l’environnement, l’impact est difficilement mesurable et la question écartée des débats en Corée, mais la massification des données engendrera une forte hausse de la consommation électrique qui repose encore sur le charbon principalement.

Les autres grands enjeux de la 5G seront les questions des régulations sur des sujets aussi variés que l’harmonisation du spectre des fréquences, la fiscalité, la concurrence, la fracture numérique et la neutralité du net. La Corée a décidé de se lancer principalement dans la bande 3,4 à 3,8 GHz qui permet une large couverture complétée par la très haute fréquence de 28 GHz, tandis que l’Europe se tourne vers le 26 GHz. Les qualités de propagation limitée de ces bandes très haute fréquences (dites « millimétriques ») rendent délicate une couverture étendue et bon marché, notamment dans les zones les moins densément peuplées.

Au-delà des efforts à mettre en œuvre par les industriels pour minimiser les coûts de déploiement en zone rurale, la nécessité de densifier le réseau pour couvrir des surfaces plus petites soulève aussi la question du régime fiscal. Des mesures sont déjà prises pour diminuer la fiscalité des stations radioélectriques en France par exemple.

Source : ARCEP, Mars 2019

Ces spécificités techniques liées au réseaux 5G posent des questions différentes en Corée et en France : selon l’Arcep (l’Autorité française de régulation des communications électroniques et des Postes surnommée « l’Architecte des réseaux » dans son manifeste), « si la France métropolitaine et la Corée sont similaires en termes de taille de population, la Corée est un territoire presque 5 fois plus densément peuplé. Cette différence explique que la question de la couverture du territoire soit d’avantage un sujet en France qu’en Corée. »

La Corée revêt un intérêt particulier pour le régulateur français, qui en vue de mettre en place la stratégie nationale pour la 5G lancée en juillet 2018, réalise des voyages d’étude dans les pays en pointe et entretient des relations régulières avec son homologue coréen, la Korean Communication Commission. Dernier événement en date : Sébastien Soriano, président de l’Arcep s’est exprimé en mai 2019 à l’Assemblée Nationale de Corée sur le thème de la régulation des Big Tech.

Pour l’instant la 5G est en face de test en Europe. D’ici sa commercialisation en 2020, l’objectif est d’avoir une ville connectée dans chaque pays de l’union. Les enjeux géopolitiques, notamment avec le géant chinois Huawei accusé par Washington d’être de mèche avec son gouvernement, pourraient compliquer la donne même si la commission européenne ne recommande aucune interdiction de l’industriel chinois.

Affaire à suivre….

La Corée du Sud est-elle trop dépendante des semi-conducteurs ?

2019 August 6

Par Léo Besson, Service économique de l’Ambassade de France en Corée 

[Ndlr. L’article a été rédigé en mars 2019 avant la décision du gouvernement japonais de restreindre les facilités administratives à l’exportation à la Corée du sud.  L’analyse proposée par l’auteur de l’article ne tient donc pas compte des potentiels effets de la décision sur la filière, aussi bien à court-terme qu’à plus long-terme.

Si cette décision risque d’affaiblir l’industrie des semi-conducteurs coréenne, il est pour l’instant difficile de mesurer son impact. Le Japon est le principal fournisseur de polymide fluoré, de photorésine et de fluorure d’hydrogène, les trois matériaux nécessaires à la construction de semi-conducteurs, dont les entreprises phares, Samsung et SK Hynix, sont fortement dépendantes. En 2018, d’après la Korea International Trade Association (KITA), la Corée achetait au Japon les produits nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs pour une valeur de 11,7 Mds USD.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement coréen a annoncé le 6 août qu’il débloquerait 7 800 Mds KRW (5,7 Mds EUR) sur les 7 prochaines années. Cela permettrait aux entreprises affectées par la décision japonaise de bénéficier d’une augmentation des fonds R&D, d’exemptions fiscales et de régulation moins contraignantes, afin de rechercher les matériaux nécessaires à la réalisation de leurs produits.*]

Poussée par le super-cycle des mémoires, l’industrie coréenne des semi-conducteurs (notion désignant les composants – circuits intégrés, puces, processeurs, mémoires – des produits des technologies de l’information et de la communication) a réalisé une année record en 2018, avec 127 Mds USD d’exportations, soit plus d’un cinquième des exportations coréennes. Le retournement du cycle, qui a contribué au recul de la croissance trimestrielle de 0,3% au 1er trimestre 2019, souligne cependant les risques, pour la Corée, de voir son excédent commercial dépendre trop fortement de ce seul secteur. D’ autant plus touché par les mesures de retalions japonaises récemment prises..

1. La Corée, de pays atelier à leader technologique

L’industrie coréenne des semi-conducteurs, agissant d’abord comme sous-traitant de groupes étrangers, a su émerger très rapidement grâce à la politique industrielle du gouvernement : subvention aux secteurs stratégiques, soutien aux exportations, maitrise des importations et contrôle des investissements étrangers. Dès les années 1980, la Corée se positionne comme 3e acteur mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, puis devient leader mondial du marché DRAM (Dynamic Random Access Memory, une technologie de mémoire vive) dans les années 90.

L’industrie coréenne des semi-conducteurs se structure autour de Samsung Electronics et de SK Hynix, née du rachat de LG Semiconductor par Hyundai Electronics lors de la crise asiatique, puis rachetée par SK en 2011. Les deux groupes sont devenus, en 2018, respectivement premier et troisième acteurs mondiaux du marché. Les deux groupes ont bénéficié de sous-capacités de production mondiales sur le marché des mémoires DRAM et NAND, dont les chiffres d’affaires mondiaux sont estimés à respectivement plus de 100 et 60 Mds USD en 2018 (environ 30% du marché total des semi-conducteurs), et dont les deux groupes se sont arrogés environ 73% et 50% des parts en 2018.

Ces derniers sont fortement intégrés aux chaînes de valeur électronique mondiale, y compris celles de concurrents étrangers des géants coréens de la téléphonie mobile : les fournisseurs de pièces pour les téléphones Huawei et Apple, Samsung Electronics et SK Hynix représentent par exemple 40% des coûts de production des modèles de la marque chinoise Oppo.

Graphique 1. Ventes (en Mds USD) des 5 leaders mondiaux du secteur en 2018

Source : IC Insights

La spécialisation de la Corée du Sud sur les semi-conducteurs s’explique par le redéploiement de l’industrie coréenne sur les secteurs à haute valeur ajoutée : Samsung était notamment l’entreprise mondiale la plus dépensière en R&D en 2018. Déjà présent en Chine, Samsung se tourne, pour l’assemblage, vers l’Asie du Sud-Est, en particulier le Vietnam, où Samsung est le premier employeur, et l’Inde, avec l’ouverture de la plus grande usine de smartphones au monde en juillet 2018. Dans le même temps SK Hynix, fortement soutenu par le gouvernement, devrait investir 106 Mds USD sur plus de 10 ans pour la construction du plus grand cluster mondial de production de semi-conducteurs à Yongin, au sud de Séoul.

2. La spécialisation coréenne accrue impacte ses résultats économiques actuels

Graphique 2. Part des semi-conducteurs dans les exportations coréennes totales

Source : MOTIE

Les exportations coréennes de semi-conducteurs (127 Mds USD en 2018) ont progressé de 29,4% sur un an. Si les exportations coréennes ont progressé de 5,5% en 2018 (605 Mds USD), les exportations hors semi-conducteurs, elles, n’ont progressé que de 0,7%.

La Corée est de fait exposée aux fluctuations d’un marché très volatil : les exportations coréennes, en recul de 8,5 % sur un an au 1er trimestre 2019, ont pâti du repli des ventes de semi-conducteurs (-21,5%). La fin du cycle d’investissement dans les data center, des stocks plus importants qu’attendu, et la faible demande mondiale, notamment chinoise, de smartphones, ont poussé les prix vers le bas.

Graphique 3. Variation et estimation des prix des mémoires DRAM et NAND (Nomura)

Source : WSTS, Nomura estimates

De plus, les exportations de semi-conducteurs coréens risquent de prendre un coup supplémentaire dans les prochains mois, voir les prochaines années à venir. En effet, le Japon est le principal fournisseur de polymide fluoré, de photorésine et de fluore d’hydrogène, les trois principaux matériaux nécessaires pour la construction de semi-conducteurs. Le 4 juillet dernier, sur fond de tension diplomatique, le Japon a pris la décision de retirer la Corée du Sud de sa liste de pays bénéficiant de tarifs avantageux sur les exportations. Un choix lourd de conséquences pour la Corée et ses entreprises phares, Samsung et SK Hynix, qui dépendent entièrement des produits chimiques japonais dans leur chaîne de production. En 2018, la Corée achetait au Japon les produits nécessaires à la fabrication de semi-conducteurs pour une valeur de 11,7 Mds USD.

Pour faire face à cette situation, le gouvernement coréen a annoncé le 6 août qu’il débloquerait 7 800 Mds KRW (5,7 Mds EUR) sur les 7 prochaines années. Cela permettrait aux entreprises affectées par la décision japonaise de bénéficier d’une augmentation des fonds R&D, d’exemptions fiscales et de régulation moins contraignantes, afin de rechercher les matériaux nécessaires à la réalisation de leurs produits.

L’investissement en équipement, tiré ces dernières années par le secteur, s’est contracté au premier trimestre (-10,8% en volume par rapport 1er trimestre 2018), poussant la croissance au 1er trimestre 2019 en territoire négatif (-0,3% vis-à-vis du 4e trimestre 2018). Les analystes les plus pessimistes, qui doutent de la reprise de l’investissement et des exportations attendue par la Banque de Corée au 2e semestre, estiment que la croissance 2019 pourrait passer sous la barre symbolique des 2%.3.

3. Quels ajustements pour l’industrie coréenne?

La Corée dépend très fortement de la Chine, son principal débouché pour ses exportations de semi-conducteurs avec 41% du total. Or celle-ci  souhaite, à terme, développer sa propre filière, pour rendre sa chaine de production indépendante, ce qui réduirait les marges et, en cas de rattrapage technologique, les parts de marché coréennes. Lors des négociations commerciales sino-américaines, les fabricants chinois se disaient ouverts à renforcer leur approvisionnement auprès d’entreprises américaines. Le récent embargo américain envers Huawei pourrait, a contrario, profiter aux producteurs coréens de semi-conducteurs, suite au retrait de certains fournisseurs clés comme Broadcom, Qualcomm et ARM.

La Corée souhaite par ailleurs réduire sa dépendance aux mémoires, considérées comme le secteur au moindre potentiel des semi-conducteurs : le gouvernement a annoncé un investissement de 850 M USD pour le secteur du « non-mémoire » (processeurs, capteurs d’image ou chipsets gérant les flux de données), représentant 65% du marché total, et actuellement dominé par les Etats-Unis. Samsung va notamment réorienter ses investissements vers le non-mémoire, en particulier les semi-conducteurs systèmes.

Le gouvernement souhaite aussi encourager le fabless (conception des produits uniquement, comme Broadcom et Qualcomm) et les fonderies (sous-traitants, comme le taïwanais TSMC, qui détient plus de 50% du marché) : le président Moon Jae-in souhaite faire de la Corée le leader mondial des fonderies en 2030 – Samsung Foundry est devenu le 4e acteur du marché en 2018 – et obtenir 10% des parts de marché du fabless d’ici 2030.

L’économie coréenne cherche également à diversifier plus largement ses exportations. Tout en investissant suffisamment pour garder un avantage technologique critique sur la concurrence dans les semi-conducteurs, les autorités souhaitent développer d’autres relais de croissance, et développer des filières plus créatrices d’emplois que les semi-conducteurs, alors même que le sujet de l’emploi est au cœur de la politique économique du gouvernement.

*Ce paragraphe a été rajouté par la rédaction de Corée Affaires le 9 août 2019

“K-beauty world” : Cosmetics & Beauty Expo, à Osong en octobre 2019

2019 July 30
by Corée Affaires

Vous êtes une société française d’import-export ou un acheteur intéressé par les cosmétiques coréens ? Contactez Janghyun Oh (j.oh@fkcci.om). Le salon prendra en charge votre billet d’avion aller-retour et votre nuit à l’hôtel.

– Plus de 250 entreprises et 1200 acheteurs – Avec la participation des entreprises leaders de la K-Beauty telles que LG, The SAEM, It’s Hanbul, etc –

 

La K-Beauty et la K-pop surprennent le monde entier par leur succès fulgurant. Les soins coréens pour la peau tels que les masques, toners et crèmes, mais aussi les fonds de teint et les cosmétiques pour homme se répandent de plus en plus et mènent les tendances de beauté mondiales.

Le salon Osong Cosmetic Beauty Expo 2019, qui a connu sa genèse avec la mondialisation des industries de la beauté, célèbre son 6e anniversaire cette année. Il se tiendra à Osong, Chungcheongbuk-do, des 22 au 26 octobre. Le salon présentera les derniers produits sur le marché et proposera des rendez-vous de conseil à l’export, avec plus de 250 entreprises cosmétiques et 1 200 acheteurs présents.

 

 

Le principal hall d’exposition comportera une salle réservée aux exposants (échange d’informations et rendez-vous commerciaux), une salle de marché (axée sur les ventes) et une salle d’affaires (conseils à l’export, mise en relation). L’édition 2018 a réuni plus de 2500 rendez-vous individuels sur l’exportation des produits entre acheteurs et vendeurs de 44 pays, reflétant la demande mondiale en pleine expansion pour la K-Beauty.

 

 

Cette année, le salon présentera les entreprises leaders de la K-Beauty telles que LG Household & Health Care, Korea Cosmetic the SAEM, It’s Hanbul, Saimdang Cosmetic, BWpharm, … Cet événement va permettre d’accueillir des acheteurs étrangers et de créer de nombreuses opportunités d’affaires entre entreprises leader de la K-Beauty et acheteurs de pays cherchant à rencontrer des entreprises dynamiques de l’industrie cosmétique.

 

Source des contenus : Chungcheongbuk-do, Bio Policy Division / Tel : +82 43 220 4547

Busan : bénéficiez de services à l’investissement

2019 July 29

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Busan

Vue aérienne de Busan

Quel contexte?

La métropole de Busan, située à la pointe sud-est de la péninsule coréenne, est la deuxième plus grande ville du pays avec une population de 3,5 millions d’habitants. Busan s’est peu à peu développée comme la ville carrefour du pays, depuis son ouverture en 1876.

Grâce à ses atouts géographiques, ce hub stratégique connectant le continent eurasiatique avec le Pacifique est devenu l’une des principales places fortes logistiques de l’Asie ; il est le sixième port à conteneurs au monde, traitant environ 75% du trafic entrant et sortant de la Corée. La métropole est également bien desservie par les voies ferroviaires (notamment le train grande vitesse KTX entre Séoul et Busan) et lignes aériennes via son aéroport régional. Elle est également le point de départ et le terminus du réseau ferroviaire eurasiatique (la «Silk Road Express (SRX)» ou transsibérien) qui pourrait gagner en importance si une future réconciliation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud permettait le passage des transports terrestres.

Ainsi, la ville de Busan a su s’imposer dans plusieurs industries et secteurs stratégiques depuis le début des années 2000, dont les industries marines, la logistique, les matériaux avancés, les médias & industries créatives, et la finance. La ville accueille régulièrement des conventions & expo internationales.

Des services à l’investissement

Pour les investisseurs qui s’intéressent à l’environnement de Busan, la ville propose un service unique et clef-en-main pour accompagner l’entreprise dans l’ensemble des étapes de l’implantation, grâce à son équipe administrative et ses spécialistes de l’investissement, mais aussi différentes incitations financières, notamment des déductions fiscales, des subventions pour l’achat de terrains, ou encore l’accès à un fonds local pour les PME. (Voir tous les avantages ici : https://english.busan.go.kr/bsordinan/1300559)

Plusieurs entreprises de rang international telles que Microsoft, Ikea, Bosch et Willow Pump se sont déjà établies à Busan comme base de leur développement en Asie.

=> Pour plus d’informations, contactez Cho Yong-joon

Bureau des Investissements et du Commerce de la Métropole de Busan +82 (0)51-888-4461

Et visitez : http://www.investkorea.org/busan_en/index.do

Des vins alsaciens au Pays du Matin calme : entretien avec le fondateur du domaine Klingenfus

2019 July 25
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Une internationalisation commencée en Europe… qui a rapidement dépassé le Vieux Continent

 

Dirigeant cette jeune entreprise familiale depuis les années 80, c’est par le jeu des relations amicales que Robert Klingenfus s’est lancé à l’export. « On a démarré en Allemagne, vers Hanovre et Hambourg. Ensuite, ce fut le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas. On est partis avec ma sœur, un ami et une stagiaire (rires) » explique-t-il avec un brin de nostalgie. Le domaine a rapidement pris ses marques avec plus de 50 000 bouteilles vendues au Danemark soit 40% de la production aux années les plus prolifiques. « On avait essuyé quelques crises en France avec le choc pétrolier qui m’ont marqué et poussé à développer mes ventes ailleurs. Cerise sur le gâteau : j’adorais voyager ! »

C’est donc avec entrain et fort de son expérience européenne que Robert Klingenfus s’attaque au Nouveau Continent. « J’ai atterri à Cleaveland parce que j’avais un ami là-bas, Franck Kakou, le frère d’Elie Kakou, l’humoriste connu. […] Il y avait peu de vins européens là-bas, et encore moins alsaciens » décrit-il. La première année, le domaine a vendu pas moins de 10 000 bouteilles et en exporte désormais plus de 60 000 outre-Atlantique. Après les Etats-Unis, place à l’Asie qui a mis au défis notre viticulteur. « C’était difficile ; les marchés japonais et coréens sont très particuliers » explique-t-il. A force de persévérance et avec l’aide des chambres de commerce, Robert Klingenfus a fini par percer sur ces marchés.

M. Klingenfus accompagné de l'équipe appui aux entreprises de la FKCCI

M. Klingenfus accompagné de l’équipe appui aux entreprises de la FKCCI

 

« Si tu veux vendre un produit, il faut qu’il soit exceptionnel »

Cette phrase prononcée par un de ses importateurs ne l’a plus quitté. « Il m’a fallu du temps pour traduire cela dans une production » explique-t-il. Le domaine s’est ainsi tourné vers la valorisation des noms de marque. « La marque, c’est important, c’est un repère pour le consommateur. A l’époque, on avait mis en avant une cuvée Bugatti, la cuvée du grand-père, pour se forger une réputation ». La réputation : mot-clef pour les consommateurs japonais et coréen sur ces marchés du vin relativement jeunes marqués par quelques grands noms et un effet « imitation » du comportement des consommateurs. « Ce qui m’a le plus surpris en Corée comme au Japon, c’est le style de vie marqué par l’importance des groupes sociaux : les gens ne s’autorisent pas à acheter certains produits s’ils ne correspondent pas plusieurs critères sociaux comme leur statut hiérarchique, leur genre ou encore leur âge ». Robert Klingenfus regrette notamment une consommation de vin blanc dominée par la gente féminine jouissant d’un niveau de vie plutôt élevé. « Nous sommes encore sur un marché de niche surtout pour les vins alsaciens, mais les choses évoluent rapidement : les consommateurs sont de plus en plus jeunes. Ils s’orientent vers des vins moins connus et commencent à changer leurs habitudes de vie. S’ils accompagnent leurs diners de bières ou d’alcools coréens, dans quelques années ils adopteront le vin. C’est un produit plaisant aromatique et fin qui s’allie bien avec la cuisine coréenne ». En effet, le vin se démocratise en Corée. Réputé pour ses bienfaits dans un pays particulièrement soucieux d’associer bonne chère et bonne santé, la consommation de vin a augmenté sur ce marché encore peu matûre.  Les consommateurs coréens de vins importés représentent aujourd’hui 40 % de la population adulte, avec 2L consommés par an (contre 3L au Japon et 5L en Chine).

« Aujourd’hui, avoir une berline Hyundai de luxe n’est plus le principal marqueur social : il faut montrer que l’on sait manger en associant un plat avec un vin, que l’on puisse discuter du vin autour de la table, de son goût, son histoire, … Les coréens sont sensibles à cet art-de-vivre » affirme M. Klingenfus

Autre argument qui pourra jouer en faveur du producteur alsacien : son domaine a adopté une philosophie proche de la permaculture, signifiant que l’équilibre de l’écosystème est à la base de la production et que la vigne n’en est qu’une partie. « Notre travail est empirique : on est passés de conventionnels à raisonnés, à biodynamiques à la quasi permaculture. A l’heure actuelle, les coréens ne semblent pas particulièrement sensibles à la permaculture, mais ils sont interpellés ! ». Bénéficiant de la certification HVE (Haute Valeur Environnementale) mise en place par le Grenelle de l’Environnement, le domaine peut faire valoir ce certificat en Corée depuis la libéralisation des échanges commerciaux entre l’Europe et la Corée, notamment avec l’accord de libre-échange de 2008.

Vignes

 

« La FKCCI est un informateur stratégique »

« Dans ce pays qui s’ouvre et qui fonce, la chambre de commerce franco-coréenne m’a été d’une aide précieuse pour comprendre les évolutions rapides du marché et en saisir les opportunités » décrit M. Klingenfus. Présente dès les débuts de son aventure coréenne, la FKCCI lui a servi de base d’appui depuis presque 10 ans en lui proposant des services d’accompagnement, depuis l’étude de marché jusqu’à la rencontre d’importateurs. « La chambre nous a aidés à comprendre comment la consommation et la distribution de vin fonctionnent localement. Si l’on a raté quelques affaires par le passé, aujourd’hui, depuis 2 ans, il y a un frémissement et nos statistiques sont bonnes avec plus 20% de ventes l’année dernière »

Sa stratégie ? « Les vins blancs, ce sont des vins que l’on achète par coup de cœur. Mon but est de déclencher ce coup de cœur ». Ainsi avec l’aide de son importateur et de la FKCCI, le viticulteur se tourne de plus en plus vers les dégustations. Ces dégustations étaient au centre de sa dernière mission en Corée en février et il compte développer la formule à l’avenir autour d’un repas coréen. « On peut trouver des ressemblances entre cuisine alsacienne et cuisine coréenne : les viandes marinées, le choux fermenté, les herbes aromatiques,…. Et le poisson cru, c’est le Riesling ! (rires) »

 

Enfin le domaine Klingenfus s’appuie sur le réseau de la chambre pour faire connaître ses vins : en 2016 il a sponsorisé le grand gala annuel avec plus de 400 bouteilles. « C’était un excellent moyen de faire découvrir mes produits. Le vin fera toujours partie d’une discussion, ne serait-ce que pour meubler les blancs, on parle de ce qu’on a mangé et ce qu’on a bu ! (rires) Suite au gala, nous avons eu plusieurs commandes »

Entre kimchi et choucroute, il n’y a qu’un pas, alors trinquons aux futurs succès des vins alsaciens au Pays du Matin calme !

Le Grand Prix VI 2019 célèbre les jeunes professionnels français en Corée

2019 July 18
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Bravo à Florian Brouet, de la société POMA, vainqueur du Grand Prix VI 2019 remis  à l’Ambassade de France en Corée, et les autres lauréats, Damien Cauvemberg-Bouges de Valeo, Cécilia Nantier d’EDF-Framatome, Léonor Varone de l’Institut français, et Rémi Vuillaume de la société Hamon d’Hondt.

Florian Brouet, gagnant du concours VI avec Daniel Mayran, PDG de Bluebell Corée, Agnès Pannier Runacher, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’économie, Fabien Penone, Ambassadeur de France en Corée, David-Pierre Jalicon, Président de la FKCCI, Patrick Defranoux, Directeur de Thalès Corée et Jean-César Lammert, Directeur de Business France Corée

Ce concours célèbre le Volontariat International, un programme unique et spécifique à la France soutenu par Business France qui permet aux jeunes professionnels de 18 à 28 ans de s’internationaliser dans des conditions d’accueil facilitées pendant 6 à 24 mois. Lors de ce concours organisé par Business France, les CCEF, la FKCCI et l’ambassade, les participants ont soumis au jury de chefs d’entreprises des vidéos présentant leur expérience et l’intérêt pour eux de la formule VI. Pour Florian Brouet, « la formule VI, ce ne sont que des avantages sans les inconvénients et surtout une expérience de vie ». Les avantages ? Un statut public, un visa garanti dans le pays d’accueil, pas de charges sociales ni de lien contractuel pour l’entreprise et pour le VI, une indemnité géographique intéressante exonérée d’impôts.

Au-delà de la chance pour ces jeunes de partir à l’étranger, le VI permet aux entreprises de tester un marché étranger sans prendre beaucoup de risques et bénéficier de l’assistance de la FKCCI et de Business France. La FKCCI opère notamment un service de portage et d’hébergement de VIE, et leur ouvre les portes de son vaste réseau d’entreprises grâce à ses services de communication et d’événements.

Lors de la cérémonie de remise des prix, Mme Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère de l’économie, a pu présenter l’importance du programme pour le succès commercial des entreprises à l’étranger : « C’est un modèle exemplaire, à tel point que nous sommes en train d’inventer le Volontariat Territorial en Entreprise, le miroir des VIE dans les territoires français »

L’initiative en Corée est soutenue par nombres d’entreprises qui ont généreusement offert des prix aux vainqueurs: LBI Korea, Air France, Renault, Hanwha Total et Thales. Un remerciement à l’agence digitale Asiance qui a contribué à la promotion du concours.

Retrouvez les vidéos des gagnants du concours:

  • POMA : POMA est un leader mondial des remontées mécaniques depuis 80 ans, disposant de filiales sur cinq continents. La FKCCI accueille au sein de son business center à Séoul la branche coréenne du groupe depuis 2016!
  • Valéo : Valéo est un équipementier automobile, partenaire de tous les constructeurs dans le monde. Entreprise technologique, Valéo propose des systèmes et équipements innovants permettant la réduction des émissions de CO2 et le développement de la conduite intuitive.

Et pour mieux connaître la formule VI : https://www.civiweb.com/

La France attire de plus en plus les investisseurs coréens

2019 June 24
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Par Delphine de Castelbajac et Oriane Lemaire

Selon les derniers rapports de la Banque de France et de Business France, l’Hexagone a la cote auprès des investisseurs étrangers !

En deuxième position juste derrière l’Allemagne et devant le Royaume-Uni, la France est le pays européen le plus attractif pour de nombreux investisseurs étrangers. La taille du marché intérieur, la diversité des territoires français, la qualité des infrastructures et de la main d’œuvre, l’environnement des affaires ou encore l’innovation représentent les principaux facteurs d’attractivité. De plus, selon un sondage public auprès des investisseurs, les mesures telles que la French Tech pour promouvoir le savoir-faire des startups à l’étranger ou encore Welcome to France, la plateforme en ligne pour aider les étrangers à s’installer sont jugées positivement par près de 8 investisseurs sur 10.

L’Hexagone héberge actuellement 28 600 entreprises étrangères qui emploient un total de 2 millions de personnes. Par ailleurs, 343 000 étudiants étrangers ont choisi la France pour étudier en 2017-2018, soit une hausse de 4,5 % par rapport à l’année précédente.

En 2018, l’attractivité de la France a enregistré une belle progression, comptabilisant 1 323 projets d’investissements étrangers contre 1 298 projets en 2017 ; permettant ainsi le maintien et la création de 30 300 emplois. Les décisions d’investissement prises en 2018 se répartissent sur l’ensemble du territoire et ont permis de générer de l’emploi dans la quasi-totalité des régions françaises.

Les investissements coréens en France rattrapent les investissements français en Corée.

Aujourd’hui, l’Asie représente 11% de la totalité des investissements étrangers en France. Si le stock d’investissements directs coréens en France selon les chiffres de la Banque de France peinait à atteindre 1 milliard d’euros en 2017 contre 4,2 milliards pour la France en Corée, on observe un phénomène de rattrapage.

Bien que la Chine et le Japon apparaissent comme les premiers investisseurs est-asiatique en France, la progression des projets d’investissements provenant de la Corée du Sud est en effet à saluer. En 2018, plusieurs entreprises sud-coréennes ont effectué 13 décisions d’investissements contre 4 projets seulement en 2017. Ces décisions ont permis la création de 163 nouveaux emplois ; quasiment le triple de l’année précédente. Les secteurs d’activités les plus représentés parmi ces projets coréens sont les logiciels et prestations informatiques (23% des projets) et les services financiers, bancaires et d’assurances (15% des projets). On compte environ 40 groupes coréens implantés en France, représentant 4 300 emplois, dont les principaux acteurs sont sans surprise Samsung Electronics, LG Electronics et Amore Pacific, le géant coréen des produits cosmétiques.

Le Samsung Strategy Innovation Center, un centre dédié aux activités de développement dans les domaines de la mobilité autonome et de l’intelligence artificielle, est un exemple représentatif des investissements coréens en France pour l’année 2018. Il s’agit du 3è centre de recherche mondial du chaebol sur l’IA, après la Corée et les Etats-Unis, qui devrait à terme rassembler une équipe d’une centaine de chercheurs.

Autre cas illustrant l’attractivité de la France dans le domaine de la tech : l’entreprise d’informatique coréenne Naver, qui dispose déjà de locaux au sein de Station F a investi 200 M EUR dans le fonds Korelya Capital, piloté par Fleur Pellerin, depuis 2016. Le concurrent coréen des Gafa a également racheté en juin 2016 le centre de recherche grenoblois de Xerox, spécialisé dans l’intelligence artificielle.

En 2018, le groupe SPC, numéro un de la boulangerie-pâtisserie en Corée du Sud, a décidé d’établir sa première usine de production de viennoiseries surgelées en France à Saint-James (Normandie) afin de bénéficier d’un avantage logistique avec le port du Havre, et de la filière laitière/beurre avec l’AOC beurre et crème d’Isigny. Cet investissement est estimé à 20 millions d’euros et prévoit la création d’une quarantaine d’emplois d’ici 2020.

Cette même année Bodyfriend, la marque coréenne comptant parmi les leaders mondiaux des fauteuils massants, a également choisi la France afin d’établir son siège pour se développer en Europe. Cette implantation promet la création de 5 emplois. La société prévoit l’ouverture d’un magasin « flagship » dans le centre de Paris cette année afin de poursuivre son développement dans le pays.

Concernant le secteur immobilier à Paris et ses environs, deux projets d’investissement à la Défense, ont été actés début 2018. Korea Investment Securities (KIS) est sur le point de finaliser l’acquisition de la Tour d’Europe, un gratte-ciel de bureaux d’une valeur de 370 milliards de won (presque 300 millions d’euros). La société sud-coréenne Mirae Asset Daewoo est susceptible de devenir la futur propriétaire de la Tour Majunga, également située dans le quartier d’affaires parisien. Cet investissement est évalué à 1 000 milliards de won soit 760 millions euros, l’un des plus importants investissements coréens dans le secteur immobilier à l’étranger.

Enfin, un consortium composé de Samsung Securities et de Hanwha Investments & Securities a pour projet d’investir 340 milliards de won dans la Tour Lumière, située dans le 12e arrondissement de Paris, conjointement avec Primonial REIM, une société de placement française. L’opération s’élève à 1 500 milliards de won au total.

Une campagne d’envergure de la part des banques coréennes qui anticipent les effets du Brexit avant que les prix de l’immobilier n’augmentent.

Ida Daussy nous parle de Corée à Cœur : portrait intimiste d’une Corée méconnue

2019 June 12
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Par Oriane Lemaire

« On parle beaucoup de la Corée du Sud, sans parfois bien la connaître, aussi a-t-on parfois le sentiment d’une litanie de clichés qui parlent plus de nos fantasmes que de la réalité de cet Orient extrême. » La Fécampoise la plus célèbre de Corée qui travaille depuis plus de 20 ans avec la FKCCI nous raconte Corée à Cœur. Ida Daussy, forte de ses 27 ans d’expérience de vie d’expatriée naturalisée, mère bilingue d’une famille biculturelle soudainement divorcée, nous décrit les évolutions sociétales du Pays du Matin calme. Figure médiatique, entrepreneuse, professeure, son regard est pluriel et ses idées perspicaces dans cet ouvrage entre récit autobiographique et essai analytique.  

Vous avez un parcours très atypique en Corée. Parlez-nous de la genèse de votre aventure coréenne.

J’habite en Corée depuis 28 ans. Tout a commencé par une passion pour la zone Asie et ma maîtrise en commerce international. La Corée me semblait moins connue que les autres pays mais à découvrir. Via des connaissances de mes parents, je suis entrée en contact avec une manufacture de chaussures à Busan qui s’appelait Taewha pour y réaliser un stage. Je me suis retrouvée seule dans la deuxième ville de Corée, immersion totale ! Je suis rentrée émerveillée, époustouflée et séduite par les coréens.

Après mon diplôme, je décide de retourner à Séoul à mes frais : nous sommes dans les années 90, début du boom économique et social de la Corée. J’ai commencé à travailler en tant de professeur de Français dans l’Institut de langues de l’université de Yonsei. Très vite, des opportunités se sont présentées à moi.  J’ai été contactée par EBS (Educational Broadcasting System) qui cherchait une nouvelle présentatrice pour son émission « Bonjour la France ». Je n’avais jamais fait de télévision ; c’est ça la Corée : tout va très vite !

J’ai rencontré ensuite le futur père coréen de mes enfants, devenu un an plus tard mon mari. Un jour, KBS m’a invitée lors d’une séquence « Histoire de couple » (부부탐구) pour l’émission Achim Madang (아침마당) pour raconter cette histoire d’amour banale d’un coréen et d’une française qui ne sont pas de la secte Moon. Cette diffusion a charmé l’audience et servi de tremplin pour ma carrière médiatique. Ma vie est ensuite devenue un show immense !

Comment vous êtes-vous adaptée au monde médiatique coréen ?

Jusqu’à la naissance de mon premier enfant, je n’avais pas d’agent. C’était brut de décoffrage, je détonnais parmi les coréennes tant apprêtées. Les avis étaient partagés, certains trouvaient ça très humain tandis que d’autres étaient surpris.

Aujourd’hui, la société coréenne est une société de jeu de rôle. Une femme mère et épouse devient ce que l’on appelle une « adjumma ». Je l’ai ressenti comme un rétrogradage social et en ai beaucoup souffert car je ne m’étais jamais senti aussi femme que lorsque je suis devenue mère. Indépendante, je ne correspondais pas à au schéma de la femme coréenne qui devient femme au foyer dès le premier enfant. La preuve en est que j’ai non seulement été à l’origine de la demande de divorce avec mon mari mais j’ai également exigé la garde de mes enfants ; en Corée les femmes ne font pas ça habituellement. S’en est suivi un acharnement médiatique que j’ai surmonté. Jeune, je me pliais aux « règles », mais aujourd’hui j’ai le privilège de l’âge.

12 ans sont passés entre la publication de vos deux ouvrages Ida au pays du Matin calme aux Éditions Lattès, et Corée à Cœur aux éditions Atelier des Cahiers. Qu’est-ce qui vous a motivée à vous relancer dans l’écriture ?

Transmettre ! Jusqu’à présent, on a très peu d’histoires et de témoignages provenant de l’intérieur. Je l’ai vécu de plein fouet !  Actuellement, de nombreux étudiants et expatriés viennent en Corée en pensant « Kpop, drama, kimchi ». Mais quoi d’autre ? Ils ne savent pas. La société coréenne est difficile et très compétitive.

Corée à Coeur représente ainsi deux ans de recherche. J’ai tiré des faits de la presse coréenne et des chiffres issus d’organismes publiques. Le livre commence néanmoins par mon histoire personnelle pour illustrer les idées que je souhaitais exposer sur plusieurs thèmes : crise générationnelle, misogynie, multiculturalisme, ….  Les premiers retours sur Corée à Cœur sont d’ailleurs très positifs. Le public apprécie que ce livre sorte des sentiers battus : c’est une histoire qui vient de l’intérieur avec des concepts qui leur parlent.

Ida Daussy et son éditeur Benjamin Joinau lors de la conférence du 10/06/19 au Lycée français de Séoul sur Corée à Coeur

Ida Daussy et son éditeur Benjamin Joinau lors de la conférence du 10/06/19 au Lycée français de Séoul sur Corée à Coeur

Durant vos 27 années de vie coréenne, comment le statut des femmes a-t-il évolué ?

Alors qu’en 1987, les femmes ne représentaient ici que 28 % du total des élèves du collège à l’université, les filles sont aujourd’hui à égalité avec les garçons pour l’accès à l’éducation. Si elles sont bien représentées dans les métiers de l’éducation supérieure ou de la justice, elles sont souvent cantonnées à des métiers secondaires dans le commerce et l’industrie, où seulement 2% des managers en Chaebol sont des femmes.

Bien que l’on reste loin d’une égalité homme/femme, il y a eu du progrès et les mentalités changent. Mes élèves coréennes, aujourd’hui, veulent faire carrière. Elles ne souhaitent pas se marier tout de suite et ne veulent pas avoir d’enfants car ils représentent un investissement en argent et en temps trop important.

 Pouvez-vous nous parler de votre collaboration avec l’Atelier des Cahiers ?

L’Atelier des Cahiers se spécialise sur la Corée et son directeur, Benjamin Joinau, est un très bon ami vivant depuis 25 ans au Pays du Matin calme. A la différence d’autres maisons d’édition, l’Atelier des Cahiers ne cherchait pas à tirer profit du caractère sensationnel de mon histoire et de mon divorce surmédiatisé. Mon livre contient beaucoup de passages dérangeants sur des thèmes parfois tabou en Corée ; il fallait donc que je le confie à quelqu’un qui connaisse bien le pays.

 

Quelle place pour les entreprises dans le financement de la croissance verte ?

2019 June 7
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by Corée Affaires

Par Oriane Lemaire

Pour répondre à cette question stratégique à l’heure où l’urgence climatique nécessite la mobilisation de tous les acteurs, le 28 mai dernier, le comité énergie France-Corée a eu l’honneur d’accueillir des représentants du Fonds Vert pour le Climat. Le Fonds vert pour le climat est un organisme financier sous l’égide de l’ONU afin de redistribuer les ressources des pays les plus avancés vers les pays les plus vulnérables face au changement climatique, qui sont désarmés par manque de capacités locales et de cadre politique stable selon les intervenants.

Le Fonds vert a expliqué son rôle dans la finance, la promotion et la structure de ses projets dans les pays émergeants. Le Fonds vert finance plus de 100 projets pour un investissement total de 5 milliards de dollars permettant l’économie de 1,5 milliards de tonnes des émissions de CO2. Dans ce cadre, le Fonds est en recherche de plus en plus de financements privés qui prennent une part de 40% des investissements totaux sous forme de subventions et de prêts. Les entreprises peuvent participer via les 84 entités agrées par le Fonds, telles que l’Agence française pour le Développement (retrouver l’annuaire ici : https://bit.ly/2I14MJz) . « L’avantage du Fonds est que l’on garantit la qualité du projet, ce qui permet d’instaurer un climat de confiance avec les banques, plus à même de prêter à long-terme » décrit Saurabh Kaura, spécialiste financier des projets verts. Pour en savoir plus, rendez-vous des 7 au 9 octobre 2019 dans la nouvelle ville de Songdo ! https://gcfconference.com/

Par ailleurs, le comité fut l’opportunité de faire le tour d’horizon des grandes actualités de l’énergie en Corée. Concernant les énergies renouvelables, les ambitions sont élevées. Dans le secteur de l’hydrogène notamment, l’entreprise gazière KOGAS a révélé un plan ambitieux de 4 milliards de dollars pour construire des centres de production d’hydrogène d’ici 2030. A cet égard, les investisseurs étrangers ne sont pas en reste : l’entreprise Hanwha-Total est en train de construire une des plus grandes usines de production d’hydrogène (50 MW de capacité) dans son complexe à Seosan, ce qui permet de recycler les sous-produits des procédés chimiques du hub industriel. Dans le domaine de la biomasse, secteur paraissant mis de côté par le gouvernement en comparaison avec le solaire et l’éolien, la péninsule prévoit d’ajouter 730 MW de capacité en 10 ans. Enfin dans le nucléaire, le pays a dévoilé un plan pour développer l’industrie local du démantèlement, visant à devenir un des 5 premiers pays dans ce domaine au niveau mondial.

Fort du dynamisme de ses participants le comité Energie a par ailleurs décidé de se concentrer sur l’Open Innovation pour ses prochaines éditions, afin de promouvoir les coopérations franco-coréennes dans l’hydrogène et la biomasse, avec l’aide du Ministère coréen de l’Industrie et des associations coréennes de professionnels.

Nous souhaitons remercier chaudement Thomas Comte, Vice-Président de la FKCCI et Président de Vallourec Corée, pour sa précieuse contribution en tant que président du comité Energie, aux côtés des 5 membres fondateurs du comité :  Arkema, Framatome, Nexans, Hanwha-Total et Veolia. Après deux ans au service du comité, il quittera cette fonction et sera remplacé par Jean-Marc Otero del Val, PDG d’Hanwha-Total. « Ensemble avec le soutien de l’ambassade et de la FKCCI, nous avons établi le Comité Energie en 2017 pour soutenir les coopérations entre les deux pays vers une économie bas-carbone. Je souhaite remercier les membres piliers de cette initiative, qui ont soutenu le projet depuis le début, et suis persuadé que les partenariats France-Corée ont de l’avenir dans la croissance verte ! » a déclaré M. Comte.

 

Lancement du label ” Maître Restaurateur” à l’international

2019 May 29
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Le 27 Mai 2019, la FKCCI a organisé la réunion de pré-lancement du label « Maître Restaurateur » afin d’ouvrir les inscriptions à nos membres restaurateurs. Le label a pour vocation de récompenser les restaurants de cuisine française ; cette reconnaissance crédibilise leur action et leur permet des collaborations privilégiées sur le plan diplomatique français. Le Titre de Maître Restaurateur est aujourd’hui le seul titre délivré par l’État pour la restauration Française.
Il compte plus de 3800 Restaurateurs répartis sur la métropole et les départements et territoires d’Outre-mer. À l’heure où le manger-bien et bon n’a jamais été autant plébiscité, les Maîtres Restaurateurs proposent aux consommateurs de bénéficier dans leurs établissements d’une identité officielle, validée, reconnue et contrôlée par l’État.

Le label est offert par le préfet du département en question après la réalisation d’un audit de contrôle au sein du restaurant. C’est une démarche qui correspond à un cahier des charges précis : les produits de saison utilisés pour les plats intégrant les circuits courts sont rigoureusement tracés et leur caractère « fait maison » est essentiel pour l’attribution du label.

Pour la première fois, ce label va être lancé à l’étranger, notamment à l’aide de la FKCCI et de l’Ambassade de France en Corée.  A cette occasion, le Président de l’association des maîtres restaurateur en France a souhaité adresser quelques mots à l’audience via une vidéo explicative : « l’Association Française des Maîtres Restaurateurs a créé à l’intention des professionnels français à l’international une marque qui reprend les valeurs de notre titre et qui est adaptée aux contraintes de chaque pays : « French Restaurateurs de France ». Cette marque est ouverte à toute la gamme de restaurants allant du plus petit au plus prestigieux. Le but est de pouvoir valoriser votre cuisine a la française vis-à-vis des consommateurs et de profiter d’une identité officiellement reconnue. Cette initiative est destinée à se développer à l’international et la Corée du sud est notre premier pays test. »

Nous remercions le bistrot L’Empreinte pour leur accueil et leur participation active au lancement du label. Un grand remerciement également à nos sponsors France Gourmet et Vinessen.

N’hésitez pas à inscrire votre restaurant et déposer votre dossier : https://wfrseoul.maitresrestaurateurs.fr/