Portrait de femme d’affaires en Corée du Sud : Ida Daussy

2014 March 18
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by Corée Affaires

Dans le cadre de la Journée de la Femme le samedi 8 mars, Corée Affaires a rencontré Ida Daussy, membre actif de la FKCCI et femme d’affaires à la carrière remarquable. Nous vous retransmettons maintenant cet entretien.

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Ida Daussy

- A l’occasion de la Journée de la Femme, pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

J’ai fait des études en commerce international, spécialisé sur l’Asie et plus particulièrement sur la Corée. Je suis d’abord venue en Corée du Sud dans le cadre de mes études et ai réalisé un stage à Busan, qui m’a complètement immergée dans la culture et le monde du travail coréens. Un choc culturel qui ne m’a que davantage attachée au pays.

Une fois de retour en France, après avoir achevé mon master, j’ai décidé très vite de repousser mon doctorat et de revenir en Corée pour une ou deux années. J’ai commencé à enseigner le français à l’université de Yonsei, où j’ai rencontré celui qui un an plus tard serait mon mari. Je ne suis donc pas rentrée en France comme prévu, j’ai vécu au rythme de la Corée, saisissant toutes les opportunités que celle-ci m’offrait : on m’a proposé d’animer une émission de français à la télévision. Avec le succès de celle-ci, ma carrière dans les médias s’est prolongée, d’autres offres se sont présentées, d’émissions gastronomiques au téléachat, et je n’ai pas cessé de travailler depuis que je suis arrivée. Après ma première grossesse, qui signe souvent la fin d’une carrière en Corée, je pensais retourner dans le monde des affaires, mais à travers toutes ces émissions, j’avais créé des liens avec les coréens et suscité leur curiosité et sympathie : ils ont suivi mes aventures en Corée, mon mariage, mes enfants,… C’est plus récemment, après mon divorce, que je me suis à nouveau tournée vers le business : dans l’immobilier, avec le Monde Real Estate. Je monte aussi mon entreprise Idadaussy.com, qui ne fait qu’officialiser des activités que je mène depuis longtemps, pour la télévision, dans des émissions de téléachat et pour des entreprises qui souhaitent investir en Corée : je réalise des conférences et séminaires multiculturels présentant la Corée et sa culture. En parallèle, j’enseigne aussi le français des affaires et du multimédia à Sookmyung Women’s University. Cela fait beaucoup de projets, 24 heures par jour ne semblent jamais assez !

- Un défi que vous avez rencontré au cours de votre carrière ou plus généralement de votre vie ?

Je dirai que mon premier défi est le dilemme que j’ai eu avant de partir, et qui aurait changé toute ma vie si je n’avais pas fait ce choix. Une fois mon master validé, j’ai été acceptée à la fois à mon doctorat en France et à un stage en Corée. Mes amis me recommandaient tous de ne pas partir, ils avaient des appréhensions quant à l’Asie, l’inconnu de la Corée, la position de la femme. C’était un vrai dilemme, mais j’ai relevé le défi et suis partie.

- Que pensez-vous de l’évolution de la femme au sein de la société coréenne et du milieu du travail en Corée ? Pensez-vous que le modèle patriarcal évolue pour laisser plus de place à la femme ?

Cela a effectivement beaucoup changé, je le vois par exemple en comparant les réponses de mes étudiantes actuelles à celles 10 ans auparavant. Quand je leur demandais ce qu’elles voulaient faire dans le futur, elles me répondaient bien souvent se marier et avoir des enfants. Maintenant, elles veulent réaliser leurs rêves, voyager et avoir leur carrière. Il faut savoir que faire carrière ici implique de nombreux sacrifices pour une femme, qui doit faire un choix entre sa carrière et sa maternité, et il y a certaines dimensions propres à la Corée à prendre en compte : par exemple l’importance du réseautage au cours de dîners souvent bien arrosés, que les femmes pratiquent moins. Cependant, tout est possible, nous sommes par exemple maintenant deux femmes au board de la FKCCI et la situation évolue, les rôles entre hommes et femmes s’égalisent lentement.

- Pouvez-vous dire quelques mots au sujet du Women Business Club, qui réunit les femmes d’affaires de la communauté franco-coréenne ? Qu’attendez-vous de ce projet, dont vous êtes l’une des fondatrices ?

C’est un projet que nous avons créé en mai 2013, en présence de la Ministre de la Parité et de l’Egalité, Madame Yoon-Sun CHO. Il s’agit d’un regroupement de femmes qui vont apporter une vision particulière sur les affaires et les différentes évolutions des marchés. Les conférences sont ouvertes à tous et abordent des problématiques sensibles à tous, hommes et femmes indifféremment.

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Economic Forecast 2014

2014 March 11
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by Corée Affaires

economic forecast

La FKCCI organise sa rencontre annuelle « Economic Forecast » Jeudi 13 Mars 2014 à l’hôtel Conrad Seoul de 11h30 à 14h.

« L’Economic Forecast » vous livrera un aperçu des tendances passées et actuelles du marché coréen, afin de mieux comprendre les évolutions de 2014. Nos trois experts invités, Mme Pascale BUCH, Conseillère économique de l’Ambassade de France et Ms Myung-Sun KIM du MOSF (Ministry Of Strategy and Finance), feront un retour sur l’économie coréenne en 2013, qui a atteint une croissance de 2.8% et émerge lentement de la crise ; ils nous présenteront ensuite une analyse des défis économiques à venir en 2014. Mr Jae-Hoon YOO, Chairman et CEO de la KSD, sera le modérateur du luncheon.

Mme Pascale BUCH présentera le commerce coréen en 2013 en donnant les chiffres et indicateurs clés. Elle se concentrera ensuite sur un pronostic de 2014, se fondant sur les 3 principaux objectifs économiques fixés pour 2017 et sur la demande mondiale, qui mène le rebond économique de la Corée. Mme BUCH abordera aussi des problématiques liées à la compétitivité coréenne et son rôle capital pour la relance économique. Ms Myung-Sun KIM ira quant à elle plus en détails sur la situation macroéconomique de la Corée et sur les politiques de développement.

Autant de problématiques abordées pour préciser notre compréhension des enjeux du marché coréen. Vous trouverez plus d’informations sur les inscriptions et modalités sur le site internet de la FKCCI.

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Joong-hoon PARK, un francophile convaincu

2014 March 3
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by Corée Affaires

Corée Affaires a reçu le célèbre acteur et réalisateur Joong-hoon PARK (Nowhere to hide 1999, Two cops 1992) qui représentait la Corée lors du CCF 2013. Tombé amoureux de la France et de son bon vin lorsqu’il tournait La Vérité sur Charlie à Paris en 2002, Joong-hoon PARK  nous a livré sa vision de la Culture en générale, et sur le rôle du cinéma coréen dans le rayonnement de la culture Hallyu.

Joong-Hoon PARK

Joong-Hoon PARK

« Le présent et le passé sont inexorablement liés, et je ne crois pas qu’il faille étiqueter la culture comme faisant partie des traditions ou de la modernité. Ce qui est aujourd’hui considéré comme moderne deviendra un jour un élément traditionnel. Les poteries des dynasties Goryeo ou Choseon par exemple, ont été des objets artisanaux du quotidien pendant près de dix siècles, mais elles font aujourd’hui partie du folklore national. »
« Pour ce qui est du cinéma coréen, je crois qu’il doit rester fidèle à lui-même ; tout comme ses acteurs ou ses réalisateurs doivent rester fidèles à leur convictions s’en essayer de s’internationaliser dans le but plaire aux publics étrangers. Si le scénario est ingénu et que le film est bon, le succès et la reconnaissance viendront naturellement, comme Gabin, Belmondo ou bien Godard qui ont commencé leur carrière en proposant un cinéma populaire destiné au français, mais qui grâce à leur talent et leur sincérité envers leur Art, sont devenus des stars internationales. »

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Haropa-Port du Havre : l’alternative de la façade Atlantique

2014 February 21
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by Corée Affaires
Haropa-Port du Havre

Haropa-Port du Havre

Connecté au monde entier grâce à une offre maritime internationale de premier plan, HAROPA-Port du Havre continue de se développer. Proposant des solutions logis­tiques globales et pertinentes, il devient aujourd’hui plus compétitif que certains de ses grands frères d’Europe du Nord en terme de coût-qualité-délai. Attirés par la fia­bilité des prestations logistiques proposées, des groupes mondiaux ont fait des investissements conséquents : parmi les exemples le plus récents citons les armements MSC, CMA/CGM, le groupe pétrolier TOTAL ou les leaders européens du stockage de produits pétrochimiques Odfjell et LBC Sogestrol.

Autre atout d’HAROPA-Port du Havre, l’association des ports du Havre, Rouen et Ports de Paris propose aux clients une offre multimodale respectueuse et environne­mentale. Grâce à l’axe Seine et ses 200 km de voies navi­gables reliant la Manche à la capitale française, HAROPA – Port du Havre est aujourd’hui la porte d’entrée vers un bassin de consommation de 25 millions habitants. Direc­tement relié à l’aéroport Roissy Charles de Gaulles (1er aéroport européen) et à Rungis : (1er marché mondial pour les produits frais), le 5ème port du range nord continent est également privilégié pour son accès rapide et fluide au Grand Ouest Européen, tant par la route, que par le fer et le fleuve.

Mais le 1er pôle du commerce extérieur français sait aussi exporter son expertise à l’international via son activité « Port du Havre Consultant » qui a déjà participé à plus 300 projets de consulting dans les 120 pays. Le Port du Havre, jumelé avec le port d’Incheon a ainsi coopéré, notamment en matière de dragage et de construction d’écluse.

Extrait du dossier spécial “La Corée : hub des transports en Asie” du Corée Affaires n.94

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La Corée, numéro un mondial de l’économie maritime ?

2014 February 7
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by Corée Affaires

Même si les constructeurs coréens sont en perte de vitesse depuis quelques années, notamment à cause du ralentissement de l’économie européenne et de la forte concurrence chinoise, c’est en adaptant leur production aux besoins industriels et en exportant leur savoir-faire que l’économie maritime coréenne s’assurera un avenir pérenne.

Par Mathieu PERISSUTTI

Port de BusanHistoriquement concentrée en Europe occidentale jusqu’aux années 1960, l’économie maritime mondiale s’est depuis équilibrée avec l’apparition d’un nouveau « Pôle Asie », sur lequel les deux puissances régionales que sont la Chine et la Corée du Sud dominent le marché dit « Sud-Sud », et ce, tant sur le secteur du transport que sur celui de la construction navale. (NB. Nous par­lons ici de construction de navires mar­chands et industriels, ne prenant pas en compte les Etats-Unis et leur incroyable armada de navires de défense.)

Totalement dépendante de la mer pour sa relation au monde, la Corée choisit de dynamiser sa production navale dans les années 90, pour devenir dix ans plus tard, et au dépend du Japon voisin, le numéro un mondial du mar­ché. Bien qu’en termes de livraisons de navires la Chine lui ait ravi cette place de leader en 2010, le poids financier des commandes enregistrées ces deux dernières années ne laisse aucun doute quant à la domination coréenne : 51 Mil­liards USD contre 42 Milliards USD pour l’Empire du Milieu. Regroupant sept des dix plus gros chantiers de la planète, la Corée possède avant tout un meilleur positionnement sur certains types de navires, permettant à certaines com­pagnies de tirer leur épingle du jeu. En effet, les chantiers de la Péninsule regroupent à eux seuls près des trois-quarts de la construction mondiale de porte-conteneurs et les deux-tiers de celle des plateformes d’extraction pétrolifère ou gazière, dont d’énormes chantiers tel celui du Prélude, unité flottante de liquéfaction de gaz (FLNG) de plus de 488 mètres de long, construit par Samsung Heavy Industries en partenariat avec l’entreprise fran­çaise Technip. Et c’est justement cette branche d’activité de construction offs­hore qui permet aux compagnies de ré­tablir la balance durant les périodes de crise économique ; car si nous voyons apparaître depuis 2010 d’énormes porte-conteneurs tels le Jules Verne ou le Marco Polo de la compagnie CMA-CGM, il faut comprendre que ces géants ont été pensés et commandés plus de 5 ans auparavant, à une époque où l’éco­nomie des transports connaissait un regain d’activité. « Mais la construction de ces super porte-conteneurs, jume­lée au ralentissement de la conjoncture économique en Europe et en Amérique aura entrainé un surplus de capacité chez les transporteurs, et une baisse systématique des commandes de na­vires marchands », rappelle Thibault JANSSENS, Managing Director chez SDV Korea.

L’industrie navale coréenne doit donc faire face au marasme international généralisé depuis quelques années, et à ce jeu-là, certains s’en sortent mieux que d’autres. Si la dernière commande d’United Arab Shipping passée Hyundai Heavy Industries (HHI), et destinée à la fabrication de dix porte-conteneurs pour une valeur totale de 1,4 Milliard USD lui conforte sa place de numéro un mondial, la santé de ses concurrents elle, reste mitigée. La récente annonce de la Korea Development Bank de vendre ses 31 % de parts de marché qu’elle détient chez Daewooo Shipbuil­ding & Marine Engineering va dans ce sens ; le marché de la construction na­vale en Corée s’essouffle.

Puisque les carnets de commandes bien remplis ne suffisent plus à garan­tir la bonne santé des chantiers sud-coréens, il leur a fallu se diversifier et chercher ailleurs de nouveaux relais de croissance. Les grandes compa­gnies coréennes n’ont donc pas hé­sité à délocaliser leurs chantiers en Chine (Daewoo, Samsung), au Vietnam (Hyundai), aux Philippines (Hanjin) ou en Roumanie (Daewoo), là où les coûts de revient et de main d’oeuvre sont in­discutablement plus avantageux. Les nouvelles politiques salariales vou­lues par l’administration PARK et les récentes lois adoptées au Parlement ne devraient d’ailleurs pas améliorer la compétitivité des chantiers navals coréens poussés à de sérieuses res­tructurations logistiques et salariales pour maintenir leur rang de numéro un mondial.

Extrait du dossier spécial “La Corée : hub des transports en Asie” du Corée Affaires n.94

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L’aéronautique coréenne et EADS : une histoire de partenariats

2014 January 27
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by Corée Affaires

C’est en 1974 que Korean Airlines achetait son pre­mier Airbus. Le constructeur européen était loin de s’imaginer que, 40 ans plus tard, une partie de ses avions serait construite dans la Péninsule.

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L’A320 neo d’Airbus équipé de Sharklets

Les derniers contrats signés entre l’avionneur européen et les deux géants coréens Asiana et Korean Airlines confortent la tendance mondiale et la bonne santé d’Airbus, qui a déjà dépassé son objectif de vente mondiale sur les neuf pre­miers mois de l’année 2013. « Outre les commandes croissantes de l’A350 et de l’A380, les Single Aisles* sont les produits que nous commercialisons le mieux (famille A 320 – A 330). Ce type d’appareils répond pleinement aux attentes des compagnies aériennes en termes de capacité et de portée de vols. Notons que, de cette famille d’avion, l’A-320 Néo équipé de « Sharklet **» reste le produit phare chez Airbus, car il per­met de réduire la consommation en vol de 10 à 15 %, » selon l’équipe EADS Korea. Ainsi bon nombre de pièces ou de produits Airbus sont produits en Corée et en partenariat avec des entreprises nationales, à l’instar des Sharklets ou des portes cargos des avions A350 construites à Changwon dans les usines de Korean Air Aerospace. A Sacheon, Eurocopter et Korea Aerospace Industries (KAI) travaillent ensemble dans le cadre du programme Surion (ou KUH, i.e. Korean Utility Helicopter), le premier hélicoptère militaire de transport coréen. Il s’agit d’assistance technique et d’aide à l’exportation. La présence d’avions et d’hélicoptères civils et militaires en Corée, ainsi que leur construction partielle ou totale sur le sol coréen, témoignent de la bonne implantation du constructeur européen EADS dans la Péninsule.

* Avion à couloir unique. ** Pointes des ailes.

Extrait du dossier spécial “La Corée : hub des transports en Asie” du Corée Affaires n.94

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Incheon International Airport, ou le benchmark international à la coréenne

2014 January 16
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by Corée Affaires

Créée depuis 12 ans seulement, l’IIAC fait déjà preuve d’une solide réputation internationale. Désigné meilleur aéroport au monde depuis 8 ans par l’ « Airports Council International » (ACI), l’IIAC a su partiellement exporter son savoir-faire en termes de développement et de consulting, notamment en Russie, aux Philippines, au Népal, au Cambodge ou en Indonésie. Et le modèle coréen continue de plaire puisque l’ IIAC vient de remporter un contrat de plus d’ un Milliard de dollars pour la construction de l’aéroport, des terminaux et du système d’exploitation, du nouvel aéroport international d’Hanthawaddy à Yangon, l’ancienne capitale du Myanmar (Birmanie), avec à la clef un contrat d’exploitation d’une durée de 50 ans.

Par Mathieu PERISSUTTI

Incheon International Airport  Crédits : Ministry of Land, Infrastructure and Transport

Incheon International Airport
Crédits : Ministry of Land, Infrastructure and Transport

Korea Airports Corp (KAC) et Incheon International Airport Company (IIAC), sont les deux compagnies qui, sous tutelle du Ministère des transports et des infrastructures coréen (MOLIT), gèrent l’exploitation des aéroports du Pays du Matin Calme. Alors que la plus ancienne des deux organisations, la KAC, gère une quinzaine d’aéroports du pays, civils et militaires, nationaux et internationaux incluant ceux de Gimpo, Busan ou Jeju, l’IIAC elle, gère exclusivement l’Aéroport International d’Incheon, et se pose en modèle international pour la qualité et l’efficacité de ses services.
L’aéroport d’Incheon concentre à lui seul la majorité du trafic passager international de la Corée avec près de 40 millions de voyageurs enregistrés en 2012, desquels les deux grands transporteurs coréens, Asiana et Korean Airlines, s’octroient près de 60 %. Cette augmentation de trafic, de plus de 11% par rapport à 2011, s’explique de plusieurs façons. Tout d’abord par le boom du tourisme étranger sur la Péninsule qui a franchi la barre des 12 Millions de visiteurs en 2012, chinois et japonais en tête de liste qui représentent près du tiers des voyageurs ayant atterris ou décollé d’Incheon. Autre facteur marquant : l’augmentation récente du nombre de passagers à destination du Japon ou de l’Océanie ayant choisi de faire escale à Séoul au dépend d’autres villes telles Taipei, Singapour ou Hong-Kong. Les voyageurs sont en effet particulièrement attirés par la qualité des services proposés par les compagnies aériennes coréennes et par la quantité de correspondances proposées par l’aéroport d’Incheon. Cet attrait récent pour la Corée ne réside pas uniquement dans les visites touristiques ou dans le transit, comme nous l’explique Gilles ROCHE, General Manager à Air France-KLM : 70 % de la croissance de la demande aérienne est générée par le PIB des pays, seuls 30 % sont dus au marketing, aux offres exceptionnelles ou au événements internationaux (compétitions sportives, sommets politiques ou économiques…).» La zone « Asie du nord-est » enregistrant depuis plusieurs années une forte croissance, la fréquentation actuelle de l’aéroport d’Incheon est donc totalement en ac­cord avec les statistiques mondiales. Ainsi, si les prévisions de l’IATA s’avé­raient exactes, il y aura plus de huit-cent mille passagers supplémentaires dans le monde d’ici 2016, dont la moitié devrait transiter par une grande métro­pole asiatique telle Shanghai, Pékin ou Séoul.

Un autre phénomène récent dynamise fortement le trafic sur l’espace aérien coréen : les vols
« low-cost ». Complè­tement ignorées par les compagnies aériennes de la Péninsule il y a encore quelques années, cette offre nouvelle est aujourd’hui en plein essor.
Connues de tous en Europe, les com­pagnies « low-cost » telles Easy-jet ou Ryanair, seraient plus de soixante à sillonner le ciel européen chaque jour. Reliant les différentes capitales ou villes secondaires entres elles, ces compagnies se différencient des autres dites « legacy carrier », par des vols courts (quatre-vingt-dix minutes en moyenne), par une qualité de services réduite au minimum et par une délo­calisation des aéroports. Si ce mode de transport à bas prix existe en Europe depuis plus d’une vingtaine d’années, la Corée a longtemps boudé ce secteur du marché qu’elle jugeait trop risqué et peu rentable.

Les compagnies aériennes coréennes « low-cost » se sont toutes établies entre 2008 et 2009 et sont aujourd’hui au nombre de 5 : Air Busan, Eastar, Jeju Air, Jin air et T’ Way Airlines. Bien qu’ils aient tardé à investir ce segment d’ac­tivité, ces transporteurs révolutionnent depuis deux ans le marché du transport aérien tel que nous le connaissions, proposant des vols « à bas prix » et sur les long-courriers intercontinentaux de plus de 6 heures, ralliant ainsi les quatre coins de l’Asie et du Moyen- Orient.
Les chiffres témoignent de ce nouvel élan et du succès rencontré par ces acteurs : le nombre de passagers ayant emprunté un vol « low-cost » en 2012 atteint 4.5 millions en Corée, soit une augmentation de près de 70 % par rap­port à 2011, représentant 11 % du trafic global.

Extrait du dossier spécial “La Corée : hub des transports en Asie” du Corée Affaires n.94

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2013 : Une année active pour la FKCCI !

2013 December 30
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by Corée Affaires

Avec plus de 300 000 visiteurs sur notre site et nos blogs, 4 accords stratégiques de coopération, 4000 invités à plus de 50 événements et plus de 280 services commerciaux réalisés, 2013 aura été l’année de tous les records pour la FKCCI !

De bon présage pour 2014…

Action FKCCI web

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Ma Cantine : Un petit goût de France en plein Séoul…

2013 December 20
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by Corée Affaires

Perdu au milieu des ruelles situées entre le Palais présidentiel de Cheongwadae et le palais de Gyeongbok, le restaurant Ma Cantine est abrité dans un hannok, maison traditionnelle coréenne. Havre de paix mêlant les saveurs orientale et occidentale, Ma Cantine propose un menu typiquement français inspiré des bistrots parisiens. La Chef Sumi KIM, qui dirige depuis 10 ans le restaurant de cuisine tradition­nelle française « A table », a ouvert son second établissement afin de permettre aux clients de déguster sa cuisine dans une ambiance plus conviviale. Après avoir changé plusieurs fois de nom, « A midi » puis « A table bis » est devenu Ma Cantine en 2005. Ce restaurant très intimiste accueille seulement 8 convives et propose une carte à des prix très abordables. Corée Affaires a rencontré Sumi Kim et Chef de Ma Cantine Sungsu Kim, qui nous en disent un peu plus sur leur histoire. 

ma cantine

Pourquoi, avez-vous choisi d’étudier la cuisine française ? N’avez-vous jamais ren­contré de difficultés en tant que femme dans ce corps de métier très masculin ?

(Sumi KIM) Enfant déjà j’aimais cuisiner, j’ai donc naturellement choisi de me spécialiser en technologie alimentaire à l’Université. J’ai décidé d’aller étudier en France, car je crois que la cuisine française est la base de la cuisine occiden­tale. Je reste également persuadée que pour être capable de composer un menu étranger, il faut tout d’abord comprendre la langue et la culture locale, c’est pourquoi j’ai passé huit ans en France à étudier puis à travailler. Cela peut paraitre court pour prétendre connaitre un pays, mais ces huit années passées en France m’auront permis de rencontrer les français, d’appréhender leur culture et leurs traditions, et de mieux comprendre leurs recettes et leur cuisine en général. Je n’ai jamais réellement rencontré de difficultés en tant que Chef, et au contraire je pense qu’être une femme est un avantage dans ce métier. Dans mes restaurants je m’occupe de tout. Je cuisine bien-sûr, mais je passe éga­lement beaucoup de temps à définir le décor intérieur, le choix des fleurs, des assiettes et des couverts, et à former mes employés. Tout ce travail nécessite très souvent de la finesse et de la délicatesse féminine.

D’où viennent les noms de vos restaurants “A Table” et “Ma Cantine”? cantine

(Sumi KIM) C’est moi qui ai choisi ces noms. J’ai ouvert le restaurant « A Table » en 2003 car à cette époque-là il y avait peu de restaurant français à Séoul, et ils étaient tous très chers. C’est pourquoi, j’ai voulu ouvrir un restaurant qui offrait aux clients une belle carte aux prix abordables dans un cadre confortable et familial. Un peu comme quand une mère de famille prépare des repas copieux et équilibrés pour ses enfants et qu’elle dit « A table! » lorsque tout est prêt. De plus, vous n’avez pas besoin d’être francophone pour compendre le mot « table ». Ce mot existe aussi en anglais et il est compris par tous. Le nom « Ma Cantine » permet à chacun de s’approprier le restaurant, faisant référence à « mon restaurant préféré ». A la différence d’ « A Table », « Ma Cantine » propose des menus orientés sur la cuisine bistrot. C’est donc un restau­rant intime, chaleureux, où l’on a ses habitudes et où l’on se sent chez soi.

Que trouve-t-on sur votre carte ?

(Sungsu KIM) Nous proposons une véritable Bouillabaisse. C’est notre spécialité et j’en suis très fière. Bien que l’on puisse trouver dans plusieurs restaurants de Corée des menus dit « français » qui offrent cette spécialité marseillaise à base des fruits de mer, elles sont très souvent « coréanisées. » Faire une bonne Bouillabaisse traditionnelle n’est pas chose simple et cela requiert de respecter la recette authentique. Avec l’expérience et les excellents fruits de mer de la Péninsule, nous avons su l’adapter aux palais coréens, qui représentent près de 60 % de notre clientèle. Notre daube provençale et notre pavé de bœuf sont également très appréciés de nos clients. Nous avons aussi une très belle carte de desserts, avec notamment un gâteau au chocolat au goût authentique, que je prépare sans utiliser de farine.

D’où puisez-vous votre inspiration pour créer vos menus ? Des nouveautés sont-elles en pré­paration ?

(Sungsu KIM) Pour les nouveaux menus, nous tra­vaillons toujours à deux avec ma femme. Même si nous varions régulièrement notre choix de légumes en fonction des saisons, notre carte actuelle est très appréciée par nos clients, et nous n’y apporterons pas de changements majeurs dans l’immédiat. Avec toute notre équipe, nous voyageons en France tous les deux ans afin de retrouver le vrai goût du terroir français. C’est durant ces voyages que nous nous ressourçons et que nous vient notre inspiration. A chaque voyage nous cherchons à comprendre les tendances actuelles sur les menus et dans les restaurants français, et quand nous revenons à Séoul nous sommes heureux de pou­voir proposer de nouvelles saveurs à nos clients.

Ouvert du lundi au samedi de 12h à 15h ; de 18h à 22h30. Fermeture le dimanche.

Adresse : 104-9, Palpan-dong, Jongno-gu, Seoul. Métro Anguk, ligne 3

Tel : +82 (0)2-736-1047

Menu fixe : 35 000 KRW Lunch course : 30 000~50 000 KRW

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Interview de la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Mme. Hélène CONWAY-MOURET

2013 December 20
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by Corée Affaires

Membre de la délégation du Premier Ministre français Jean-Marc AYRAULT lors de sa visite en Corée, le 25 juillet 2013, la Ministre déléguée chargée des Français de l’étranger, Madame Hélène CONWAY-MOURET (HCM) a reçu Corée Affaires pour un entretien en présence de M. Jérôme PASQUIER (JP), Ambassadeur de France en République de Corée. Quelques semaines seulement après l’adoption au Parlement de la nouvelle loi sur les « Instances représentatives des Français établis hors de France » et l’instauration de nouveaux Conseillers consulaires, la Ministre revient pour Corée Affaires sur les objectifs de sa visite en Corée et plus généralement sur le rôle de son ministère au service des Français de l’étranger.

JP & HCM

Entretien croisé entre S.E.M. Jérôme Pasquier et Mme. Hélène Conway-Mouret

Propos recueillis par Mathieu PERISSUTTI

Le Ministère des Français de l’étranger a été créé en 2012. Pourquoi a-t-on créé ce nouveau Ministère et quelles sont ses attributions ?

(HCM) Le titre de Ministre délégué chargé des Français de l’étranger ne date que de 2012 en effet, mais il y a eu avant cela deux secrétaires d’Etat, Monsieur David DOUILLET et Monsieur Edouard COURTIAL. Bien qu’ils n’aient pas eu d’attributions spécifiques, le gouvernement précédent avait pressenti la nécessité d’une représentation de la diaspora française au niveau ministériel.

Alors que nous en comptions moins de 500 000 en 1981, le nombre des Français enregistrés et résidant à l’étranger s’élève aujourd’hui à quelque 1,6 million. Nous estimons en réalité que nos compatriotes sont autour de 2,5 millions à être établis hors de l’Hexagone, en incluant les stagiaires, les étudiants et les expatriés de longues dates, très souvent absents des listes consulaires.

Le  Ministère dont j’ai la charge traite toutes les affaires concernant les Français de l’étranger, notamment les questions relatives à leur représentation, à leur administration, à leur sécurité et à leur protection sociale. Nous sommes également en charge, par délégation du Ministre des Affaires étrangères, des questions relatives à la scolarisation des Français établis hors de France.

Le projet de loi sur les « Instances représentatives des Français établis hors de France » et l’instauration de nouveaux Conseillers consulaires que vous avez porté au Parlement a été adopté en juin dernier. Qu’apporteront concrètement ces nouveaux Conseillers consulaires français ?

(HCM) Nos concitoyens expatriés exercent aujourd’hui leur lien avec la nation par le biais d’une  représentation parlementaire complète, à la fois à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cependant, les Députés des Français de l’étranger couvrent généralement de vastes circonscriptions comme c’est le cas en Asie-Océanie : la 11ème circonscription compte 125 000 ressortissants français répartis dans 50 pays allant de l’Ukraine aux îles Samoa. Les Sénateurs, quant à eux, n’ont pas de circonscriptions précises et représentent globalement nos expatriés au niveau mondial. Il manquait donc une représentation locale, et cette nouvelle loi permettra une représentation de proximité pour nos concitoyens.

C’est là un des vœux du Président François Hollande que nous avons mis en place :  ces Conseillers consulaires pourront agir plus efficacement en matière d’aides sociales ou pour l’attribution de bourses scolaires par exemple ; Ils pourront par ailleurs se saisir de toute question liée à l’enseignement, à la formation professionnelle et à l’apprentissage ou encore à la sécurité de nos concitoyens établis à l’étranger. Ils élargiront le collège électoral appelé à élire les 12 sénateurs des Français de l’étranger.

La Ministre Fleur PELLERIN nous commentait au mois de mars dernier la volonté du Président HOLLANDE de consulter les entrepreneurs français de l’étranger afin de mieux appréhender les réalités économiques et les opportunités de développement des pays dans lesquels ils sont implantés ? Votre visite en Corée va-t-elle dans ce sens ?

(HCM) Oui, il est devenu important que le gouvernement prenne en compte les avis et opinions des entrepreneurs expatriés. C’est d’ailleurs avec cette volonté de décentralisation que nous avons créé les « Conseils économiques de l’étranger », un relais jusqu’alors manquant et qui sera à même de faire remonter à Paris des informations utiles quant à la santé du rayonnement français et de l’économie sur place. Je souhaite d’ailleurs sur ce sujet que nous nous ouvrions davantage et que nous nous tournions vers de nouveaux profils. Il faut faire une place aux jeunes et notamment aux V.I.E au sein de ces Conseils car ils ont une expérience du terrain unique, qu’il faut valoriser au même titre que d’autres expatriés.

vie

Hélène Conway-Mouret à la rencontre des étudiants et des VIE en poste à Séoul

Je retiens d’ailleurs l’excellente initiative de la FKCCI d’avoir organisé le Career Forum au mois de mai dernier, afin de donner l’opportunité aux étudiants en échange ou inscrits en filières à vocations internationales de rencontrer le monde de l’entreprise et de trouver des débouchés professionnels. Fort du succès de cette première expérience, il serait bon à l’ensemble des acteurs économiques œuvrant pour le développement de notre présence en Corée.

Vous-même avez longtemps été expatriée, quel regard portez-vous sur les Français de l’étranger, souvent considérés comme des exilés par les français de métropole ?

(HCM) Un Français qui part, ce n’est ni une fuite de cerveau ni un exilé fiscal ! Il est temps que nos concitoyens le comprennent, et il faut pour cela un véritable changement culturel en France. Nos expatriés sont des relais, des petits bouts de France au service de la nation mais établis hors des limites hexagonales. Contrairement aux idées reçues, quitter la France est souvent un choix difficile et courageux. De plus, et contrairement à beaucoup d’entreprises françaises qui manquent d’agressivité dans leurs démarches commerciales, nos entrepreneurs expatriés sont  très ambitieux et doivent faire preuve de remarquables capacités d’adaptation et d’ouverture s’ils veulent être compétitifs sur les nouveaux marchés, et ils participent à ce titre pleinement au rayonnement de la France. HCW CA

(JP) : Pourquoi choisit-on un produit français plutôt qu’un autre ? Parce que le savoir-faire français est associé à une image de qualité. Notre patrimoine est connu et reconnu de tous, sauf  peut-être des Français de France qui n’y croient pas toujours assez et qui ne voient pas bien ce formidable potentiel national que nous possédons. Il faut dire ce qui est : la France est un pays innovant et créatif. Soyons fiers de nos compétences technologiques et industrielles qui sont reconnues à l’international, et soyons fiers de nos entrepreneurs expatriés qui font preuve d’initiatives et d’ambition.

 Les Visas vacances-travail sont énormément appréciés chez les moins de 30 ans qui recherchent une première expérience à l’étranger. Cependant un grand nombre de leurs détenteurs ont rencontré des difficultés à trouver un emploi une fois arrivé dans le pays, et ce par faute de posséder un visa dit : « de travail ».

(HCM) Rappelons ici que le Visa vacances-travail a été conçu à l’origine pour permettre aux étudiants en échange de décrocher un travail à temps partiel afin de pouvoir financer leurs études, et non pour de jeunes entrepreneurs désireux de s’installer à moyen ou long termes. Certes le système n’est pas au point, mais c’est un début. Il est vrai également que les lois passées sous l’ancien gouvernement, et bien qu’elles aient été abrogées immédiatement après l’arrivée au pouvoir du Président HOLLANDE (circulaire GUEANT, NDLR) ont créé l’image d’une France « fermée ». Cela ne motive pas les administrations étrangères à un effort de réciprocité.

(JP) Il y a en effet quelques problèmes aujourd’hui quant à l’application de ces visas. La législation et les lois coréennes sont très strictes, et les différences de conception et d’interprétation des textes entre nos deux pays sont très grandes. Cela dit, les deux parties sont décidées à mettre les choses à plat et à trouver des solutions. Nous recensons actuellement au Consulat les difficultés rencontrées par nos jeunes ressortissants afin d’établir très prochainement, et comme le souhaite le Premier Ministre, un accord de réciprocité entre nos deux pays qui démontrera qu’il n’y aucun risque migratoire, et qui facilitera ainsi les échanges et la mobilité entre la France et la Corée.

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